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Published 13 September 2014

Ostéo4pattes,

http://www.revue.osteo4pattes.fr

Revue d’ostéopathie comparée, rassemblements d’ostéopathes, édition de contenu sur l’ostéopathie, rencontres annuelles d’ostéopathie.

  • AG de l'Académie - Qu'est-ce qu'un corps ?

    12 February, by A.O. — Formations et stages, ,
    Sommaire Assemblée Générale - Le 29 (...) Conférences Conférenciers Lieu Inscription obligatoire Assemblée Générale - Le 29 février 2020 - Paris Matin : 9h - 12h30 ATTENTION La date limite d'inscription préalable obligatoire a changé. Le 24 février nous donnerons la liste des noms, lieux et dates de naissance des personnes admises à entrer à l'Assemblée Nationale, ceci pour l'Assemblée Générale comme pour les conférences. Merci de nous les communiquer lors de votre inscription ! Entrée permise uniquement pour les personnes inscrites sur la liste de l'Assemblée Nationale et sur présentation d'une pièce d'identité valide. Conférences Après-midi : 14h - 17h Qu'est-ce qu'un corps ? Penser l'ostéopathie dans la pluridisciplinarité En clarifiant leur position éthique et les contours de leur travail, les ostéopathes pourront trouver plus justement leur place au sein des équipes soignantes, qu'elles soient institutionnelles ou libérales. Ainsi, à l'heure où l'ostéopathie commence à prendre une place dans la pluridisciplinarité, le dialogue entre les ostéopathes et avec les autres professions de santé est plus que jamais nécessaire. Le partage des visions et des spécificités de tous les acteurs du soin est une clé de relations professionnelles de qualité pour aider le développement des actions ostéopathiques dans tous les domaines du soin et pérenniser la place de l'ostéopathie. Venez nombreux interagir avec Le corps et ses ambiguïtés - Christophe Dejours Le corps avec lequel on travaille dans le soin est ambigu, parce que l'analyse qui en est faite en psychosomatique suggère que nous avons deux corps. Le premier est très bien connu, c'est « le corps anatomo-biologique » ou « corps physiologique », qui est la référence de base dans l'exercice de la médecine et de la chirurgie. Le deuxième corps est moins facile à appréhender, c'est « le corps subjectif » ou « corps érotique », c'est-à-dire le corps en tant qu'il s'éprouve comme source de souffrance ou de plaisir, le corps qu'on habite. Ce deuxième corps n'est pas donné à la naissance, il se construit à partir du premier, dans l'enfance. Comment peut-on rendre compte de cette généalogie du corps érotique ? Peut-on tenir compte de cette généalogie dans la théorie de la pratique du soin ? Mots-clés : corps, physiologie, sexualité, soin, psychosomatique, maladie Conférenciers Murielle Fayolle Attachée parlementaire, spécialisée en politiques sociales, santé, bioéthique, lutte contre les drogues et les conduites addictives, élaboration des politiques publiques, du fonctionnement des institutions, de la procédure législative. Michel Dupuis Philologue, neurolinguiste, philosophe, professeur à l'université catholique de Louvain. Vice-président du comité consultatif de bioéthique de Belgique. Outre la recherche et l'enseignement de l'anthropologie et de l'éthique à l'université, il anime régulièrement des formations destinées aux divers acteurs de soins et aux enseignants. Christophe Dejours Psychiatre, psychanalyste et professeur de psychologie, spécialiste en psychodynamique du travail et en psychosomatique. Il est professeur titulaire de la chaire de psychanalyse-santé-travail au Conservatoire National des Arts et Métiers et directeur de recherche à l'Université René Descartes Paris V. Lieu Assemblée Nationale - 126, rue de l'Université 75007 Paris - Salle Colbert Inscription obligatoire Date limite d'inscription : le samedi 22 février, dernier délai - Adhérent·e de l'Académie : gratuit mais inscription obligatoire - Étudiant·e·s sur justificatif - 15 euros - Non adhérent·e à l'Académie - 25 euros - Contact : jplouit chez orange.fr ou contact chez academie-osteopathie.fr Voir en ligne : Assemblée Générale de l'Académie d'Ostéopathie « Qu'est-ce qu'un corps ? Penser l'ostéopathie dans la pluridisciplinarité »
  • News Osteo4pattes-SDO N°55B

    11 February, by Ostéo4pattes-Vetosteo — Au présent...
    Le 4pattes, hélas vous aura habitué à ces sautes d'énergie régulière. Je suis désolé, pour des raisons techniques et d'énergies, la tentative d'embellissement de la partie news mensuelle n'aura pas fait long feu. Ce sera donc un simple article avec un édito et les liens vers les news et les nouveautés. Vous avez peut-être entendu parler de la collapsologie, avec un début d'effondrement de nos sociétés prévu dès cette décennie 2020/2030 : réchauffement, pollution, perte de biodiversité, déplacements de populations, etc ... Avec deux horizons derrière : la belle verte ou bien Mad Max. Et bien encore une fois le 4 pattes maintenant SDO est précurseur, 2020 est une année de récession ... Merci de nous accompagner jusqu'au bout ! Patrick CHENE A propos d'ostéopathie animale et des examens légaux : « La colère se propage, la grogne enfle là où elle devrait s'atténuer. Certes, la solidarité entre ostéopathes animaliers n'a jamais été aussi présente (encore que), mais un autre constat se fait sentir, comme une tare cachée qui attendait le moment propice pour montrer le bout de son nez. N'a-t-on jamais vu autant de haine émaner des « personnes réalisant des actes d'ostéopathie » ? Une haine dirigée sans distinction envers la profession qui a la tâche de nous règlementer. Mais n'enlevons pas à César sa couronne d'olivier. Après tout, « la haine, c'est eux qui l'ont amené en premier »... Au-delà du fait intrigant de mettre tous les vétérinaires dans le même panier, il est plusieurs questions à se poser. Un examen détruit-il des vies ? Est-il là uniquement pour légitimer une pratique ? Ou correspond-il a une épreuve envoyée tel un rendez-vous romantique avec nos parts d'ombre, latentes, attendant patiemment pour ressurgir ? Alors que tout le monde voit en cette règlementation une fatalité commune, beaucoup oublient que chacun, de par ses expériences, ses ombres, ses lumières, son taux vibratoire, voit les choses différemment. Combien sont devenus de meilleurs praticiens.? Combien, dans leur refus d'abandonner, ont réalisé qu'ils étaient faits pour être thérapeutes ? Ceux-là ne se manifestent pas, parce qu'ils n'en ont pas besoin. Pourtant ils font partie de ces personnes à qui cet examen a fait du bien. Oui, quelque part, cette grogne semble légitime. La faute sans doute à des taux de réussite dont on ne sait pas si on doit en rire ou bien pleurer. D'autant plus quand ils concernent des candidats à peine sortis de formation. Évidemment nous critiquons le prix astronomique d'un examen dont on aurait bien envie de se passer. Mais qu'en est-il de la valeur d'une préparation de cinq ans (jusqu'à 50 000€), à coup de prêt étudiant, quand on se rend compte de la triste réalité ? Taux de réussite : 80 à 100 %, “diplôme” en main ; 70 % de recalés à Nantes six mois plus tard... Il y a un loup dans la bergerie. Qu'il est Facile pour lui de montrer patte blanche quand il y a un mouton noir à accuser. Thomas PERNOT News : Conséquence de la réforme des retraites sur les ostéopathes : https://www.revue.sdo.osteo4pattes.eu/spip.php?article2377 Actus de janvier glanées sur la presse et le net : https://www.revue.sdo.osteo4pattes.eu/spip.php?article2339 Les pages à consulter pour retrouver les nouveautés : l'agenda : https://www.revue.sdo.osteo4pattes.eu/spip.php?page=agenda les articles nouveaux : https://www.revue.sdo.osteo4pattes.eu/spip.php?page=resume les plus lus : https://www.revue.sdo.osteo4pattes.eu/spip.php?page=statistiques Bibliothèque : http://biblioboutik-osteo4pattes.eu/ L'abonnement : https://www.revue.sdo.osteo4pattes.eu/spip.php?article1570 ou Rendez-vous en mars pour la suite...
  • Conséquence de la réforme des retraites sur les ostéopathes

    9 February, by Michel Chêne — Au présent..., ,
    Sommaire Pour rappel Actuellement Avec la réforme D'un point de vue général Sources Pour rappel Un ostéopathe ou professionnel de santé cotise à différentes caisses pour différentes prestations : Cotisations famille : reversées à la CAF et donne lieu aux allocations logement, familiale,... → URSSAF Cotisation maladie → sécurité sociale des indépendants Vieillesse / invalidité / décès → Cipav Nous allons parler ici du cas de la retraite et de l'impact de la réforme sur nos professions Actuellement Nous cotisons pour deux régimes obligatoires (régime de base et régime complémentaires) à la CIPAV [1] Ces cotisations sont basées sur les revenus net : Pour le régime de base : nous cotisons à hauteur de 8,23% (pour les revenus de 0 à 40000 euros) avec ajout de 1,87% pour les revenus de 0 à 200.000 euros( soit un total de 10,1%) avec certaines exceptions de cotisation selon différentes situations. (voir le guide CIPAV 2019-p.16) Le régime complémentaire est lui aussi obligatoire, le taux est fixe en fonction de la tranche de revenu. Ce régime est basé sur un système à point. (p.17 du guide CIPAV). Des exemples : Classe A : revenu annuel de moins de 26 580, cotisation à hauteur de 1 353 Classe D : revenu annuel de 57 851 à 66 400, cotisation à hauteur de 6 763 Classe G : revenu annuel de 103 181 à 123 300, cotisation à hauteur de 16 231 Soit : par exemple pour la classe D, les cotisations sont de 11,7% à 10,2%. Avec le régime actuel les ostéopathes et autres professions affiliés à la CIPAV cotisent autour de 20%. Avec la réforme [2] Le changement du régime des retraites fait passer le taux de cotisation à 28,12% pour tout le monde. Le but étant de s'aligner sur les salariés. Cela paraîtrait juste mais c'est sans tenir compte des particularités des statuts de chacun. Les salariés paient d'une manière générale 28% de cotisations,mais elles sont assumées à la fois par des cotisations salariales et des cotisations patronales. La réforme prévoit que tout le monde (salariés privés, salariés publics, travailleurs indépendants ) passent à un taux de cotisations de 28% pour un revenu annuel inférieur à 40 000 euros, au dessus de 40 000 les cotisations seront à 10%. Ce qui entraînerait pour nous une augmentation de cotisation importante : nous passerons de 15%-20% à 28%. La retraite sera au minimum de 1000 euros MAIS pour une carrière complète (La durée de cotisations est encore actuellement en débat.) sans absence / congé maladie / congé maternité. Si tel est le cas il faudra travailler plus longtemps pour atteindre ce minimum de 1000 euros pour la retraite. Pour compenser l'augmentation des cotisations retraites pour les travailleurs indépendants, il est prévu un abattement de 33% sur le revenu annuel (pour un revenu annuel de 40 000 euros, seulement 28 000 ne seront soumis aux cotisations), de plus, le gouvernement prévoit de baisser les autres cotisations (CSG) afin d'arriver à un taux de cotisations totales (retraites, famille, maladie) identiques à ceux des salariés. D'après les calculs effectués, malgré ces aménagements, il y aura une hausse des cotisations, mais moins importante que si nous passions de 20 à 28% de cotisations. Cependant ces aménagements ne sont pour l'instant que des annonces, il n'est pas certain que cela soit réellement appliqué et pérenne (un prochain gouvernement pourrait décider de revenir sur cette décision). D'un point de vue général La réforme des retraites ne va pas changer que le taux de cotisation mais aussi le système de retraites en lui même notamment pour les salariés : passage d'un système de répartition à un système de points. Qui au vu des calculs fait par les syndicats et associations va entraîner une baisse des pensions de retraites. Afin de ne pas alourdir les explications, nous ne développerons pas plus ces questions. Vous pouvez vous renseignez : https://reformedesretraites.fr/ https://www.reforme-retraite.gouv.fr/ et autres articles journalistiques... Depuis le mois de décembre, les syndicats et salariés se mobilisent contre cette réforme. Pour les professions libérales, prenons l'exemple sur les avocats. Les avocats ont rejoint depuis quelques semaines ces mobilisations. Les avocats ne cotisent pas à la même caisse que les ostéopathes mais se retrouvent dans la même situation : ils cotiseront plus (pour eux 2x plus), pour gagner moins. Pour se renseigner plus sur la mobilisations des avocats : https://www.sudouest.fr/ Nous ne pensons pas que le système CIPAV actuel soit idéal, les prévisions actuelles des retraites pour les ostéopathes sont basses. Pour autant avec la réforme des retraites, nous n'avons aucune assurance qu'il y ait une réelle amélioration des pensions. La seule chose dont nous sommes sûres, c'est que les cotisations vont augmenter. Au vu de la démographie actuelle des ostéopathes et des difficultés que nous connaissons de l'installation des jeunes diplômés, nous sommes inquiètes que cette hausse pénalise sévèrement les ostéopathes. Diane Réveillé et Lucile Capelle, étudiantes en ostéopathie, pas expertes ! Renseignez vous ! Sources : Guide de la CIPAV 2019 (accessible sur le site internet https://www.lacipav.fr/)Pour un système universel de retraite, Préconisations de Jean-Paul Delevoye, Haut-Commissaire à la réforme des retraites, Juillet 2019 → notamment de la page 37 à 41.CNAPVL, La retraite des professions libérales, https://www.cnavpl.fr/presentation-de-la-cnavpl/ [1] CIPAV est une section de CNAPVL, qui regroupe les professionnels libéraux. En effet, le code de la sécurité sociale précise que toute profession ne relevant pas d'une activité agricole, artisanale ou commerciale et n'étant pas réglementée doit être affiliée à la CIPAV. [2] Sur la version du rapport Delevoye que nous avons consultée, voir pour les indépendants p.34 à 41
  • Ostéopathie, Énergétique… ? 1ère partie

