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Publié : 31 janvier

Le OU logique, inclusif ou exclusif ?

Est-ce que tout est noir ou est-ce que tout est blanc ? Est-ce que quelque chose qui est noir peut être blanc ? Ou bien est-ce quelque chose pourrait être à la fois noir et à la fois blanc ?

Le monde de la biologie et de la santé fonctionne souvent maintenant avec des arbres décisionnels qui permettent de poser des diagnostics. A un niveau, on pose un test qui nous donne des réponses possibles, si j’ai une réponse, à l’exclusion des autres alors cela implique un autre test et de niveau en niveau je suis censé arriver à une conclusion.

Dans la vie de tous les jours, nous aimons bien mettre des cases, quelque part cela rassure notre entendement. Je suis un homme OU bien une femme ? Si je réponds je suis un homme alors je ne suis pas une femme. Dans la question précédente le OU était entendu comme exclusif … si je suis l’un je ne suis pas l’autre. Et c’est bien celui là que nous utilisons, parfois à notre insu, dans la vie courante. Supposant que l’ensemble homme et l’ensemble femme n’ont pas d’intersection à l’instant T et n’en aurons pas dans le temps. Pourtant, un des problèmes qui affleure régulièrement dans l’actualité, c’est que, sans parler des gens génétiquement non XX ou XY, des hommes se sentent femme et des femmes se sentent homme, que les transgenres commencent à s’affirmer, de même que les gens qui se disent sans sexe. Et que dans notre vie nous pouvons passer d’un comportement typiquement masculin à un comportement typiquement féminin.

La barrière entre les deux genres est en fait des plus floues et la réponse à la question : Je suis un homme OU bien une femme ? N’a pas de réponse avec un OU exclusif mais bien avec un OU inclusif qui admet que les deux hypothèses sont valides. Je suis homme au sens social du terme, dans mon cas, je suis homme physiquement et dans mon ressenti, mais dans mon intériorité je suis l’un ou l’autre selon les situations. De la même façon qu’en médecine chinoise le yang (masculin) ne peut se concevoir sans une petite tâche de Yin (féminin ; maternel) et qu’un mouvement Yang contient en germe le non-mouvement Yin qui lui est associé.

Cette acceptation du OU est très utilisée en physique quantique et son illustration la plus connue est celle du chat de Schrödinger. Un chat enfermé dans une cage est-il mort ou vivant ? Sachant que si on ouvre la boite un dispositif tue le chat instantanément. Ce chat et à la fois mort et vivant et le fait d’observer le fixe dans un des états.

C’est la même chose pour un Photon qui est une onde OU une particule ? Il est les deux à la fois, onde/particule, et c’est l’observateur qui en choisissant l’expérience l’oblige à se fixer dans un de ces deux états.

De la même façon que c’est votre regard qui fait de moi un homme ou une femme ou autre chose. Je ne suis ni l’un ni l’autre, je suis tout à la fois.

De la même façon en médecine, c’est le test qui fait la réalité du phénomène :
- Taux de glucose sanguin : toujours <1g/l = non diabétique
- Taux de glucose sanguin : toujours >&g/l = diabétique.
- Test de rotation des vertèbres : épineuse se déplaçant vers le crâne à l’exclusion de vers le bassin = vertèbre en flexion selon les axiomes de Fryette. C’est le type de test et l’observateur qui ont fixé ma vertèbre dans une qualité de flexion exclusive de l’extension.

Avant le test toutes les hypothèses sont possibles, comme pour le photon, comme pour le chat de Schrödinger. Après le test le patient est fixé dans une réalité induite par l’observateur.

Dans le premier exemple, il est inutile de faire dire à la main d’un ostéopathe si son patient est diabétique ou pas. Et dans le dernier, trouver la même chose avec une radiographie serait tentant et pourtant il est inutile de faire dire à une radiographie cette réalité elle ne peut pas imaginer, ces axiomes ne sont pas pertinents pour cette réalité.

Chaque Médecine, académique ou complémentaire, est mathématiquement une famille d’axiomes cohérents les uns avec les autres, mais dont on ne sait s’ils sont vrais et qui peuvent se contredire avec les axiomes d’une des autres médecines. Faire des équivalences à tout prix n’a pas de sens, imaginer qu’il n’y ait pas de contradictions est stupide. Sauf à vouloir que la vérité soit une et indivisible ce qui n’a aucun fondement logique et ne peut être prouvé.

En médecine, de la même façon qu’en physique quantique, un patient :
- Selon les principes d’incertitude et d’indécidabilité démontrés par Gödel, peut être regardé avec plusieurs familles d’axiomes cohérents : médecine académique, médecine ayurvédique, médecine traditionnelle chinoise, ostéopathie …
- Chacune trouve un résultat fonction de ses propres axiomes et le OU inclusif nous dit que sont vrais : le résultat de la médecine classique OU le résultat de la médecine ayurvédique OU le résultat de la médecine traditionnelle chinoise, OU le résultat de l’ostéopathie.

En raisonnant ainsi, il n’y a pas d’opposition entre les différents résultats, aucun n’est plus vrai que l’autre, chaque résultat fixe le patient dans une réalité qui est aussi vraie que les autres.

Alors qu’est ce qui les différencie ? Pourquoi utiliser l’une ou l’autre ? Ce sera alors le mot Pertinent que nous emploierons …
- En cas d’infection aigüe ? En cas d’hémorragie forte ? En cas de fracture osseuse ? Quelle est la médecine la plus pertinente ? La médecine académique sans grand doute.
- En cas de douleur dorsale ? En cas d’entorse sans arrachement ligamentaire de la cheville ? Quelle est la médecine la plus pertinente ? L’ostéopathie sans grand doute.
- En cas de réveil tous les matins à 3 heures ? Quelle est la médecine la plus pertinente ? La médecine traditionnelle chinoise sans grand doute.

Pour moi, la logique, les mathématiques, la physique hurlent aux médecins et aux biologistes :

"Cessez d’opposer les différentes façons de voir la vie et de la soigner …"

L’opposition est factice et soigneusement entretenue pour de bien mauvaises raisons.