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Published 13 September 2014

Ostéo4pattes,

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Revue d’ostéopathie comparée, rassemblements d’ostéopathes, édition de contenu sur l’ostéopathie, rencontres annuelles d’ostéopathie.

  • SDO 4 - À propos de l'étude sur la fiabilité de l'ostéopathie viscérale

    20 January, by Jean Louis Boutin — N°48 - Printemps 18 (Rés)
    « Les recherches entreprises sur le modèle de l'Evidence-based Medicine posent un problème à l'ostéopathie, focalisée sur la singularité de ses patients. Comment utiliser un modèle d'évaluation qui s'appuie sur des faits pour une thérapeutique dont une part conséquente des résultats dépend de la relation patient/thérapeute ? Comment utiliser une évaluation qui se veut analytique pour une approche de la santé fondamentalement systémique ? » Portière, 2015, p.7 [1]. L'étude de CORTECS [2] que nous publions dans le n°3 de La Revue du SDO [3] confirme le peu de ressources scientifiques en ostéopathie viscérale par manque de solidité des publications. Les points positifs de cette revue systématique montrent l'importance de la rigueur et de la méthodologie pour ceux qui veulent se lancer dans des études selon le principe EBM. Ce type d'étude soulève le problème d'ordre épistémologique, qui semble récurrent dans le domaine de la recherche en santé, de savoir quelle méthodologie est adaptée à la conduite de recherches et à l'évaluation de l'efficacité de pratiques telles que l'ostéopathie qui ne peuvent être comparées à l'administration d'un médicament ou à la prescription d'une technique. Elle souligne également que faire de la recherche et publier dans des revues scientifiques (avec peer-review) peut se retourner contre l'ostéopathie. Cela ne signifie pas que les études publiées sont mauvaises mais qu'elles ne répondent pas à la question posée par les auteurs de cette revue systématique. Le pourquoi de cette étude Une première question se pose : cette étude est le résumé d'un rapport sur le même sujet commandé par le CNOMK en 2016 et qui vient d'être publié [4]. : Pourrait-on connaître ce qui motive cette demande ? Cette étude n'aurait-elle pas pour but de vérifier que l'ostéopathie, selon les normes édictées et imposées par le CNOMK, n'est pas conforme à sa déontologie ? Et ne permettrait-elle pas ainsi au CNOMK d'éditer une recommandation, qui s'impose à tous ses membres, vis-à-vis de l'ostéopathie viscérale comme celle qu'il a publiée sur l'ostéopathie dans le champ crânien ? Cela ne veut pas dire que l'ostéopathie viscérale n'est pas conforme en général aux critères de la pratique ostéopathique telle que définie par l'OMS. Il est à noter que, bien avant la publication de cette revue, les auteurs s'étaient déjà prononcés a priori sur l'ostéopathie viscérale en l'évoquant en ces termes dans leur rapport sur l'ostéopathie crânienne : « L'ostéopathie viscérale repose sur la gageure [5] suivante : la perte de mobilité d'un organe pouvant entraîner une maladie, restaurer celle-ci augure d'une probable guérison » [6]. Pouvait-on dès lors attendre un résultat autre que celui-ci ? Un problème de modèle épistémologique ou de paradigme Avant et afin d'évaluer une pratique, il faut connaître son champ théorique et pratique pour choisir la méthodologie la plus adaptée à son étude. Si l'ostéopathie s'inscrit dans un modèle qui prône la complexité, la variabilité du praticien, la diversité des techniques et que son évaluation ne peut se faire en dehors de ce paradigme, alors elle est en droit de dire que l'étude présentée même si elle est bien menée ne peut conduire qu'à ce résultat et qu'elle montre l'insuffisance de la science qui ne répond pas à la problématique de l'ostéopathie. Il est temps que l'ostéopathie définisse son modèle épistémologique et écrive sur ce sujet en créant ses propres normes d'évaluation plutôt que d'être soumise à des règles d'évaluation peu adaptées à l'ostéopathie, qu'elles s'appellent EBM ou autre. Que serait une Ostéopathie Basée sur les Preuves ? Est-elle souhaitable ? Et est-elle cohérente avec le paradigme de l'ostéopathie ? L'utilisation systématique et exclusive des méthodologies EBM pour analyser l'efficacité des techniques ostéopathiques, qu'elles soient manipulatives, crâniennes ou viscérales, relèvent effectivement de l'abstraction : ces études expérimentales ne reflètent pas la pratique réelle de l'ostéopathie, elles ne sont pas facilement applicables sur le terrain parce qu'on ne trouve jamais ce type de patient et qu'on n'exerce jamais le seul protocole expérimental. Elles n'ont donc pas pour projet de conclure sur le réel. Ce type d'études peut avoir un intérêt ponctuel pour étudier un mécanisme très finement identifié auparavant. Mais, comme nous le savons tous, un traitement ostéopathique n'utilise pas une seule technique. D'ailleurs, même en allopathie, il ne viendrait à l'idée de personne de confondre l'efficacité d'un médicament avec celle de la consultation médicale qui, si elle est bien menée, apporte au patient des bienfaits au delà de la simple prescription médicamenteuse… Et la conclusion de l'étude auraient dû remarquer que l'analyse des données issues des études parcourues ne permettent pas d'établir, pour le moment, la fiabilité des études menées sur les tests d'ostéopathie viscérale à l'aide des outils mathématiques que CORTECS a choisis d'utiliser et dont CORTECS dispose à ce jour, outils contenus dans le paradigme scientifique actuel et étudiés uniquement à travers le prisme de la méthodologie employée. Les ostéopathes n'ont pas accès actuellement aux outils d'analyse qui permettraient de récolter les variables pertinentes avant et après traitement. Car, comme le souligne parfaitement Michel Serres, « Les Lumières nous ont donné l'idée qu'il n'y avait de raison que dans la science et qu'il n'y avait de science que de raison, alors qu'il y a de la raison dans beaucoup d'autres domaines. Les Lumières nous ont fait croire à l'unitarisme entre science et raison » [7]. Il semble donc nécessaire de dissocier deux types d'études différentes et complémentaires, l'une pour bien identifier la réponse de l'organisme à un impact ponctuel d'un stimulus précis, l'autre destinée à évaluer l'efficacité d'actes complexes sur des patients présentant, par exemple, une symptomatologie précise consécutive à une étiologie clairement identifiée. Il serait également intéressant que les ostéopathes s'informent des modalités de recherche et de publications inspirées par la méthodologie de l'évaluation économique des programmes de santé [8], et pas seulement des statistiques professionnelles [9]. Dans ce domaine, il existe des opportunités pour mettre en avant ce qu'apporte vraiment et concrètement l'ostéopathie dans le quotidien. De la méthodologie employée … Cette étude semble bien menée sur le plan méthodologique. Toutefois, on peut remarquer une certain forme de subjectivité dans la conduite de la recherche. En effet, les critères d'inclusion, le choix d'analyser les risques de biais ne laissaient pas beaucoup de place à d'autres résultats. Bien qu'il ne soit pas question ici de remettre en cause ni le sérieux de l'étude ni la compétence des auteurs, il aurait été appréciable que dans la discussion, ceux-ci nous disent si de telles études ont été réalisées sur d'autres thérapies manuelles conventionnelles et ont montré des résultats positifs. Car on peut se demander si l'exigence demandée dans cette étude est accessible et réalisable, voire si elle existe vraiment. Comme de poser la question à CORTECS : présentez nous une étude qui montre que ce que vous reprochez à l'ostéopathie ne peut être reprochée à d'autres pratiques non conventionnelles ? …et de la méthodologie d'évaluation L'ostéopathie se doit de développer des méthodologies d'évaluation spécifiquement adaptées à des pratiques intégratives [10] afin de rendre compte du bénéfice pour le patient de la mise en œuvre d'un ensemble de techniques au cours d'une séance. L'ostéopathie n'est pas la seule à s'interroger sur ce sujet, un groupe de thérapeutes spécialistes en méditation de pleine conscience, doutant de la trop grande efficacité démontrée par les études sur leur pratique, a commencé récemment un travail en ce sens, partant également du constat que l'EBM n'est pas adaptée à leur démarche (Le Monde du 10 janvier 2018). Sur les choix d'inclusion/exclusion des études Les critères d'inclusion des études sont extrêmement sévères, ce qui semble normal et ambitieux pour l'ostéopathie : les résultats doivent donc être interprétés sur la base des exigences imposées par les auteurs. Si les résultats avaient été positifs cela aurait exceptionnel pour l'ostéopathie et même du jamais vu, y compris pour la kinésithérapie. Il faut tout de même se rappeler que la kinésithérapie autorise des pratiques sur la base d'un consensus professionnel (plus bas niveau de l'échelle EBM). Sur 1413 articles référencés, 1318 sont exclus sur la seule lecture du titre pour les études sur l'efficacité et 441 sur 455 sont exclus pour l'étude de fiabilité inter et intra-observateur. On peut se demander si cette revue systématique n'est pas passée à côté d'études intéressantes. Ainsi les auteurs n'ont pas étudié l'ensemble des travaux de Finet et William [11] ni ceux de Alain Métra [12]. Il est vrai que ces travaux ont été publiés par eux-mêmes et n'ont pas fait l'objet de publication dans les revues scientifiques. Cela pose la question du choix des critères d'inclusion qui est tellement élevé qu'il élimine un maximum d'études, et également celle de la possibilité de publication pour des équipes en dehors des laboratoires institutionnalisés !. Peut-être était-ce aussi le but recherché... Précisions de la Rédaction : Le Rapport complet n'était pas publié au moment où nous avons étudié l'article de Cortecs publié dans le BMC. Or, dans le rapport publié le 23 mars 2018, les travaux de Finet et William sont analysés. Par contre ceux d'Alain Métra n'ont pas pu l'être puisque le livre auquel nous faisons référence a été publié fin 2017. Les 6 articles retenus confirment également les erreurs récurrentes retrouvées dans les essais ostéopathiques. Le vrai problème réside dans la nature des recherches et les moyens mis à disposition des ostéopathes. Ils existent des personnes qualifiées pour répondre à des questions dans des domaines divers. Il est donc primordial que les ostéopathes posent les bonnes questions aux bons interlocuteurs. Concernant les recherches sur les actions du traitement ostéopathique, il est intéressant d'envisager des voies différentes pour l'approche viscérale qui sont déjà proposées par les neurosciences appliquées à l'ostéopathie [13], les propositions d'informations [14], et de formations [15]. De la discussion de l'étude Dans la partie « Discussion », les auteurs font des recommandations pour améliorer la méthodologie d'évaluation, (éviter les études menées par des étudiants, détailler plus la méthodologie, éviter les études qui excèdent 1 jour). Ces recommandations sont valables pour toutes les approches qui veulent se soumettre à l'EBM ou pour les études qui respectent les critères de recherche scientifique au-delà de l'EBM. Cette discussion ne va cependant pas au fond des choses. Les auteurs ne s'interrogent pas sur leur choix méthodologique et ne font pas véritablement de recommandations concernant spécifiquement la problématique de la recherche en ostéopathie dont les concepts et les méthodes de travail diffèrent de ceux de la médecine et de la kinésithérapie. Et notamment à propos de la fiabilité inter et intra opérateur : est-elle un critère de scientificité ? Cela doit pouvoir se discuter car, en ostéopathie, il est extrêmement difficile de trouver la même chose avec deux opérateurs distincts ou le même opérateur à deux temps différents. Est-ce un problème ou est-ce un point fort de l'ostéopathie ? Avant de décider que cela disqualifie l'ostéopathie, il faudrait pouvoir en discuter plus à fond. De même, recommander une standardisation des pratiques peut conduire à une uniformisation et à produire des résultats qui ne reflètent pas le "réel". Des études pragmatiques peuvent étudier la pratique comme elle est, c'est à dire sans modifier le terrain et non dans des conditions expérimentales en dehors du terrain. Il y a là un cadre qui paraît restrictif limitant les possibilités et les formes d'évaluation de l'ostéopathie. Conclusion Cette étude dont la méthodologie EBM ne semble pas être adaptée à une évaluation de l'ostéopathie qui est une médecine holistique - et pas seulement une simple thérapeutique - montre ainsi ses limites, d'autant que les nombreux biais sélectionnés a priori pervertissent considérablement l'exploitation d'une revue qui se qualifie de systématique. De ce fait, la conclusion de cette étude ne peut pas refléter la réalité de l'ostéopathie viscérale, tout au plus concerne-elle une absence de corroboration dans l'efficience, viciée par des tests dits d'ostéopathie viscérale dans l'exploitation seulement de certaines études. Évaluer une technique ostéopathique n'a de sens en soi que si cette évaluation s'inscrit dans la démarche thérapeutique globale et holistique qu'est l'ostéopathie, rendant de facto l'évaluation d'une technique antinomique avec l'idée même de démarche thérapeutique globale. Ceci n'est pas valable seulement pour l'ostéopathie mais pour l'ensemble des sciences en général : il n'est pas signifiant d'évaluer un fait expérimental en dehors de son contexte. Raison pour laquelle toute science évolue au sein d'un paradigme, d'un modèle établi sur des hypothèses simples, les études expérimentales ayant pour objet dans ce contexte de le démontrer et dans le cas contraire d'obliger la communauté scientifique à modifier son modèle conceptuel, son paradigme. Notre démarche globale ne peut échapper à cette approche et doit s'inscrire elle aussi dans un modèle conceptuel pour que les futures études produites cherchent à apporter des preuves selon notre conception de la médecine et de la thérapeutique ostéopathiques et non selon celle de l'allopathie. L'ostéopathie ne peut-elle pas elle-même définir que l'ostéopathie viscérale est recommandée par consensus sur la base de l'avis d'experts ? Les résultats de l'article de CORTECS démontrent seulement que l'ostéopathie ne peut prétendre au gold standard de l'EBM ou qu'il n'y a pas encore eu d'études pertinentes et bien menées sur cette problématique ; mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas des indices qui font consensus pour la pratique de l'ostéopathie viscérale. Et ceci, c'est à l'ostéopathie de le dire, et non pas à l'ordre des kinésithérapeutes ni à CORTECS. La Rédaction et le Comité de lecture du SDO. Notes 1. Portière Emmanuel, « L'ostéopathie, une approche complexe du patient » mémoire du DU Philosophie de l'ostéopathie, (2014-2015), http://www.ucly.fr/les-formations-par-niveau-de-diplome/du/memoire-du-philosophie-de-l-osteopathie-l-osteopathie-une-approche-complexe-du-patient-par-emmanuel-protiere-148784.kjsp?RH=1438241046003 (consulté le 9 mars 2018). 2. Fiabilité du diagnostic et efficacité clinique de l'ostéopathie viscérale : une revue systématique ; Albin Guillaud, Nelly Darbois, Richard Monvoisin and Nicolas Pinsault. BMC Complementary and Alternative Medicine BMC series – open, inclusive and trusted 201818:65 - https://doi.org/10.1186/s12906-018-2098-8 3. La Revue du SDO n°3 4. L'ostéopathie viscérale - Octobre 2016 - Rapport CORTECS. Sur commande du Conseil national de l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes. Réalisé par Albin Guillaud, Nelly Darbois, Nicolas Pinsault, Richard Monvoisin. Publié le 22 avril 2018 sur le site du CNOMK, http://www.ordremk.fr/wp-content/uploads/2018/03/rapport-cortecs-osteopathie-viscerale-24-02-2017.pdf (consulté le 23 mars 2018). 5. Gageure : « Action, projet, opinion si étrange, si difficile, qu'on dirait un pari à tenir, un défi à relever peu croyables et ressemblant à un pari hasardeux » Le Petit Robert, 1994 - « Action, projet peu croyables et ressemblant à un pari hasardeux » Larousse en ligne, accessible sur http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/gageure/35786 (consulté le 14 mars 2018). [Note de la rédaction] 6. L'ostéopathie crânienne, octobre 2015, p. 14. Rapport CORTECS. Sur une commande du Conseil National de l'Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes. Réalisé par Albin Guillaud, Nelly Darbois, Nicolas Pinsault, Richard Monvoisin, accessible au format pdf https://cortecs.org/wp-content/uploads/2016/01/CorteX-CNOMK_Ost%C3%A9o-cranio-sacr%C3%A9e_Janvier2016.pdf (consulté le 14 mars 2018). 7. Michel Serres, « Des sciences qui nous rapprochent de la singularité », in Réda Benkirane (dir.), La Complexité, Vertiges et promesses : 18 histoires de sciences d'aujourd'hui. Le Pommier, 2002, p.379. Cité par Portière, op.cit., p.17. 8. Méthodologie de l'évaluation économique des programmes de santé, accessible sur www.medcost.fr/html/economie_sante_eco/principes.htm (consulté le 10 mars 2018). 9. Observatoire Socio-Economique de l'Ostéopathie, https://www.osteopathie-france.fr/l-osteopathie/documentation/1249-osesosteo. 10. Par pratiques intégratives, nous entendons « l'association des approches conventionnelles et non conventionnelles pour le bien-être du patient ». Cf Wikipédia, https://fr.wikipedia.org/wiki/Médecine_intégrative, (consulté le 14 mars 2018). Voir également Méthodologie de l'évaluation économique des programmes de santé, www.medcost.fr/html/economie_sante_eco/principes.htm (consulté le 14 mars 2018) et le Collège universitaire interdisciplinaire de médecine intégrative et thérapies complémentaires (CUMIC) document pdf, http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/63787/HEGEL_2017_04_12.pdf (consulté le 14 mars 2018). Le terme de pratique intégrative se réfère à des pratiques thérapeutiques intégrant un certain nombre de techniques différentes dans une même séance ou un même traitement, faisant suite cependant, pour ce qui concerne l'ostéopathie, à un diagnostic posé sur une approche systémique de l'organisme. C'est d'ailleurs le caractère systémique de la conception de l'individu, basé sur une interaction entre les différents systèmes le composant, contrairement à la conception « éclatée » de l'allopathie classique analysant organe par organe ou fonction pas fonction. C'est par exemple ce que font en médecine les médecins internistes, formés à plusieurs spécialités et posant sur le patient un raisonnement clinique intégratif. 11. Georges FINET D.O. et Christian Williame D.O.- Traité d'ostéopathie - 2016 - accessible sur la Biblioboutik : https://biblioboutik-osteo4pattes.eu/spip.php?article320 12. MÉTRA André et MONTEBELLO (De) Yun Kyung, Cahier d'ostéopathie pelvi-périnéale. Éditions Frison-Roche 2017, accessible sur la Biblioboutik : https://biblioboutik-osteo4pattes.eu/spip.php?article321 13. Anne-Julie Morand, Ostéopathe D.O. Les neurosciences appliquées à l'ostéopathie. Conférence présentée au Symposium International d'Ostéopathie Traditionnelle de Montréal, juin 2012. http://revue.osteo4pattes.fr/spip.php?article1387 (consulté le 10 mars 2018). 14. Laurent Fabre, Gestion de la douleur en Thérapie Manuelle : Analyse critique de nos pratiques appuyée sur les neurosciences, https://gestiondeladouleurenthrapiemanuelle.wordpress.com/author/chocololof/(consulté le 10 mars 2018). 15. Neurosciences de la douleur en ostéopathie. Journée scientifique du SFDO le 29 septembre 2017 - Marseille, Cet article a été publié sur le Site de l'Ostéopathie (SDO) le 27 mars 2018 et a été publié dans la Revue du SDO n° 4 Avril 2018
  • Bilan carbone et social de l'ostéopathie ...*

    19 January, by Patrick Chêne — Histoire et Philosophie