    8 February, by Alain Abehsera — Généralités Ostéo.
    L'ostéopathie structurelle, héritière du pôle rebouteux, possède sa logique et sa physique : on étire ce qui est raccourci, détend ce qui est tendu, draine ce qui est trop plein, voire on replace ce qui est ‘déplacé'. Les indications comme les dangers sont alors clairs. Il n'en va pas de même avec l'aspect énergétique de l'ostéopathie, héritière du magnétisme, où les mains ne bougent pas, et où seule la pensée semble agir. Comment expliquer une telle expérience ? Ne sachant ni ce qui agit, ni comment cela agit, comment connaître les indications et les dangers ? Avec le Virtuel, tel que le décrit la physique quantique, l'auteur discute ici ce que peuvent être les racines physiques de ces formes de pratique. L'auteur mettra de côté l'aspect structurel de l'ostéopathie, ce qui est, forcément, réducteur, et ne peut que fausser le débat. Mais il faut découper pour analyser. L'heure des recoupements peut venir ensuite… Voici donc quelques réflexions sur la physique de l'ostéopathie contemporaine, en particulier dans sa forme dite ‘d'écoute tissulaire'. Energétique et bio-énergie sont des termes fréquemment employés pour décrire les approches ostéopathiques dites ‘d'écoute des tissus' (1). Elles se différencient des manipulations dites ‘structurelles' où la matière est mobilisée, directement, avec les mains. Les praticiens de ces approches douces se laissent porter ou s'ils agissent, leur action est à peine perceptible pour un observateur extérieur. La matière du patient et de l'opérateur bougent peu. L'expérience intérieure des praticiens, cependant, est riche, et ceux qui les pratiquent décrivent, sous leur main, de nombreux types et qualités de mouvements, spontanés et/ou induits. A priori, énergétique est un terme qui résume ces approches mieux que manipulations, en tous les cas pour les ostéopathes adeptes de ces techniques, dont je fais partie avec une certaine réserve depuis que j'en ai vécu les insuffisances et les dangers. On peut se poser la question sur la nature de cette énergie que mobilisent les ‘énergéticiens'. Face au monde scientifique, il est de notre devoir de justifier nos résultats au plan fondamental : physique, chimie ou biochimie. Comme on dit communément, appelons un chat, un chat ! Et donc, on nous dira : « Admettons que vous n'êtes pas des charlatans. Précisez, alors, avec quelle énergie travaillez-vous ? » Le dictionnaire ne connaît pas l'acception thérapeutique du mot énergétique. Ce terme - à la fois un nom et un adjectif - est très proche, dans son sens, de celui d'énergie. Cherchons alors dans l'annuaire des énergies connues, laquelle pourrait être celle avec laquelle nous travaillons (2). L'énumération serait fastidieuse, d'autant plus que le terme est assez vague. Nous pouvons cependant, assez facilement, mettre de côté, comme accessoires, certaines formes d'énergie. Non pas que nous ne les utilisions pas, car nous les utilisons – ou les subissons - forcément toutes à tout instant ! L'énergie mécanique, par exemple, inclut l'énergie cinétique et l'énergie potentielle. Ces formes – liées à la gravité - conviennent merveilleusement à l'ostéopathie structurelle où l'on utilise, lors des manipulations, la vitesse du mouvement, l'inertie, le poids des membres etc. Mais dans l'ostéopathie cranio-sacrée et ses dérivées, nous pouvons considérer la chose comme accessoire. L'énergie thermique intervient lors de frottements, et le massage y recourt. Les énergies chimiques libérées par les cellules lors du métabolisme ne sont pas directement de notre ressort, nos mains n'ont pas accès à ce niveau de subtilité. Que reste-t-il ? Essentiellement, les énergies dites de rayonnement ou électromagnétiques. Rayonnant de santé Dans ce terme, on trouve deux forces bien connues de notre expérience quotidienne : l'électricité et le magnétisme. On sent ce qui ressemble à l'électricité quand on heurte un nerf contre un os. On sent le fluide magnétique dans l'espace entre deux aimants. Ces deux énergies, apparemment différentes, ont été unifiées en une seule par les physiciens : l'électromagnétisme. Peut-être trouverons-nous là de quoi expliquer notre expérience ? Ce type d'énergie est porté par des ondes Or, il est clair que l'homme émet des ondes et les perçoit. Nous sommes des émetteurs-récepteurs vivants. L'activité électrique de nos cellules se manifeste à la surface du corps, de tout le corps : l'ECG, l'EEG sont des cas particuliers. Qui dit activité électrique dit champ magnétique et nous en sommes pourvus, bien qu'il soit considéré comme très faible à la surface de la peau. Les ondes électromagnétiques mesurées à ce jour réalisent un spectre continu qui va de ‘zéro' à ‘l'infini'. On leur donne des noms selon leur emplacement le long de l'échelle. Tout en bas, on trouve les ondes radios, qui sont les plus longues, ont la fréquence la plus basse et donc, l'énergie la plus faible. Un peu plus haut, les micro-ondes. Vers le milieu de l'échelle, on trouve la lumière habituelle, qui va du rouge au violet. Juste en dessous du rouge, les rayons infrarouges que notre peau perçoit sous forme de chaleur. Puis à partir du rouge, le spectre lumineux perçu par nos yeux. Juste au-delà, les rayons ultraviolets. Plus haut encore, les rayons X. Et très haut, les ondes gamma ultra-courtes et à très haute énergie. Et d'autres plus loin encore. Sans être des physiciens de haut niveau, on ne voit pas du tout laquelle de ces ‘énergies' pourrait fonder notre ‘ostéopathie énergétique'. Nous sommes sensibles à la lumière mais savons-nous illuminer ou émettre des ondes radios, des micro-ondes ou des rayons X avec nos mains ou nos yeux ? A priori, non, ou plutôt - car il vaut mieux ne pas sous-estimer nos capacités - nous ne sommes pas conscients d'une telle capacité électromagnétique et elle n'a pas été mesurée. Nous pouvons donc laisser ces énergies de côté, en rappelant, bien entendu, qu'elles fonctionnent à tout moment dans le corps et dans son environnement, mais qu'il est difficile de leur attribuer un rôle direct dans l'interaction entre l'ostéopathe et son patient. Soyons plus précis : l'ostéopathie d'écoute nécessite/entraîne des modifications thermiques, mécaniques ou électromagnétiques dans les tissus du patient, mais quel chemin empruntons-nous pour y arriver ? Nos ancêtres les magnétiseurs Il est plus difficile de mettre de côté le magnétisme. Toute une profession, les magnétiseurs, croit agir avec ce qu'on appelle le magnétisme animal. Nous ne rappellerons jamais assez que A. T. Still, le fondateur de l'ostéopathie, se disait Mesmerizer (disciple de Mesmer, le plus illustre promoteur de cette approche) avant de s'appeler bone setter (rebouteux) puis, osteopath. Nous sommes, par nos grands-parents, des magnétiseurs. Comme nous l'avons dit, il émane un champ magnétique de notre corps, en tout et en partie. Peut-on le sentir à distance ? En sentir les irrégularités, les polarités, les ‘blocages' etc. puis le modifier, comme le font les magnétiseurs ? D'un point de vue strictement ‘scientifique', non ! Tout simplement parce que le champ magnétique issu de notre corps, très faible à la surface, chute avec la distance de manière très importante. Déjà à un centimètre, probablement, il tend vers 0… S'il était continu, s'il gardait la même épaisseur et intensité jusqu'à plusieurs mètres, on admettrait que le magnétisme de nos mains pourrait interagir avec celui du patient. Or les magnétiseurs disent manipuler à des distances extrêmement variables, de quelques centimètres, à quelques mètres, kilomètres ou d'un continent à l'autre de la Terre, sans qu'ils décrivent une ‘chute d'efficacité' ou une perception plus difficile du champ. Ils peuvent utiliser une image de la personne, un bout de cheveu, de la salive, un pendule etc., ne dépendant, en aucune manière, d'un champ magnétique littéral ayant la forme de leur patient. La vaste majorité des ostéopathes touchent la peau. Ils mélangent directement leur champ magnétique avec celui de leur patient. Le magnétisme direct peut-il alors expliquer leur technique ? Je ne crois pas car ce serait singulièrement réduire l'expérience ostéoapathique que de la traduire en termes d'attraction/répulsion. Et comme pour les magnétiseurs, le problème de l'éloignement se pose. Les ostéopathes mettent leur main à distance l'une de l'autre, voire en dehors du corps, comme ce fut le cas pour moi pendant de nombreuses années, et même Andrew T. Still était réputé pour traiter certains patients en leur absence physique. En technique dite ‘crânienne' ou ‘viscérale', il est courant d'entendre des ostéopathes dire qu'ils sentent le ‘duodénum' à partir du cou, ou la selle turcique en mettant la main sur l'occiput. L'explication magnétique simple ne tient pas plus, pour nous, que pour les magnétiseurs, mais nous ne la rejetons pas. Nous croyons tout simplement, comme nous nous en justifierons, que magnétisme, est un terme proche, mais pas scientifiquement exact pour décrire notre expérience. Mesmer l'avait bien compris. En effet, les aimants nous révèlent quelque chose de très proche de ce à quoi ressemble notre vécu de l'énergétique, mais pas identique Nous proposerons plus loin que le champ magnétique ‘virtuel' entre nos mains, ressemble beaucoup à ce que l'on ressent dans l'espace prétendu vide entre deux aimants Et appeler ce champ : ‘magnétisme animal', comme faisait Mesmer, n'est alors pas si faux. Ils sont fous ces chinois… Mettons donc de côté toutes les formes d'énergie connues. Aucune ne peut expliquer nos étranges expériences. Energétique paraît alors être un mot orphelin de contenu pour les thérapeutes. Rassurons-nous : les ostéopathes ne sont pas les seuls passagers clandestins à voyager sous ce terme. Deux médecines qui ont pignon sur rue, l'homéopathie et la médecine traditionnelle chinoise (MTC), sont encore plus dépendantes du terme ‘énergétique' que nous. Les ostéopathes, au moins, utilisent la main, et parlent avec l'anatomie occidentale, deux choses bien ancrées dans la matière. Les homéopathes recourent à des substances si diluées qu'on ne peut guère plus appliquer le mot ‘matière' au sens habituel. En MTC/acupuncture, on pique la surface de la peau avec des aiguilles, réparties en de nombreux endroits, selon une anatomie et une physiologie étrangères à la logique occidentale. En accordant que ces médecines sont efficaces, on ne pourra expliquer leur fonctionnement autrement que par des termes comme énergie ou énergétique ou encore bioénergie. En acupuncture, nous avons affaire à des connections entre des pointes de métal (les aiguilles) et on imagine mal de la matière se déplacer entre une aiguille plantée à la cheville et une autre dans le l'épaule. De plus, les relations entre organes ne sont pas du tout celles que la matière anatomique montre à nos yeux et à nos mains. Par exemple, en MTC, on affirme que le ‘poumon se vide dans le côlon'. On ne parle pas de vidange physique littérale, mais de l'évacuation d'une entité qu'ils appellent, entre autres, le Chi. Qu'est donc ce Chi ? On le retrouve à l'état quasiment pur, extériorisé entre les mains, dans le Chi Cong. Aucune des énergies décrites ci-dessus ne peut lui fournir une explication satisfaisante. Et les ostéopathes, que font-ils de ce Chi ? Le perçoivent-ils à leur manière, mais sans lui donner le même nom ? Nous devons espérer qu'il en est ainsi à moins de croire que le corps humain se modifie dans son expression lorsqu'il arrive dans un cabinet d'acupuncture ou d'ostéopathie. De nombreuses études ont tenté d'analyser en termes d'énergies connues l'effet de l'acupuncture : micro-courants électriques à l'endroit de l'aiguille, relâchement de médiateurs chimiques etc. Pourquoi pas ? Mais c'est encore très réducteur par rapport au discours chinois. En MTC, on décrit le foie comme le siège de la colère et comme ayant une énergie bois alors que le poumon, siège de la tristesse, se caractérise par une énergie métal. En quoi un micro-courant électrique autour d'une aiguille plantée le long du méridien du foie exprime le bois et la colère à la différence d'une autre, sur le méridien du poumon, qui serait reliée à la tristesse et l'élément métal ? Ils sont fous ces ostéopathes Les ostéopathes ne sont pas en reste. Leur discours sur l'énergie est bien moins sophistiqué que celui des chinois - kilométrage en années oblige - mais sa richesse est tout aussi problématique. Un ostéopathe qui pratique l'écoute des tissus met ses mains sur le crâne d'une personne et peut dire : ‘Je sens les os… je passe dans les membranes méningées… C'est un peu plus tendu à droite. Ah, là, j'y suis, je rentre dans les ventricules latéraux, et je flotte dans le liquide céphalo-rachidien… Ici, je sens le cerveau… Le rythme est plus lent à droite. Ouh là, ça tire sur l'hypothalamus gauche ! ' Il affirme tout cela, avec sérieux, sans bouger les mains, sans appuyer plus fort ni moins fort. De même, les mains posées sur le ventre d'un patient, il dira qu'il sent les tensions du pancréas, la rotation du duodénum ou l'abaissement du rein, toujours sans bouger les mains ni appuyer plus particulièrement. S'il nous restait des doutes sur la candidature d'une des énergies connues pour expliquer ces approches, ils se dissiperaient bien vite. Ces expériences sont complètement illisibles en termes de matière habituelle et on comprend alors le choix, par défaut, du mot énergétique. Un des nœuds du problème, sur lequel nous reviendrons, est que la science nous demande, pour toute explication, de choisir son camp : « Vous parlez de quoi dans vos manipulations, de matière ou d'énergie ? ». La science décrit le monde en ces deux termes, et Einstein a même offert la formule qui permet de passer de l'un à l'autre. Depuis, Matière et Energie constituent un couple aussi général que ‘Yin' et ‘Yang' pour les chinois, et, pour les occidentaux, aussi évident que Nord et Sud, Gauche et Droite etc. Que peut-on ajouter à gauche-droite en termes de latéralité ? Rien… ! Il en va de même pour le réel : nos yeux, nos mains et nos machines concourent pour affirmer qu'il n'y a rien d'autre que les qualités et quantités matérielles ou énergétiques pour décrire tout objet. On n'a pas droit à autre chose… ! Eh bien, s'il n'existe rien d'autre, il est clair, que pour parler de notre expérience clinique, énergie est préférable à matière. Avec mes mains immobiles, et le patient au repos, je sens des courants entre mes mains et non pas des déplacements de masse, ce qui ressemble plus à l'électricité ou au magnétisme qu'à la mécanique. Mais il s'agit tout au plus d'analogies, et nous passons volontiers pour des charlatans parce que notre utilisation du mot énergie ne correspond à rien de répertorié. Entre nous, sous cape, nous parlons d'énergies secrètes décrites par les Anciens et ignorées par les Modernes : éther, corps astraux, Fluide, mais point de mesure pour toutes ces choses bizarres et ésotériques. La Trinité En réalité, nous ne sommes pas fautifs. Nous touchons à quelque chose que la science connaît depuis peu, et que les Anciens décrivaient depuis longtemps, mais dans leur langage. On résumera en disant que la description du monde par le couple matière/énergie n'est plus suffisante. La dualité des choses n'est