Fin aout, la renouée du japon était en fleur.
Un vrombissement assourdissant l’accompagnait. Sur ce bouquet de 5 mètres carrés des milliers d’insectes, mouches, abeilles, guêpes qui se nourrissent et pollinisent à tout va.
Stop ! C’est une envahissante qui fait chier le monde et bouscule. Elle suit les cours des ruisseaux et prend largement ses aises, il faut donc la détruire. Et de grosses sommes sont dédiées à cette destruction. Enfin, c’est le discours habituel.
Mais réfléchissons, le monde, le climat changent très vite et les plantes doivent se déplacer pour s’adapter. La plus adaptée fait reculer les autres et c’est un fait, la renouée se plait chez nous.
Mais réfléchissons plus loin. Elle dépollue les sols ... Donc, elle profite largement de nos gabegies ordurières. Merci à elle pour ce travail.
Au printemps sa pousse est abondante, comestible et délicieuse. deuxième utilité.
Sa floraison est merveilleuse pour les insectes, et donc bienvenue pour contrecarrer l’appauvrissement et les pesticides de nos terres et avec elle la perte catastrophiques en insectes (moins 60/80% en trente ans). troisième intérêt.
Les oiseaux insectivores viennent se servir et quand dans un mois les graines seront là, une volée de moineaux viendra faire des réserves pour l’hiver. quatrième intérêt.
Enfin quand la plante en janvier sera sèche elle fera un mulsh magnifique, de l’or pour le jardin. Cinquième usage.
Alors ?
Au moment où les arbres meurent plus vite qu’avant. Ils sont moitié mois qu’il y a 12 000 ans nous dit-on. Au moment où plantes et animaux disparaissent à une vitesse inégalée, peut être qu’en regardant la renouée autrement, au lieu d’en faire un bouc émissaire qui détourne notre regard des vrais problèmes, on pourrait voir que finalement elle n’est pas si pire que cela et que dans quelques années elle aura trouvé sa place et qu’elle ne sera plus un problème.
Comme la Caulerpe qui tuait la posidonie en méditerranée et a fini par presque disparaître quelques années plus tard... comme l’onagre apparue il y a 400 ans et qu’on continue par paresse à classer dans les inopportunes ... Alors qu’elle a juste pris sa place et est si belle, si bonne à manger (racines et fleurs essentiellement).
Cette façon de considérer la plante étrangère, l’envahisseur, cette façon d’essayer de l’éradiquer, c’est quand même une constante majeure très actuelle non ? Nos sociétés se recroquevillent sur des frontières, sur des origines, prennent peur de l’étranger ... Mais à quoi pense t’il donc ? Aux bateaux de migrants par hasard ? Au sketch de Fernand Raynaud "j’aime pas les étrangers, ils viennent manger le pain des français ..".
Je sais d’aucuns m’ont dit qu’il ne fallait pas tout mélanger mais je crois, en fait, que rien n’est compartimentable dans le vivant, plantes ou humains !