    « Ce n'est pas un signe de bonne santé que d'être bien adapté à une société profondément malade. » Jiddu Krishnamurti ; Philosophe d'origine indienne, 1895-1986. Le titre est une invite à répondre à une question que vous ne vous êtes peut être pas posée ... Et pourtant le mot globalité est censé occuper une grande place dans notre "raisonnement" de soignant en ostéopathie. Mais il y a une acceptation courte : le symptôme douloureux qui, amène le patient Homme ou Animal à consulter n'est que la partie émergée d'un iceberg où la vraie tension anatomique est ailleurs dans son corps. Nos cours nous ont bien préparé à cette version courte et la tendance lourde de l'ostéopathie vers une reconnaissance voudrait que l'ostéopathie soit celle-là et seulement celle-là : une ostéopathie biomécanique. Pourtant beaucoup d'entre vous savent que si vous n'incluez pas les émotions et la façon de les vivre dans vos équations il manque un gros morceau à votre soin pour être percutant et durable. Très peu d'entre nous se donnent le droit d'aller mettre leur nez jusque dans l'air que nos patients respirent, dans les maisons qu'ils habitent, dans la façon dont ils s'insèrent dans la société et enfin dans la société dans laquelle ils évoluent .... Ce n'est pas notre rôle, nous ne savons pas, ne sommes pas habilités ... cloisonnement des différents métiers, cloisonnement de la pensée ... La globalité n'est plus. Pour continuer à être mieux "global", il conviendrait d'inclure l'ostéopathe dans cette globalité et de lui demander comment il se sent avec ses clients, avec sa façon d'exercer, avec son lieu d'exercice, avec l'administratif de son exercice ... tout cela influençant pour une bonne part la qualité du soin. A chacun d'y répondre selon sa tête et son cœur et de changer de dynamique si les réponses ne sont pas porteuses de sens pour lui. Sur ce point, je ne peux répondre que personnellement : l'ostéopathie et le soin par les mains et maintenant par la vibration sont pour moi, dans ma pratique de tous les jours, une fenêtre ouverte sur le vivant, sur le bonheur. Chaque fois j'ai tendu vers une ostéopathie qui me parlait mieux et me semblait plus efficace, je regrette juste de ne pas y être allé plus vite par peur de la bien-pensance, par peur du diktat de la bonne façon de soigner. Les seuls épines qui accrochent sont la difficulté à me faire comprendre en quelques phrases dans ce que je vis du soin et une administration globale sans souplesse qui voudrait que tout le monde soit un commerçant, comptable et écrivain besogneux ou bien l'exaspération de vivre dans une société apparemment facile mais qui en fait ne l'est pas et cache sa violence derrière des murs (physiques ou bien des mots). Oui, la plus grosse épine pour moi est cette société qui par certains aspects est magnifique mais n'en est pas moins une machine prédatrice et loin de l'humanisme que l'on m'a vendu à l'école. Depuis que je suis né les inégalités entre humains se sont renforcées de manière extrême, et la planète et le vivant ont pris un sacré uppercut, du simple temps de ma vie ....cela me questionne fortement. Et si vous avez vu mes commentaires sur facebook [1], alors vous savez que pour moi au présent de notre civilisation "triomphante" je pense qu'il n'y a que deux choses importantes : réduire les inégalités entre humains et nous penser inclus dans la biodiversité pour arrêter de faire des dégâts irréversibles, tout le reste n'étant, à mes yeux,qu'amuse-sots. L'urgence est de sortir d'une organisation pyramidale, pour renter dans une économie circulaire qui fonctionne sur la coopération et non sur la concurrence et cela en incluant le vivant et la terre comme des entités par ailleurs nos égales ... à moins de vouloir continuer à scier la branche sur laquelle nous sommes assis. Alors effectivement parfois j'ai l'impression en soignant d'écoper un bateau qui coule : tel employé des télécoms qui a mal au dos parce que sa boite appliquant des techniques de plus en plus dures lui demande de faire des actes qu'il ne cautionne pas, telle employée de maison de retraite qui n'en peut plus des cadences, du manque de moyens et de la souffrance qui en découle ...dois je continuer ? Ou bien, soulager une vache élevée dans des conditions de plus en plus hors sol avec de la mauvaise nourriture, à qui on demande une production plus forte de lait et qui craque dans les mains d'un éleveur déprimé parce que le prix de la tonne de lait a encore baissé et que les contraintes règlementaires ont encore augmenté .... Ou bien tel cheval de club, boiteux, pas assez sorti de sa boite et mangeant trop de concentrés parce que la structure n'a pas assez de surface et que près de la ville il faut beaucoup de chevaux pour satisfaire des gens qui ne trouvent leur vital bol d'air que dans l'exercice de l'équitation ... Mais in fine, pour être global il nous faut quitter l'ostéopathe pour rentrer dans notre corps de profession et s'interroger sur ce qu'il apporte à notre société. Il est clair qu'avec une médecine manuelle décentralisée et qui demande peu de moyens, nous, les ostéopathes, paraissons alléger le bilan financier, carbone et polluant de la médecine en général. Une lombalgie soignée avec les mains, ce sont des examens complémentaires en moins dont ceux avec rayons X, ce sont des médicaments en moins, donc moins d'effets secondaires, moins de moyens pour les lobbies de l'industrie pharmaceutique, moins d'emballage dans les poubelles, moins de résidus qui ne partiront pas via les toilettes dans l'eau des rivières en augmentant le niveau général de pollution. Il est donc certain de ce point de vue que tout ce que nous faisons va dans le sens moindre emprise du financier et du meilleur respect de la nature, plus vers une action diffuse et circulaire, qu'organisée et pyramidale. Si par ailleurs, nous allons dans le registre des émotions au lieu de rester dans le mécanique, si en plus nous aidons le patient à cerner la punaise de sa vie qui le bloque dans ses élans et le contrarie ou le rend triste, alors en plus nous avons fait œuvre empathique, sociale et coopérative. Pour un animal, si nous avons pu pointer sur l'incohérence des conditions de vie, de nutrition, de mal être du gardien, alors nous avons aussi fait vraiment du bien à notre prochain et pas simplement remis une pièce en place jusqu'à la prochaine panne ... Et si parfois cette consultation permet à ceux qui en bénéficient de déclencher un rapprochement vers une vie qui les épanouit d'avantage, alors nous avons fait avancer une personne par elle même ou via son animal, mais nous avons aussi fait avancer la société. Notre cabinet de consultation ne fait pas partie des plus gourmands en électricité, eau, chauffage et matériels couteux. Nous pourrions avoir décerner du coup à l'Ostéopathie un satisfexit tonitruant, un label éco et socio-responsable ... Pourtant, il y a un point qu'il nous reste à travailler ... pour venir jusqu'à nous nos clients font le plus souvent de la route, quand ce n'est pas nous qui roulons pour aller les voir. Bien sûr un ostéopathe de grande ville verra des gens qui viennent à pied ou par transport en commun pour la plupart ... mais : un ostéopathe équin fera parfois plusieurs centaine de kilomètres dans sa journée. J'ai moi même fait un temps plus de 2000 km par semaine pour mes tournées. Un ostéopathe dans une petite ville verra ses clients prendre la voiture de façon quasi systématique et si lui ne bouge pas, son activité va générer un bilan carbone moins encourageant. Pour ma part, je me suis rendu compte que si mon lieu de vie était génial, perdu au fin fond de la France, mes clients faisaient en moyenne 50 km pour venir en consultation ... Alors comment résoudre ce zéro pointé sur ce point ? Demander à mes clients de rouler en voiture biodiesel ? ... non merci, parce qu'à la clé il y a une agriculture industrielle, faite de chimie, D'OGM, de gros tracteurs polluants et une concentration de la production qui donnent de la puissance à des lobbies pas très empathiques. leur demander de rouler en voiture électrique ? Bon, c'est pas mieux, charbon, nucléaire, j'en passe et des meilleures (les pots de vin de l'éolien ; le scandale du photovoltaïque quand les propriétaires s'apercevront qu'ils ont signé un contrat leur donnant la charge de la destruction des cellules en fin de vie ...) En attendant que l'industrie veuille bien mettre à notre disposition une voiture solaire à 100% et entièrement recyclable, sans obsolescence programmée, il reste à : organiser le covoiturage de nos clients à acheter un cheval et une roulotte et à faire de l'ostéopathie foraine (pas bien vue par les différents ordres ...) Ou bien est ce qu'en fait le problème n'est pas de vouloir avec les meilleures intentions du monde (savoir-faire ; technicité ; responsabilité) que le soin soit forcément un acte hyper technique qui s'apprenne en plusieurs années ce qui impose que derrière on en fasse une profession pour rentabiliser les années d'études payées parfois avec des emprunts. Parce qu'en fait, on pourrait imaginer une façon complètement différente de voir le soin manuel. Car si on admet avec facilité que tout le monde (ou presque) a deux mains, que l'on a démontré que le simple toucher bienveillant produit beaucoup d'effet... Alors est ce que l'on ne pourrait pas penser que l'on pourrait tout un chacun apprendre un petit bagage manuel et avec moins de savoir faire et des techniques moins pointues espérer un résultat similaire en plusieurs fois plutôt qu'en une, une intervention plus précoce puisque sans décision d'aller en consultation monétarisée. Il suffirait donc que les massages savants deviennent une institution comme l'apéro et plus besoin de nous ostéopathes en telle quantité et en telle urgence ... Nous pourrions alors nous occuper de notre jardin (de notre terre et de la biodiversité autour de nous, donc de l'urgence absolue des temps qui s'en viennent) avec une ostéopathie intermittente, coopérative et récréative (le rire n'est-il pas aussi un soin ...?). Avec des soins manuels décentralisés en réseaux, ne faisant appel à un professionnel que rarement en cas de difficulté ... et l'on résoudrait collectivement le problème du bilan carbone du déplacement de nos clients ... et si financièrement ce serait la cata, je pense qu'en terme de désespérance devant les animaux matraqués ou les nombreux déprimés cachetonnés nous gagnerions beaucoup d'enthousiasme devant des gens qui s'entre-massent et donc forcément s'interrogent plus eux mêmes sur leur tensions et iront moins loin dans l'auto-destruction C'est alors que je donnerais à notre profession le label vert et or de l'écologie et d'une société équitable ... Bon ...arrêtez moi si je déconne trop ! Et vous remarquerez pourtant que je suis reste à l'étage matière et que je ne suis pas rentré dans le vitalisme... Ceci dit pour être encore plus global et me punir de vous encourager vers une société qui se rapproche de " la belle verte" de coline serreau, je vous encourage à me dire que d'écrire de telles divagations sur un serveur à refroidir ne va pas arranger le réchauffement climatique, ni de le publier sur la version papier ! Mais honnêtement est-il possible encore de parler globalité sans finir par s'occuper du globe ? ... Petit globule perdu dans l'immensité de l'espace, grain de vie dans un océan de matière inerte ... un univers où la vie est à dose homéopathique en fait, mais quelle efficacité ! [1] étonnamment compulsif, tellement les sujets me touchent en ce moment Ou une portion censurée très d'actualité :
  • Bilan carbone et social de l'ostéopathie ...*

    19 January, by Patrick Chêne — Histoire et Philosophie
    « Ce n'est pas un signe de bonne santé que d'être bien adapté à une société profondément malade. » Jiddu Krishnamurti ; Philosophe d'origine indienne, 1895-1986. Le titre est une invite à répondre à une question que vous ne vous êtes peut être pas posée ... Et pourtant le mot globalité est censé occuper une grande place dans notre "raisonnement" de soignant en ostéopathie. Mais il y a une acceptation courte : le symptôme douloureux qui, amène le patient Homme ou Animal à consulter n'est que la partie émergée d'un iceberg où la vraie tension anatomique est ailleurs dans son corps. Nos cours nous ont bien préparé à cette version courte et la tendance lourde de l'ostéopathie vers une reconnaissance voudrait que l'ostéopathie soit celle-là et seulement celle-là : une ostéopathie biomécanique. Pourtant beaucoup d'entre vous savent que si vous n'incluez pas les émotions et la façon de les vivre dans vos équations il manque un gros morceau à votre soin pour être percutant et durable. Très peu d'entre nous se donnent le droit d'aller mettre leur nez jusque dans l'air que nos patients respirent, dans les maisons qu'ils habitent, dans la façon dont ils s'insèrent dans la société et enfin dans la société dans laquelle ils évoluent .... Ce n'est pas notre rôle, nous ne savons pas, ne sommes pas habilités ... cloisonnement des différents métiers, cloisonnement de la pensée ... La globalité n'est plus. Pour continuer à être mieux "global", il conviendrait d'inclure l'ostéopathe dans cette globalité et de lui demander comment il se sent avec ses clients, avec sa façon d'exercer, avec son lieu d'exercice, avec l'administratif de son exercice ... tout cela influençant pour une bonne part la qualité du soin. A chacun d'y répondre selon sa tête et son cœur et de changer de dynamique si les réponses ne sont pas porteuses de sens pour lui. Sur ce point, je ne peux répondre que personnellement : l'ostéopathie et le soin par les mains et maintenant par la vibration sont pour moi, dans ma pratique de tous les jours, une fenêtre ouverte sur le vivant, sur le bonheur. Chaque fois j'ai tendu vers une ostéopathie qui me parlait mieux et me semblait plus efficace, je regrette juste de ne pas y être allé plus vite par peur de la bien-pensance, par peur du diktat de la bonne façon de soigner. Les seuls épines qui accrochent sont la difficulté à me faire comprendre en quelques phrases dans ce que je vis du soin et une administration globale sans souplesse qui voudrait que tout le monde soit un commerçant, comptable et écrivain besogneux ou bien l'exaspération de vivre dans une société apparemment facile mais qui en fait ne l'est pas et cache sa violence derrière des murs (physiques ou bien des mots). Oui, la plus grosse épine pour moi est cette société qui par certains aspects est magnifique mais n'en est pas moins une machine prédatrice et loin de l'humanisme que l'on m'a vendu à l'école. Depuis que je suis né les inégalités entre humains se sont renforcées de manière extrême, et la planète et le vivant ont pris un sacré uppercut, du simple temps de ma vie ....cela me questionne fortement. Et si vous avez vu mes commentaires sur facebook [1], alors vous savez que pour moi au présent de notre civilisation "triomphante" je pense qu'il n'y a que deux choses importantes : réduire les inégalités entre humains et nous penser inclus dans la biodiversité pour arrêter de faire des dégâts irréversibles, tout le reste n'étant, à mes yeux,qu'amuse-sots. L'urgence est de sortir d'une organisation pyramidale, pour renter dans une économie circulaire qui fonctionne sur la coopération et non sur la concurrence et cela en incluant le vivant et la terre comme des entités par ailleurs nos égales ... à moins de vouloir continuer à scier la branche sur laquelle nous sommes assis. Alors effectivement parfois j'ai l'impression en soignant d'écoper un bateau qui coule : tel employé des télécoms qui a mal au dos parce que sa boite appliquant des techniques de plus en plus dures lui demande de faire des actes qu'il ne cautionne pas, telle employée de maison de retraite qui n'en peut plus des cadences, du manque de moyens et de la souffrance qui en découle ...dois je continuer ? Ou bien, soulager une vache élevée dans des conditions de plus en plus hors sol avec de la mauvaise nourriture, à qui on demande une production plus forte de lait et qui craque dans les mains d'un éleveur déprimé parce que le prix de la tonne de lait a encore baissé et que les contraintes règlementaires ont encore augmenté .... Ou bien tel cheval de club, boiteux, pas assez sorti de sa boite et mangeant trop de concentrés parce que la structure n'a pas assez de surface et que près de la ville il faut beaucoup de chevaux pour satisfaire des gens qui ne trouvent leur vital bol d'air que dans l'exercice de l'équitation ... Mais in fine, pour être global il nous faut quitter l'ostéopathe pour rentrer dans notre corps de profession et s'interroger sur ce qu'il apporte à notre société. Il est clair qu'avec une médecine manuelle décentralisée et qui demande peu de moyens, nous, les ostéopathes, paraissons alléger le bilan financier, carbone et polluant de la médecine en général. Une lombalgie soignée avec les mains, ce sont des examens complémentaires en moins dont ceux avec rayons X, ce sont des médicaments en moins, donc moins d'effets secondaires, moins de moyens pour les lobbies de l'industrie pharmaceutique, moins d'emballage dans les poubelles, moins de résidus qui ne partiront pas via les toilettes dans l'eau des rivières en augmentant le niveau général de pollution. Il est donc certain de ce point de vue que tout ce que nous faisons va dans le sens moindre emprise du financier et du meilleur respect de la nature, plus vers une action diffuse et circulaire, qu'organisée et pyramidale. Si par ailleurs, nous allons dans le registre des émotions au lieu de rester dans le mécanique, si en plus nous aidons le patient à cerner la punaise de sa vie qui le bloque dans ses élans et le contrarie ou le rend triste, alors en plus nous avons fait œuvre empathique, sociale et coopérative. Pour un animal, si nous avons pu pointer sur l'incohérence des conditions de vie, de nutrition, de mal être du gardien, alors nous avons aussi fait vraiment du bien à notre prochain et pas simplement remis une pièce en place jusqu'à la prochaine panne ... Et si parfois cette consultation permet à ceux qui en bénéficient de déclencher un rapprochement vers une vie qui les épanouit d'avantage, alors nous avons fait avancer une personne par elle même ou via son animal, mais nous avons aussi fait avancer la société. Notre cabinet de consultation ne fait pas partie des plus gourmands en électricité, eau, chauffage et matériels couteux. Nous pourrions avoir décerner du coup à l'Ostéopathie un satisfexit tonitruant, un label éco et socio-responsable ... Pourtant, il y a un point qu'il nous reste à travailler ... pour venir jusqu'à nous nos clients font le plus souvent de la route, quand ce n'est pas nous qui roulons pour aller les voir. Bien sûr un ostéopathe de grande ville verra des gens qui viennent à pied ou par transport en commun pour la plupart ... mais : un ostéopathe équin fera parfois plusieurs centaine de kilomètres dans sa journée. J'ai moi même fait un temps plus de 2000 km par semaine pour mes tournées. Un ostéopathe dans une petite ville verra ses clients prendre la voiture de façon quasi systématique et si lui ne bouge pas, son activité va générer un bilan carbone moins encourageant. Pour ma part, je me suis rendu compte que si mon lieu de vie était génial, perdu au fin fond de la France, mes clients faisaient en moyenne 50 km pour venir en consultation ... Alors comment résoudre ce zéro pointé sur ce point ? Demander à mes clients de rouler en voiture biodiesel ? ... non merci, parce qu'à la clé il y a une agriculture industrielle, faite de chimie, D'OGM, de gros tracteurs polluants et une concentration de la production qui donnent de la puissance à des lobbies pas très empathiques. leur demander de rouler en voiture électrique ? Bon, c'est pas mieux, charbon, nucléaire, j'en passe et des meilleures (les pots de vin de l'éolien ; le scandale du photovoltaïque quand les propriétaires s'apercevront qu'ils ont signé un contrat leur donnant la charge de la destruction des cellules en fin de vie ...) En attendant que l'industrie veuille bien mettre à notre disposition une voiture solaire à 100% et entièrement recyclable, sans obsolescence programmée, il reste à : organiser le covoiturage de nos clients à acheter un cheval et une roulotte et à faire de l'ostéopathie foraine (pas bien vue par les différents ordres ...) Ou bien est ce qu'en fait le problème n'est pas de vouloir avec les meilleures intentions du monde (savoir-faire ; technicité ; responsabilité) que le soin soit forcément un acte hyper technique qui s'apprenne en plusieurs années ce qui impose que derrière on en fasse une profession pour rentabiliser les années d'études payées parfois avec des emprunts. Parce qu'en fait, on pourrait imaginer une façon complètement différente de voir le soin manuel. Car si on admet avec facilité que tout le monde (ou presque) a deux mains, que l'on a démontré que le simple toucher bienveillant produit beaucoup d'effet... Alors est ce que l'on ne pourrait pas penser que l'on pourrait tout un chacun apprendre un petit bagage manuel et avec moins de savoir faire et des techniques moins pointues espérer un résultat similaire en plusieurs fois plutôt qu'en une, une intervention plus précoce puisque sans décision d'aller en consultation monétarisée. Il suffirait donc que les massages savants deviennent une institution comme l'apéro et plus besoin de nous ostéopathes en telle quantité et en telle urgence ... Nous pourrions alors nous occuper de notre jardin (de notre terre et de la biodiversité autour de nous, donc de l'urgence absolue des temps qui s'en viennent) avec une ostéopathie intermittente, coopérative et récréative (le rire n'est-il pas aussi un soin ...?). Avec des soins manuels décentralisés en réseaux, ne faisant appel à un professionnel que rarement en cas de difficulté ... et l'on résoudrait collectivement le problème du bilan carbone du déplacement de nos clients ... et si financièrement ce serait la cata, je pense qu'en terme de désespérance devant les animaux matraqués ou les nombreux déprimés cachetonnés nous gagnerions beaucoup d'enthousiasme devant des gens qui s'entre-massent et donc forcément s'interrogent plus eux mêmes sur leur tensions et iront moins loin dans l'auto-destruction C'est alors que je donnerais à notre profession le label vert et or de l'écologie et d'une société équitable ... Bon ...arrêtez moi si je déconne trop ! Et vous remarquerez pourtant que je suis reste à l'étage matière et que je ne suis pas rentré dans le vitalisme... Ceci dit pour être encore plus global et me punir de vous encourager vers une société qui se rapproche de " la belle verte" de coline serreau, je vous encourage à me dire que d'écrire de telles divagations sur un serveur à refroidir ne va pas arranger le réchauffement climatique, ni de le publier sur la version papier ! Mais honnêtement est-il possible encore de parler globalité sans finir par s'occuper du globe ? ... Petit globule perdu dans l'immensité de l'espace, grain de vie dans un océan de matière inerte ... un univers où la vie est à dose homéopathique en fait, mais quelle efficacité ! [1] étonnamment compulsif, tellement les sujets me touchent en ce moment Ou une portion censurée très d'actualité :
  • Le métier de journaliste, ça s'apprend