pas obligatoire et nous proposerons de compléter cette paire par Information. Dans les Anciens Temps, on disait, entre autres appellations pour ce troisième larron, le Verbe ou le Logos. Matière, Energie, Information réalisent une trinité bien plus satisfaisante tant pour notre vécu d'humains que pour notre exercice de thérapeute. Mais rajouter l'information à matière et énergie classiques ne suffit pas pour expliquer nos perceptions physiques sur les patients. Pour les justifier, nous évoquerons l'autre compréhension des termes énergie et matière, celle qu'ont développée au cours du siècle précédent les physiciens quantiques. Suite à la réflexion du physicien P. Dirac, on sait que l'énergie/matière doit être expliquée de manière symétrique : elle est à la fois réelle et virtuelle. Je peux palper le foie réel sous mes doigts, mais je peux aussi sentir un foie virtuel entre mes mains. Le V-spread : V pour Virtuel La technique dite du V-spread peut être considérée comme l'ancêtre ou mieux, l'archétype de toutes les techniques ostéopathique d'écoute des tissus (3). Je la choisis car elle contient, à elle toute seule, tous les paradoxes de ce qui peut passer pour la ‘folie ostéopathique'. Son exécution, ses principes comme ses indications sont très simples. Développée à l'origine dans la sphère crânienne, elle a plusieurs indications, telles le remodelage des os ou la levée d'un blocage mécanique le long des sutures interosseuses. Supposons qu'un ostéopathe ‘palpe' une restriction de la mobilité sur la suture occipito-temporale droite. Il va poser une main sur la région frontale gauche et les doigts de l'autre main disposés en ‘V' (d'où le terme V-spread) de part et d'autre de la région en restriction. Puis il va diriger le fluide de la région frontale vers la région occipitale. Il sentira lorsque ce fluide ‘arrive' de l'autre côté du crâne sous son autre main, ‘soulève' la région cible, puis libère la restriction, produisant un écartement (‘spread' en anglais) du V formé par ses doigts. Il était courant de penser aux débuts de l'ostéopathie crânienne que cette technique ‘poussait' le liquide céphalo-rachidien, et que cette poussée liquidienne libérait, en la soulevant, en en écartant les membres, la suture bloquée. Doit-on appuyer beaucoup ? Non, c'est l'intention de pousser entre les deux mains qui compte, plus qu'un appui réel. Tous ceux qui ont appris ces manœuvres ont senti avec une relative facilité les différentes étapes du V-spread. Enseignée pour la sphère cranio-sacrée, son indication s'est étendue à tout le corps, et l'on peut faire un V-spread entre une partie du crâne et l'épaule gauche ou la rotule (ce qui nécessite un écartement important des bras !!), entre la colonne vertébrale et la vessie, le rein et les surrénales etc. Entre nous, dans les séminaires, cette technique est acceptée comme allant de soi. Elle s'apparente à une autre technique dite de ‘compression du 4e ventricule'. Puis, par association, à toutes les techniques d'écoute où l'on sent que les ‘intentions' du praticien traversent les tissus du patient et gonflent ici, dégonflent ailleurs, compriment, mettent en rotation ou fléchissent à souhait et spécifiquement tel os, telle membrane ou tel viscère. On s'aperçoit rapidement qu'en réalité, ce qu'on demande des tissus, se produit. Au grand désespoir des étudiants en ostéopathie, en quête d'objectivité. Et une belle source de moquerie pour les détracteurs de la profession. Avec la pratique, on se rend compte également que s'évanouit bien vite la différence entre d'un côté, les rythmes dits ‘spontanés' des tissus - tel le (les) rythme(s) cranio-sacré(s) – qui paraissent ‘objectifs' et de l'autre, les mouvements induits par la pensée de l'opérateur. Tout se mélange, tout se ressemble et, il faut l'avouer, la confusion s'installe. À suivre Notes 1. Ces techniques sont connues sous de nombreux noms :'cranio-sacré', ‘fluidique', ‘fascias', ‘myofascia' ‘technique d'écoute', ‘écoute tissulaire', ‘approche tissulaire', ‘bio-dynamique' etc. 2. Le mot ‘travail' est important ici, car une énergie se définit souvent comme une force qui permet de faire un travail mesurable (déplacement, variation thermique etc.) 3. Ce n'est pas exactement le cas, mais pour notre propos, cette généralisation est tout à fait acceptable. Article paru dans Le Monde de l'Ostéopathie n° 7 - Juillet - Août - Septembre 2013 - Dossier : Énergétique, p. 6-10 - Publication autorisée par le Directeur de publication du Monde de l'Ostéopathie. Le Site de l'Ostéopathie remercie Alain Abehsera et la revue Le Monde de l'Ostéopathie de l'avoir autorisé à publier cet article. ère publication sur le Site de l'Ostéopathie le 13-12-2015
  • La tendinite de De Quervain

    7 February, by Pierre Renaudeau — K cliniques SDO,
    Définition médicale La tendinite de De Quervain, ou ténosynovite (1) sténosante (2) de De Quervain est classée parmi les affections rhumatologiques en Médecine Générale. D'après L.Simon, F Blotman et J Claustre dans Rhumatologie Chez Masson éditions 1980, il s'agit d'une inflammation (3) sténosante (2) de la gaine synoviale commune aux tendons des long abducteur et court extenseur du pouce, au passage sur la styloïde radiale (4). Apparition : Sans cause (5), ou après un choc (6). Elle peut être bilatérale (7). Douleur : La gêne de la main est globale avec douleur (8) près de la styloïde radiale, et irradiant vers le haut (9) (avant-bras) et vers le bas (9) (pouce). Une tuméfaction de la styloïde radiale est observable (10) et la flexion du pouce déclenche la douleur (11). Le test (ou manœuvre) de Finkelstein consiste à opposer le pouce vers le cinquième doigt et à rajouter l'adduction du poignet, déclenchement de la douleur. Très classiquement sont conseillées les infiltrations (cortisone) (12), l'immobilisation (13) et la chirurgie par résection de la gaine synoviale augmentée de volume et fibrosée (14). Rappel anatomique : Les tendons du poignet Le croisement est l'un des points clés. Ces deux muscles surcroisent (15) les longs et courts extenseurs radiaux du carpe (anciens premier et deuxième radiaux) muscles en travail permanent d'extension du poignet (dans le travail informatique, par exemple), avant de s'engouffrer sous le rétinaculum (16) des tendons extenseurs. Participant à l'extension et surtout l'abduction du poignet et du pouce (par exemple dans la saisie d'une casserole), ils sont sollicités dans tous les mouvements professionnels avec tenue d'outils lourds… Leur innervation provient de la branche profonde du nerf radial (17). Guy Lazorthes nous apprend par son ouvrage « Système nerveux périphérique » chez Masson, que le nerf radial a la particularité de voir se développer, en cas de paralysie (18) de ce nerf, une synovite hyperplasique (19) (tumeur dorsale du carpe de Grüber), d'origine mécanique et liée aux frottements des tendons sur l'os. Par contre les troubles vasomoteurs et trophiques sont moins marqués (20) qu'avec les nerfs Cubital ou Médian. Si l'on considère l'innervation sous l'angle radiculaire, la région styloïde radiale, base externe du pouce, bord externe de l'avant-bras est innervée par la racine C6 (21), sortant entre C5 et C6. Raisonnons maintenant en termes d'additions de facteurs de risques (22) (Pascal) et non en cause unique (Descartes). Discussion point par point : Appuyons-nous tout d'abord sur la description des spécialistes en rhumatologie, car leur point de vue est l'issue de longues observations concrètes dont chaque détail est une clé de l'ensemble. 1) Ténosynovite signifie que la tendinite de De Quervain n'est pas une inflammation simplement des tendons mais des tendons et de la synoviale (à mettre en rapport avec 19). 2) Sténose ou rétrécissement comme on peut l'observer dans les ischémies ou anoxies des tissus. Les tendons du carpe : profil 3) Comme l'exprime fort bien le corps médical, l'inflammation est sténosante. C'est l'issue d'un processus de réparation (inflammation) qui entraîne le rétrécissement, source lui-même de nouveaux problèmes, mécaniques. 4) Le passage de la styloïde radiale représente une zone étroite source de contraintes mécaniques exacerbées par la nécessité de courbure contre ce relief osseux selon les positions du poignet. 5) « Sans cause » est une affirmation liée à la fierté médicale. Il serait plus juste de dire humblement « dont on ne connait pas la cause », ce qui incite plus à la rechercher. 6) La survenue initiale d'un choc déclenche une inflammation logique. La question devient : Pourquoi l'inflammation perdure-t-elle au-delà du temps de cicatrisation classique ? 7) La bilatéralité, fréquente, ne coïncide pas avec l'hypothèse d'un problème localisé mais plaide en faveur d'un problème central, le rachis cervical, distribuant volontiers les mêmes effets à droite et à gauche. 8) La douleur est le motif qui a amené le (la) patient(e) en consultation. Elle est liée à l'inflammation et à la perte de facilité de passage des tendons dans leur gaine. Elle sera un excellent indicateur de l'évolution-amélioration. Elle peut servir pour la manœuvre de Finkelstein. 9) L'extension de la douleur suit éloquemment le territoire radiculaire C6. 10) La tuméfaction de la styloïde radiale s'observe au bout de quelques temps et correspond au remaniement tissulaire de la zone, englobant les tissus fibreux et osseux. L'inflammation a toujours pour but de déblayer des tissus morts pour en reconstruire d'autres. 11) La douleur est provoquée, comme dans la manœuvre de Finkelstein, par le coulissement serré du tendon du court extenseur dans sa gaine, rétrécie. 12) La cortisone, comme dans tous les cas d'inflammation, vient, entre autres, contrecarrer les effets dynamisés de l'adrénaline circulante (dénervation). 13) La mise au repos calme forcément les choses, mais dès la reprise de mouvement, la cause n'étant ni identifiée ni traitée, les douleurs reprennent, souvent de plus belle. De plus l'immobilisation, comme les douleurs, sont souvent causes d'arrêts de travail, à l'issue desquelles le salarié ne peut reprendre comme prévu, ce qui peut engendrer des difficultés sur le lieu de travail. 14) La chirurgie a l'intérêt didactique de nous montrer l'existence d'une gaine synoviale augmentée de volume et fibrosée. C'est le lieu du remaniement essentiel engendrant la problématique et les difficultés mécaniques. A mettre en rapport avec 19. 15) Le surcroisement est une difficulté supplémentaire pour ces tendons qui doivent donc s'incurver sur les tendons des extenseurs radiaux du carpe quand ceux-ci sont contractés, puis s'incurver selon la styloïde et la position du poignet. Ceci concerne beaucoup de positions de travail moderne (facteur mécanique). 16) Le rétinaculum ou gaine fibreuse plaque ces tendons contre la styloïde. 17) Bien que décrit comme provoquant peu de troubles neuro-végétatifs, le nerf radial comporte un contingent sérieux de fibres sympathiques. Ses effets modérés en cas de compression(20) vont masquer cette manifestation d'inactivité des fibres sympathiques, qui est plus bruyante dans le cas de la périarthrite scapulo-humérale ou dans le canal carpien avec la compression du nerf médian. Ce cas de figure attire moins l'attention. 18) Une paralysie n'est évidemment pas le cas qui nous intéresse, mais une compression du nerf radial, ou de l'une de ses branches peut mimer la paralysie sur un territoire précis, avec sursensibilisation des tissus à l'Adrénaline. 19) La synovite hyperplasique est le lien, le chaînon manquant entre le nerf radial et la tendinite de De Quervain, avec son hyperplasie de la gaine synoviale des tendons du long abducteur du pouce et du court extenseur du pouce. Mais à ce moment-là pourquoi seulement ces tendons ? Voir 21. 20) Ce « silence » relatif vasomoteur et trophique participe à la dissimulation de la vraie nature de cette pathologie. 21) Comme d'habitude l'une des réponses vient de l'Anatomie, qui reste l'alliée essentielle de l'Ostéopathe. L'hypertrophie synoviale est localisée parce que ces tendons sont innervés par la racine C6. Il est probable que l'ensemble du nerf radial ne soit pas touché mais seulement cette racine cervicale. 22) Maintenant, additionnons les facteurs de risque pour comprendre enfin ce qui se passe. - La racine C6 subit un écrasement partiel par pincement discal. - Les fibres de C6 sont en partie inhibées. - La réponse d'inhibition sympathique déclenche une hypertrophie de la synoviale qui nous intéresse, celle des tendons long abducteur du pouce et court extenseur du pouce. - Cette réponse est localisée du fait des difficultés mécaniques particulières de ce secteur anatomique. - Les difficultés mécaniques peuvent être renforcées par un travail moderne, mains en extension avec préhension fine (informatique) ou main en abduction ou adduction permanente, ou avec port et efforts latéraux avec des outils lourds… - Le serrage et le frottement s'accompagnent d'une discrète vaso-constriction liée à l'augmentation tissulaire de la réactivité à l'adrénaline des tissus dénervés ( Guy Lazorthes). L'adrénaline est vasoconstrictrice des tissus périphériques, peau, muscle superficiels et tendons (limitation des hémorragies dans le combat animal). - La vasoconstriction entraîne une anoxie des tissus, ici les tendons et l'apophyse styloïde proche. - Une inflammation de réparation s'ensuit, avec douleurs et remaniements des tissus. - Au final, le phénomène s'auto entretient, surtout si le pincement C5-C6 n'est pas soigné, c'est-à-dire dans certains cas, pendant des années. Traitement ostéopathique Bien entendu, le but visé étant de libérer la racine C6 dans son passage rachidien, tout traitement commence par le classique traitement ostéopathique que connaissent tous les Ostéopathes Exclusifs. Je ne m'étendrai pas sur le traitement des pieds, du rachis, du bassin, de la boîte crânienne, de la posture parfois, ou de toute autre dysfonction diagnostiquée par l'Ostéopathe avec un soin particulier pour le membre supérieur et ,bien sûr, le poignet. Une fois cela réalisé, le sujet étant bien rééquilibré, il est utile pour voir régresser cette véritable névralgie neuro-végétative de décompresser la racine C6 en traitant le disque C5-C6 par induction. Dès que l'espace compris dans le périmètre du trou de conjugaison s'améliore géométriquement, la tendinite disparaît comme elle s'est installée, en quelques jours. L'innervation rendue à la normalité stoppe l'hypertrophie synoviale et surtout élimine l'hypersensibilité des tissus à l'Adrénaline, ce qui permet le retour d'une vascularisation normale, la réparation des tissus puis l'arrêt naturel de l'inflammation, devenue inutile. L'ensemble de ce protocole de soin ostéopathique peut être réalisé en huit à dix jours avec un taux d'efficacité de 94 %. Amélioration totale dans un délai de 15 à 21 jours. Les 6% d'échecs sont liés à des hernies discales, beaucoup plus difficiles à traiter. Références Le système nerveux périphérique Guy Lazorthes, Masson. Kamina Anatomie clinique Tome 1 anatomie générale - membres 3e éditions Maloine Cours de Médecine PCEM1 Pr Kamina Poitiers 1979. L.Simon, F Blotman et J Claustre. Rhumatologie Chez Masson éditions 1980. 1ère publication sur le Site de l'Ostéopathie le 29-10-2010
  • Ces épicondylites qui guérissent enfin !

