Non, je ne suis pas végan et pense ( à tort ou à raison ?) que protéines et graisses animales sont bonnes pour la santé. De même que je crois que la question viande ou pas viande n’est pas le problème, mais, que l’on parle des avocats ou du porc, la vraie question est comment cela es t’il fait ? Comment cela arrive t’il dans mon assiette ?
Alors me voilà devant mon repas du soir avec une superbe salade sauvage dont je me suis fait une spécialité (http://plantes.nursit.com/). On ne peut pas faire plus naturel et plus local. Bilan carbone : zéro grammes et moment méditatif garanti en parcourant les espaces végétaux de la ferme, un super bon-point pour la santé et l’empreinte écologique. Un peu d’huile d’olive, de sel, du vinaigre maison et quelques grains entiers de poivre ou autre graine et le tour est joué pour une salade complètement goûteuse et énergisante.
Parfois me prend l’envie d’y rajouter un peu de poisson, thon en boite ou saumon frais par exemple.
Aussi ce soir là était un soir comme cela. Mais en ouvrant la boite de thon, je me suis rappelé avoir vu passer des articles sur la pêche au thon quasi mafieuse et d’autres disant qu’il y avait des échouages excessifs de Dauphin sur nos côtes ...
Et d’autres articles encore mettant en rapport cet échouage avec le passage de bateaux de pêches usines au large.
Parce que les dauphins je les adore au point de penser qu’ils sont mes frères ... Et que l’image ci-dessous me ravi ...
Et que même si j’aime manger aussi mon ami le poisson, c’est parce que le cycle de la nature se poursuit et que si en conscience je mange un poisson ou de la salade, il reste effectivement possible d’arracher la salade ou de sortir un poisson de l’eau.
Mais voilà l’erreur.
Si, dans une société de partage des tâches, tu veux bien que d’autres pêchent pour toi et qu’en échange par ton activité ou par le biais d’une monnaie tu troques ce moment de pêche contre autre chose. C’est bien, car on ne peux pas tout faire ...
Et cela pourrait donner ceci ...
Une pêche artisanale somme toute assez respectueuse de la mer, de la faune marine et ne gaspillant pas ou peu les réserves halieutiques ...
Mais voilà, le problème ... C’est devenu cela ....
Des filets de kms de long hyper profond qui ramassent tout et détruisent les fonds marins en le raclant et en plus subventionnés par notre argent pour les pêcheurs européens ... Tant que ce n’est pas de la pêche électrique, ce n’est peut être pas si pire ...
Alors la suite est inévitable. Parce que les dauphins pêchent aussi dans les bancs de poissons et se font prendre dans une nasse mortelle et qu’ils sont rejetés ensuite blessés ou morts ... :
Mais aussi plus globalement nous assistons à la disparition catastrophique d’une quantité phénoménale de vies dans les océans. [1]
Et là, je nous trouve trop balaises ...
Quelque soit le sujet que l’on aborde, la question posée est la même.
Pourquoi avons nous délégué les tâches fondamentales de notre cercle proche ou lointain à des gens qui ont oublié l’essentiel ?
Et cela dans une accélération que l’on constate fulgurante ces dernières années au point que nous ressemblons collectivement à ce bonhomme qui tombe du 30 ième étage. Celui qui serait à la fenêtre du 10 ième quand il passe l’entendrait dire : jusque là, çà va !
Que l’on pense à une certaine agriculture triomphante qui s’industrialise au point de tuer les sols, au point de polluer d’engrais et de pesticides à outrance, au point écraser la biodiversité (80% d’insectes en moins, 70% d’oiseaux en moins, 70% de mammifères en moins, 15% de plantes en moins ...en 50 ans ! [2])
Que l’on pense élevage, avec des fermes de 1000 vaches, déshumanisées qui ne tiendront la route que parce qu’elles seront une pompe à subvention grâce à un méthaniseur, de bâtiments de milliers de truies, de poules dans des cases de quelques centimètres au cube ... qui génèrent souffrance des animaux, souffrance des hommes et pollutions, maladies, etc.
Que l’on pense santé, où les critiques envers le système peuvent se faire légion, où les scandales se multiplient, et où de toutes façons la tendance est à contracter l’offre pour plus de rentabilité, avec davantage de main mise de quelques décideurs mis au pas par des lobbies ... Et les troupes médicales, sidérées, suivent étonnamment sans broncher.
Que l’on pense, finance, économie, voitures, avions, ceux à qui l’on a sacrifié notre autonomie n’ont plus aucune retenue ... [3]
La délégation de nos prérogatives nous conduit dans une impasse, on ne peut compter sur le système pour se réguler en fonction d’idées qui dénotent de l’empathie : empathie entre nous ou empathie envers l’environnement qui nous porte.
Alors, gavé de toutes ces réflexions, je me suis senti bien impuissant et je n’ai pas mangé ce pauvre bout de thon qui avait fait le voyage jusqu’à mon assiette. Prendre l’alternative du saumon d’élevage ? Il est nourri avec les poissons volé aux populations pauvres [4] ...
Bref, à part attendre d’être sûr que le poisson ait été pêché avec le maximum de respect de l’environnement et de conscience pour en manger, ma seule liberté est effectivement de faire la grève d’une certaine alimentation entre autre ...
Et d’ouvrir ma gueule tant que c’est possible ... Même si en latin cela s’écrit : "vox clamans in deserto"