    17 January, by Alain Abehsera, Jean Louis Boutin — Généralités Ostéo.
    Sommaire Présentation Les sentiments de l'ostéopathe De l'importance des ragots Au nom de qui et quoi tu (...) L'ostéopathie : un peu de (...) Les muscles bougent Le Guide Michelin des Formatio La plèbe ostéopathique Deux tribus de DO Une ostéopathie cossue Une tête bien faite, une (...) Présentation Résumé Voici la première livraison de ce qui est appelé à devenir une chronique journalistique sur ce Site. Dédiée, en particulier, à la couverture de nos congrès, séminaires et autres fêtes ostéopathiques. Dans un souci de transparence, l'auteur préfère, au préalable, se présenter. À l'aide de détails biographiques ou évènementiels, il met ici en place le cadre anatomique et physiologique de sa vie professionnelle. Soulevant, au passage, des questions de principe et de technique, telles qu'elles se sont présentées dans leur contexte vivant… Présentation Au sein de cette famille ostéopathique française devenue fort grande depuis l'époque de mes premiers pas, je me présente. Je m'appelle Albert-Alain-Abraham Abehsera, alias les 5A. Un personnage actif dans la profession dans les années 70 du siècle dernier, et qui s'est mis en retrait ensuite, pour revenir à la charge, tel Richard Cœur de Lion revenu des croisades, et cherchant à récupérer ses terres de son frère félon. Ce n'est pas totalement faux, cette comparaison, car, comme le Roi-Lion, j'ai quitté l'Angleterre et la France pour Jérusalem, où j'ai habité de nombreuses années, avant de revenir ici. Le reste des infos sur qui fonctionne derrière ce nom, viendra au fur et à mesure de cet article et de ceux qui – j'espère – le suivront. Les sentiments de l'ostéopathe Le journalisme, c'est une manière bien particulière de parler des choses. Ce sont des idées rapportées mais aussi des sentiments. Le journaliste n'est pas supposé reproduire exactement le contenu sans se préoccuper du contenant. Ce n'est pas un appareil photo ni un enregistreur. Il doit pré-digérer l'info, la résumer, la rendre intéressante lorsqu'elle est ennuyeuse, colorée lorsqu'elle est grise. C'est un métier qui s'apprend et je ne l'ai pas appris. En plus, je suis ostéopathe de formation et, forcément, je manque de la distance que les journalistes ont, vis à vis de leur sujet d'enquête. Avouons que nous avons tendance, entre nous, à nous passer la pommade, à ne pas trop critiquer les contenus. On ne sait jamais, il y a des intérêts en jeu. Pourtant, le journalisme parmi nous me paraît bien nécessaire. D'abord parce qu'il y a des stages, des séminaires, des congrès dont le contenu passe à l'as, et c'est de l'information perdue pour ceux qui n'ont pu se déplacer ou payer, c'est-à-dire 98,4 pour cent de la profession pour chaque réunion. Mais aussi, il ne faut pas oublier l'autre boulot du journaliste, c'est la ‘critique'. Comme pour le cinéma ou les expositions artistiques, on devrait avoir des critiques de séminaires, de congrès, etc. L'ostéopathie, on l'entend sans arrêt, n'est pas qu'une science mais aussi un art, plein de la subjectivité de chaque auteur ou praticien. Qui dit art, dit possibilité de critique. Pas juste pour casser du sucre, mais pour recadrer chacun dans son fil historique, évaluer ce qu'il y a de vraiment nouveau ou ancien dans les discours et les pratiques, souligner les contradictions. Et donc, comme quand on va au cinéma, et qu'on regarde d'abord les critiques, permettre à chacun de se faire une idée. Sans oublier que, parfois, les critiques se ramassent une grosse gamelle quand un film pulvérise les records d'audience malgré le snobisme des spécialistes qui l'avaient massacré dans la presse. De l'importance des ragots En plus, le journalisme de nos jours doit compter avec l'aspect people. Est-ce une information inintéressante que de rapporter les détails conjugaux ou financiers des uns et des autres ? Non… J'avoue modestement que j'aime lire la presse people, de temps en temps. C'est un discours léger sur les choses sérieuses et qui, en fait, est pétri de morale. En montrant le roi nu, on rappelle l'humanité de chacun, et on demande à voir l'adéquation entre ce que les gens importants disent et ce qu'ils font, ou disent qu'ils font. Ça, c'est très important, pourvu qu'on se préserve de la médisance. Prenons un exemple ostéopathique. Un ostéopathe vient à la tribune faire une communication de posturologie, ultra-pointue et documentée. Rapporter ses dires, ses courbes et histogrammes, est, certes, important. Mais on est en droit de parler de ses autres courbes, celle de sa colonne. Quand un posturologue discourt et qu'il a une bosse de bison, des épaules rondes et du ventre, on peut se poser des questions. Donc, me voilà écrivant à Bruno Ducoux, le directeur de la FROP, lui proposant, sans raconter tout le blabla qui précède, que j'aimerai couvrir l'évènement qu'il organise à Bordeaux. Bruno est un garçon qui est au garde-à-vous pour les principes de l'ostéopathie. Ce qu'il sent être bien pour la profession, il l'accepte si on le lui propose. Et c'est ce qu'il fait avec une grande gentillesse. Pourquoi me connaît-il et accepte-t-il ? L'histoire est longue, mais nous avons une bonne relation. Je signale que je vais venir avec d'autres ostéopathes. On devait être trois, mais la troisième se désiste pour cette fois-là. Elle interviendra dans les prochaines chroniques. Mon partenaire, pour le congrès, répond au nom de Jean-Edouard Crombez de Rémond de Montmort (je vous jure que c'est vrai). Je n'ai pas confiance dans mon jugement de DO blasé, et je sens la nécessité d'être accompagné par un diplômé récent, qui aura le point de vue de la vaste majorité de la profession actuelle, les fameux ninis. Et surtout, l'aide de quelqu'un qui est installé et se confronte aux problèmes quotidiens du cabinet. Moi, pour le moment, je ne consulte pas. Pour l'instant, car j'espère, mais je le dis depuis si longtemps, que je vais remettre le couvert. En attendant ce jour que je redoute, les opinions des ostéopathes en exercice valent mieux que les miennes. Je ne regretterai pas ma décision de venir accompagné, car, rapidement, je me prends à avoir des critiques sur ce que j'entends, et Jean-Edouard, me recadre. Normal, c'est un aristo, et il me rappelle le devoir de noblesse auquel je tiens tant, d'habitude. Au nom de qui et quoi tu parles ? Quelques mots de plus sur qui je suis, sur la légitimité de mon discours. Je suis DO de 1975 – temps plein en Angleterre - et fait ensuite mes études de médecine en France. J'ai pratiqué et enseigné notre art quelques années, jusqu'en 2000. À cette date, j'ai dû me retirer de toute pratique suite à un burn-out très sévère. J'ai failli mourir au champ d'honneur ostéopathique. Succomber en soignant quelqu'un d'autre aurait pu être une belle fin, mais je me suis arrêté à temps. J'ai dû cesser mon activité ostéopathique commerciale mais pas mon implication dans la profession. Qu'il s'agisse d'écriture, d'enseignement ou de traitements, car je peux dire que j'ai fait, depuis mon arrêt de travail, au moins un traitement ostéopathique par jour. Enseigner, par contre, pas trop. Car mon grand problème, ces dernières années, s'est résumé ainsi : comment enseigner ou pratiquer un art qui a failli me tuer ? Ou mieux, un art avec lequel j'ai failli me tuer. Car il ne faut pas accuser l'ostéopathie en soi, mais notre manière de la pratiquer. De peur de transmettre un enseignement mortifère, je me suis beaucoup restreint dans ma communication. Et j'ai pu explorer cette terre vierge à ma connaissance : l'éventuelle toxicité de l'ostéopathie pour le praticien comme le patient. Voilà ma quête et le gros dossier que je veux ouvrir pour nous tous. L'ostéopathie : un peu de bien, un peu de mal Ce n'est pas que notre santé qui est jeu, mais aussi notre capacité de soigner, voire de guérir. Je confie une de mes espérances : lorsqu'on aura débarrassé l'ostéopathie de ses effets toxiques potentiels ou réels, elle va exploser dans ses résultats cliniques. J'y crois dur comme fer. Elle fait dans le lombago pour le moment, car c'est là qu'elle est la moins dangereuse, mais pas très efficace. L'ostéopathie retournera – en mieux et plus fort – aux jours bénis de sa création – une médecine générale – quand elle aura trouvé son bien et son mal. Pour le moment, elle est une technique du bien-être, une parmi cent autres. En effet, elle n'est supposée apporter que du bien, et donc fait peu de bien, et probablement peu de mal. Pour qu'elle passe en mode ‘faire beaucoup de bien', il faut qu'elle repère avec précision le « beaucoup de mal » qu'elle pourrait également causer, ce qu'on appelle, en médecine : indications et contrindications. Pour le moment, pas une ligne n'existe sur les contrindications de l'ostéopathie, fonctionnelle en particulier (fascia, écoute, biodynamique selon les divers noms sous laquelle elle s'est fait connaître). Pas une ligne, pas vraiment, car j'ai écrit quelque chose là-dessus, racontant mon burnout. Dans le cadre de cette quête, mais aussi, tout simplement, parce que j'aime l'ostéopathie, j'ai décidé d'aller aux congrès et aux séminaires, voir et entendre ce qui s'y dit. Un patient par jour Depuis que j'ai arrêté la pratique en cabinet, je l'ai dit plus haut, j'ai eu, au moins, un patient par jour. Et ce patient quotidien, ça a été et continue d'être moi. Grâce à ce rendez-vous qui prend tout mon agenda, petit à petit, ça a été mieux. Mon burnout, ses manifestations pathologiques, s'est incliné devant mon ostéopathe intérieur. Quinze années de traitement ostéopathique quotidien. Quand notre profession sera plus connue, je serai candidat au Guinness. Au fur et à mesure de cette amélioration dans la santé, trop heureux de retrouver la vie, la marche, la course, la capacité de soulever, j'ai pensé partager l'info, et donc écrire, enseigner à nouveau et, pourquoi pas, ré-exercer, rouvrir un cabinet. Gagner ma vie (comme on dit, car peut-être, on la perd aussi) avec ça. L'idée me tente, à ce jour, mais j'ai gardé une peur bleue de rattraper le burn-out. Comment l'éviter ? Comment ne pas sentir à nouveau que je me suis fait pomper ma substantifique moelle à l'issue d'un traitement, avec en prime, un patient qui se sent, lui, très bien ? Je me suis posé assez rapidement la question : comment les autres ostéopathes gèrent ce problème ? Est-ce général ? J'ai donc fait ma petite enquête. Avec toutes sortes de réponses. On en reparlera. En parallèle, et toujours dans la perspective d'une réinstallation, je me suis dit que la politesse vis-à-vis de mes futurs patients, malgré mes titres, c'est de redevenir étudiant. Revoir les choses à la base, entendre ce qui se dit depuis que je suis sorti de mon école, voici 40 ans. J'ai donc cherché où étudier, discrètement. Les muscles bougent Parmi mes fonctions honorifiques récentes, on m'a demandé de faire passer les jurys de DO à l'école IDO à Paris. Un exercice sympathique qui m'a remis un peu dans l'ambiance de ce que les étudiants comprennent et pratiquent. Au cours d'une session, se présente à moi l'opportunité d'étudier chez un ostéopathe installé et qui enseigne. Il s'agit d'Hervé Julien, qui promeut une idée assez intéressante : l'existence d'un mouvement musculaire permanent (MMP), qu'on pourrait également qualifier de motilité musculaire spontanée et rythmique. En bref, il pense que les muscles striés ont leur motilité propre, sur le rythme connu des ostéopathes sous le nom de MRP. Cette idée me plaît instantanément car elle correspond bien à ce que j'avais senti en écoutant les tissus. Quand on sent, sur un genou, une alternance de rotation interne et externe, en même temps qu'une abduction/adduction et flexion/extension, il paraît assez évident que la meilleure explication, la plus saine et la plus logique, c'est une contraction alternée des muscles agissant sur le genou dans toutes les dimensions, et moins probablement, la sécrétion de trois gouttes de LCR dans les ventricules cérébraux. Hervé Julien considère donc que ce MMP est une explication tout à fait pertinente de beaucoup de ce qui se dit au nom du MRP, le mouvement respiratoire primaire des ostéopathes crâniens. Ayant adhéré à cette idée, je viens à ses cours, me mêlant avec des étudiants, pour la plupart, beaucoup plus jeunes que moi. Je trouve ça super de jouer l'ignorant, et de s'apercevoir assez rapidement, que, pas besoin de jouer, on l'est réellement et que c'est bien de recommencer… Cette histoire de MMP, au lieu de ou en parallèle au MRP, c'est pas mal du tout et ça a pas mal de conséquences au niveau pratique et clinique. Au bout de la formation, et devant l'absence, comme d'hab, de volontaires, me voilà bombardé secrétaire de l'association créée par ce même Hervé Julien, Teutaros, pour promouvoir ses idées et sa pratique. Teutaros, c'est le nom d'un bouvier auquel Zeus a confié l'éducation de son chouchou Hercule. En particulier, pour le parfaire dans le tir à l'arc. La colonne vertébrale étant un empilement d'arcs, je me suis dit que c'était pas mal trouvé, ce nom. Et on ne sait jamais, si on a la bénédiction de Zeus, ça ne peut qu'aider… Le Guide Michelin des Formations C'est donc, pour vous épargner de nombreux détails très importants mais dont l'énumération serait fastidieuse (expression tirée du film ‘les Rois Mages'), dans ce cadre de secrétaire d'une association ostéopathique, que je concocte l'idée de rajouter comme corde à mon arc, de devenir journaliste. Mêlé aux étudiants, je me suis vite aperçu que c'était une question vitale pour notre profession. Non seulement, quelqu'un qui veut étudier notre art, en France, doit choisir parmi près de 70 écoles (plus que dans le monde entier paraît-il !), mais en plus, après, on lui propose une pléthore de formations en tous genres. Sans compter celles qui se déroulent à l'étranger. Avec des prix souvent faramineux, rendant la participation aléatoire. Ça laisse un petit goût amer de se dire qu'après 4 ou 5 années d'études, on a juste acquis la compréhension de base qui permet d'aller à des séminaires où, enfin, on va apprendre la vraie ostéo, pas le truc scolaire. C'est certes désespérant et crée beaucoup de confusion. On entend vite les questions que se posent les jeunes diplômés : qu'est ce qui est nécessaire à mon installation ? De la pédiatrie, de la gynéco ? Améliorer mon structurel ? Le fascia, le viscéral ? Il n'existe aucun guide Michelin pour toutes ces formations. Et c'est là que le vieux machin que je suis peut jouer un rôle. Ça m'ennuie de me singulariser comme cela, mais il faut bien qu'un des Anciens – ce que je suis – rende ce service aux plus jeunes, et les aide à choisir, à déterminer ce qui est essentiel ou pas. Et je tiens à affirmer du haut de ma chaire de professeur sans université, qu'en gros : ne pas s'affoler. Ce que vous, les p'tiots, avez appris à l'école, quelle qu'elle soit, où qu'elle soit, pourvu que vous vous êtes assis et que vous avez écouté assez longtemps, c'est l'essentiel. Rien de ce qui se dit au dehors ne doit être conçu comme archi-essentiel, vital etc. C'est un Vieux qui vous le dit, qui, en plus, s'est pris à un moment, pour le Moise de l'ostéopathie. Tout est dans les bouquins, en particulier dans les livres d'anatomie et de physiologie (même sans commentaire ostéopathique), et dans vos cours. Le reste, c'est du plus, voire du moins. Mais c'est vrai qu'il y a des rencontres qui marquent, ensuite. Celles-là, on ne les détermine pas d'avance. Ce sont des surprises, qui, le plus souvent, viennent en cadeau, gratuites. La plèbe ostéopathique Dans le cadre de ce que vous avez compris comme ma logorrhée, nous arrivons, petit à petit, à ce congrès de la FROP. Il faut savoir que ces réunions grandioses qui nécessitent une ou des salles, des enseignants qui voyagent, qui sont pris en charge, un nombre d'inscrits minimal etc., c'est une vraie tannée à organiser. Et dans le cas présent, c'est Bruno Ducoux et ses collaborateurs de la FROP qui ont pris le temps et les risques. Un premier grand merci au passage. Un congrès, c'est un contenu, les communications, et un contenant : le lieu, les rencontres, la fille assise à côté de vous, ou celui qui prend la dosette de café que vous alliez attraper. On aurait pu mettre les congrès sur Youtube et partager le contenu, mais les rencontres ? Elles sont magiques. Pour ce brassage des idées et des gens, il faut remercier mille fois ceux qui se cassent la tête à organiser ces fêtes du savoir. Sans compter l'inévitable soirée de gala associée, où on peut boire un petit coup et se considérer très différemment les uns les autres. Au passage, petite digression/publicité : j'avoue, bien que cela énerve souverainement mes amis non-ostéopathes, éprouver une grande affinité pour ce qu'on appelle les DO (étudiants compris). Je suis sûr que les avocats, les menuisiers, les assistantes sociales ou les politiciens kiffent lors de leurs réunions. Chacun a son jargon, ses problèmes, ses défis, ses réussites etc. et ils doivent passer d'excellentes soirées entre eux. Les ostéopathes, on a la santé en commun à discuter, et c'est quand même chouette comme sujet. On n'est pas les seuls, c'est vrai. Mais on a un mélange de rationnel (notre côté ‘objectif', ‘scientifique') et d'irrationnel (‘subjectif', alias mystico-pété) qui, je crois est unique dans le monde des thérapeutes. Les médecins ne sont – ou espèrent n'être - que dans le rationnel. Nos confrères des médecines dites ‘complémentaires', homéopathes, acupuncteurs ou naturopathes, sont, eux, franchement plus dans l'irrationnel. Je dis ça sans jugement. Alors ce mélange paradoxal, ça attire des gens à mi-chemin du rationnel et de l'irrationnel, et ça fait des rencontres super. Deux tribus de DO Les ostéopathes ne sont pas conscients à quel point, ils sont paradoxaux. Dans les congrès, ça saute aux yeux. Imaginez comment se retrouvent, assis à la même table des gens qui font de l'ostéopathie ‘biodynamique' côtoyer des ostéopathes ‘structurels', que franchement, ils n'ont rien à voir du tout au tout, et qu'ils sont là polis, à se passer les desserts, n'ayant en commun que ces deux lettres après leur nom, D.O. Et ce D et ce O, les oblige à se parler poliment. Même si leurs bouquins, leurs articles et leur pratique n'ont plus rien de commun, à première vue. Le congrès de la FROP s'annonce donc comme un bon terrain de début, présentant d'emblée dans son programme, des personnes des deux camps qui caractérisent notre profession. En plus, cette grand-messe concerne un domaine où l'ostéopathie s'illustre fort, de nos jours, la pédiatrie. Convaincu donc de devoir y aller, pour mon bien comme celui de la profession et de l'Univers, mais pas sûr que je pourrai gérer la chose tout seul, je demande au trésorier de Teutaros, Jean Edouard, de m'accompagner pour le congrès de la FROP et il se dit enchanté. Il habite à Bordeaux, ce qui facilite bien les choses. Et de son point de vue, c'est une aubaine, une occasion pour un jeune diplômé de rencontrer les ‘grands' de notre profession. Une ostéopathie cossue Collège Ostéopathique Sutherland - 4, rue de Condé, Bordeaux Le mercredi soir, après un merveilleux covoiturage (petite publicité car je n'ai fait que des voyages merveilleux ainsi), arrivée à Bordeaux chez mon co-journaliste, qui sera mon hôte ainsi que son épouse, dans un appartement de caractère. Nuit de repos et, à pied nous marchons jusqu'au COS (Collège Ostéopathique Sutherland), rue de Condé, dans le centre-ville. Bordeaux, ça en jette ! Ça respire la réussite sociale, et, à la différence de Lyon, l'autre bourgeoise, fondée sur l'industrie et le textile, Bordeaux, c'est du bon vin qui est devenu de la belle pierre. Les locaux du COS, où se déroulent les ateliers du jeudi et du vendredi, sont à la hauteur de la ville. Allez, je ne résiste pas : ils sont COSsus. Je n'ai jamais vu une école d'ostéopathie comme cela, mais je n'en connais pas beaucoup d'autres. J'aurai même droit à une visite de l'école par le directeur. C'est beau, d'être de la presse ! C'est un jeune homme à l'allure d'étudiant, et je suis très impressionné par le nombre de salles aux noms évocateurs, Salle Magoun, Salle Littlejohn etc., de bureaux avec des gens occupés, de salles pour les étudiants et même un amphithéâtre. Sachant que des décrets sont tombés exigeant que les écoles montrent un certain sérieux sur le plan infrastructure - faisant que, paraît-il, pas mal vont fermer - le COS me semble hors de danger ! Ah, le temps de l'ASO, la première école fondée par Still à Kirksville dans une cabane de 20 m². Il n'aurait pas passé les décrets. C'était beaucoup de contenu dans un tout petit contenant. Une proportion que les autorités ne pouvaient, ni ne peuvent juger ! Une tête bien faite, une tête bien pleine ? Nous entrons dans la salle du premier atelier, un peu en retard. Le ton de la première intervention est énergique. On sent le sérieux. Un power point sophistiqué à l'écran. La conférencière donne l'impression d'être à fond dans ce qu'elle dit. Elle a un accent : Sylvie Lessard D.O., de Québec, venue nous présenter son travail sur la plagiocéphalie. Elle ne parlera pas du traitement des bébés, mais des poupons… Il y avait, comme ça, deux ou trois autres expressions marrantes pour nous. Vive la diversité des langues ! Pour le contenu de la communication, on pourra trouver ci-joint un rapport écrit par mon compère, Jean-Edouard, chargé de rapporter les dires des uns et des autres, poser quelques questions. Pour le mien, on attendra un peu. Je l'ai pourtant déjà écrit. Ça faisait bien. Mais suite à un échange de courriels avec l'auteur et avec ma conscience, je me suis aperçu que je n'avais pas marqué l'essentiel, et que je m'étais perdu dans mon raisonnement. Pour reprendre, pas dans le même sens, l'expression de Michel de Montaigne, cela touche à un paradoxe complexe, celui de la « tête bien faite vs. la tête bien pleine ». Dans la plagiocéphalie, on a une tête mal faite. Mais elle est peut être bien pleine. Doit-on intervenir alors ? Inversement, on peut dire que la tête mal faite ne peut bien se remplir. En termes ostéopathiques, cela s'inscrit dans un autre paradoxe : la structure gouverne la fonction, mais, tout autant, la fonction gouverne la structure. Je dois donc réécrire. En attendant que cela soit fait, je vous tire ma révérence et vous retrouverai plus tard avec plaisir. Pour ceux qui sont arrivés ici dans le texte, en ayant lu tout depuis le début (excluant les petits malins qui commencent par la fin), je vous remercie de m'avoir lu et rappelle que les paroles dites ci-dessus et plus tard, ci-dessous, n'engagent que leur auteur. À bientôt… Le Site de l'Ostéopathie remercie Alain A. Abehsera pour sa contribution Cet article a été publié sur le Site de l'Ostéopathie le 27-03-2015 à l'occasion du congrès de la FROP à Bordeaux en 2015
  • Le métier de journaliste, ça s'apprend