    7 February, by Pierre Renaudeau — K cliniques SDO,
    L'épicondylite est une inflammation de réparation des tendons se fixant sur l'épicondyle latéral (coude). La chronicisation est hélas fréquente, mais cela prouve scientifiquement que l'on ne traite pas la cause. Quelques poncifs Le repos est souvent essayé par le corps médical. Sans succès ! Parce que cela ne change rien à la cause ! Pour soigner une épicondylite, il n'est pas toujours suffisant de mettre une attelle au sujet pour le guérir. Je n'ai jamais eu de patients qui souffraient de tendinites parce qu'ils s'étaient « blessés », hormis peut-être les sportifs, mais qui, alors, connaissent la cause et entrevoient le traitement (mais c'est une minorité des cas, nombreux, de tendinites de l'épicondyle latéral). Pour le lot nombreux des patients lambda qui souffrent d'une épicondylite, l'apparition s'est faite sans cause connue, et l'entraînement musculaire a toutes chances de réveiller la pathologie et les douleurs. Le corps médical préconise la même chose pour le dos : Renforcement musculaire. J'ai croisé des centaines de patients qui avaient fait des dizaines de séances de « renforcement musculaire » (cela fait des milliers de séances multipliés par des dizaines d'euros…) pour rien, car l'exercice d'un muscle en souffrance ne peut en aucun cas soigner ce muscle. C'est comme bouger un pouce avec une plaie… L'infiltration de cortisone, l'on ne peut être fondamentalement contre, mais l'on sait parfaitement par expérience que cela ne sert à rien sur la durée puisqu'il y a fréquemment récidive, tant qu'on n'a pas soigné la cause… Dans ces cas-là, il faut chercher et chercher encore un cheminement plus scientifique du traitement ostéopathique de ces tendinites. L'on cherche d'abord la chaîne lésionnelle dans le membre supérieur. C'est là une démarche d'ostéopathie, démarche première commune à tous les ostéopathes ( poignet, tête radiale, membrane interosseuse…) . Mais dans le cas des épicondylites, cela ne suffit pas car la cause n'est pas purement articulaire et il faut savoir prolonger son raisonnement plus loin que les simples recettes apprises. Je vous propose donc de partager maintenant ce qu'un Ostéopathe exclusif peut dire sur les Épicondylites : Cause et traitement Essayons de raisonner en scientifique. L'épicondylite est une inflammation des tendons des muscles nommés épicondyliens (anconé, deuxième radial, extenseur commun des doigts, extenseur propre du cinquième doigt, court supinateur et cubital postérieur( ancienne nomenclature, française)) soit : ( anconé, court extenseur radial du carpe, extenseur des doigts, extenseur du cinquième doigt, supinateur et extenseur ulnarien du carpe) (nomenclature internationale actuelle). Ces muscles sont extenseurs du poignet et des doigts et placent l'avant-bras en supination. C'est la position des mains de l'homme qui accueille un ami. L'inflammation est une réponse à un état de dégradation des tissus. C'est un fait scientifique. Cela peut faire suite à un traumatisme (choc), une surcharge d'efforts ayant lésé les tendons mais souvent, il n'y a pas eu ces deux facteurs (dans l'interrogatoire des patients). Or ces tendons épicondyliens ont une particularité reconnue par tous : Comme le sus épineux dans l'épaule, comme le tendon d'Achille, ils ont une vascularisation plus faible que les autres tissus. Cela est du au regroupement de fibres tendineuses, très serrées, et sollicitées, près de l'insertion osseuse sur l'humérus, le réseau vasculaire étant « à l'étroit » dans ce maillage fibreux. La dégradation des tissus, à l'origine de l'inflammation, qui dure, ne peut donc être logiquement due qu'à une baisse d'irrigation de ce tendon, entraînant une anoxie (asphyxie) des cellules constituant les fibres, puis une inflammation de réparation. La difficulté à réparer entraîne parfois déchirures et ruptures. Il est une erreur de considérer l'inflammation comme responsable des dégradations du tendon, c'est anti-physiologique, les deux facteurs sont concomitants. Donc, maintenant que nous savons d'où vient la douleur, due à l'inflammation due à l'anoxie des tissus, d'où vient la baisse de débit sanguin ? Localisée qui plus est. Le seul facteur capable de faire baisser l'apport sanguin dans une région précise est le contingent des fibres sympathiques accompagnant les nerfs médian, radial (peu de fibres pour le nerf ulnaire (cubital)).Le système nerveux sympathique est un déclencheur de variations vaso-motrices. En effet, citant Guy Lazorthes (Le système nerveux périphérique chez Masson) « Le système nerveux sympathique intervient directement dans le transport de l'influx douloureux d'origine viscérale ou vasculaire….Les nerfs sensitifs et les récepteurs sensitifs sont en effet très sensibles aux moindres variations circulatoires. » Et « Les formations énervées (privées de l'influence normale nerveuse) ont leur sensibilité augmentée aux médiateurs sympathicomimétiques et réagissent à de plus petites concentrations d'adrénaline, d'acétylcholine(ACTH), de sympathine que normalement. Si l'on rajoute le fait que l'adrénaline est un puissant vasoconstricteur des artérioles dans les territoires périphériques (peau, muscles), l'on comprend qu'une région privée de ses influx sympathiques, plus sensible à l'Adrénaline, passe en vaso-constriction (baisse de l'apport sanguin, anoxie, inflammation…) Ceci explique au passage l'efficacité connue de la cortisone, qui vient contrer les effets locaux de l'adrénaline. Maintenant, qu'est-ce qui peut entraver l'influx nerveux sympathique de ce territoire du bras ? Si l'on se réfère à la cartographie neurologique du bras, la zone de l'épicondyle est innervée par le nerf radial (rameau cutané externe) et la racine C5 (Cinquième racine cervicale) sortant entre la 4° vertèbre et la 5° vertèbre cervicale. Poursuivant notre chaîne logique, nous pouvons déduire de l'anatomie et la physiologie que l'entrave à l'influx sympathique ne peut se réaliser que par simple compression des fibres de la racine C5 entre les deux vertèbres par pincement discal. D'ailleurs, les auteurs rhumatologues soulignent le fait qu'une névralgie cervico-brachiale est fréquente avec les épicondylites, mais prennent cela comme un facteur collatéral… D'un point de vue toujours anatomique, on peut maintenant comprendre que si l'on soigne l'étage intervertébral C4-C5, et son disque, garant de l'intégrité de l'intervalle de passage de la racine nerveuse C5 au trou de conjugaison, on a toutes les chances de restaurer le passage de tous les influx nerveux dans cette racine et de voir guérir une tendinite auto- entretenue par le corps pour ces raisons mécaniques. L'on débouche ensuite sur le traitement de la cause du problème, présente dans tous les cas, le tassement discal C4-C5, et son traitement et ceci est l'affaire de votre ostéopathe qui prendra soin, si possible en douceur, de votre problème discal. Il s'avère en pratique que ces « tendinites » « épicondylites » sont pratiquement toujours des névralgies C4-C5 avec seulement une composante neurovégétative à l'origine de l'inflammation. Si mon raisonnement vous paraît surprenant, dites-vous simplement qu'il permet depuis plus de dix ans de soigner avec succès (disparition totale des douleurs et fonction retrouvée) 94% les épicondylites en huit à dix jours, même celles qui duraient depuis plusieurs mois. Je vous remercie tous pour votre attention. 1ère publication sur le Site de l'Ostéopathie le 23 octobre 2010
  • La paralysie faciale idiopathique

    7 February, by Pierre Renaudeau — K cliniques SDO, , ,
    Dans la paralysie faciale a frigore, le patient(e) se réveille un matin avec un visage qui ne répond plus aux commandes d'un côté. La veille peut avoir été marquée par une douleur derrière l'oreille, inexpliquée. La paupière supérieure est abaissée sur l'œil, la paupière inférieure encore plus basse laisse écouler les larmes en dehors de l'œil sur la joue. La bouche ne se relève plus du côté paralysé et peut même laisser échapper la salive vers le bas. Enfin, le sens du goût est perturbé sur le bout de la langue. Dans le miroir, les tentatives pour sourire accentuent le désaccord apparent, le front côté actif se plisse mais pas du côté paralysé dont les rides sont disparues, et il est difficile de siffler ou souffler avec la bouche. Manger est compliqué car la joue, flasque, ne remplit plus correctement son rôle de maintien de la nourriture contre l'arcade dentaire. Source de l'image : Page Facebook de Médecine interne D'autre signes peuvent être présents, et il appartient désormais au MEDECIN GENERALISTE de prendre en charge le cas pour un diagnostic précis. Le patient doit aller consulter rapidement son médecin généraliste, car certaines paralysies faciales peuvent cacher une pathologie qu'il faut dépister sans tarder. Il appartient à celui-ci de faire passer les examens qui s'imposent et qui pourront varier selon le type de paralysie faciale. Une fois le diagnostic posé, s'il s'agit bien d'une paralysie faciale « a frigore » ou dite de Charles Bell (1), qui est réputée sans cause connue, l'ostéopathe peut alors intervenir, rapidement si possible. En effet, le nœud de cette tragédie faciale se joue probablement dans la région de l'os temporal où le nerf est comprimé, et donc paralysé par pression. Plus le temps passe, plus la récupération sera aléatoire ou incomplète. Plus tôt l'on pourra lever les conditions mécaniques qui ont serré le nerf, plus les chances de récupération seront élevées. Que se passe-t-il sur place ? D'après les chirurgiens qui ont eu l'occasion d'opérer des cas de paralysie faciale, le nerf est gonflé, œdématié, donc compressé dans le canal facial du temporal, et ainsi toutes les fonctions de la mimique sont inactivées par absence de commande neurologique. Des tentatives chirurgicales pour percer un trou dans l'os, décompresser le nerf, se sont toujours soldées par des échecs et ne sont plus entreprises. Les ORL évoquent quant à eux, un spasme artériolaire. Afin de comprendre le mécanisme de la paralysie faciale, un mini voyage en anatomie s'impose. Le nerf facial, après être sorti du tronc cérébral (entre moelle et cerveau), chemine sous la tente du cervelet (une toile fibreuse méningée séparant cerveau et cervelet, tendue entre les deux os temporaux, l'occiput et le sphénoïde) puis pénètre dans le méat acoustique interne (ancien conduit auditif interne), à la pointe interne du rocher du temporal. Il est ici accompagné de l'artère labyrinthique (ancien nom : artère auditive interne) et de ses veines satellites. Il est à noter que l'artère et les veines sont situées hautes, avec le VII (nerf facial), qui repose sur le VIII (nerf auditif), plus gros et plus large, le tout surplombé par la tente du cervelet. Il va, à l'intérieur de la pyramide du temporal pénétrer ensuite avec ses vaisseaux dans l'étroit canal facial (ancien aqueduc de Faloppe) où il sera vascularisé par une deuxième artère, la méningée moyenne. Puis il va se couder deux fois pour ressortir à la face inférieure du rocher temporal, vascularisé là par une troisième artère, la stylo-mastoïdienne, près de la glande parotide, à l'intérieur de la branche montante de la mandibule. A son origine, il peut être compressé (très légèrement) par une tension mécanique excessive de la tente du cervelet, une membrane méningée qui peut être elle-même tendue par une rotation externe excessive des os temporaux et de l'occiput (notion d'ostéopathie crânienne), associée à d'autres facteurs de tension mécanique issus du rachis. Ce type d'anomalie mécanique est précisément à la portée de l'Ostéopathe, à la recherche des blocages fins entraînant de lourdes conséquences. Cette tension mécanique n'est pas susceptible de comprimer le nerf facial en ce point, mais elle peut s'avérer suffisante pour compresser les veines satellites de l'artère labyrinthique (les veines ont des pressions faibles). Dès lors, le flux veineux ralenti voit se dilater progressivement ces veines, qui viennent petit à petit compresser l'artère labyrinthique puis le nerf facial dans son canal osseux inextensible. C'est la phase d'installation, le moment de cette douleur pulsatile derrière l'oreille décrite par tant de patients, vraisemblablement liée à l'installation de ce spasme artériolaire (de la petite artère) décrit par les ORL où l'artère tente de lutter par une constriction (resserrement). Ensuite, en une nuit, la pression augmentant (car le flux artériel ne s'interrompt pas), le nerf est complètement pressé et donc inactivé par asphyxie. La suppléance possible par l'artère stylo-mastoïdienne est probablement gênée par l'installation d'une tension mécanique qui va se retrouver dans les tests ostéopathiques de la mandibule et du temporal, avec comme corollaire une tension sur l'axe de cette artère, gênant probablement de la même façon les veines satellites, stase, pression…. L'inflammation s'installe, ce qui n'arrange rien, et le patient se réveille avec sa paralysie faciale. Il est à souligner qu'il n'y a aucune douleur, le nerf sensitif de la face étant le trijumeau. La pathologie s'installe et durera tant que la pression d'origine subsistera. 80 % des cas récupèrent spontanément en trois semaines, mais restent 20%. Pour ces cas l'ostéopathe, toujours après le diagnostic médical, va examiner le corps entier afin d'éliminer tout blocage concernant le crâne et le sacrum. C'est un travail de base que tout ostéopathe connait. Puis, dans le cas spécifique de la paralysie faciale, il accordera une attention particulière aux os temporaux et à l'occiput, qui sont les leviers de la tente du cervelet, puis à la mandibule et aux articulations temporo-mandibulaires, dont les décalages sont susceptibles d'étirer la région sous-mastoïdienne. Arriver à relâcher le verrouillage tridimensionnel entre ces trois pièces osseuses permettra de faire lâcher enfin la pression déclenchée initialement sur les veines labyrinthiques et stylo-mastoïdiennes. Une bonne mobilité entre les os temporaux et occiput et un calage correct de la mandibule seront les conditions physiologiques optimales pour voir involuer la pathologie. Un paramètre de bascule latérale(en ouïe de poisson) du temporal (qui majore la tension longitudinale sur les vaisseaux stylo-mastoïdiens) est fréquemment associé du côté de la paralysie faciale. L'ostéopathe est le seul praticien de santé qui s'intéresse à la boîte crânienne et ses dysfonctionnements mécaniques. Son intervention n'est pas, bien sûr, une promesse de vous guérir à 100%, mais elle créé les conditions de la possibilité d'une amélioration spontanée. Rapidement par levée des contraintes mécaniques à l'origine probable de la pathologie, et ceci en agissant sur les facteurs logiques de l'anatomie et de la physiologie. Et son action est sans risque aucun, en l'absence de manœuvres en force. Note 1. Charles BELL (1774-1842) Chirurgien, anatomiste et physiologiste écossais. Voir sa biographie Bibliographie Le système nerveux périphérique. Guy Lazorthes. Masson. 3° édition 1981 Anatomie clinique. Pierre Kamina. Tome 2 et 5. Maloine. 2e édition 2009 Anatomie. Tome 3 W Kahle, H Léonardt, W Platzer. Flammarion. 2° édition 1990. Encyclopédie de Médecine. Editions Atlas 1982. Abrégé de Neurologie.Cambier, Masson, Dehen Masson 4e édition 1982 Polycopié Atman 3° année 1991. Thérapie crânio-sacrée. J Upledger. Tome 1 et 2. Frison-Roche 1989 Résumé du mémoire de Baudu Serge, déposé à l'Académie d'Ostéopathie de France. Cours Atman 1990 Le puzzle crânien. Alain Lignon. Editions De Verlaque. 1989. Schématisation neuro-végétative en Ostéopathie. Alain Lignon. De Verlaque 1989. Manuel pratique d'ORL. F Legent. P Fleury. P Narcy. C Beauvillain. Masson 1990.
  • La paralysie faciale

    7 February, by Pierre Renaudeau — K cliniques SDO, ,
    Sommaire I. Pathologie II. Traitement ostéopathique I. Pathologie A. CLINIQUE (paralysie) La pathologie qui nous intéresse ici est bien sûr la paralysie faciale ou paralysie à « frigore » ou maladie de Bell. Elle a été ainsi nommée car l'on a longtemps pensé qu'elle démarrait après un coup de froid, hypothèse invalidée aujourd'hui. Les paralysies d'origine centrale ne sont pas pour l'Ostéopathe. Les ORL évoquent l'importance d'un spasme artériolaire, ce qui n'est pas sans nous intéresser au plus haut point (réaction de lutte contre la stase par vasoconstriction afin d'augmenter la pression, réalisé par le système sympathique…). La règle est d'adresser très tôt, dès les premiers jours, toute Paralysie faciale à l'ORL (Legent, Fleury, Narcy, Beauvillain, Manuel pratique d'ORL Masson) Le visage est caractéristique par paralysie flasque des muscles d'un côté qui font que la commissure labiale est abaissée et l'occlusion de l'œil impossible. Il convient de ne pas se laisser abuser par le côté actif du visage, qui est le côté sain, mais le plus expressif, et attire donc l'attention. Si la tympanométrie montre un réflexe stapédien modifié, le nerf du muscle de l'étrier est concerné. Penser aux lésions intra-osseuses. Si les sécrétions lacrymales sont concernées (sècheresse) l'atteinte est au-dessus du ganglion géniculé. 1. Signes à l'installation La paralysie s'étend en quelques heures et touche les muscles du visage d'un seul côté. La bouche descend, la paupière inférieure descend également, laissant le canal lacrymal écouler des larmes en dehors de l'œil, la joue devient flasque. Il est supposé une inflammation autour du trou stylo-mastoïdien, concernant ainsi toutes les fibres motrices du facial ou VII. Le début est brutal, souvent précédé d'une douleur derrière l'oreille (mastoïdienne), à laquelle certains patients rajoutent une notion de battement artériel perçu par eux (note de l'auteur). Le Goût peut être aboli, avec parfois une hypoacousie. Parfois il existe une réaction cytologique dans le LCR. 2. Signes à la phase d'état C'est celle où l'on peut observer le patient qui vient consulter. Le coin de la bouche est affaissé, les rides sont effacées du côté atteint, le front est lisse et la fente palpébrale élargie. L'orifice lacrymal saille en dehors de la conjonctive, le sujet pleure et se présente avec son mouchoir. Il est d'autant plus gêné qu'il bave également car la joue ne retient plus la salive. Les aliments s'insinuent aussi entre joue et dents et gênent la nutrition. Enfin, aux tentatives d'occlusion de la paupière, le globe oculaire part vers le haut (contraction physiologique synergique), C'est le signe de Charles Bell. Et les cils sont beaucoup plus apparents (déficience de l'orbiculaire des paupières) C'est le signe des cils de Souques. Le patient ne peut ni sourire, ni souffler, ni siffler, est gêné pout parler, et le platysma ou peaucier du cou ne s'active pas à l'ouverture contrariée de la bouche ou à la prononciation du ii-xxxx (signe du peaucier de Babinski). Peuvent s'ajouter une hyperacousie (pénible, par inertie du muscle stapédien ou muscle de l'étrier), une agueusie, un tarissement lacrymal et salivaire. L'association des différents signes va permettre de situer la hauteur de la paralysie (Diagnostic du Neurologue). Par exemple, la présence de l'agueusie signe la paralysie au dessus du point de séparation de la corde du tympan et du VII. Par contre une agueusie isolée unilatérale signe une atteinte de la corde du tympan… La conservation de l'activité du muscle frontal signifie une paralysie centrale, son innervation étant bilatérale depuis le cortex. Lors d'interventions sur des patients, l'on s'est aperçu que le nerf était gonflé, oedématié, étranglé dans le canal (aqueduc) de Fallope (canal du nerf facial). B. ÉVOLUTION La récupération est spontanée en quelques semaines dans 80% des cas. Si une réaction de dégénérescence apparait dans les dix jours sur une récupération incomplète, l'évolution sera longue avant la récupération qui pourra être incomplète, menaçant la cornée, et avec des spasmes résiduels post-paralytiques, ou des contractions anarchiques (erreurs de recolonisation des fibres). C. TRAITEMENT La protection des yeux pendant le sommeil, le massage des muscles paralysés (entretien trophique) ainsi qu'un pansement pour soutenir la face en chute sont indiquées. Des causes rares peuvent être à l'origine de la pathologie (tumeurs temporales, neurinomes acoustiques, polynévrite aigüe idiopathique (bilatérale dans ce cas-là)). D. AUTRES ÉTIOLOGIES Médicalement parlant, toute paralysie faciale nécessite un diagnostic du Généraliste ou de l'ORL. L'Ostéopathe n'a pas à prendre en première intention un patient avec une paralysie faciale non diagnostiquée. 1. Le zona géniculé peut déclencher une paralysie faciale. Le sujet présente alors une éruption qui peut toucher la pointe de la langue ou le méat (conduit) auditif externe et la conque. Il peut présenter également acouphènes et vertiges. 2. Dans un contexte de troubles neurologiques, l'évidence du risque et du diagnostic s'impose. 3. Si l'apparition est progressive, cela traduit toujours un processus tumoral. 4. La paralysie faciale peut être la complication d'une otite chronique, avec un risque de mastoïdite. La régression s'observe avec le traitement antibiotique. 5. En suite d'un traumatisme crânien, la surveillance et les soins sont hospitaliers. Fracture du rocher. 6. La tuberculose de l'oreille. 7. Le diabète, après cinquante ans, peut être en cause, donc recherché. 8. Il existe une forme de paralysie faciale du nouveau-né dont les ORL évoquent la possibilité d'une origine traumatique. Il est très évident que nous, Ostéopathes, devons nous pencher sur ces cas avec précision (Occiput, SSB, Temporal, y compris intra-osseux…). II. Traitement ostéopathique Le traitement ostéopathique de cette maladie fait appel bien sûr à l'Ostéopathie crânienne, et chaque praticien connait déjà les grands axes de cette démarche. Rappelons simplement qu'afin d'obtenir une bonne mobilité des os crâniens, le traitement libérera le bassin, le sacrum, puis l'occiput et les temporaux avant de s'intéresser à la symphyse sphéno-basilaire, ou à tout os en lésion dans la sphère crânienne. Il n'y a pas en l'espèce de leçon à donner. Par contre, ayant essuyé un échec après avoir soigné de façon classique un tel cas, j'ai décidé de me pencher sur l'anatomie et la physiologie de ce nerf afin de dégager ce qui est spécifique et qui pourrait tout à la fois expliquer et traiter ce type de paralysie. Cet article est le fruit de cette démarche. Donc, si nous considérons les éléments connus et répertoriés par nos amis Médecins sur ce problème (paralysie faciale idiopathique), on s'aperçoit qu'il y a : 1. Œdème (les chirurgiens parlent d'un nerf gonflé, oedématié dans le canal facial). Cause 2. Perte de fonction. Conséquence 3. Récupération plus ou moins sûre, plus ou moins complète. Réaction du corps 4. La paralysie s'étend en quelques heures. Phase d'asphyxie 5. Elle est précédée de douleurs derrière l'oreille, ou de battements. Lieu, réaction artérielle HYPOTHESE Si l'on fait le recoupement avec l'anatomie, largement reprise ci-après, l'on repensera au passage du VII sous la tente du cervelet, à l'entrée du canal facial, zone susceptible de voir une pression de la tente défavoriser le flux veineux de la portion artère auditive interne. Dans ce cas de figure, la gêne occasionnée sur ces veines peut se traduire par un gonflement de celles-ci en amont dans le canal, gonflement limitant immédiatement la place pour l'artère (particularité du canal facial), qui va réagir par une tentative de vasoconstriction (afin d'augmenter le flux), épisode parfois perçu par le patient sous forme de battements artériels. Bien évidemment, si rien ne vient lâcher la pression de la tente du cervelet sur les veines, le phénomène aboutit à un véritable serrage dans le canal facial, qui va engendrer une asphyxie du nerf, douleur. Celui-ci perd alors progressivement ses fonctions sur quelques heures, puis est totalement paralysé. Les signes cliniques connus apparaissent alors. Comme l'œdème observé par le corps médical (chirurgie) est visible à la partie inférieure du canal facial, il est probable qu'une deuxième condition entrave la suppléance de vascularisation par l'artère stylo-mastoïdienne. La première réponse dont j'ai disposé reposa sur un cas clinique où l'Ostéopathie a permis à la patiente de récupérer presque totalement en 24 heures après la séance (sauf le goût de la pointe de la langue), après huit jours de paralysie faciale diagnostiquée. J'avais trouvé chez cette patiente, un serrage important des membranes de tension réciproque (Membranes de tension réciproque : penser aux temporaux, à l'occiput, à la SSB, et aux WHIPLASH)comme il est mentionné dans un mémoire déposé à l'Académie d'Ostéopathie comme facteur prépondérant (une étude sur quatre cas de paralysie faciale) et également un facteur que je n'avais jamais répertorié avant, un temporal du côté de la paralysie faciale, en bascule latérale très marquée, (avec une ATM en dysfonction occlusale) un paramètre que l'on peut aisément imaginer tirer la pointe de la pyramide pétreuse vers le haut, avec à la clé une tension anormale sur l'axe de l'artère stylo-mastoïdienne, issue de l'occipitale, tension susceptible de réduire la lumière de ces vaisseaux(artère et veines). Ne pas oublier les lésions intra-osseuses de temporal, chez l'enfant. Normaliser la sphéno-pétreuse (main temporale et main sphénoïdale avec un doigt intra-buccal). Les deux premières côtes, les cervicales peuvent avoir une action à grand levier, mais également constituer une entrave au drainage veineux (Atman). De ces quelques éléments, l'on ne peut évidemment rien déduire de scientifique, et il est à souhaiter que dans l'avenir des études plus poussées permettront d'étayer ce raisonnement basé sur l'anatomie et la physiologie. Il ne s'agit donc ici que de partage, partage embryonnaire de quelques remarques, de rassemblement de données bibliographiques d'anatomie et de pathologie, et de quelque soupçon d'expérience personnelle afin de dégager une esquisse de plan de traitement pour ces paralysies faciales qui restent des drames pour les patients et des énigmes pour le corps médical. 1ère publication sur le Site de l'Ostéopathie le 2 juillet 2011
  • Nerf facial : VII et VII bis

    7 February, by Pierre Renaudeau — K cliniques SDO, ,
    Sommaire I. - ANATOMIE II. - PARTICULARITÉS III. - PATHOLOGIE IV. - TRAITEMENT OSTÉOPATHIQUE Bibliographie I. - ANATOMIE A. – Description sommaire Le nerf facial est un nerf quadruple dans ses origines, ses fonctions et ses fibres : 1 moteur pour les muscles peauciers de la face et du cou (mimique), 2 complété par un contingent de fibres Gustatives (sensitives) et viscéro-efférentes (constituant le VII bis ou Intermédiaire de Wrisberg. Intermédiaire.) et 3 un contingent de fibres parasympathiques afférentes, salivaires supérieures avec le ganglion géniculé intercalé sur son trajet intra-pétreux, en rapport étroit avec la cavité de l'oreille. 4 des fibres sensitives cutanées pour l'oreille. Fig. 1 : Coupe para-sagittale de sortie du nerf crânien VII. D'après J Poirier : Propédeutique neurologique Masson 1976 Mimique, sécrétion salivaire et lacrymale ainsi que nasale sont sous sa dépendance sans oublier le sens du goût discriminatoire de la langue antérieure et la sensibilité du méat acoustique externe (CAE). Il commande également le muscle stylo-hyoïdien (apophyse styloïde du temporal à os hyoïde), le ventre postérieur du digastrique (de l'incisure mastoïdienne à la poulie de l'os hyoïde) et le muscle de l'étrier (stapès), tendu de l'apophyse pyramidale au col du stapès (antagoniste du tenseur du tympan), muscles issus du deuxième arc branchial. B. – Histoire embryologique Le nerf Facial est le nerf du deuxième arc branchial ou arc hyoïdien (Guy Lazorthes). Il n'innerve, au cours de l'évolution, que secondairement, les muscles de la face. Ce n'est qu'à partir du stade des vertébrés supérieurs (dont l'homme bien sûr) que ses fibres sont détournées vers les muscles peauciers du visage, faisant ainsi de lui le nerf de la mimique (non apparu dans la vie marine) (VII moteur). Le VII sensitif se développe de façon centripète à partir du ganglion acoustico-facial. Celui-ci dérive de la crête ganglionnaire crânienne et de la placode. Traversant d'abord l'ébauche cartilagineuse du rocher (premier segment intra pétreux), il est entraîné en arrière par l'oreille moyenne au quatrième mois (sculptant le deuxième segment intra pétreux) puis le nerf et la corde du tympan se voient englués par l'accolement du tympanal contre la face exocrânienne antérieure du rocher. Au septième mois, la croissance en largeur de la fosse cérébelleuse écarte vers l'extérieur la paroi crânienne, l'oreille moyenne et le nerf, dessinant ainsi le troisième segment intrapétreux. Le nerf n'est complètement entouré d'os qu'à deux ans (ossification du rocher). C. - Origine Source de l'image : A. Jamain, Nouveau traité élémentaire d'anatomie descriptive. Balliere, 1853, p. 795. 