    17 January, by Alain Abehsera, Jean Louis Boutin — Généralités Ostéo.
    Sommaire Présentation Les sentiments de l'ostéopathe De l'importance des ragots Au nom de qui et quoi tu (...) L'ostéopathie : un peu de (...) Les muscles bougent Le Guide Michelin des Formatio La plèbe ostéopathique Deux tribus de DO Une ostéopathie cossue Une tête bien faite, une (...) Présentation Résumé Voici la première livraison de ce qui est appelé à devenir une chronique journalistique sur ce Site. Dédiée, en particulier, à la couverture de nos congrès, séminaires et autres fêtes ostéopathiques. Dans un souci de transparence, l'auteur préfère, au préalable, se présenter. À l'aide de détails biographiques ou évènementiels, il met ici en place le cadre anatomique et physiologique de sa vie professionnelle. Soulevant, au passage, des questions de principe et de technique, telles qu'elles se sont présentées dans leur contexte vivant… Présentation Au sein de cette famille ostéopathique française devenue fort grande depuis l'époque de mes premiers pas, je me présente. Je m'appelle Albert-Alain-Abraham Abehsera, alias les 5A. Un personnage actif dans la profession dans les années 70 du siècle dernier, et qui s'est mis en retrait ensuite, pour revenir à la charge, tel Richard Cœur de Lion revenu des croisades, et cherchant à récupérer ses terres de son frère félon. Ce n'est pas totalement faux, cette comparaison, car, comme le Roi-Lion, j'ai quitté l'Angleterre et la France pour Jérusalem, où j'ai habité de nombreuses années, avant de revenir ici. Le reste des infos sur qui fonctionne derrière ce nom, viendra au fur et à mesure de cet article et de ceux qui – j'espère – le suivront. Les sentiments de l'ostéopathe Le journalisme, c'est une manière bien particulière de parler des choses. Ce sont des idées rapportées mais aussi des sentiments. Le journaliste n'est pas supposé reproduire exactement le contenu sans se préoccuper du contenant. Ce n'est pas un appareil photo ni un enregistreur. Il doit pré-digérer l'info, la résumer, la rendre intéressante lorsqu'elle est ennuyeuse, colorée lorsqu'elle est grise. C'est un métier qui s'apprend et je ne l'ai pas appris. En plus, je suis ostéopathe de formation et, forcément, je manque de la distance que les journalistes ont, vis à vis de leur sujet d'enquête. Avouons que nous avons tendance, entre nous, à nous passer la pommade, à ne pas trop critiquer les contenus. On ne sait jamais, il y a des intérêts en jeu. Pourtant, le journalisme parmi nous me paraît bien nécessaire. D'abord parce qu'il y a des stages, des séminaires, des congrès dont le contenu passe à l'as, et c'est de l'information perdue pour ceux qui n'ont pu se déplacer ou payer, c'est-à-dire 98,4 pour cent de la profession pour chaque réunion. Mais aussi, il ne faut pas oublier l'autre boulot du journaliste, c'est la ‘critique'. Comme pour le cinéma ou les expositions artistiques, on devrait avoir des critiques de séminaires, de congrès, etc. L'ostéopathie, on l'entend sans arrêt, n'est pas qu'une science mais aussi un art, plein de la subjectivité de chaque auteur ou praticien. Qui dit art, dit possibilité de critique. Pas juste pour casser du sucre, mais pour recadrer chacun dans son fil historique, évaluer ce qu'il y a de vraiment nouveau ou ancien dans les discours et les pratiques, souligner les contradictions. Et donc, comme quand on va au cinéma, et qu'on regarde d'abord les critiques, permettre à chacun de se faire une idée. Sans oublier que, parfois, les critiques se ramassent une grosse gamelle quand un film pulvérise les records d'audience malgré le snobisme des spécialistes qui l'avaient massacré dans la presse. De l'importance des ragots En plus, le journalisme de nos jours doit compter avec l'aspect people. Est-ce une information inintéressante que de rapporter les détails conjugaux ou financiers des uns et des autres ? Non… J'avoue modestement que j'aime lire la presse people, de temps en temps. C'est un discours léger sur les choses sérieuses et qui, en fait, est pétri de morale. En montrant le roi nu, on rappelle l'humanité de chacun, et on demande à voir l'adéquation entre ce que les gens importants disent et ce qu'ils font, ou disent qu'ils font. Ça, c'est très important, pourvu qu'on se préserve de la médisance. Prenons un exemple ostéopathique. Un ostéopathe vient à la tribune faire une communication de posturologie, ultra-pointue et documentée. Rapporter ses dires, ses courbes et histogrammes, est, certes, important. Mais on est en droit de parler de ses autres courbes, celle de sa colonne. Quand un posturologue discourt et qu'il a une bosse de bison, des épaules rondes et du ventre, on peut se poser des questions. Donc, me voilà écrivant à Bruno Ducoux, le directeur de la FROP, lui proposant, sans raconter tout le blabla qui précède, que j'aimerai couvrir l'évènement qu'il organise à Bordeaux. Bruno est un garçon qui est au garde-à-vous pour les principes de l'ostéopathie. Ce qu'il sent être bien pour la profession, il l'accepte si on le lui propose. Et c'est ce qu'il fait avec une grande gentillesse. Pourquoi me connaît-il et accepte-t-il ? L'histoire est longue, mais nous avons une bonne relation. Je signale que je vais venir avec d'autres ostéopathes. On devait être trois, mais la troisième se désiste pour cette fois-là. Elle interviendra dans les prochaines chroniques. Mon partenaire, pour le congrès, répond au nom de Jean-Edouard Crombez de Rémond de Montmort (je vous jure que c'est vrai). Je n'ai pas confiance dans mon jugement de DO blasé, et je sens la nécessité d'être accompagné par un diplômé récent, qui aura le point de vue de la vaste majorité de la profession actuelle, les fameux ninis. Et surtout, l'aide de quelqu'un qui est installé et se confronte aux problèmes quotidiens du cabinet. Moi, pour le moment, je ne consulte pas. Pour l'instant, car j'espère, mais je le dis depuis si longtemps, que je vais remettre le couvert. En attendant ce jour que je redoute, les opinions des ostéopathes en exercice valent mieux que les miennes. Je ne regretterai pas ma décision de venir accompagné, car, rapidement, je me prends à avoir des critiques sur ce que j'entends, et Jean-Edouard, me recadre. Normal, c'est un aristo, et il me rappelle le devoir de noblesse auquel je tiens tant, d'habitude. Au nom de qui et quoi tu parles ? Quelques mots de plus sur qui je suis, sur la légitimité de mon discours. Je suis DO de 1975 – temps plein en Angleterre - et fait ensuite mes études de médecine en France. J'ai pratiqué et enseigné notre art quelques années, jusqu'en 2000. À cette date, j'ai dû me retirer de toute pratique suite à un burn-out très sévère. J'ai failli mourir au champ d'honneur ostéopathique. Succomber en soignant quelqu'un d'autre aurait pu être une belle fin, mais je me suis arrêté à temps. J'ai dû cesser mon activité ostéopathique commerciale mais pas mon implication dans la profession. Qu'il s'agisse d'écriture, d'enseignement ou de traitements, car je peux dire que j'ai fait, depuis mon arrêt de travail, au moins un traitement ostéopathique par jour. Enseigner, par contre, pas trop. Car mon grand problème, ces dernières années, s'est résumé ainsi : comment enseigner ou pratiquer un art qui a failli me tuer ? Ou mieux, un art avec lequel j'ai failli me tuer. Car il ne faut pas accuser l'ostéopathie en soi, mais notre manière de la pratiquer. De peur de transmettre un enseignement mortifère, je me suis beaucoup restreint dans ma communication. Et j'ai pu explorer cette terre vierge à ma connaissance : l'éventuelle toxicité de l'ostéopathie pour le praticien comme le patient. Voilà ma quête et le gros dossier que je veux ouvrir pour nous tous. L'ostéopathie : un peu de bien, un peu de mal Ce n'est pas que notre santé qui est jeu, mais aussi notre capacité de soigner, voire de guérir. Je confie une de mes espérances : lorsqu'on aura débarrassé l'ostéopathie de ses effets toxiques potentiels ou réels, elle va exploser dans ses résultats cliniques. J'y crois dur comme fer. Elle fait dans le lombago pour le moment, car c'est là qu'elle est la moins dangereuse, mais pas très efficace. L'ostéopathie retournera – en mieux et plus fort – aux jours bénis de sa création – une médecine générale – quand elle aura trouvé son bien et son mal. Pour le moment, elle est une technique du bien-être, une parmi cent autres. En effet, elle n'est supposée apporter que du bien, et donc fait peu de bien, et probablement peu de mal. Pour qu'elle passe en mode ‘faire beaucoup de bien', il faut qu'elle repère avec précision le « beaucoup de mal » qu'elle pourrait également causer, ce qu'on appelle, en médecine : indications et contrindications. Pour le moment, pas une ligne n'existe sur les contrindications de l'ostéopathie, fonctionnelle en particulier (fascia, écoute, biodynamique selon les divers noms sous laquelle elle s'est fait connaître). Pas une ligne, pas vraiment, car j'ai écrit quelque chose là-dessus, racontant mon burnout. Dans le cadre de cette quête, mais aussi, tout simplement, parce que j'aime l'ostéopathie, j'ai décidé d'aller aux congrès et aux séminaires, voir et entendre ce qui s'y dit. Un patient par jour Depuis que j'ai arrêté la pratique en cabinet, je l'ai dit plus haut, j'ai eu, au moins, un patient par jour. Et ce patient quotidien, ça a été et continue d'être moi. Grâce à ce rendez-vous qui prend tout mon agenda, petit à petit, ça a été mieux. Mon burnout, ses manifestations pathologiques, s'est incliné devant mon ostéopathe intérieur. Quinze années de traitement ostéopathique quotidien. Quand notre profession sera plus connue, je serai candidat au Guinness. Au fur et à mesure de cette amélioration dans la santé, trop heureux de retrouver la vie, la marche, la course, la capacité de soulever, j'ai pensé partager l'info, et donc écrire, enseigner à nouveau et, pourquoi pas, ré-exercer, rouvrir un cabinet. Gagner ma vie (comme on dit, car peut-être, on la perd aussi) avec ça. L'idée me tente, à ce jour, mais j'ai gardé une peur bleue de rattraper le burn-out. Comment l'éviter ? Comment ne pas sentir à nouveau que je me suis fait pomper ma substantifique moelle à l'issue d'un traitement, avec en prime, un patient qui se sent, lui, très bien ? Je me suis posé assez rapidement la question : comment les autres ostéopathes gèrent ce problème ? Est-ce général ? J'ai donc fait ma petite enquête. Avec toutes sortes de réponses. On en reparlera. En parallèle, et toujours dans la perspective d'une réinstallation, je me suis dit que la politesse vis-à-vis de mes futurs patients, malgré mes titres, c'est de redevenir étudiant. Revoir les choses à la base, entendre ce qui se dit depuis que je suis sorti de mon école, voici 40 ans. J'ai donc cherché où étudier, discrètement. Les muscles bougent Parmi mes fonctions honorifiques récentes, on m'a demandé de faire passer les jurys de DO à l'école IDO à Paris. Un exercice sympathique qui m'a remis un peu dans l'ambiance de ce que les étudiants comprennent et pratiquent. Au cours d'une session, se présente à moi l'opportunité d'étudier chez un ostéopathe installé et qui enseigne. Il s'agit d'Hervé Julien, qui promeut une idée assez intéressante : l'existence d'un mouvement musculaire permanent (MMP), qu'on pourrait également qualifier de motilité musculaire spontanée et rythmique. En bref, il pense que les muscles striés ont leur motilité propre, sur le rythme connu des ostéopathes sous le nom de MRP. Cette idée me plaît instantanément car elle correspond bien à ce que j'avais senti en écoutant les tissus. Quand on sent, sur un genou, une alternance de rotation interne et externe, en même temps qu'une abduction/adduction et flexion/extension, il paraît assez évident que la meilleure explication, la plus saine et la plus logique, c'est une contraction alternée des muscles agissant sur le genou dans toutes les dimensions, et moins probablement, la sécrétion de trois gouttes de LCR dans les ventricules cérébraux. Hervé Julien considère donc que ce MMP est une explication tout à fait pertinente de beaucoup de ce qui se dit au nom du MRP, le mouvement respiratoire primaire des ostéopathes crâniens. Ayant adhéré à cette idée, je viens à ses cours, me mêlant avec des étudiants, pour la plupart, beaucoup plus jeunes que moi. Je trouve ça super de jouer l'ignorant, et de s'apercevoir assez rapidement, que, pas besoin de jouer, on l'est réellement et que c'est bien de recommencer… Cette histoire de MMP, au lieu de ou en parallèle au MRP, c'est pas mal du tout et ça a pas mal de conséquences au niveau pratique et clinique. Au bout de la formation, et devant l'absence, comme d'hab, de volontaires, me voilà bombardé secrétaire de l'association créée par ce même Hervé Julien, Teutaros, pour promouvoir ses idées et sa pratique. Teutaros, c'est le nom d'un bouvier auquel Zeus a confié l'éducation de son chouchou Hercule. En particulier, pour le parfaire dans le tir à l'arc. La colonne vertébrale étant un empilement d'arcs, je me suis dit que c'était pas mal trouvé, ce nom. Et on ne sait jamais, si on a la bénédiction de Zeus, ça ne peut qu'aider… Le Guide Michelin des Formations C'est donc, pour vous épargner de nombreux détails très importants mais dont l'énumération serait fastidieuse (expression tirée du film ‘les Rois Mages'), dans ce cadre de secrétaire d'une association ostéopathique, que je concocte l'idée de rajouter comme corde à mon arc, de devenir journaliste. Mêlé aux étudiants, je me suis vite aperçu que c'était une question vitale pour notre profession. Non seulement, quelqu'un qui veut étudier notre art, en France, doit choisir parmi près de 70 écoles (plus que dans le monde entier paraît-il !), mais en plus, après, on lui propose une pléthore de formations en tous genres. Sans compter celles qui se déroulent à l'étranger. Avec des prix souvent faramineux, rendant la participation aléatoire. Ça laisse un petit goût amer de se dire qu'après 4 ou 5 années d'études, on a juste acquis la compréhension de base qui permet d'aller à des séminaires où, enfin, on va apprendre la vraie ostéo, pas le truc scolaire. C'est certes désespérant et crée beaucoup de confusion. On entend vite les questions que se posent les jeunes diplômés : qu'est ce qui est nécessaire à mon installation ? De la pédiatrie, de la gynéco ? Améliorer mon structurel ? Le fascia, le viscéral ? Il n'existe aucun guide Michelin pour toutes ces formations. Et c'est là que le vieux machin que je suis peut jouer un rôle. Ça m'ennuie de me singulariser comme cela, mais il faut bien qu'un des Anciens – ce que je suis – rende ce service aux plus jeunes, et les aide à choisir, à déterminer ce qui est essentiel ou pas. Et je tiens à affirmer du haut de ma chaire de professeur sans université, qu'en gros : ne pas s'affoler. Ce que vous, les p'tiots, avez appris à l'école, quelle qu'elle soit, où qu'elle soit, pourvu que vous vous êtes assis et que vous avez écouté assez longtemps, c'est l'essentiel. Rien de ce qui se dit au dehors ne doit être conçu comme archi-essentiel, vital etc. C'est un Vieux qui vous le dit, qui, en plus, s'est pris à un moment, pour le Moise de l'ostéopathie. Tout est dans les bouquins, en particulier dans les livres d'anatomie et de physiologie (même sans commentaire ostéopathique), et dans vos cours. Le reste, c'est du plus, voire du moins. Mais c'est vrai qu'il y a des rencontres qui marquent, ensuite. Celles-là, on ne les détermine pas d'avance. Ce sont des surprises, qui, le plus souvent, viennent en cadeau, gratuites. La plèbe ostéopathique Dans le cadre de ce que vous avez compris comme ma logorrhée, nous arrivons, petit à petit, à ce congrès de la FROP. Il faut savoir que ces réunions grandioses qui nécessitent une ou des salles, des enseignants qui voyagent, qui sont pris en charge, un nombre d'inscrits minimal etc., c'est une vraie tannée à organiser. Et dans le cas présent, c'est Bruno Ducoux et ses collaborateurs de la FROP qui ont pris le temps et les risques. Un premier grand merci au passage. Un congrès, c'est un contenu, les communications, et un contenant : le lieu, les rencontres, la fille assise à côté de vous, ou celui qui prend la dosette de café que vous alliez attraper. On aurait pu mettre les congrès sur Youtube et partager le contenu, mais les rencontres ? Elles sont magiques. Pour ce brassage des idées et des gens, il faut remercier mille fois ceux qui se cassent la tête à organiser ces fêtes du savoir. Sans compter l'inévitable soirée de gala associée, où on peut boire un petit coup et se considérer très différemment les uns les autres. Au passage, petite digression/publicité : j'avoue, bien que cela énerve souverainement mes amis non-ostéopathes, éprouver une grande affinité pour ce qu'on appelle les DO (étudiants compris). Je suis sûr que les avocats, les menuisiers, les assistantes sociales ou les politiciens kiffent lors de leurs réunions. Chacun a son jargon, ses problèmes, ses défis, ses réussites etc. et ils doivent passer d'excellentes soirées entre eux. Les ostéopathes, on a la santé en commun à discuter, et c'est quand même chouette comme sujet. On n'est pas les seuls, c'est vrai. Mais on a un mélange de rationnel (notre côté ‘objectif', ‘scientifique') et d'irrationnel (‘subjectif', alias mystico-pété) qui, je crois est unique dans le monde des thérapeutes. Les médecins ne sont – ou espèrent n'être - que dans le rationnel. Nos confrères des médecines dites ‘complémentaires', homéopathes, acupuncteurs ou naturopathes, sont, eux, franchement plus dans l'irrationnel. Je dis ça sans jugement. Alors ce mélange paradoxal, ça attire des gens à mi-chemin du rationnel et de l'irrationnel, et ça fait des rencontres super. Deux tribus de DO Les ostéopathes ne sont pas conscients à quel point, ils sont paradoxaux. Dans les congrès, ça saute aux yeux. Imaginez comment se retrouvent, assis à la même table des gens qui font de l'ostéopathie ‘biodynamique' côtoyer des ostéopathes ‘structurels', que franchement, ils n'ont rien à voir du tout au tout, et qu'ils sont là polis, à se passer les desserts, n'ayant en commun que ces deux lettres après leur nom, D.O. Et ce D et ce O, les oblige à se parler poliment. Même si leurs bouquins, leurs articles et leur pratique n'ont plus rien de commun, à première vue. Le congrès de la FROP s'annonce donc comme un bon terrain de début, présentant d'emblée dans son programme, des personnes des deux camps qui caractérisent notre profession. En plus, cette grand-messe concerne un domaine où l'ostéopathie s'illustre fort, de nos jours, la pédiatrie. Convaincu donc de devoir y aller, pour mon bien comme celui de la profession et de l'Univers, mais pas sûr que je pourrai gérer la chose tout seul, je demande au trésorier de Teutaros, Jean Edouard, de m'accompagner pour le congrès de la FROP et il se dit enchanté. Il habite à Bordeaux, ce qui facilite bien les choses. Et de son point de vue, c'est une aubaine, une occasion pour un jeune diplômé de rencontrer les ‘grands' de notre profession. Une ostéopathie cossue Collège Ostéopathique Sutherland - 4, rue de Condé, Bordeaux Le mercredi soir, après un merveilleux covoiturage (petite publicité car je n'ai fait que des voyages merveilleux ainsi), arrivée à Bordeaux chez mon co-journaliste, qui sera mon hôte ainsi que son épouse, dans un appartement de caractère. Nuit de repos et, à pied nous marchons jusqu'au COS (Collège Ostéopathique Sutherland), rue de Condé, dans le centre-ville. Bordeaux, ça en jette ! Ça respire la réussite sociale, et, à la différence de Lyon, l'autre bourgeoise, fondée sur l'industrie et le textile, Bordeaux, c'est du bon vin qui est devenu de la belle pierre. Les locaux du COS, où se déroulent les ateliers du jeudi et du vendredi, sont à la hauteur de la ville. Allez, je ne résiste pas : ils sont COSsus. Je n'ai jamais vu une école d'ostéopathie comme cela, mais je n'en connais pas beaucoup d'autres. J'aurai même droit à une visite de l'école par le directeur. C'est beau, d'être de la presse ! C'est un jeune homme à l'allure d'étudiant, et je suis très impressionné par le nombre de salles aux noms évocateurs, Salle Magoun, Salle Littlejohn etc., de bureaux avec des gens occupés, de salles pour les étudiants et même un amphithéâtre. Sachant que des décrets sont tombés exigeant que les écoles montrent un certain sérieux sur le plan infrastructure - faisant que, paraît-il, pas mal vont fermer - le COS me semble hors de danger ! Ah, le temps de l'ASO, la première école fondée par Still à Kirksville dans une cabane de 20 m². Il n'aurait pas passé les décrets. C'était beaucoup de contenu dans un tout petit contenant. Une proportion que les autorités ne pouvaient, ni ne peuvent juger ! Une tête bien faite, une tête bien pleine ? Nous entrons dans la salle du premier atelier, un peu en retard. Le ton de la première intervention est énergique. On sent le sérieux. Un power point sophistiqué à l'écran. La conférencière donne l'impression d'être à fond dans ce qu'elle dit. Elle a un accent : Sylvie Lessard D.O., de Québec, venue nous présenter son travail sur la plagiocéphalie. Elle ne parlera pas du traitement des bébés, mais des poupons… Il y avait, comme ça, deux ou trois autres expressions marrantes pour nous. Vive la diversité des langues ! Pour le contenu de la communication, on pourra trouver ci-joint un rapport écrit par mon compère, Jean-Edouard, chargé de rapporter les dires des uns et des autres, poser quelques questions. Pour le mien, on attendra un peu. Je l'ai pourtant déjà écrit. Ça faisait bien. Mais suite à un échange de courriels avec l'auteur et avec ma conscience, je me suis aperçu que je n'avais pas marqué l'essentiel, et que je m'étais perdu dans mon raisonnement. Pour reprendre, pas dans le même sens, l'expression de Michel de Montaigne, cela touche à un paradoxe complexe, celui de la « tête bien faite vs. la tête bien pleine ». Dans la plagiocéphalie, on a une tête mal faite. Mais elle est peut être bien pleine. Doit-on intervenir alors ? Inversement, on peut dire que la tête mal faite ne peut bien se remplir. En termes ostéopathiques, cela s'inscrit dans un autre paradoxe : la structure gouverne la fonction, mais, tout autant, la fonction gouverne la structure. Je dois donc réécrire. En attendant que cela soit fait, je vous tire ma révérence et vous retrouverai plus tard avec plaisir. Pour ceux qui sont arrivés ici dans le texte, en ayant lu tout depuis le début (excluant les petits malins qui commencent par la fin), je vous remercie de m'avoir lu et rappelle que les paroles dites ci-dessus et plus tard, ci-dessous, n'engagent que leur auteur. À bientôt… Le Site de l'Ostéopathie remercie Alain A. Abehsera pour sa contribution Cet article a été publié sur le Site de l'Ostéopathie le 27-03-2015 à l'occasion du congrès de la FROP à Bordeaux en 2015
  • SDO 3 - Fiabilité du diagnostic et efficacité clinique de l'ostéopathie viscérale

    17 January, by CORTECS, Jean Louis Boutin — N°47 - Hiver 18 (Rés), , , ,
    Résumé RÉSUMÉ Contexte En 2010, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié des repères pour la formation en ostéopathie, dans lesquels les techniques viscérales ostéopathiques sont incluses. Le but de cette étude était d'identifier et d'évaluer de façon critique la littérature scientifique concernant la fiabilité du diagnostic et l'efficacité clinique des techniques utilisées en ostéopathie viscérale. Méthodes Les bases de données MEDLINE, OSTMED. DR, la Cochrane Library, Osteopathic Research Web, Google Scholar, le site Web du Journal of American Osteopathic Association (JAOA), le site Web de l'International Journal of Osteopathic Medicine (IJOM) et le catalogue du site Web de l'Académie d'ostéopathie de France ont été consultés jusqu'en décembre 2017. Seules les études de fiabilité interévaluateurs comprenant au moins deux évaluateurs ou les études de fiabilité intraévaluateurs comprenant au moins deux évaluations par le même évaluateur ont été incluses. Pour les études d'efficacité, seuls des essais cliniques comparatifs randomisés (ECR) ou des études croisées sur des sujets en mauvaise santé (toutes conditions, durée et résultats) ont été inclus. Le risque de biais a été déterminé en utilisant une version modifiée de l'outil d'évaluation de la qualité pour les études de fiabilité diagnostique (QAREL) dans les études de fiabilité. Pour les études d'efficacité, l'outil Cochrane sur le risque de biais a été utilisé pour évaluer leur conception méthodologique. Deux auteurs ont procédé à l'extraction et à l'analyse des données. Résultats Huit études de fiabilité et six études d'efficacité ont été incluses. L'analyse des études de fiabilité montre que les techniques diagnostiques utilisées dans l'ostéopathie viscérale ne sont pas fiables. En ce qui concerne les études d'efficacité, l'étude la moins biaisée ne montre aucune différence significative pour le résultat principal. Les principaux risques de biais relevés dans les études incluses étaient dus à l'absence d'aveuglement des examinateurs, à une méthode statistique inadéquate ou à l'absence de résultats d'études primaires. Conclusions Les résultats de l'examen systématique nous amènent à conclure qu'il n'existe pas de preuves solides et bien menées sur la fiabilité et l'efficacité des techniques en ostéopathie viscérale. Contexte CONTEXTE La pratique de l'ostéopathie a été fondée en 1874 par Andrew Taylor Still aux États-Unis [1]. Pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'ostéopathie est une médecine complémentaire et alternative qui consiste en des techniques manuelles de diagnostic et de traitement pour diverses affections (telles que les troubles musculosquelettiques et gastro-intestinaux) [2]. Les données empiriques fiables sur les différents types de techniques utilisées en pratique ostéopathique sont rares, essentiellement en raison de la faible représentativité des échantillons étudiés. Parmi tous les patients traités par des ostéopathes, le nombre de patients recevant l'ostéopathie viscérale varie considérablement, de 1% à 95% [3], [4]. Bien que l'enseignement de l'ostéopathie viscérale ait été interdit dans au moins un pays (en France [5]) (voir encadré), l'OMS a incorporé les techniques viscérales dans son référentiel pour la formation à l'ostéopathie en 2010 [2]. Toutefois, l'introduction d'une discipline dans les référentiels de formation clinique et, plus généralement, dans les systèmes de soins de santé devrait exiger des preuves rigoureuses d'innocuité, d'efficacité . Pour satisfaire à ces exigences, les techniques diagnostiques et les thérapies elles-mêmes doivent être à la fois fiables et efficaces. D'un point de vue historique, le concept d'ostéopathie viscérale a été introduit par l'ostéopathe français Jacques Weischenck dans les années 1980 [6]. La publication ultérieure en 1983 par les ostéopathes français Jean-Pierre Barral et Pierre Mercier [7] est celle sur laquelle se basent la plupart des ostéopathes. Selon la théorie proposée par ses fondateurs, l'ostéopathie viscérale est essentiellement décrite en termes mécaniques et se concentre sur les organes intra-abdominaux [6], [7]. Partant de l'observation selon laquelle les viscères intra-abdominaux se déplacent naturellement (par exemple à cause de la respiration), il est soutenu que cette mobilité pourrait être perturbée de la même manière que la mobilité articulaire peut être perturbée [7]. D'un point de vue physiopathologique, il est prétendu que ces troubles peuvent déclencher, augmenter ou maintenir des troubles musculo-squelettiques (p. ex. douleurs lombaires) ou gastro-intestinaux (p. ex. troubles de l'intestin irritable) [6], [7], entre autres. Par conséquent, les ostéopathes viscéraux suggèrent que ces troubles de la mobilité peuvent être détectés par palpation et traités par manipulation [6], [7]. À l'heure actuelle, aucun des aspects théoriques de l'ostéopathie viscérale n'a reçu de soutien empirique sérieux, si ce n'est la possibilité d'une perturbation de la mobilité des viscères [8]. De plus, aucune revue systématique n'a été effectuée sur les preuves de la fiabilité des techniques diagnostiques utilisées dans l'ostéopathie viscérale en intra et extra examinateurs (évaluateurs). Une revue de littérature a été réalisée sur l'efficacité des stratégies thérapeutiques dans l'ostéopathie viscérale [9]. Cette revue n'est malheureusement ni systématique (pas de méthodes de recherche, d'inclusion et d'analyse) ni spécifique à l'ostéopathie viscérale car elle comprend des études sur le massage abdominal. Le présent article présente deux revues systématiques pour identifier et évaluer de façon critique la littérature scientifique concernant 1) la fiabilité des techniques diagnostiques et 2) l'efficacité clinique des techniques utilisées en ostéopathie viscérale Encadré ENCADRÉ L'Arrêté du 25 mars 2007 relatif à la formation en ostéopathie, à la commission d'agrément des établissements de formation et aux mesures dérogatoires publié au J.O n° 73 le 27 mars 2007 page 5687 texte n° 43 - NOR : SANP0721336A [https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000273294] dans son article 3 stipule : « Tout enseignement relatif à une approche viscérale ou crânio-sacrée, à des pratiques se rapportant à la sphère urogénitale ainsi qu'à une pratique de l'ostéopathie chez la femme enceinte est strictement exclu de la formation ». Cet article a été abrogé par décision du Conseil d'État en date du 23 janvier 2008 suite au recours de l'AFO et du SNOF : Conseil d'État 1ère et 6ème sous-sections réunies, 23/01/2008, 304482 [https://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriAdmin.do?oldAction=rechJuriAdmin&idTexte=CETATEXT000018259696&fastReqId=1660676417] Méthodes MÉTHODES Le protocole a été enregistré sur PROSPERO (CRD42016052861 : http://www.crd.york.ac.uk/PROSPERO/display_record.asp?ID=CRD42016052861) le 12 décembre 2016, et a suivi les recommandations PRISMA (Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses) http://prisma-statement.org. Sources de données et recherches En décembre 2017, les sources documentaires suivantes ont été consultées : MEDLINE, OSTMED.DR, la Cochrane Library, Osteopathic Research Web, Google Scholar, Journal of American Osteopathic Association (JAOA), International Journal of Osteopathic Medicine (IJOM) et le catalogue de l'Académie d'ostéopathie de France. (Voir Fichier supplémentaire 1 : Annexe 1, pour les termes et équations de recherche). La recherche a été effectuée jusqu'au 21 décembre 2017. Aucune restriction n'a été appliquée en ce qui concerne la date ou la langue de publication. Par souci d'exhaustivité, une recherche complémentaire a été effectuée. Il s'agissait d'analyser la liste des références des articles inclus, de lire les revues systématiques précédentes et de communiquer avec des organisations professionnelles ou les auteurs d'études non publiées pour obtenir des études supplémentaires. Sélection des études Seules les études de fiabilité interévaluateurs comprenant au moins deux évaluateurs ou les études de fiabilité intraévaluateurs comprenant au moins deux évaluations par le même évaluateur ont été incluses. De plus, seules les études sur l'être humain (sujets sains ou malades) ont été retenues. En ce qui concerne les interventions évaluées, toutes les études relatives aux techniques mentionnées dans la littérature classique sur l'ostéopathie viscérale ou déclarées par les auteurs comme relevant du domaine de l'ostéopathie viscérale ont été retenues. Le bénéfice du doute a été accordé aux techniques dont l'appartenance à l'ostéopathie viscérale n'a pu être clairement établie. Pour les études d'efficacité, seuls des essais cliniques comparatifs randomisés (ECR) ou des études croisées sur des sujets atteints d'une affection quelconque (toutes conditions, durée et résultats) ont été inclus. En ce qui concerne les interventions évaluées, le même principe que pour les études de fiabilité a été appliqué (voir ci-dessus). Les autres critères d'exclusion étaient les suivants : essais non comparatifs, études non croisées, absence de mention claire de l'utilisation des techniques d'ostéopathie viscérale, études dans lesquelles des traitements combinés ont été évalués (comme dans le cas de la thérapie manuelle ostéopathique - TMO) sans analyse de sous-groupes et, éventuellement, études pour lesquelles la version intégrale du texte n'est pas disponible. Aucune restriction n'a été faite en ce qui concerne le type de maladie, le type de critères de jugement ou le type de services de santé. Le processus de sélection systématique s'est déroulé en trois étapes. Tout d'abord, une sélection a été faite sur la base du titre de l'article. Deuxièmement, chaque résumé a été évalué. À ce stade, les études qui ne répondaient pas aux critères d'inclusion ont été exclues. Enfin, les articles en texte intégral ont été lus pour une dernière application des critères d'inclusion. Un auteur a procédé à la sélection systématique. Pour les études réunies dans le cadre de l'approche complémentaire, leurs résumés ou, au besoin, les articles en texte intégral, ont également été analysés. Extraction des données et évaluation de la qualité Deux auteurs ont procédé à l'extraction des données. Les données extraites sont : la conception de l'étude (avec randomisation et procédures d'aveuglement), la taille et les caractéristiques de l'échantillon (p. ex., âge et/ou maladie ou critères d'inclusion), ainsi que les résultats principaux et secondaires. En ce qui concerne les études de fiabilité, des informations complémentaires sont présentées concernant les évaluateurs (nombre, qualification ou expertise) ainsi que l'analyse statistique effectuée. En ce qui concerne les études d'efficacité, une brève description des techniques mises en œuvre est également présentée. Conformément aux recommandations PRISMA http://prisma-statement.org, le risque de biais a été évalué de façon indépendante par deux examinateurs avec des formulaires standardisés. Dans le cas où les risques de biais ne peuvent être pleinement évalués en raison d'informations manquantes, l'auteur correspondant de la publication (ou à défaut, l'auteur principal) a été contacté pour obtenir les informations nécessaires à l'évaluation des risques de biais. Tous les auteurs ont été contactés le 20 décembre 2017. Les auteurs qui n'ont pas répondu ont été recontactés le 28 décembre 2017. Les examinateurs ont résolu les désaccords par la discussion et le consensus. Lorsqu'aucun consensus n'a pu être atteint, un troisième examinateur a pris la décision. Études de fiabilité En ce qui concerne les études de fiabilité, le risque de biais a été évalué dans chaque étude en utilisant une version modifiée de l'outil d'évaluation de la qualité pour les études de fiabilité diagnostique (QAREL) [10]. [Note : Par rapport à notre examen systématique précédent [10], nous retirons l'élément "expérience de l'évaluateur" parce qu'un étudiant en fin d'étude peut être mieux formé qu'un praticien récemment diplômé. De plus, il est toujours possible d'effectuer une analyse statistique de sous-groupe pour évaluer un effet d'expertise potentiel. Il est à noter que le retrait de ce point ne change pas la conclusion de notre examen précédent sur l'ostéopathie crânienne [10]]. L'évaluation générale du risque de biais pour une étude de fiabilité est : Risque élevé de biais "si au moins un élément est évalué avec un risque élevé de biais ; "incertitude majeure sur le risque de biais" si plus de deux éléments sont évalués avec un risque incertain de biais et avec tous les autres éléments avec un faible risque de biais ; "Une incertitude mineure au sujet du risque de biais" si deux éléments ou moins sont évalués avec un risque de biais peu clair et avec tous les autres avec un faible risque de biais ; et, dans l'ensemble, le "faible risque de biais" si tous les éléments sont évalués avec un faible risque de biais [10]. En plus de l'évaluation générale du risque de biais, les résultats des études de fiabilité sont analysés et interprétés. La fiabilité est jugée satisfaisante lorsque le coefficient de corrélation intraclasse (ICC) est supérieur à 0,75 selon la classification de Fleiss ou lorsque le coefficient kappa (κ) est supérieur à 0,81 selon la classification de Landis & Koch [11], [12]. Les seuils fixés pourraient être considérés comme élevés pour les techniques manuelles. Cependant, comme l'ostéopathie viscérale est principalement fondée sur une hypothèse causale sans preuve, ces précautions ont été jugées nécessaires. En ce qui concerne les méthodes statistiques pour les études de fiabilité, selon Lucas et al. [13], on considère que le coefficient de corrélation intraclasse est approprié pour évaluer la fiabilité interévaluateurs lorsque les variables sont des variables quantitatives, ordinales, d'intervalle et de ratio, tandis que le coefficient kappa est approprié pour les variables nominales (c-à-d. catégoriques). Il existe d'autres mesures statistiques de la fiabilité, comme les corrélations Spearman ou Pearson, la concordance en pourcentage ou les mesures de précision (par exemple, les limites de confiance), mais elles ne sont pas adaptées pour mesurer la fiabilité [13], [14]. Études d'efficacité Pour les études d'efficacité, le risque de biais a été évalué au moyen de l'outil Cochrane sur le risque de biais [15]. Étant donné qu'un risque élevé de biais dans le domaine concernant l'aveuglement est inévitable dans le domaine de la thérapie manuelle, le risque général de biais est [10] : Risque élevé de biais "si au moins un domaine en plus du domaine concernant l'aveuglement est évalué avec un risque élevé de biais ; "Incertitude majeure de risque de biais" si deux ou plusieurs domaines sont évalués avec un risque incertain de biais et si tous les autres domaines (à l'exception de l'aveuglement) sont évalués avec un faible risque de biais ; "Incertitude mineure du risque de biais" si un seul élément est évalué avec un risque de biais peu clair, et si tous les autres (à l'exception de l'aveuglement) sont évalués avec un risque de biais faible ; et "Risque de biais faible" si tous les éléments autres que le domaine concernant l'aveuglement sont évalués avec un risque de biais faible. Rôle de la source de financement Cette revue systématique a été financée par le Conseil national de l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes [CNOMK]. Le Conseil national des masseurs-kinésithérapeutes n'a joué aucun rôle dans la conception de l'étude, l'analyse de la collecte ou