1. – Noyau moteur A l'origine de la motricité de notre visage, et base de ses si nombreuses possibilités d'expression, le cortex cérébral moteur commande à partir des deux hémisphères (opercule rolandique au pied de la circonvolution frontale ascendante ou gyrus pré central, (l'homonculus inversé)) le noyau moteur (partie supérieure) de manière homolatérale, alors que le noyau inférieur est commandé de façon controlatérale par le cortex moteur ( William, Léonhardt, Kahle et Platzer). Sans doute faut-il y voir un premier étage de la décussation. Ce phénomène longtemps inexpliqué de la commande d'un côté du corps par le cortex controlatéral, ce qui complique grandement la structure du système nerveux, nous vient probablement en fait du poisson. Dans le cadre de vie de cet ancêtre lointain, la vision d'un ennemi nécessite la contraction immédiate des muscles du corps controlatéraux pour positionner la fuite. L'évolution a sans doute favorisé ce phénomène qui enlève quelques centièmes de seconde au temps de réaction de l'animal et favorise donc statistiquement sa survie. Dans le cas du nerf facial, les muscles concernés sont sous-temporaux et rétro-mandibulaires mais participent au tonus d'inflexion latérale du tronc (digastrique, stylo-hyoïdien). La liaison est assurée par le contingent bulbo-protubérantiel du faisceau géniculé(ou tractus cortico-nucléaire) (concerne aussi le IX, le X et le XII). Le système strié est également relié au noyau du Facial (mimique réflexe). Dans une paralysie faciale d'origine centrale, le muscle frontal reste actif puisque son innervation est bilatérale. (critère de diagnostic) Faut-il y voir une capacité plus large d'expression pour le visage supérieur (plus d'émotions et de raisonnement) ? Ses neuro-fibres afférentes, motrices, proviennent du tractus cortico-nucléaire, des voies motrices indirectes (Tractus vestibulo-spinal (équilibre par facilitation des muscles extenseurs),Fibres réticulo-spinales (facilitation ou inhibition des noyaux de la corne antérieure),tractus olivo-spinal, tractus tecto-spinal (impliqué dans le réflexe oculo-céphalogyre, décussent) et le tractus rubro-spinal (facilitation des fléchisseurs), du noyau solitaire et du tractus spinal du trijumeau(Kamina). - Le noyau moteur du nerf Facial (constitué de grands neurones multipolaires) se situe donc dans le Tegmentum, à la partie inférieure de la protubérance annulaire (ou pont de Varole), au dessus du noyau ambigu (noyau moteur du nerf vague(X) et du Glosso-pharyngien(IX), initiateurs de la motricité du pharynx et du larynx), en dedans de la jonction des noyaux spinal et pontique du nerf Trijumeau (sensitif extéroceptif de la face, de la bouche et du sinus maxillaire) et au-dessous du noyau masticateur (noyau moteur du V ou trijumeau). Il est également à proximité du plancher du IV° ventricule que ses fibres, dont certaines décussent, croisent par l'avant. Rapport avec les tensions de la tente du cervelet qui peuvent modifier la pression intra-ventriculaire Figure 2 : D'après l'auteur. Une somatotopie a permis de distinguer cinq zones desservant (Van Gehuchten, Guy Lazorthes) : - muscle de l'étrier (modération de l'audition) - muscles auriculaires - Face supérieure - bouche-lèvre supérieure - bouche-lèvre inférieure 2. – Noyau salivaire supérieur En dessous et en dedans du noyau moteur, se situe le noyau salivaire supérieur, para sympathique viscéro-moteur( étendu du noyau masticateur du V au noyau moteur du VII), qui contrôle la sécrétion lacrymale, nasale et salivaire (sauf la parotide).Ses fibres, préganglionnaires, empruntent le VII bis ou Nerf Intermédiaire en deux voies : - La supérieure est constituée par le nerf Grand Pétreux et le nerf du canal ptérygoïdien (vers ganglion sphénopalatin ou ptérygo-palatin, puis nerf zygomatique, nasal ou grand palatin). - La voie inférieure est constituée par la corde du tympan et le nerf lingual, relais dans les ganglions sub mandibulaires et sublinguaux, et glandes salivaires. Le noyau salivaire supérieur reçoit enfin des fibres afférentes de l'hypothalamus et du noyau solitaire (rôle de la sensibilité viscérale sur la salivation). 3. – Noyau solitaire Par sa partie supérieure, située sous le trigone du X de la fosse rhomboïde, il contrôle (reçoit via le ganglion géniculé et ses neurones pseudo-unipolaires dont les fibres afférentes empruntent le nerf lingual et la corde du tympan, puis nerf Intermédiaire) la sensibilité gustative des deux tiers antérieurs de la langue, la sensibilité du tiers postérieur étant véhiculée par le IX. Il y a ensuite des fibres efférentes vers le thalamus contro-latéral puis l'aire gustative (gyrus post-central, insula). Boucle sensibilité-sécrétion salivaire. 4. – Noyau spinal du Trijumeau Il traite la sensibilité (reçoit) d'un petit territoire du méat acoustique externe et de l'auricule via le VII et la branche auriculaire du X. 5. – Noyau lacrymo-nasal (de Yagita) En arrière du noyau moteur du VII, est lié à la colonne végétative salivaire et au noyau vago-spinal. Partant avec les fibres motrices, ses fibres empruntent le nerf grand pétreux superficiel vers le nerf vidien puis le ganglion ptérygo-palatin (relais) puis montent vers le rameau lacrymal du nerf maxillaire (supérieur). Il assure le pleurer réflexe (lien avec trijumeau et centre optiques) et le pleurer psychique (lien avec le cortex frontal) (Lazorthes). D. – Parcours pontique 1. – Noyau moteur Les fibres issues du noyau moteur (efférentes) se portent en arc de cercle vers l'arrière en constituant le genou interne du nerf Facial, contournant le noyau du nerf Abducens (Nouv-Nomenc) ou VI (Moteur oculaire externe, Ancienne -Nomencl), cheminant par là sous le plancher du IV° ventricule et y dessinant le colliculus facial. Il y a ainsi présence « d'un genou dans le tronc cérébral », le genou interne. Elles se portent ensuite vers l'avant pour sortir du Tronc. Cette inflexion est liée à l'évolution et au développement des pédoncules cérébelleux chez les vertébrés supérieurs (Guy Lazorthes) (développement important de l'équilibre debout). 2. Noyau solitaire Les fibres gustatives issues de la langue (2/3 antérieurs) joignant le nerf lingual puis la corde du tympan pénètrent le tronc cérébral avec le nerf VII (Intermédiaire) et gagnent le noyau solitaire, plutôt un tractus s'étirant en dehors du noyau du trijumeau. Projection vers le thalamus controlatéral (sensation inconsciente, animale, protection) puis aire gustative (sensation et analyse consciente du goût). 3. – Noyau salivaire supérieur Ses fibres afférentes proviennent essentiellement du faisceau longitudinal dorsal, soit de l'Hypothalamus et du noyau solitaire (salivation réflexe hypothalamique (déclenchement après la vue des aliments ou leur odeur) et sensitive linguale, (préparation à la digestion)). Pour les glandes sous-maxillaire et sublinguale. Pas la Parotide (noyau salivaire inférieur). Ses fibres efférentes, pré ganglionnaires, se portent directement en avant pour sortir du Tronc Cérébral conjointement avec le VII. Elles constituent l'Intermédiaire. Elles se développeront plus loin en deux voies centripètes (sup et inf). - La voie supérieure est constituée par les nerfs Grand Pétreux puis nerf du canal ptérygoïdien (vidien). Ils font synapse dans le ganglion ptérygo-palatin, puis parcourent : - le nerf zygomatique pour la glande lacrymale. - les rameaux nasaux pour la muqueuse nasale. - Le nerf Grand Palatin pour le palais. - La voie inférieure, corde du tympan et nerf lingual, fait relais dans les ganglions sub- linguaux et sub-mandibulaire pour innerver les glande salivaires sub-linguales et sub-mandibulaires. 4. – Noyau spinal du V. Il reçoit des fibres sensitives afférentes (méat acoustique externe et face médiale auricule) empruntant la branche auriculaire du X puis le VII. E. – Fosse crânienne postérieure Le nerf facial y chemine, entouré d'une gaine pie-mérienne propre, dans la citerne ponto-cérébelleuse (angle ponto-cérébelleux)(espace sous-arachnoïdien élargi), en-dedans et solidaire du VIII (cochléo-vestibulaire) et sans division ni regroupement, avec le VII bis ou Nerf intermédiaire, entre les deux. Il est à ce niveau oblique en haut, en avant et en dehors et fait 2,5cm, puis entre dans le rocher, avec l'artère auditive interne (branche de la cérébelleuse moyenne) par le conduit auditif interne (pore du méat acoustique interne). A son origine il est surcroisé par l'artère cérébelleuse supérieure, puis il sur croise le sinus pétreux inférieur. Au-dessous du nerf facial est le plan osseux, recouvert par la dure-mère, les masses latérales de l'occiput, la suture pétro-occipitale, la face endocrânienne postérieure du rocher, avec l'artère cérébelleuse moyenne (issue du tronc basilaire) entre os et nerf et les IX, X et XI qui se dirigent vers le trou déchiré postérieur (foramen jugulaire). En arrière pédoncule cérébelleux moyen et cervelet, en dedans et en haut, le VI et le V s'écartant progressivement du VII. Enfin au-dessus, l'artère cérébelleuse supérieure et la tente du cervelet qui recouvre le tout (Guy Lazorthes). F – Pore acoustique interne Le pore acoustique interne du conduit (méat) auditif (acoustique) interne(AN et NN) se situe à l'union du tiers moyen et du tiers antérieur de la face endocrânienne postérieure du rocher, et y est large de 5 mm, long de 1cm. Vu de l'arrière et de l'intérieur, le Nerf Facial se situe en haut et en avant, surplombant la masse du VIII (Cochléo-vestibulaire) qui forme une gouttière à concavité supérieure, l'Intermédiaire le flanquant sur l'arrière, entre les deux. Les vaisseaux les accompagnent, dont l'artère labyrinthique ou Auditive interne (elle-même branche de la Cérébelleuse moyenne qui présente parfois une boucle proche du pore acoustique interne), qui est également sa première artère nourricière/3 pour toute sa partie intra-pétreuse jusqu'au genou, avec ses veines tributaires du sinus pétreux inférieur. Les méninges accompagnent les nerfs jusqu'au fond du Pore. Le fond se présente comme une lamelle osseuse départagée horizontalement en deux : - En haut entrée du canal facial (aqueduc de Fallope A-N) où passent le VII et le VII bis en avant, et en arrière la fossette vestibulaire supérieure perforée par les nerfs utriculaires et ampullaires externes et supérieurs. - L'étage du bas présente la lame criblée spiroïde du limaçon (cochlée) percée par les branches du nerf cochléaire, en avant. En arrière la fossette vestibulaire inférieure avec le nerf sacculaire. Le nerf ampullaire postérieur sort en arrière au foramen singulare de Morgagni. G. - Rocher Le trajet intra-pétreux constitue le canal facial (Canal ou aqueduc de Fallope A-N), en zigzag (genou externe + coude). Trois parties sont identifiées, labyrinthique, tympanique et mastoïdienne(Kamina) : 1. – La partie labyrinthique, horizontale, de 4 mm, entre cochlée (limaçon) en avant et vestibule en arrière, présente le ganglion géniculé et le genou du nerf facial (60 à 70°, Kamina). Au-dessous la partie supérieure de l'utricule du vestibule. Au-dessus du nerf la paroi de la face endocrânienne antérieure du rocher. Cette portion est vascularisée par l'artère auditive interne (1/3), branche de la cérébelleuse moyenne (tronc basilaire). - Le genou externe, coude en arrière de 60° environ, présente le ganglion géniculé, triangle dont la base coiffe le genou du VII. Le sommet antérieur laisse partir le nerf grand Pétreux superficiel (issu du VII), l'angle interne reçoit le nerf Intermédiaire, l'angle externe se fusionne avec le VII. Le nerf est là en rapport avec : En arrière le vestibule supérieur, en bas la première spire de la cochlée, en haut le plafond du canal (sous dure-mérien) parfois absent, en avant avec l'hiatus de Fallope (nerf grand pétreux superficiel) et l'hiatus de Fallope accessoire pour le nerf petit pétreux superficiel ainsi que l'artériole issue de la méningée moyenne et destinée au VII (2/3). 2. – Dans sa partie tympanique, de 10 mm environ, il suit l'axe pétreux, en arrière et en dehors, puis descend entre ½ circulaire latéral et fenêtre du vestibule qui lui sont internes, et caisse du tympan qui lui est externe. Il est surplombé par la saillie horizontale du canal semi-circulaire externe. Sa paroi, qui divise la caisse en deux étages (attique ou loge des osselets et atrium, inférieur) peut ici laisser une communication (infection) avec la caisse tympanique (otites moyennes compliquées de paralysie faciale). Enfin, au-dessous du nerf facial, l'extrémité du canal du muscle du marteau (malléus) ou muscle tenseur du tympan (innervé par le nerf mandibulaire, V3). La vascularisation provient par le hiatus de Fallope accessoire de l'artère méningée moyenne (2/3) (carotide externe). Une artériole se destine spécifiquement au ganglion géniculé. Cette portion se termine par le coude du facial, angle à peu près droit qui renvoie le nerf vers le bas, et situé à proximité de l'aditus ad antrum (canal entre l'antre mastoïdienne et la caisse du tympan). 3. – La partie mastoïdienne du nerf facial, la plus longue, 18 mm, est verticale et se termine au foramen (trou) stylo-mastoïdien avec l'artère stylo-mastoïdienne qui vascularise cette portion (3/3). Entourée de cellules mastoïdiennes, elle jouxte en dedans la fosse jugulaire, en arrière le sinus transverse, en avant la face postérieure de la caisse du tympan (proximité de la membrane tympanique) et du méat acoustique externe (N-N) (conduit auditif externe). Le nerf abandonne ici vers le haut le nerf corde du tympan qui sort du canal facial par l'orifice dans la paroi postérieure de la caisse du tympan pour rejoindre le nerf lingual de la branche mandibulaire du trijumeau (V-3). Le nerf facial sort du rocher par sa face exocrânienne postérieure au trou stylo-mastoïdien, en arrière de l'apophyse styloïde (insertion du muscle stylo-hyoïdien), en avant de la rainure du digastrique (incisure mastoïdienne) servant d'ancrage au muscle du même nom se terminant après un relais sur l'os hyoïde sur la fossette digastrique mandibulaire. Importance dans la déglutition sans contact dentaire. L'artère occipitale jouxte le muscle en dedans. Signalons qu'à sa sortie du rocher le nerf facial n'a plus que des branches motrices ! La proximité des muscles digastrique et stylo-hyoïdiens peut constituer une gêne pour le nerf facial à partir de lésions mandibulaires mettant en tension ces deux muscles (abaisseurs de la mandibule ou élévateurs de l'hyoïde selon leur point fixe). H. – Région parotidienne 1. – Avant la parotide Descendant vers l'avant et le dehors, il longe en dehors le processus styloïde (apophyse styloïde du temporal avec le muscle stylo-hyoïdien), passe entre muscle digastrique et artère occipitale en dehors et muscle stylo-hyoïdien en dedans puis pénètre la glande Parotide. Il donnera ses deux branches terminales, temporo-faciales et cervico-faciales, souvent réunies en un plexus intra-parotidien. Dans cette portion, le nerf est ici à mi-chemin de l'arcade zygomatique et de l'angle de la mandibule, à 2,5 cm de profondeur, point où il croise l'artère auriculaire postérieure qui donne l'artère stylo-mastoïdienne, remontant une branche dans le canal facial (anciennement canal de Fallope) et une branche descendante vers le plexus parotidien. 