l'interprétation des données, ni dans la rédaction du rapport. Résultats RÉSULTATS Études de fiabilité 455 articles ont été identifiés après la recherche bibliographique systématisée. Parmi ceux-ci, huit ont passé les critères d'inclusion (figure 1). L'approche complémentaire a permis d'obtenir trois articles supplémentaires, mais un seul a passé les critères d'inclusion. Les caractéristiques de ces études sont présentées au tableau 1. Les articles exclus après examen du texte intégral sont disponibles dans l'annexe 2 avec leur raison principale d'exclusion. Table 1 - Résumé des études incluses portant sur la fiabilité du diagnostic de l'ostéopathie viscérale Légende "N" nombre ; "A" âge ; "CCI" coefficient de corrélation intraclasse. a Aucune information supplémentaire n'est donnée. b Seule le CCI fait l'objet d'un rapport parce que les autres mesures ne sont pas recommandées pour la fiabilité [16]. L'évaluation critique a permis de conclure qu'une étude démontrait une incertitude mineure sur le risque de biais [23] et que toutes les autres études de fiabilité présentaient un risque élevé de biais, en particulier en raison de l'absence d'aveuglement des évaluateurs (figures 2 et 3). [Note : Pour les études de fiabilité, cinq points sont concernés par l'aveuglement. Le premier point est "les résultats antérieures du test en cours d'évaluation" [13]. Le deuxième point, qui ne concerne que les études de fiabilité interévaluateurs, est la possibilité de communication entre les deux évaluateurs pendant l'étude [13]. Le troisième point est la possibilité de communication entre les deux évaluateurs lorsqu'un sujet est testé en même temps par les deux évaluateurs [10]. Le quatrième point est le suivant : "La connaissance de l'information clinique fournit une connaissance indirecte de la présence ou de l'absence du trouble ou de la variable d'intérêt cible et peut influer sur la décision d'un évaluateur quant au résultat du test. [13]. Par exemple, les antécédents cliniques. Le cinquième point est "les indices supplémentaires qui ne font pas partie du test" [13], comme les tatouages, les cicatrices chirurgicales ou l'accent vocal]. Sept études portaient sur la fiabilité entre les évaluateurs [16], [17], [18], [19], [20], [21] ,[22] et cinq sur la fiabilité à intraévaluateur [18], [19], [20]. Parmi les études sur la fiabilité interévaluateurs, trois portaient sur la mobilité viscérale et les trois études présentaient des résultats peu fiables [16], [17], [21]. Les autres études ont été conçues pour évaluer différents résultats, comme les variations de la posture [18], les tensions abdominales du diaphragme [19], l'emplacement d'un "dysfonctionnement ostéopathique viscéral" [20] ou d'une dépressibilité de l'organe [22], dont trois n'ont pas démontré la fiabilité [18], [19], [20] et une comportant un report sélectif [22]. Les cinq études portant sur la fiabilité intra-évaluateur se sont concentrées sur les mêmes critères de jugement mentionnés précédemment [18], [19], [20], [22] plus une étude sur les "tensions viscérales" [23]. Ils ont obtenu des résultats semblables à ceux des études de fiabilité interévaluateurs. Études d'efficacité 1413 articles ont été identifiés après la procédure de recherche standard. Six d'entre eux ont satisfait aux critères d'inclusion (figure 4). Dans l'approche complémentaire, 4 articles supplémentaires ont été trouvés, aucun ne répondant aux critères d'inclusion. Le tableau 2 présente les caractéristiques de ces six études. Les articles exclus après examen du texte intégral sont disponibles dans le dossier complémentaire 2 : Annexe 2 avec leur raison principale d'exclusion. L'évaluation critique a permis de conclure que 3 études ont démontré un risque élevé de biais [27], [28], [29], que l'une d'entre elles avait une incertitude majeure concernant le risque de biais [26] et que 2 d'entre elles ont été évaluées avec une incertitude mineure concernant le risque de biais [24], [25] (figures 5 et 6). D'autres problèmes sont apparus dans les études présentant un risque élevé de biais, comme l'absence d'un résultat primaire [26], [27], [28], [29], l'absence de correction de Bonferroni pour contrôler l'inflation du risque alpha [25], [26], [27], [28], [29], l'absence d'interprétation de la pertinence clinique des résultats, l'absence de comparaison entre les traitements et une évaluation subjective avec une procédure d'aveuglement imprécise [25], [26], [27], [28], [29]. Tableau 2 - Description des études incluses portant sur l'efficacité clinique des techniques utilisées en ostéopathie viscérale Légende GE : Groupe expérimental, G groupe, DSS différence statistique significative, GP groupe placebo, TMO traitement manuel ostéopathique, AML Amplitude du mouvement lombaire, MMST modifié : Test de Schober modifié a Compte tenu du risque de gonflement de la valeur alpha et par souci de clarté, les résultats des études qui n'avaient pas choisi les résultats de l'étude primaire et qui avaient utilisé plus de 15 critères n'ont pas été signalés. Discussion DISCUSSION L'objectif de cette revue fut d'identifier et d'évaluer de manière critique les études scientifiques concernant la fiabilité des techniques diagnostiques et l'efficacité clinique des techniques thérapeutiques utilisées en ostéopathie viscérale. Il n'existe aucune preuve de la fiabilité des techniques diagnostiques utilisées dans l'ostéopathie viscérale. La plupart des études présentent un risque élevé de biais et échouent à mettre en évidence une fiabilité des techniques pour les paramètres évalués. Étant donné que les différents biais détectés (particulièrement l'absence d'aveuglement de l'évaluateur et l'absence de randomisation de l'ordre des évaluations ) devraient conduire à une augmentation artificielle de la fiabilité mesurée [13], cela renforce l'argument selon lequel les techniques de diagnostic sont réellement non fiables. En ce qui concerne l'efficacité des techniques viscérales, seules les études présentant un faible risque de biais ou des incertitudes mineures quant au risque de biais sont discutées et considérées comme des preuves. Au total, deux études sont examinées ci-dessous. Premièrement, l'étude de Panagopoulos et al. [24] est un essai comparatif randomisé avec simple aveugle conçu pour évaluer l'efficacité de la manipulation viscérale en plus d'une " physiothérapie standard", comparativement à une "physiothérapie standard seule", pour la lombalgie. Le critère de jugement principal est correctement défini et cliniquement pertinent, même si la douleur autodéclarée est un critère subjectif. Les résultats ne montrent aucune différence statistique significative pour le critère de jugement principal (douleur à 6 semaines). Parmi les huit critères de jugement secondaires, une différence cliniquement significative est observée en faveur du groupe expérimental dans un seul cas (douleur à 52 semaines). Ce résultat pourrait motiver la réalisation d'une nouvelle étude avec la douleur à 52 semaines comme critère de jugement principal. Deuxièmement, l'étude menée par Haiden et al. [25] a été conçue sans placebo pour comparer les effets de l'ostéopathie viscérale en plus des soins habituels chez les nourrissons de très faible poids à la naissance. Un critère de jugement principal (temps d'évacuation complète du méconium en jours) et quatre critères de jugement secondaires ont été choisis. L'ostéopathie viscérale n'est pas plus efficace que l'absence de traitement supplémentaire pour accélérer le passage du méconium et améliorer la tolérance alimentaire des nourrissons de très faible poids à la naissance. De plus, dans le groupe expérimental, les durées de séjour à l'hôpital et d'alimentation entérale exclusive étaient respectivement de 34 et 10 jours plus longues que dans le groupe non traité. Bien qu'il ne soit pas possible de déduire les effets indésirables de l'ostéopathie viscérale à partir de cette seule étude, l'absence de traitement placebo dans le groupe témoin permet d'interpréter cette étude comme étant une preuve défavorable de l'efficacité de l'ostéopathie viscérale dans ce contexte spécifique. En résumé, les deux études analysées ne soutiennent pas l'efficacité des techniques viscérales dans les douleurs lombaires et pour les nourrissons de très faible poids à la naissance. Dans l'ensemble, la revue systématique présentée ci-dessus montre que la plupart des études portant sur la fiabilité ou l'efficacité de l'ostéopathie viscérale présentent un risque élevé ou incertain de biais. Ces résultats concordent avec la dernière revue sur l'ostéopathie crânienne [10] et plusieurs revues sur la thérapie manuelle ostéopathique (TMO) [30], [31], [32], [33]. Elles mettent en évidence la nécessité d'améliorer les standards de méthodologie de la recherche en ostéopathie. Par conséquent, tel qu'il a été entrepris dans le cadre de la recherche clinique sur l'ostéopathie crânienne [10], certaines recommandations sont fournies afin de produire des études méthodologiques à faible risque de biais et d'améliorer la qualité du report des études sur l'ostéopathie viscérale : D'abord, étant donné que toutes les études de fiabilité et deux des six études d'efficacité analysées ont été conduites par des étudiants en ostéopathie, et que toutes ces études sont cotées avec un risque élevé de biais ou une incertitude majeure quant au risque de biais, il est recommandé d'éviter (pour l'instant) les études menées par les étudiants en ostéopathie dans les futures revues systématiques, et nous constatons qu'il y a matière à amélioration concernant de la formation et la supervision des étudiants en ostéopathie. Deuxièmement, dans les études incluses dans la revue, la plupart des items sont évalués avec une incertitude sur le risque de biais. Cette situation pourrait être améliorée si les auteurs donnaient plus de détails méthodologiques. Toutefois, on peut soutenir que la longueur des articles est limitée dans de nombreuses revues scientifiques. Malheureusement, les auteurs choisissent souvent de raccourcir la section de la méthode, réduisant ainsi la possibilité de détecter les biais potentiels. Par conséquent, il peut être recommandé de publier des articles méthodologiques distincts ou d'ajouter des détails méthodologiques dans des annexes ou des documents additionnels à la publication. Troisièmement, en ce qui concerne les études de fiabilité, il peut être recommandé aux futurs chercheurs en ostéopathie viscérale de s'inspirer des éléments proposés dans cette revue systématique et basés sur le QAREL. Dans le cas des études de fiabilité interévaluateurs, il faut porter une attention particulière afin d'éviter que les évaluateurs échangent des renseignements pendant toute la durée de l'étude ; par conséquent, les études d'une durée de plus d'un jour ne sont pas recommandées. La possibilité de partage d'information entre les examinateurs exige des procédures pour éviter la mémorisation des résultats d'examen. En premier lieu, seule l'exigence minimale d'information clinique concernant les sujets doit être donnée aux évaluateurs et les séquences d'évaluation (sujets et évaluateurs) doivent être randomisées. De plus, l'aveuglement des examinateurs et des sujets doit être aussi rigoureux que possible. Halma et al [34], dans le domaine de l'ostéopathie crânienne, par exemple, ont mis en œuvre une méthode appropriée pour isoler l'évaluateur des indices visuels, auditifs, tactiles et olfactifs. Il convient également de noter que pour les études impliquant des évaluations simultanées par deux évaluateurs, les méthodes de Rogers et al. [35], Moran & Gibson [36] et Sommerfeld et al. [37], dans les études sur l'ostéopathie crânienne, pourraient servir de guide pour cet aspect méthodologique. Enfin, il est conseillé aux futurs chercheurs d'utiliser l'outil Cochrane sur le risque de biais pour concevoir une étude d'efficacité bien construite. De plus, la liste de contrôle CONSORT 2010 peut aider à mettre en œuvre un essai clinique comparatif randomisé rigoureux. Les précautions méthodologiques exemplaires adoptées par Panagopoulos et al. [24], mais aussi, dans le domaine de l'ostéopathie crânienne, par Elden et al. [38] et Haller et al. [39], méritent d'être soulignées. Cependant, les trois études ont un biais car les procédures thérapeutiques diffèrent (durée, praticien, etc.) d'un groupe à l'autre. Par conséquent, ce biais crée un risque de confusion entre les effets spécifiques et contextuels. Afin d'éviter ce biais, les futurs chercheurs devraient standardiser rigoureusement les différentes procédures thérapeutiques en ce qui concerne le nombre et la durée des séances, la relation praticien-patient, etc. De plus, la plupart des études n'ont pas évalué la crédibilité du placebo utilisé. Une telle évaluation devrait être réalisée dans le cadre d'études futures afin de compenser l'insuffisance de la procédure d'aveuglement spécifique au domaine. Enfin, lors de la conception d'une étude, il est important de spécifier un critère de jugement principal plutôt que d'effectuer des comparaisons multiples. Si plusieurs résultats sont retenus, une correction statistique devrait être prévue pour corriger l'inflation du risque alpha. Conclusion - Annexes - Déclarations Conclusion Dans l'ensemble, cette revue systématique montre qu'il n'existe actuellement aucune preuve de la fiabilité ou de l'efficacité spécifique des techniques utilisées en ostéopathie viscérale. Ces résultats concordent avec la dernière revue sur l'ostéopathie crânienne et soulignent la nécessité d'améliorer les standards méthodologiques de la recherche dans les thérapies manuelles, particulièrement en ostéopathie. Annexes Annexe 1 : Stratégie de recherche détaillée pour les études de fiabilité et d'efficacité Stratégie de recherche détaillée pour les études de fiabilité Stratégie de recherche détaillée pour les études d'efficacité Télécharger l'annexe 1 (fichier ODT) sur le site de la revue : https://ndownloader.figshare.com/files/10513471 Annexe 2 : Articles exclus après examen du texte intégral Articles exclus après l'examen en texte intégral pour les études de fiabilité Articles exclus après l'examen en texte intégral pour les études d'efficacité Télécharger l'annexe 2 (fichier ODT) sur le site de la revue : https://ndownloader.figshare.com/files/10513492 Remerciements Nous remercions Edward Ando et Philippe Prouvost d'avoir revu l'anglais du manuscrit. Financement Cette étude a été soutenue par le Conseil National de l'Ordre des Masseurs Kinésithérapeutes (CNOMK, www.ordremk.fr). Le promoteur n'avait aucune influence ni aucun contrôle éditorial sur le contenu de l'étude. Disponibilité des données et des matériaux Les documents à l'appui de cet examen sont contenus dans l'article ou dans des dossiers supplémentaires. Contributions des auteurs Conceptualisation : AG ND RM NP. Analyse formelle : AG ND RM RM NP. Acquisition du financement : RM NP. Enquête : AG ND RM RM NP. Méthodologie : AG ND RM NP. Administration du projet : AG NP. Ressources : AG ND RM NP. Supervision : NP. Visualisation : AG. Rédaction - version originale : AG NP. Lecture et approbation du manuscrit final : AG ND RM NP. Approbation éthique et consentement à participer Sans objet. Consentement à la publication Sans objet. Intérêts concurrents Les auteurs déclarent ne pas avoir d'intérêts concurrents. Note de l'éditeur Springer Nature reste neutre en ce qui concerne les revendications de compétence dans les cartes publiées et les affiliations institutionnelles. Copyright - Accès libre Cet article est distribué sous les termes de la licence internationale Creative Commons Paternité 4.0 International License (http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/), qui autorise l'utilisation, la distribution et la reproduction sans restriction sur n'importe quel support, à condition que vous donniez les références appropriées aux auteurs originaux et à la source, que vous fournissiez un lien vers la licence Creative Commons et que vous indiquiez si des modifications ont été apportées. La renonciation de Creative Commons Public Domain Dedication (http://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/) s'applique aux données mises à disposition dans cet article, sauf indication contraire. Références RÉFÉRENCES 1. Still AT. Autobiography of Andrew T. Still, with a history of the discovery and development of the science of osteopathy, together with an account of the founding of the American school of osteopathy [internet]. 1897 [accessed 2015 Nov 15]. 404 p. 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Titre original : Reliability of diagnosis and clinical efficacy of visceral osteopathy : a systematic review Les auteurs : Albin Guillaud, Nelly Darbois, Richard Monvoisin et NicolasPinsault BMC Complementary and Alternative Medicine BMC series – open, inclusive and trusted 201818:65 - https://doi.org/10.1186/s12906-018-2098-8 ou https://bmccomplementalternmed.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12906-018-2098-8 Cet article en accès libre (licence Creative commons) a été publié sur le Site de l'Ostéopathie le 20 mars 2018 et dans la Revue du SDO n°3 & l'Ostéo4pattes n°47 C - Mars 2018
  • SDO 3 - Fiabilité du diagnostic et efficacité clinique de l'ostéopathie viscérale

    17 January, by CORTECS, Jean Louis Boutin — N°47 - Hiver 18 (Rés), , , ,
    Résumé RÉSUMÉ Contexte En 2010, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié des repères pour la formation en ostéopathie, dans lesquels les techniques viscérales ostéopathiques sont incluses. Le but de cette étude était d'identifier et d'évaluer de façon critique la littérature scientifique concernant la fiabilité du diagnostic et l'efficacité clinique des techniques utilisées en ostéopathie viscérale. Méthodes Les bases de données MEDLINE, OSTMED. DR, la Cochrane Library, Osteopathic Research Web, Google Scholar, le site Web du Journal of American Osteopathic Association (JAOA), le site Web de l'International Journal of Osteopathic Medicine (IJOM) et le catalogue du site Web de l'Académie d'ostéopathie de France ont été consultés jusqu'en décembre 2017. Seules les études de fiabilité interévaluateurs comprenant au moins deux évaluateurs ou les études de fiabilité intraévaluateurs comprenant au moins deux évaluations par le même évaluateur ont été incluses. Pour les études d'efficacité, seuls des essais cliniques comparatifs randomisés (ECR) ou des études croisées sur des sujets en mauvaise santé (toutes conditions, durée et résultats) ont été inclus. Le risque de biais a été déterminé en utilisant une version modifiée de l'outil d'évaluation de la qualité pour les études de fiabilité diagnostique (QAREL) dans les études de fiabilité. Pour les études d'efficacité, l'outil Cochrane sur le risque de biais a été utilisé pour évaluer leur conception méthodologique. Deux auteurs ont procédé à l'extraction et à l'analyse des données. Résultats Huit études de fiabilité et six études d'efficacité ont été incluses. L'analyse des études de fiabilité montre que les techniques diagnostiques utilisées dans l'ostéopathie viscérale ne sont pas fiables. En ce qui concerne les études d'efficacité, l'étude la moins biaisée ne montre aucune différence significative pour le résultat principal. Les principaux risques de biais relevés dans les études incluses étaient dus à l'absence d'aveuglement des examinateurs, à une méthode statistique inadéquate ou à l'absence de résultats d'études primaires. Conclusions Les résultats de l'examen systématique nous amènent à conclure qu'il n'existe pas de preuves solides et bien menées sur la fiabilité et l'efficacité des techniques en ostéopathie viscérale. Contexte CONTEXTE La pratique de l'ostéopathie a été fondée en 1874 par Andrew Taylor Still aux États-Unis [1]. Pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'ostéopathie est une médecine complémentaire et alternative qui consiste en des techniques manuelles de diagnostic et de traitement pour diverses affections (telles que les troubles musculosquelettiques et gastro-intestinaux) [2]. Les données empiriques fiables sur les différents types de techniques utilisées en pratique ostéopathique sont rares, essentiellement en raison de la faible représentativité des échantillons étudiés. Parmi tous les patients traités par des ostéopathes, le nombre de patients recevant l'ostéopathie viscérale varie considérablement, de 1% à 95% [3], [4]. Bien que l'enseignement de l'ostéopathie viscérale ait été interdit dans au moins un pays (en France [5]) (voir encadré), l'OMS a incorporé les techniques viscérales dans son référentiel pour la formation à l'ostéopathie en 2010 [2]. Toutefois, l'introduction d'une discipline dans les référentiels de formation clinique et, plus généralement, dans les systèmes de soins de santé devrait exiger des preuves rigoureuses d'innocuité, d'efficacité . Pour satisfaire à ces exigences, les techniques diagnostiques et les thérapies elles-mêmes doivent être à la fois fiables et efficaces. D'un point de vue historique, le concept d'ostéopathie viscérale a été introduit par l'ostéopathe français Jacques Weischenck dans les années 1980 [6]. La publication ultérieure en 1983 par les ostéopathes français Jean-Pierre Barral et Pierre Mercier [7] est celle sur laquelle se basent la plupart des ostéopathes. Selon la théorie proposée par ses fondateurs, l'ostéopathie viscérale est essentiellement décrite en termes mécaniques et se concentre sur les organes intra-abdominaux [6], [7]. Partant de l'observation selon laquelle les viscères intra-abdominaux se déplacent naturellement (par exemple à cause de la respiration), il est soutenu que cette mobilité pourrait être perturbée de la même manière que la mobilité articulaire peut être perturbée [7]. D'un point de vue physiopathologique, il est prétendu que ces troubles peuvent déclencher, augmenter ou maintenir des troubles musculo-squelettiques (p. ex. douleurs lombaires) ou gastro-intestinaux (p. ex. troubles de l'intestin irritable) [6], [7], entre autres. Par conséquent, les ostéopathes viscéraux suggèrent que ces troubles de la mobilité peuvent être détectés par palpation et traités par manipulation [6], [7]. À l'heure actuelle, aucun des aspects théoriques de l'ostéopathie viscérale n'a reçu de soutien empirique sérieux, si ce n'est la possibilité d'une perturbation de la mobilité des viscères [8]. De plus, aucune revue systématique n'a été effectuée sur les preuves de la fiabilité des techniques diagnostiques utilisées dans l'ostéopathie viscérale en intra et extra examinateurs (évaluateurs). Une revue de littérature a été réalisée sur l'efficacité des stratégies thérapeutiques dans l'ostéopathie viscérale [9]. Cette revue n'est malheureusement ni systématique (pas de méthodes de recherche, d'inclusion et d'analyse) ni spécifique à l'ostéopathie viscérale car elle comprend des études sur le massage abdominal. Le présent article présente deux revues systématiques pour identifier et évaluer de façon critique la littérature scientifique concernant 1) la fiabilité des techniques diagnostiques et 2) l'efficacité clinique des techniques utilisées en ostéopathie viscérale Encadré ENCADRÉ L'Arrêté du 25 mars 2007 relatif à la formation en ostéopathie, à la commission d'agrément des établissements de formation et aux mesures dérogatoires publié au J.O n° 73 le 27 mars 2007 page 5687 texte n° 43 - NOR : SANP0721336A [https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000273294] dans son article 3 stipule : « Tout enseignement relatif à une approche viscérale ou crânio-sacrée, à des pratiques se rapportant à la sphère urogénitale ainsi qu'à une pratique de l'ostéopathie chez la femme enceinte est strictement exclu de la formation ». Cet article a été abrogé par décision du Conseil d'État en date du 23 janvier 2008 suite au recours de l'AFO et du SNOF : Conseil d'État 1ère et 6ème sous-sections réunies, 23/01/2008, 304482 [https://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriAdmin.do?oldAction=rechJuriAdmin&idTexte=CETATEXT000018259696&fastReqId=1660676417] Méthodes MÉTHODES Le protocole a été enregistré sur PROSPERO (CRD42016052861 : http://www.crd.york.ac.uk/PROSPERO/display_record.asp?ID=CRD42016052861) le 12 décembre 2016, et a suivi les recommandations PRISMA (Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses) http://prisma-statement.org. Sources de données et recherches En décembre 2017, les sources documentaires suivantes ont été consultées : MEDLINE, OSTMED.DR, la Cochrane Library, Osteopathic Research Web, Google Scholar, Journal of American Osteopathic Association (JAOA), International Journal of Osteopathic Medicine (IJOM) et le catalogue de l'Académie d'ostéopathie de France. (Voir Fichier supplémentaire 1 : Annexe 1, pour les termes et équations de recherche). La recherche a été effectuée jusqu'au 21 décembre 2017. Aucune restriction n'a été appliquée en ce qui concerne la date ou la langue de publication. Par souci d'exhaustivité, une recherche complémentaire a été effectuée. Il s'agissait d'analyser la liste des références des articles inclus, de lire les revues systématiques précédentes et de communiquer avec des organisations professionnelles ou les auteurs d'études non publiées pour obtenir des études supplémentaires. Sélection des études Seules les études de fiabilité interévaluateurs comprenant au moins deux évaluateurs ou les études de fiabilité intraévaluateurs comprenant au moins deux évaluations par le même évaluateur ont été incluses. De plus, seules les études sur l'être humain (sujets sains ou malades) ont été retenues. En ce qui concerne les interventions évaluées, toutes les études relatives aux techniques mentionnées dans la littérature classique sur l'ostéopathie viscérale ou déclarées par les auteurs comme relevant du domaine de l'ostéopathie viscérale ont été retenues. Le bénéfice du doute a été accordé aux techniques dont l'appartenance à l'ostéopathie viscérale n'a pu être clairement établie. Pour les études d'efficacité, seuls des essais cliniques comparatifs randomisés (ECR) ou des études croisées sur des sujets atteints d'une affection quelconque (toutes conditions, durée et résultats) ont été inclus. En ce qui concerne les interventions évaluées, le même principe que pour les études de fiabilité a été appliqué (voir ci-dessus). Les autres critères d'exclusion étaient les suivants : essais non comparatifs, études non croisées, absence de mention claire de l'utilisation des techniques d'ostéopathie viscérale, études dans lesquelles des traitements combinés ont été évalués (comme dans le cas de la thérapie manuelle ostéopathique - TMO) sans analyse de sous-groupes et, éventuellement, études pour lesquelles la version intégrale du texte n'est pas disponible. Aucune restriction n'a été faite en ce qui concerne le type de maladie, le type de critères de jugement ou le type de services de santé. Le processus de sélection systématique s'est déroulé en trois étapes. Tout d'abord, une sélection a été faite sur la base du titre de l'article. Deuxièmement, chaque résumé a été évalué. À ce stade, les études qui ne répondaient pas aux critères d'inclusion ont été exclues. Enfin, les articles en texte intégral ont été lus pour une dernière application des critères d'inclusion. Un auteur a procédé à la sélection systématique. Pour les études réunies dans le cadre de l'approche complémentaire, leurs résumés ou, au besoin, les articles en texte intégral, ont également été analysés. Extraction des données et évaluation de la qualité Deux auteurs ont procédé à l'extraction des données. Les données extraites sont : la conception de l'étude (avec randomisation et procédures d'aveuglement), la taille et les caractéristiques de l'échantillon (p. ex., âge et/ou maladie ou critères d'inclusion), ainsi que les résultats principaux et secondaires. En ce qui concerne les études de fiabilité, des informations complémentaires sont présentées concernant les évaluateurs (nombre, qualification ou expertise) ainsi que l'analyse statistique effectuée. En ce qui concerne les études d'efficacité, une brève description des techniques mises en œuvre est également présentée. Conformément aux recommandations PRISMA http://prisma-statement.org, le risque de biais a été évalué de façon indépendante par deux examinateurs avec des formulaires standardisés. Dans le cas où les risques de biais ne peuvent être pleinement évalués en raison d'informations manquantes, l'auteur correspondant de la publication (ou à défaut, l'auteur principal) a été contacté pour obtenir les informations nécessaires à l'évaluation des risques de biais. Tous les auteurs ont été contactés le 20 décembre 2017. Les auteurs qui n'ont pas répondu ont été recontactés le 28 décembre 2017. Les examinateurs ont résolu les désaccords par la discussion et le consensus. Lorsqu'aucun consensus n'a pu être atteint, un troisième examinateur a pris la décision. Études de fiabilité En ce qui concerne les études de fiabilité, le risque de biais a été évalué dans chaque étude en utilisant une version modifiée de l'outil d'évaluation de la qualité pour les études de fiabilité diagnostique (QAREL) [10]. [Note : Par rapport à notre examen systématique précédent [10], nous retirons l'élément "expérience de l'évaluateur" parce qu'un étudiant en fin d'étude peut être mieux formé qu'un praticien récemment diplômé. De plus, il est toujours possible d'effectuer une analyse statistique de sous-groupe pour évaluer un effet d'expertise potentiel. Il est à noter que le retrait de ce point ne change pas la conclusion de notre examen précédent sur l'ostéopathie crânienne [10]]. L'évaluation générale du risque de biais pour une étude de fiabilité est : Risque élevé de biais "si au moins un élément est évalué avec un risque élevé de biais ; "incertitude majeure sur le risque de biais" si plus de deux éléments sont évalués avec un risque incertain de biais et avec tous les autres éléments avec un faible risque de biais ; "Une incertitude mineure au sujet du risque de biais" si deux éléments ou moins sont évalués avec un risque de biais peu clair et avec tous les autres avec un faible risque de biais ; et, dans l'ensemble, le "faible risque de biais" si tous les éléments sont évalués avec un faible risque de biais [10]. En plus de l'évaluation générale du risque de biais, les résultats des études de fiabilité sont analysés et interprétés. La fiabilité est jugée satisfaisante lorsque le coefficient de corrélation intraclasse (ICC) est supérieur à 0,75 selon la classification de Fleiss ou lorsque le coefficient kappa (κ) est supérieur à 0,81 selon la classification de Landis & Koch [11], [12]. Les seuils fixés pourraient être considérés comme élevés pour les techniques manuelles. Cependant, comme l'ostéopathie viscérale est principalement fondée sur une hypothèse causale sans preuve, ces précautions ont été jugées nécessaires. En ce qui concerne les méthodes statistiques pour les études de fiabilité, selon Lucas et al. [13], on considère que le coefficient de corrélation intraclasse est approprié pour évaluer la fiabilité interévaluateurs lorsque les variables sont des variables quantitatives, ordinales, d'intervalle et de ratio, tandis que le coefficient kappa est approprié pour les variables nominales (c-à-d. catégoriques). Il existe d'autres mesures statistiques de la fiabilité, comme les corrélations Spearman ou Pearson, la concordance en pourcentage ou les mesures de précision (par exemple, les limites de confiance), mais elles ne sont pas adaptées pour mesurer la fiabilité [13], [14]. Études d'efficacité Pour les études d'efficacité, le risque de biais a été évalué au moyen de l'outil Cochrane sur le risque de biais [15]. Étant donné qu'un risque élevé de biais dans le domaine concernant l'aveuglement est inévitable dans le domaine de la thérapie manuelle, le risque général de biais est [10] : Risque élevé de biais "si au moins un domaine en plus du domaine concernant l'aveuglement est évalué avec un risque élevé de biais ; "Incertitude majeure de risque de biais" si deux ou plusieurs domaines sont évalués avec un risque incertain de biais et si tous les autres domaines (à l'exception de l'aveuglement) sont évalués avec un faible risque de biais ; "Incertitude mineure du risque de biais" si un seul élément est évalué avec un risque de biais peu clair, et si tous les autres (à l'exception de l'aveuglement) sont évalués avec un risque de biais faible ; et "Risque de biais faible" si tous les éléments autres que le domaine concernant l'aveuglement sont évalués avec un risque de biais faible. Rôle de la source de financement Cette revue systématique a été financée par le Conseil national de l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes [CNOMK]. Le Conseil national des masseurs-kinésithérapeutes n'a joué aucun rôle dans la conception de l'étude, l'analyse de la collecte ou l'interprétation des données, ni dans la rédaction du rapport. Résultats RÉSULTATS Études de fiabilité 455 articles ont été identifiés après la recherche bibliographique systématisée. Parmi ceux-ci, huit ont passé les critères d'inclusion (figure 1). L'approche complémentaire a permis d'obtenir trois articles supplémentaires, mais un seul a passé les critères d'inclusion. Les caractéristiques de ces études sont présentées au tableau 1. Les articles exclus après examen du texte intégral sont disponibles dans l'annexe 2 avec leur raison principale d'exclusion. Table 1 - Résumé des études incluses portant sur la fiabilité du diagnostic de l'ostéopathie viscérale Légende "N" nombre ; "A" âge ; "CCI" coefficient de corrélation intraclasse. a Aucune information supplémentaire n'est donnée. b Seule le CCI fait l'objet d'un rapport parce que les autres mesures ne sont pas recommandées pour la fiabilité [16]. L'évaluation critique a permis de conclure qu'une étude démontrait une incertitude mineure sur le risque de biais [23] et que toutes les autres études de fiabilité présentaient un risque élevé de biais, en particulier en raison de l'absence d'aveuglement des évaluateurs (figures 2 et 3). [Note : Pour les études de fiabilité, cinq points sont concernés par l'aveuglement. Le premier point est "les résultats antérieures du test en cours d'évaluation" [13]. Le deuxième point, qui ne concerne que les études de fiabilité interévaluateurs, est la possibilité de communication entre les deux évaluateurs pendant l'étude [13]. Le troisième point est la possibilité de communication entre les deux évaluateurs lorsqu'un sujet est testé en même temps par les deux évaluateurs [10]. Le quatrième point est le suivant : "La connaissance de l'information clinique fournit une connaissance indirecte de la présence ou de l'absence du trouble ou de la variable d'intérêt cible et peut influer sur la décision d'un évaluateur quant au résultat du test. [13]. Par exemple, les antécédents cliniques. Le cinquième point est "les indices supplémentaires qui ne font pas partie du test" [13], comme les tatouages, les cicatrices chirurgicales ou l'accent vocal]. Sept études portaient sur la fiabilité entre les évaluateurs [16], [17], [18], [19], [20], [21] ,[22] et cinq sur la fiabilité à intraévaluateur [18], [19], [20]. Parmi les études sur la fiabilité interévaluateurs, trois portaient sur la mobilité viscérale et les trois études présentaient des résultats peu fiables [16], [17], [21]. Les autres études ont été conçues pour évaluer différents résultats, comme les variations de la posture [18], les tensions abdominales du diaphragme [19], l'emplacement d'un "dysfonctionnement ostéopathique viscéral" [20] ou d'une dépressibilité de l'organe [22], dont trois n'ont pas démontré la fiabilité [18], [19], [20] et une comportant un report sélectif [22]. Les cinq études portant sur la fiabilité intra-évaluateur se sont concentrées sur les mêmes critères de jugement mentionnés précédemment [18], [19], [20], [22] plus une étude sur les "tensions viscérales" [23]. Ils ont obtenu des résultats semblables à ceux des études de fiabilité interévaluateurs. Études d'efficacité 1413 articles ont été identifiés après la procédure de recherche standard. Six d'entre eux ont satisfait aux critères d'inclusion (figure 4). Dans l'approche complémentaire, 4 articles supplémentaires ont été trouvés, aucun ne répondant aux critères d'inclusion. Le tableau 2 présente les caractéristiques de ces six études. Les articles exclus après examen du texte intégral sont disponibles dans le dossier complémentaire 2 : Annexe 2 avec leur raison principale d'exclusion. L'évaluation critique a permis de conclure que 3 études ont démontré un risque élevé de biais [27], [28], [29], que l'une d'entre elles avait une incertitude majeure concernant le risque de biais [26] et que 2 d'entre elles ont été évaluées avec une incertitude mineure concernant le risque de biais [24], [25] (figures 5 et 6). D'autres problèmes sont apparus dans les études présentant un risque élevé de biais, comme l'absence d'un résultat primaire [26], [27], [28], [29], l'absence de correction de Bonferroni pour contrôler l'inflation du risque alpha [25], [26], [27], [28], [29], l'absence d'interprétation de la pertinence clinique des résultats, l'absence de comparaison entre les traitements et une évaluation subjective avec une procédure d'aveuglement imprécise [25], [26], [27], [28], [29]. Tableau 2 - Description des études incluses portant sur l'efficacité clinique des techniques utilisées en ostéopathie viscérale Légende GE : Groupe expérimental, G groupe, DSS différence statistique significative, GP groupe placebo, TMO traitement manuel ostéopathique, AML Amplitude du mouvement lombaire, MMST modifié : Test de Schober modifié a Compte tenu du risque de gonflement de la valeur alpha et par souci de clarté, les résultats des études qui n'avaient pas choisi les résultats de l'étude primaire et qui avaient utilisé plus de 15 critères n'ont pas été signalés. Discussion DISCUSSION L'objectif de cette revue fut d'identifier et d'évaluer de manière critique les études scientifiques concernant la fiabilité des techniques diagnostiques et l'efficacité clinique des techniques thérapeutiques utilisées en ostéopathie viscérale. Il n'existe aucune preuve de la fiabilité des techniques diagnostiques utilisées dans l'ostéopathie viscérale. La plupart des études présentent un risque élevé de biais et échouent à mettre en évidence une fiabilité des techniques pour les paramètres évalués. Étant donné que les différents biais détectés (particulièrement