2. - Parotide Pénétrant par la partie la plus interne de la glande, entre un lobe externe épais et un lobe interne plus mince, le nerf croise la face externe de la carotide externe et de la veine jugulaire externe, se divisant selon un mode variable en entrecroisement autour de la veine en ses deux branches : la temporo-faciale qui sort et descend au niveau du prolongement massétérin et la cervico-faciale qui descend derrière la branche montante de la mandibule pour ressortir à l'angle de celle-ci Figure 3 : D'après l'auteur I – Branches collatérales 1. – Branches intra-pétreuses Dans le méat acoustique interne, quelques filets se destinent à l'artère auditive interne. Les branches naissant dans le canal facial seront surtout sécrétoires, sensitives et sensorielles. - Le nerf Grand Pétreux superficiel nait près du genou externe du nerf facial de l'angle du genou externe. Il contient des fibres pré ganglionnaires présécrétoires (efférentes) pour les glandes lacrymales, nasales et palatines. Il traverse le ganglion géniculé et chemine vers l'intérieur dans l'axe pétreux, dans le canal du nerf Grand Pétreux, puis sur la face antérieure de la pyramide pétreuse d'où il émerge par le hiatus du canal du nerf Grand Pétreux (ou hiatus de Fallope) et sa gouttière. Passant sous le ganglion trigéminal, il se dirige vers le trou déchiré (antérieur) où il reçoit venant du dessus le grand nerf Pétreux profond issu du IX (et quelques filets issus du plexus péri-carotidien, selon les auteurs) pour devenir ainsi le nerf Ptérygoïdien (ou vidien) traversant le canal du même nom pour se destiner au ganglion ptérygo-palatin (ou sphéno-palatin de Meckel), connu pour être particulièrement important dans les allergies et les troubles naso-pharyngés. Sur son trajet, il donne quelques filets dure-mériens, et anastomoses avec le ganglion trigéminal. Ses rôles sont dévolus aux fosses nasales (sécrétion et vasodilatation) ainsi que quelque sensibilité dure-mérienne. - Le nerf Petit Pétreux superficiel nait du ganglion géniculé et chemine dans son canal sous et en dehors du Grand pour émerger au hiatus accessoire, recevoir le petit nerf pétreux profond (issu du IX)(+ des filets sympathiques péricarotidiens (A Lignon)), sortir par le canal d'Arnold ou le trou de Vésale(inconstants) ou le trou déchiré (antérieur) et se destiner au ganglion otique, sécrétoire et vaso-moteur, accolé au tronc postéro-inférieur du nerf mandibulaire(V 3). - Le nerf Stapédien (ou nerf du muscle de l'étrier) nait dans la partie basse, mastoïdienne, remonte par un canal parallèle au canal facial et se destine au muscle stapédien, ou muscle de l'étrier, arrivant à sa base d'insertion sur la pyramide. Ce muscle amortit les sensations auditives (antagoniste du tenseur du tympan ou (muscle du marteau) qui, lui, facilite la tension du tympan donc sa sensibilité aux sons). - La corde du tympan nait juste au-dessus du foramen stylo-mastoïdien (ou trou) et remonte dans le canal facial puis dans le canal de la corde du tympan, creusé dans la suture pétro-tympanique postérieure (paroi postérieure de la cavité tympanique). La corde traverse la caisse du tympan (d'où son nom) en courant sous la muqueuse en concavité inférieure, accompagné d'une artériole issue de la stylo-mastoïdienne. En rapport étroit avec les osselets, elle va sortir à la fissure pétro-tympanique antérieure, entre trompe osseuse et cavité glénoïde (mandibulaire). Elle donne un rameau à la trompe auditive(Eustache), et longe l'intérieur de l'épine du Sphénoïde, descend entre les deux ptérygoïdes et à l'intérieur de l'aponévrose ptérygoïdienne, de l'artère méningée moyenne et du nerf dentaire inférieur avant de s'incorporer au nerf Lingual. C'est elle qui véhicule les fibres gustatives pour les deux tiers antérieurs de la langue et des fibres préganglionnaires salivaires pour les glandes sub linguales et sub mandibulaires (+ glandes linguales), ainsi que des fibres vaso-dilatatrices (existence remise en question par certains auteurs). Un rameau sensitif pour le méat acoustique externe, longtemps attribué au X, nait près du trou stylo-mastoïdien, remonte la face antérieure de la mastoïde, perfore le cartilage du méat acoustique externe pour le tympan, le méat postérieur, la conque, l'anthélix et le tragus. Un rameau anastomotique jugulaire (selon A Lignon) pour le ganglion jugulaire du X 2. – Branches extra-pétreuses - Le Nerf auriculaire postérieur nait près du (trou) foramen stylo-mastoïdien et monte à la face externe de la mastoïde pour innerver les muscles auriculaires postérieurs et supérieurs, et un rameau pour le muscle occipital. Il s'anastomose avec le nerf occipital d'Arnold ( Guy Lazorthes), nerf de la deuxième branche dorsale cervicale, ou avec le rameau auriculaire cervical (Alain Lignon), nerf grand auriculaire, branche sensitive ventrale du plexus cervical. - Le Rameau du digastrique se destine au ventre postérieur du digastrique. - Le Rameau stylo-hyoïdien peut naître du rameau du digastrique et présenter une branche tonsillaire (muqueuse linguale et stylo-glosse). Anastomose avec le IX. - Les rameaux communicants avec le IX (Anse de Haller(Lignon) pour le ganglion d'Andersch du IX) ou le X. - Un rameau lingual, rare (Lignon) J. – Branches terminales Le plexus parotidien s'entrecroise véritablement d'arrière en avant en enserrant la veine jugulaire externe (latéral dans 10% des cas), avant de donner ses branches terminales, temporo-faciales et cervico-faciales : 1. – La première, tempora-faciale, donne cinq branches : - Le temporal innerve les muscles auriculaire antérieur, frontal. - Le frontal dessert les muscles orbiculaire des paupières, pyramidal, ou procérus, et frontal. Cette branche croise la face externe de l'arcade zygomatique un cm en avant du tragus (point fragile). - Le palpébral se termine dans l'orbiculaire des paupières. Ces deux dernières branches participent au réflexe cornéen ou cornéo-palpébral), soit un clignement des paupières à l'effleurage de la cornée (innervée par le V 1 nerf ophtalmique) - Le sous-orbitaire suit le masséter pour les grand et petit zygomatiques, puis l'élévateur de l'aile du nez et de la lèvre supérieure et le canin (releveur de l'angle de la bouche), enfin le transverse du nez, dilatateur des narines et myrtiforme. - Le buccal supérieur se destine au buccinateur et à l'orbiculaire des lèvres. 2. – La deuxième branche, cervico-faciale émet : - Le buccal inférieur pour le risorius, le buccinateur, l'orbiculaire des lèvres (moitié inférieure). - Le mentonnier se destine au peaucier du cou, au triangulaire des lèvres, au carré du menton et à la houppe. - Les rameaux cervicaux innervent le peaucier du cou (platysma). Des anastomoses nombreuses, terminales, se font avec le trijumeau et le plexus cervical. II. - PARTICULARITÉS A. – Points faibles La proximité du plancher du quatrième ventricule, intra-pontique, l'expose aux variations de pression induite par la tente du cervelet (temporaux et lésions intra-osseuses de l'occiput). Son trajet intra-pétreux l'expose lors des fractures du rocher. Sa branche terminale temporale est exposée chirurgicalement et aux traumatismes sur l'arcade zygomatique. Son entrée dans le pore acoustique interne est surplombée par la tente du cervelet. Son drainage veineux à l'entrée dans le pore acoustique interne est lié au sinus pétreux inférieur (stase et suture pétro-occipitale). B. - Vascularisation La particularité du nerf facial est d'être vascularisé par trois artères : 1. La première provient de l'artère auditive interne, elle-même branche de l'artère cérébelleuse moyenne, issue du tronc basilaire. Elle côtoie le nerf à son entrée dans le rocher au hiatus de Fallope et le vascularise depuis le sillon jusqu'au canal. 2. La deuxième provient de l'artère carotide interne, via la méningée moyenne, qui vascularise toute la portion contenue dans la partie moyenne du canal du nerf facial (de Fallope). 3. La troisième se charge de la partie basse du nerf facial dans le canal. Il s'agit de l'artère stylo-mastoïdienne issue de l'occipitale (ou auriculaire postérieure). III. - PATHOLOGIE A. Clinique (paralysie) La pathologie qui nous intéresse ici est bien sûr la paralysie faciale ou paralysie à « frigore » ou maladie de Bell. Elle a été ainsi nommée car l'on a longtemps pensé qu'elle démarrait après un coup de froid, hypothèse invalidée aujourd'hui. Les paralysies d'origine centrale ne sont pas pour l'Ostéopathe. Les ORL évoquent l'importance d'un spasme artériolaire, ce qui n'est pas sans nous intéresser au plus haut point. La règle est d'adresser très tôt, dès les premiers jours, toute Paralysie faciale à l'ORL (Legent, Fleury, Narcy, Beauvillain, Manuel pratique d'ORL Masson) Le visage est caractéristique par paralysie flasque des muscles d'un côté qui font que la commissure labiale est abaissée et l'occlusion de l'œil impossible. Il convient de ne pas se laisser abuser par le côté actif du visage, qui est le côté sain, mais le plus expressif, et attire donc l'attention. Si la tympanométrie montre un réflexe stapédien modifié, le nerf du muscle de l'étrier est concerné. Penser aux lésions intra-osseuses. Si les sécrétions lacrymales sont concernées (sècheresse) l'atteinte est au-dessus du ganglion géniculé. 1. - Signes à l'installation La paralysie s'étend en quelques heures et touche les muscles du visage d'un seul côté. La bouche descend, la paupière inférieure descend également, laissant le canal lacrymal écouler des larmes en dehors de l'œil, la joue devient flasque. Il est supposé une inflammation autour du trou stylo-mastoïdien, concernant ainsi toutes les fibres motrices du facial ou VII. Le début est brutal, souvent précédé d'une douleur derrière l'oreille (mastoïdienne), à laquelle certains patients rajoutent une notion de battement artériel perçu par eux (note de l'auteur). Le Goût peut être aboli, avec parfois une hypoacousie. Parfois il existe une réaction cytologique dans le LCR. 2. - Signes à la phase d'état C'est celle où l'on peut observer le patient qui vient consulter. Le coin de la bouche est affaissé, les rides sont effacées du côté atteint, le front est lisse et la fente palpébrale élargie. L'orifice lacrymal saille en dehors de la conjonctive, le sujet pleure et se présente avec son mouchoir. Il est d'autant plus gêné qu'il bave également car la joue ne retient plus la salive. Les aliments s'insinuent aussi entre joue et dents et gênent la nutrition. Enfin, aux tentatives d'occlusion de la paupière, le globe oculaire part vers le haut (contraction physiologique synergique), C'est le signe de Charles Bell. Et les cils sont beaucoup plus apparents (déficience de l'orbiculaire des paupières) C'est le signe des cils de Souques. Le patient ne peut ni sourire, ni souffler, ni siffler, est gêné pout parler, et le platysma ou peaucier du cou ne s'active pas à l'ouverture contrariée de la bouche ou à la prononciation du ii-xxxx.( signe du peaucier de Babinski). Peuvent s'ajouter une hyperacousie (pénible, par inertie du muscle stapédien ou muscle de l'étrier), une agueusie, un tarissement lacrymal et salivaire. L'association des différents signes va permettre de situer la hauteur de la paralysie (Diagnostic du Neurologue). Par exemple, la présence de l'agueusie signe la paralysie au dessus du point de séparation de la corde du tympan et du VII. Par contre une agueusie isolée unilatérale signe une atteinte de la corde du tympan… La conservation de l'activité du muscle frontal signifie une paralysie centrale, son innervation étant bilatérale depuis le cortex. Lors d'interventions sur des patients, l'on s'est aperçu que le nerf était gonflé, oedématié, étranglé dans le canal (aqueduc) de Fallope (canal du nerf facial). B. - Évolution La récupération est spontanée en quelques semaines dans 80% des cas. Si une réaction de dégénérescence apparait dans les dix jours sur une récupération incomplète, l'évolution sera longue avant la récupération qui pourra être incomplète, menaçant la cornée, et avec des spasmes résiduels post-paralytiques, ou des contractions anarchiques (erreurs de recolonisation des fibres). C. - Traitement La protection des yeux pendant le sommeil, le massage des muscles paralysés (entretien trophique) ainsi qu'un pansement pour soutenir la face en chute sont indiquées. Des causes rares peuvent être à l'origine de la pathologie (tumeurs temporales, neurinomes acoustiques, polynévrite aigüe idiopathique (bilatérale dans ce cas-là)). D. – Autres étiologies Médicalement parlant, toute paralysie faciale nécessite un diagnostic du Généraliste ou de l'ORL. L'Ostéopathe n'a pas à prendre en première intention un patient avec une paralysie faciale non diagnostiquée. 1. Le zona géniculé peut déclencher une paralysie faciale. Le sujet présente alors une éruption qui peut toucher la pointe de la langue ou le méat (conduit) auditif externe et la conque. Il peut présenter également acouphènes et vertiges. 2. Dans un contexte de troubles neurologiques, l'évidence du risque et du diagnostic s'impose. 3. Si l'apparition est progressive, cela traduit toujours un processus tumoral. 4 La paralysie faciale peut être la complication d'une otite chronique, avec un risque de mastoïdite. La régression s'observe avec le traitement antibiotique. 5 En suite d'un traumatisme crânien, la surveillance et les soins sont hospitaliers. Fracture du rocher. 6. La tuberculose de l'oreille. 7. Le diabète, après cinquante ans, peut être en cause, donc recherché. 8. Il existe une forme de paralysie faciale du nouveau-né dont les ORL évoquent la possibilité d'une origine traumatique. Il est très évident que nous, Ostéopathes, devons nous pencher sur ces cas avec précision (Occiput, SSB, Temporal, y compris intra-osseux…). IV. - TRAITEMENT OSTÉOPATHIQUE Le traitement ostéopathique de cette maladie fait appel bien sûr à l'Ostéopathie crânienne, et chaque praticien connait déjà les grands axes de cette démarche. Rappelons simplement qu'afin d'obtenir une bonne mobilité des os crâniens, le traitement libérera le bassin, le sacrum, puis l'occiput et les temporaux avant de s'intéresser à la symphyse sphéno-basilaire, ou à tout os en lésion dans la sphère crânienne. Il n'y a pas en l'espèce de leçon à donner. Par contre, ayant essuyé un échec après avoir soigné de façon classique un tel cas, j'ai décidé de me pencher sur l'anatomie et la physiologie de ce nerf afin de dégager ce qui est spécifique et qui pourrait tout à la fois expliquer et traiter ce type de paralysie. Cet article est le fruit de cette démarche. Donc, si nous considérons les éléments connus et répertoriés par nos amis Médecins sur ce problème (paralysie faciale idiopathique), on s'aperçoit qu'il y a : Œdème (les chirurgiens parlent d'un nerf gonflé, œdématié dans le canal facial). Cause 1. Perte de fonction. Conséquence 2. Récupération plus ou moins sûre, plus ou moins complète. Réaction du corps 3. La paralysie s'étend en quelques heures. Phase d'asphyxie 4. Elle est précédée de douleurs derrière l'oreille, ou de battements. Lieu HYPOTHÈSE Si l'on fait le recoupement avec l'anatomie, largement reprise ici, l'on repensera au passage du VII sous la tente du cervelet, à l'entrée du canal facial, zone susceptible de voir une pression de la tente défavoriser le flux veineux de la portion artère auditive interne. Dans ce cas de figure, la gêne occasionnée sur ces veines peut se traduire par un gonflement de celles-ci en amont dans le canal, gonflement limitant immédiatement la place pour l'artère (particularité du canal facial), qui va réagir par une tentative de vaso-dilatation, épisode parfois perçu par le patient sous forme de battements artériels. Bien évidemment, si rien ne vient lâcher la pression de la tente du cervelet sur les veines, le phénomène aboutit à un véritable serrage dans le canal facial, qui va engendrer une asphyxie du nerf, douleur. Celui-ci perd alors progressivement ses fonctions sur quelques heures, puis est totalement paralysé. Les signes cliniques connus apparaissent alors. Comme l'œdème observé par le corps médical (chirurgie) est visible à la partie inférieure du canal facial, il est probable qu'une deuxième condition entrave la suppléance de vascularisation par l'artère stylo-mastoïdienne. La seule réponse dont je dispose repose pour le moment sur un unique cas clinique, où l'Ostéopathie a permis à la patiente de récupérer presque totalement en 24 heures après la séance (sauf le goût de la pointe de la langue), après huit jours de paralysie faciale diagnostiquée. J'avais trouvé chez cette patiente, un serrage important des membranes de tension réciproque (Membranes de tension réciproque : penser aux temporaux, à l'occiput, à la SSB, et aux WHIPLASH)comme il est mentionné dans un mémoire déposé à l'Académie d'Ostéopathie comme facteur prépondérant (une étude sur quatre cas de paralysie faciale) et également un facteur que je n'avais jamais répertorié avant, un temporal du côté de la paralysie faciale, en bascule latérale très marquée, (avec une ATM en dysfonction occlusale) un paramètre que l'on peut aisément imaginer tirer la pointe de la pyramide pétreuse vers le haut, avec à la clé une tension anormale sur l'axe de l'artère stylo-mastoïdienne, issue de l'occipitale, tension susceptible de réduire la lumière de ce vaisseau. Ne pas oublier les lésions intra-osseuses de temporal, chez l'enfant. Normaliser la sphéno-pétreuse (main temporale et main sphénoïdale avec un doigt intra-buccal). Les deux premières côtes, les cervicales peuvent avoir une action à grand levier, mais également constituer une entrave au drainage veineux (Atman). De ces quelques éléments, l'on ne peut évidemment rien déduire de scientifique, et il est totalement inutile de m'envoyer des noms d'oiseau, des injures ou des injonctions au silence, ces démarches ne font que déshonorer ceux qui s'y abandonnent. Il ne s'agit ici que de partage, partage embryonnaire de quelques remarques, de rassemblement de données bibliographiques d'anatomie et de pathologie, et de quelque soupçon d'expérience personnelle afin de dégager une esquisse de plan de traitement pour ces paralysies faciales qui restent des drames pour les patients et des énigmes pour le corps médical. Cet article n'est pas non plus un tremplin pour vendre un livre, ou des cours, je l'ai réalisé dans le seul et unique but de permettre à d'autres d'amorcer cette réflexion sur les causes et conditions mécaniques de cette pathologie, réflexion qui m'a déjà apporté un succès étonnant sur un premier cas. Je souhaite donc à chacun d'entre vous, et particulièrement aux jeunes, de tirer profit de ces quelques données, pour le plus grand bénéfice de ceux qui nous font nous creuser la tête tous les jours : les patients et patientes. Par ailleurs, si quelqu'un a des remarques constructives, a observé des coquilles ou des erreurs, je serai heureux d'en prendre connaissance afin d'améliorer encore cet article qui deviendra ainsi interactif. Bibliographie Le système nerveux périphérique. Guy Lazorthes. Masson. 