l'absence d'aveuglement de l'évaluateur et l'absence de randomisation de l'ordre des évaluations ) devraient conduire à une augmentation artificielle de la fiabilité mesurée [13], cela renforce l'argument selon lequel les techniques de diagnostic sont réellement non fiables. En ce qui concerne l'efficacité des techniques viscérales, seules les études présentant un faible risque de biais ou des incertitudes mineures quant au risque de biais sont discutées et considérées comme des preuves. Au total, deux études sont examinées ci-dessous. Premièrement, l'étude de Panagopoulos et al. [24] est un essai comparatif randomisé avec simple aveugle conçu pour évaluer l'efficacité de la manipulation viscérale en plus d'une " physiothérapie standard", comparativement à une "physiothérapie standard seule", pour la lombalgie. Le critère de jugement principal est correctement défini et cliniquement pertinent, même si la douleur autodéclarée est un critère subjectif. Les résultats ne montrent aucune différence statistique significative pour le critère de jugement principal (douleur à 6 semaines). Parmi les huit critères de jugement secondaires, une différence cliniquement significative est observée en faveur du groupe expérimental dans un seul cas (douleur à 52 semaines). Ce résultat pourrait motiver la réalisation d'une nouvelle étude avec la douleur à 52 semaines comme critère de jugement principal. Deuxièmement, l'étude menée par Haiden et al. [25] a été conçue sans placebo pour comparer les effets de l'ostéopathie viscérale en plus des soins habituels chez les nourrissons de très faible poids à la naissance. Un critère de jugement principal (temps d'évacuation complète du méconium en jours) et quatre critères de jugement secondaires ont été choisis. L'ostéopathie viscérale n'est pas plus efficace que l'absence de traitement supplémentaire pour accélérer le passage du méconium et améliorer la tolérance alimentaire des nourrissons de très faible poids à la naissance. De plus, dans le groupe expérimental, les durées de séjour à l'hôpital et d'alimentation entérale exclusive étaient respectivement de 34 et 10 jours plus longues que dans le groupe non traité. Bien qu'il ne soit pas possible de déduire les effets indésirables de l'ostéopathie viscérale à partir de cette seule étude, l'absence de traitement placebo dans le groupe témoin permet d'interpréter cette étude comme étant une preuve défavorable de l'efficacité de l'ostéopathie viscérale dans ce contexte spécifique. En résumé, les deux études analysées ne soutiennent pas l'efficacité des techniques viscérales dans les douleurs lombaires et pour les nourrissons de très faible poids à la naissance. Dans l'ensemble, la revue systématique présentée ci-dessus montre que la plupart des études portant sur la fiabilité ou l'efficacité de l'ostéopathie viscérale présentent un risque élevé ou incertain de biais. Ces résultats concordent avec la dernière revue sur l'ostéopathie crânienne [10] et plusieurs revues sur la thérapie manuelle ostéopathique (TMO) [30], [31], [32], [33]. Elles mettent en évidence la nécessité d'améliorer les standards de méthodologie de la recherche en ostéopathie. Par conséquent, tel qu'il a été entrepris dans le cadre de la recherche clinique sur l'ostéopathie crânienne [10], certaines recommandations sont fournies afin de produire des études méthodologiques à faible risque de biais et d'améliorer la qualité du report des études sur l'ostéopathie viscérale : D'abord, étant donné que toutes les études de fiabilité et deux des six études d'efficacité analysées ont été conduites par des étudiants en ostéopathie, et que toutes ces études sont cotées avec un risque élevé de biais ou une incertitude majeure quant au risque de biais, il est recommandé d'éviter (pour l'instant) les études menées par les étudiants en ostéopathie dans les futures revues systématiques, et nous constatons qu'il y a matière à amélioration concernant de la formation et la supervision des étudiants en ostéopathie. Deuxièmement, dans les études incluses dans la revue, la plupart des items sont évalués avec une incertitude sur le risque de biais. Cette situation pourrait être améliorée si les auteurs donnaient plus de détails méthodologiques. Toutefois, on peut soutenir que la longueur des articles est limitée dans de nombreuses revues scientifiques. Malheureusement, les auteurs choisissent souvent de raccourcir la section de la méthode, réduisant ainsi la possibilité de détecter les biais potentiels. Par conséquent, il peut être recommandé de publier des articles méthodologiques distincts ou d'ajouter des détails méthodologiques dans des annexes ou des documents additionnels à la publication. Troisièmement, en ce qui concerne les études de fiabilité, il peut être recommandé aux futurs chercheurs en ostéopathie viscérale de s'inspirer des éléments proposés dans cette revue systématique et basés sur le QAREL. Dans le cas des études de fiabilité interévaluateurs, il faut porter une attention particulière afin d'éviter que les évaluateurs échangent des renseignements pendant toute la durée de l'étude ; par conséquent, les études d'une durée de plus d'un jour ne sont pas recommandées. La possibilité de partage d'information entre les examinateurs exige des procédures pour éviter la mémorisation des résultats d'examen. En premier lieu, seule l'exigence minimale d'information clinique concernant les sujets doit être donnée aux évaluateurs et les séquences d'évaluation (sujets et évaluateurs) doivent être randomisées. De plus, l'aveuglement des examinateurs et des sujets doit être aussi rigoureux que possible. Halma et al [34], dans le domaine de l'ostéopathie crânienne, par exemple, ont mis en œuvre une méthode appropriée pour isoler l'évaluateur des indices visuels, auditifs, tactiles et olfactifs. Il convient également de noter que pour les études impliquant des évaluations simultanées par deux évaluateurs, les méthodes de Rogers et al. [35], Moran & Gibson [36] et Sommerfeld et al. [37], dans les études sur l'ostéopathie crânienne, pourraient servir de guide pour cet aspect méthodologique. Enfin, il est conseillé aux futurs chercheurs d'utiliser l'outil Cochrane sur le risque de biais pour concevoir une étude d'efficacité bien construite. De plus, la liste de contrôle CONSORT 2010 peut aider à mettre en œuvre un essai clinique comparatif randomisé rigoureux. Les précautions méthodologiques exemplaires adoptées par Panagopoulos et al. [24], mais aussi, dans le domaine de l'ostéopathie crânienne, par Elden et al. [38] et Haller et al. [39], méritent d'être soulignées. Cependant, les trois études ont un biais car les procédures thérapeutiques diffèrent (durée, praticien, etc.) d'un groupe à l'autre. Par conséquent, ce biais crée un risque de confusion entre les effets spécifiques et contextuels. Afin d'éviter ce biais, les futurs chercheurs devraient standardiser rigoureusement les différentes procédures thérapeutiques en ce qui concerne le nombre et la durée des séances, la relation praticien-patient, etc. De plus, la plupart des études n'ont pas évalué la crédibilité du placebo utilisé. Une telle évaluation devrait être réalisée dans le cadre d'études futures afin de compenser l'insuffisance de la procédure d'aveuglement spécifique au domaine. Enfin, lors de la conception d'une étude, il est important de spécifier un critère de jugement principal plutôt que d'effectuer des comparaisons multiples. Si plusieurs résultats sont retenus, une correction statistique devrait être prévue pour corriger l'inflation du risque alpha. Conclusion - Annexes - Déclarations Conclusion Dans l'ensemble, cette revue systématique montre qu'il n'existe actuellement aucune preuve de la fiabilité ou de l'efficacité spécifique des techniques utilisées en ostéopathie viscérale. Ces résultats concordent avec la dernière revue sur l'ostéopathie crânienne et soulignent la nécessité d'améliorer les standards méthodologiques de la recherche dans les thérapies manuelles, particulièrement en ostéopathie. Annexes Annexe 1 : Stratégie de recherche détaillée pour les études de fiabilité et d'efficacité Stratégie de recherche détaillée pour les études de fiabilité Stratégie de recherche détaillée pour les études d'efficacité Télécharger l'annexe 1 (fichier ODT) sur le site de la revue : https://ndownloader.figshare.com/files/10513471 Annexe 2 : Articles exclus après examen du texte intégral Articles exclus après l'examen en texte intégral pour les études de fiabilité Articles exclus après l'examen en texte intégral pour les études d'efficacité Télécharger l'annexe 2 (fichier ODT) sur le site de la revue : https://ndownloader.figshare.com/files/10513492 Remerciements Nous remercions Edward Ando et Philippe Prouvost d'avoir revu l'anglais du manuscrit. Financement Cette étude a été soutenue par le Conseil National de l'Ordre des Masseurs Kinésithérapeutes (CNOMK, www.ordremk.fr). Le promoteur n'avait aucune influence ni aucun contrôle éditorial sur le contenu de l'étude. Disponibilité des données et des matériaux Les documents à l'appui de cet examen sont contenus dans l'article ou dans des dossiers supplémentaires. Contributions des auteurs Conceptualisation : AG ND RM NP. Analyse formelle : AG ND RM RM NP. Acquisition du financement : RM NP. Enquête : AG ND RM RM NP. Méthodologie : AG ND RM NP. Administration du projet : AG NP. Ressources : AG ND RM NP. Supervision : NP. Visualisation : AG. Rédaction - version originale : AG NP. Lecture et approbation du manuscrit final : AG ND RM NP. Approbation éthique et consentement à participer Sans objet. Consentement à la publication Sans objet. Intérêts concurrents Les auteurs déclarent ne pas avoir d'intérêts concurrents. Note de l'éditeur Springer Nature reste neutre en ce qui concerne les revendications de compétence dans les cartes publiées et les affiliations institutionnelles. Copyright - Accès libre Cet article est distribué sous les termes de la licence internationale Creative Commons Paternité 4.0 International License (http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/), qui autorise l'utilisation, la distribution et la reproduction sans restriction sur n'importe quel support, à condition que vous donniez les références appropriées aux auteurs originaux et à la source, que vous fournissiez un lien vers la licence Creative Commons et que vous indiquiez si des modifications ont été apportées. La renonciation de Creative Commons Public Domain Dedication (http://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/) s'applique aux données mises à disposition dans cet article, sauf indication contraire. Références RÉFÉRENCES 1. Still AT. Autobiography of Andrew T. Still, with a history of the discovery and development of the science of osteopathy, together with an account of the founding of the American school of osteopathy [internet]. 1897 [accessed 2015 Nov 15]. 404 p. 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Titre original : Reliability of diagnosis and clinical efficacy of visceral osteopathy : a systematic review Les auteurs : Albin Guillaud, Nelly Darbois, Richard Monvoisin et NicolasPinsault BMC Complementary and Alternative Medicine BMC series – open, inclusive and trusted 201818:65 - https://doi.org/10.1186/s12906-018-2098-8 ou https://bmccomplementalternmed.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12906-018-2098-8 Cet article en accès libre (licence Creative commons) a été publié sur le Site de l'Ostéopathie le 20 mars 2018 et dans la Revue du SDO n°3 & l'Ostéo4pattes n°47 C - Mars 2018
  • 4e Colloque ROF 2019

    17 January, by ROF — Formations et stages
    Nous avons l'immense plaisir de vous inviter au 4ème Colloque Inter-disciplinaire en Ostéopathie qui aura lieu le samedi 16 mars 2019 à Lyon « Au-delà du Toucher… la Perception » Nous vous réservons de nombreuses surprises et des invités prestigieux. Le colloque prend une stature scientifique internationale par la présence exceptionnelle du Pr BERTHOZ, fondateur-directeur du Laboratoire de Physiologie de la Perception et de l'Action, professeur honoraire au Collège de France et membre de l'Académie des Sciences. Vous aurez également à cette occasion la chance d'entendre et d'échanger avec un chercheur de l'INSERM, un docteur en Philosophie, ainsi qu'avec des ostéopathes de renommée internationale. Ils nous entraineront à leur suite dans leurs recherches, réflexions et expériences personnelles, afin de nous guider tout au long des questions suivantes : Qu'est-ce qu'est la Perception, à quoi sert-elle, et quelle est son importance ? Quels en sont les mécanismes neuro-physiologiques ? Comment arriver à percevoir ? Quelles sont les dispositions nécessaires ? Comment développer et enseigner la Perception ? Quels en sont les concepts et où en sont les recherches actuelles ? Quels sont les enjeux éthiques de la perception ? Lieu Hôtel Charlemagne 23 cours Charlemagne 69002 LYON Inscription : https://www.weezevent.com/colloque-rof-2019 Programme : https://www.osteopathie.org/110-colloque-2019.html FRANCE Voir en ligne : 4e colloque du ROF
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  • SDO 2 - Ostéopathie, Recherche et Traduction : Regards croisés

    17 January, by Jean François Marchand, Jean Louis Boutin — N°47 - Hiver 18 (Rés)
    Renan BAIN Frédéric PARIAUD Présentation de la journée par Frédéric PARIAUD et Renan BAIN autour d'une thématique à l'ordre du jour : Ostéopathie, recherche et traduction. Compte-rendu Jean-François Marchand Différents « regards croisés » sont proposés durant la matinée par plusieurs intervenants, dont une représentante des éditions De Boeck Supérieure, Mme Florence LEMOINE, qui commence par la présentation et la genèse du dernier livre publié en septembre 2017 : Traité d'Ostéopathie par Anthony CHILA, traduit par 25 personnes et réalisé initialement par 80 co-auteurs américains. Cette initiative démarre par un partenariat avec les éditions De Boeck depuis 2007. Après l'activation du département de recherche IDO en 2009, c'est en 2012 que l'idée prend forme de traduire cet ouvrage de 1200 pages qui nécessitera une équipe de 25 traducteurs, sollicités pendant cinq longues années et surtout entre 2014 et 2016. Pour comprendre l'engagement des uns et des autres, il suffit d'entendre les propos de notre collègue Emmanuelle DAHAN ZEITOUN, co-traductrice de l'ouvrage et intervenante à l'hôpital Gustave Roussy, qui nous explique que tous les droits de traduction sont reversés à la fondation de l'hôpital. Dans le même ton, notre collègue Hervé KASPARIAN explique la motivation nécessaire pour aboutir à la publication d'un projet d'article [1] dans une revue comme le JAOA (octobre 2015), après un mémoire sur la sensibilité palpatoire passive. Co-traducteur également sur l'ouvrage cité plus haut, il insiste sur la nécessité de lire le chapitre 70 en référence aux travaux de Michael Patterson du « Traité d'ostéopathie ». Emmanuelle Dahan Zeitoun C'est avec une grande attention également que nous écoutons notre collègue Victor LOPEZ, ostéopathe et historien, qui intervient lors d'un colloque [2] de l'Université Catholique de Lyon (UCLY) le 8 février 2017 avec pour thème : « Que faire avec un récit des origines ? ». Nous découvrons toutes les nuances et pièges de la traduction des ouvrages fondateurs mis en avant par les travaux de l'équipe [3] du DU Philosophie de l'ostéopathie. Voir également l'intervention de Victor sur cette vidéo [4]. D'autres traductions sont programmées sur Lyon dans les prochaines années. Françoise VASSEUR HEMATY Puis nous découvrons l'intervention de notre collègue Françoise VASSEUR HEMATY qui évoque les réelles difficultés dans la traduction des écrits de John Martin LITTLEJOHN et de son plus proche élève Stanley Gilbert John WERNHAM. Françoise pointe du doigt les incohérences historiques et contextuelles qui contribuent à entretenir les interférences sur la sémantique, mais également la didactique qui font toujours défaut actuellement dans l'apprentissage de l'ostéopathie. Malgré des initiatives comme celle de Stéphane BEAUME [5] en novembre 2014, il n'existe toujours pas de consensus sur ce point. Avec la traduction du « Traité d'Ostéopathie », il est possible d'avoir un socle de base commun. Alain ABEHSERA Enfin, je garde le meilleur pour la fin ! Notre ami et collègue Alain ABEHSERA, fait référence aux traductions sur KORR et FRYETTE, mais déjà précurseur avec son « Traité de Médecine ostéopathique [6] » en 1986 avec une préface du Pr P. CORNILLOT quand même. C'est l'occasion pour lui de revenir sur le fondement des croyances et des certitudes à partir des écrits qui ne sont pas tous intéressants selon ses propos. Il manque toujours cette « envie » ou ce besoin de « découvrir » comme Christophe Colomb souvent cité dans la matinée, c'est ce besoin de se recentrer sur l'essentiel qui manque aux praticiens pour donner une nouvelle dynamique à l'ostéopathie Française. Après ces propos, Alain suggère que les traductions, dont cette dernière production des éditions De Boeck « Traité d'Ostéopathe », sont un socle commun nécessaire pour la construction de cette identité. Je vous invite à découvrir un article sur un blog concernant Alain avec une devise espagnole qui est devenue mienne. Guillaume BEAUVALOT Dernière intervention en fin de matinée de notre collègue Guillaume BEAUVALOT qui présente un projet collectif de recherche incluant des enseignants ostéopathes et étudiants autour d'une thématique ambitieuse : le système nerveux autonome. Pour parvenir à cet objectif, il existe un partenariat avec la solution Codesna [7] qui permet d'évaluer le stress chronique. Le procédé PHYSIONER délivre, en plus de la détection automatique des arythmies, des marqueurs physiologiques liés au stress et à l'équilibre du Système Nerveux Autonome. Pour finir, la liste complète des contributeurs au projet de traduction : Claire Allimant, Renan Bain, Camille Beaulieu, Eytan Beckmann, Emeric Boullay, Alix de Boysere, Guillaume Brard, Emmanuelle Dahan-Zeitoun, Antoine Degregori, Katia Ghazi Dahan, Hélène Guillerand, Naoël Hichri, Donatien Jamet, Hervé Kasparian, Magali Lovera, Hakim Mhadhbi, Vanessa Munoz, Frédéric Pariaud, Simon Sellam, Sophie Vallantin, Stéphane Vandendriessche, Jean-Jacques Vignaux, François Vigneron, Clémence Vincent, Juliette Wor Notes 1. Hervé Kasparian, DO (France) ; Ghislaine Signoret, DO (France) ; Jérôme Kasparian, PhD - Quantification of Motion Palpation - The Journal of the American Osteopathic Association, October 2015, Vol. 115, 604-610. doi:10.7556/jaoa.2015.121 http://jaoa.org/article.aspx?articleid=2445305&resultClick=1 (accès libre à l'article) 2. http://www.ucly.fr/agenda-de-l-ucly/colloque-que-faire-avec-un-recit-des-origines--181737.kjsp?RH=1453369785151 3. http://www.ucly.fr/formation-continue-/du-philosophie-de-l-osteopathie-141291.kjsp 4. Vidéo Victor Lopez : https://www.youtube.com/watch?v=ycJMfi8YMFs 5. Dictionnaire de Médecine Ostéopathique : https://www.osteopathie-france.fr/bibliotheque-du-site/2472-dictionnaire-de-medecine-osteopathique 6. Présentation du livre A. Abehsera : https://www.osteopathie-france.fr/bibliotheque-du-site/livres-techniques/586-livre-abehsera 7. La solution Codesna : https://www.codesna.com/fr/