3° édition 1981 Anatomie clinique. Pierre Kamina. Tome 2 et 5. Maloine. 2° tirage 2009 Anatomie. Tome 3 W Kahle, H Léonardt, W Platzer. Flammarion. 2° édition 6° tirage 1990. Encyclopédie de Médecine. Editions Atlas 1982. Abrégé de Neurologie. Cambier, Masson, Dehen Masson 4° édition 1982 Polycopié Atman 3° année 1991. Thérapie crâniosacrée. J Upledger. Tome 1 et 2. Frison-Roche 1989 Résumé du mémoire de Baudu Serge, déposé à l'Académie d'Ostéopathie de France. Cours Atman 1990 Le puzzle crânien. Alain Lignon. Editions De Verlaque. 1989. Schématisation neuro-végétative en Ostéopathie. Alain Lignon. De Verlaque 1989. Manuel pratique d'ORL. F Legent. P Fleury. P Narcy. C Beauvillain. Masson 1990. Avec mes remerciements à Jean-Louis Boutin pour sa participation à ce partage. 1ère publication sur le Site de l'Ostéopathie le 09-03-2011
  • Whiplash (coup du lapin)

    7 February, by Pierre Renaudeau — K cliniques SDO, ,
    Source de l'image : Blog Paramedic22 : http://paramedic22.romandie.com/post/11748/92845 Dans cet article, issu de l'expérience d'un Ostéopathe de terrain, il va être tenté de répondre à une question fréquemment posée par les patients : Pourquoi les accidents de voiture donnent-ils des problèmes cervicaux plusieurs années après ? (sous entendu : pourquoi pas de suite ?) Pour répondre à cela, il faut revenir sur quelques définitions : Le whiplash est une lésion ostéopathique concernant l'axe rachidien et plus particulièrement la dure-mère, lien mécanique inextensible entre base crânienne (et même boîte crânienne) et sacrum, ainsi que l'appareil ligamentaire inter vertébral. La lésion est de nature « coup de fouet » c'est-à-dire très instantanée et globale, assurant un changement de comportement de la dure-mère et des ligaments intervertébraux propre à en modifier la physiologie mécanique. Nous y reviendrons en étudiant le traumatisme. La lésion ostéopathique est un changement post-traumatique dans le comportement élastique des fibres des ligaments, des éléments fibreux de maintien, avec une disparité entre des mouvements symétriques. Ceci débouche sur une asymétrie de fonction repérée au test ostéopathique, outil de base de l'Ostéopathe. En voici une hypothèse personnelle plus élaborée : Depuis des millions d'années le corps des animaux est soumis de temps à autre à des chocs violents (percussion par de gros animaux, chute dans des ravins, chocs par des branches, placement d'un pied dans un trou, etc.). À chaque fois que se produit un de ces traumatismes, une région du corps est soumise à compression, étirement, cisaillement, et cela peut, lorsque les forces traumatiques dépassent les capacités de résistance de l'organisme, déboucher sur une fracture, qui est une rupture de la structure la plus solide, l'os. Dans la nature, la sanction est lourde à court terme, c'est la mort par incapacité à se nourrir où à s'échapper. Dans la société humaine, cela peut être soigné et guéri. Entre l'accident bénin et la fracture, nous trouvons dans les créneaux de forces moins importantes, les dégâts ligamentaires, entorses avec œdème ou arrachement ligamentaire, tout aussi incapacitants pour les animaux que la fracture, car souvent suivis dans la nature d'une luxation articulaire au premier effort violent (chasse, fuite). La nature ne peut empêcher une force colossale de briser un os, mais elle a mis en place un mécanisme de défense intermédiaire pour limiter la casse dans les traumatismes ligamentaires, élargissant la fourchette des accidents sans incidence sur la fonctionnalité globale de l'animal (ou de l'humain) victime d'un traumatisme. Ce mécanisme de défense est la lésion ostéopathique, qui, donc, loin de constituer un inconvénient, est une chance pour les tissus, ou plutôt pour la fonctionnalité du sujet. Dans cette fourchette d'efforts mécaniques brefs et intenses risquant de léser un ligament, le corps (probablement le cerveau archaïque) provoque un relâchement de l'élasticité du ligament en danger. Ce mécanisme est susceptible en effet d'éviter le déchirement (si le ligament restait très rigide et tendu) et laisse au contraire le ligament s'étirer le plus possible sans se rompre. Cela donne aux tissus une fourchette supplémentaire d'amplitude sans casse, cela élargit le champ des accidents sans séquelles autres que la lésion ostéopathique (mais conservant la fonctionnalité du sujet). Bien évidemment le système a ses limites, et au delà de ce mécanisme, si l'énergie du traumatisme n'est pas épuisée, il y a rupture du ligament, mais l'intérêt évident est que, statistiquement, cela donne un nombre plus important de sujets qui survivent (chez les animaux) à une entorse, ce qui a donc constitué un instrument de survie dans l'évolution. Anatomie de la cheville - Source de l'image : Centre orthopédique Pasteur Lanroze, Brest : http://www.chirurgie-orthopedique-pasteur-brest.fr/arthrodese-78.html Reprenons l'exemple de la cheville, entre autres, parce qu'il est le plus fréquent. Lors d'une entorse en varus, le couple de forces en présence met l'ensemble talus-calcanéum en rotation d'adduction sous le squelette jambier. Les deux forces en cause sont le poids du corps (majoré par l'élan) qui pousse le couple malléolaire tibio-fibulaire vers le sol, et la réaction du sol dur qui résiste à l'enfoncement du calcanéum en le renvoyant vers le haut. Ce mouvement met en tension les ligaments talo-fibulaire antérieur et postérieur ainsi que le ligament calcanéo-fibulaire (ancien ligament latéral externe) de la cheville. Si le ligament était sec comme en dissection, il présenterait une résistance élevée à l'étirement avec un seuil soudain de rupture. Ce n'est pas le comportement du ligament vivant, et c'est pourquoi l'étude de l'anatomie sur le cadavre est probablement inadaptée (à mon sens) à l'éducation de l'Ostéopathe qui doit privilégier la palpation de nombreux sujets vivants afin d'appréhender le comportement du tissu vivant. En effet, ce ligament vivant, soumis à un étirement retransmis au système nerveux via l'innervation proprioceptive, va voir l'innervation lui renvoyer une commande d'allongement, probablement par une boucle réflexe très courte, ce qui va permettre deux choses : 1 Augmenter l'amplitude de l'allongement, donnant ainsi un peu de marge géométrique au ligament, sans qu'il déchire immédiatement. 2. Allonger le temps de l'allongement traumatisant, ce qui va permettre au corps d'absorber le choc sur un peu plus de temps, donc de répartir la contrainte mécanique sur les tissus avoisinants, la diluant ainsi, et permettre également au reste du corps d'effectuer une gestuelle d'évitement (fléchir les membres inférieurs, amorcer une chute pour épargner la cheville, etc.) grâce à ce minime surplus de temps. Ce véritable comportement réflexe du corps coïncide avec la première partie de la lésion ostéopathique, l'allongement élastique du ligament agoniste. Mais il existe une deuxième partie, corollaire. Mécanisme de l'entorse de la cheville - Source de l'image : Polyclinique des Alpes du Sud (Gap) : http://www.clinalpsud.com/homme_mouvement/hom_trauma_entors_cheville.htm En effet les structures ligamentaires, tout comme les structures musculaires, sont innervées (la dure-mère aussi) et cette innervation est probablement orchestrée en termes d'agonistes-antagonistes. Lorsqu'un muscle (agoniste) est sollicité activement par le système nerveux, il y a automatiquement relâchement de l'antagoniste (le muscle créant le mouvement opposé). Dans le mécanisme de l'entorse, il y a fort à parier (c'est une hypothèse personnelle) que la « commande » de relâchement du ligament latéral de la cheville s'accompagne automatiquement d'une commande de rétraction du ligament antagoniste soit le ligament médial de la cheville dans notre exemple, donnant alors ce résultat bien connu de l'Ostéopathe, cette lésion de la cheville « en varus » avec une cheville qui veut bien aller en varus, mais refuse (du point de vue de l'élasticité) d'aller en valgus. Il n'y a pas de changement de conformité de l'articulation de la cheville mais un changement dans son comportement dynamique, orchestré par le cerveau animal, celui-là même auquel s'adressait Émile Coué dans sa méthode d'auto suggestion, ce cerveau qu'il faut rassurer avec des mots simples pour voir disparaître des peurs anciennes et inadaptées (hypnose, Programmation Neuro- Linguistique…). Pourquoi cette hypothèse ? Simplement parce que le mode de correction de l'Ostéopathe qui consiste à reproduire la situation lésionnelle avec ses prises de main et voir s'effacer la lésion en séance s'adresse par le toucher au cerveau animal (peut-être au cerveau réflexe qu'est le cervelet). C'est lui qui lâche, en l'absence de la peur liée à l'accident, la lésion qu'il avait mise en place pour assurer la pérennité de l'articulation, et donc, noble but s'il en est, la pérennité de l'individu, animal ou humain. C'est un moyen idéal pour expliquer la nature de la lésion ostéopathique et l'efficacité de l'Ostéopathie fonctionnelle. L'Ostéopathie structurelle, elle, trompe la vigilance de l'organisme pour atteindre la position de correction, c'est pour cela qu'il lui faut une haute vélocité, mais l'ensemble du substrat est forcément neurologique, c'est le seul lien expliquant la simultanéité d'un changement dans deux ligaments antagonistes, alors qu'un seul est traumatisé, et également la persistance de la correction après la séance. Or donc concernant notre whiplash, que se passe-t-il ? Mécanisme du wiplash Dans le cas des whiplash classiques, l'onde de choc arrive par l'arrière, se transmet au siège du véhicule qui l'imprime au rachis lombaire, au rachis dorsal bas et au sacrum du passager assis. La vitesse de propagation fait que l'onde de choc descend vers le sacrum et le fixe en extension (pointe en arrière) par inertie (coup de fouet) et monte vers l'occiput pour le balancer en flexion (écaille en bas et en avant), deux paramètres contradictoires dans la physiologie crânio-sacrée. L'onde se propage plus loin dans le crâne sur les lignes de force de traction que constituent les fibres de la dure-mère dans sa portion centrale, la faux du cerveau, jusqu'à l'apophyse Crista Galli de l'ethmoïde que l'impact tracte vers le haut et l'arrière, encastrant l'ethmoïde sous le frontal. La faux se recroqueville (migraines). L'occiput se serre entre les temporaux dont la position en rotation interne ou externe, (aggravée par la mise en tension de la tente du cervelet) fera varier la pathologie crânienne associée. Mais que se passe-t-il au niveau des cervicales ? Il est loisible de penser que l'onde de choc les place de facto en post flexion. Ceci constitue le premier temps du whiplash. Lorsque l'on sera amené à corriger, ce sera le dernier temps de correction. Car, dans de nombreux cas viennent se rajouter les effets de l'impact du siège sur le sacrum (antériorité) et sur l'occiput (poussée de l'appui-tête vers l'avant), retrouvés dans les whiplash violents. Ensuite le sujet repart en avant dans une sorte de rebond. Les cervicales sont alors forcées en flexion antérieure (deuxième temps du whiplash), avec compression des disques (temps traumatique discal), créant probablement par l'impossibilité des disques de s'essorer rapidement pour répartir l'écrasement, des microfissures autour de la région du nucléus pulposus qui cherche à s'étaler dans l'instant. Le sujet étant retenu par sa ceinture, des serrages se produisent également sur la clavicule, le sternum, et parfois sur le bassin, s'accompagnant d'une deuxième onde de choc le long de la colonne, surtout cervicale, cette fois, assurant souvent un double blocage de l'occiput entre les temporaux, un coup de fouet n'en annulant pas un autre. Au final ce sera un patient avec des restrictions importantes qui repartira de cet accident, souvent classé comme banal ou sans suite par la Médecine, en l'absence de complications immédiates. Les conséquences à long terme, bien connues des ostéopathes sont pourtant multiples : Les blocages de l'occiput, associés à ceux du sacrum, assureront un ralentissement progressif de la vitalité de la personne, induisant parfois un état pré dépressif, souvent un syndrome de fatigue inexpliquée, voire avec le temps une dépression avérée. Les mises en tension chroniques des tissus cervicaux assureront une limitation de la mobilité cervicale entrainant sur le long terme un déficit de mobilité donc de pompage discal naturel. Les microfissures amorcées à l'accident évolueront progressivement, sur plusieurs années vers le pincement discal qui manifestera des symptômes cinq à dix ans après, à type de névralgies cervico-brachiales, céphalées, torticolis à répétition, qui amèneront le patient à consulter l'Ostéopathe devant l'impossibilité de traiter efficacement ces pathologies récidivantes sans cause apparente. La tâche de l'Ostéopathe sera alors évidente : restaurer la mobilité crânio sacrée, la mobilité de l'occiput entre les temporaux, lever les restrictions de la dure-mère crânienne, du sacrum entre les iliaques, la mobilité la meilleure possible des cervicales encadrant les disques en souffrance ou en perte de hauteur, sans manipulations en rotation (qui « essorent » les disques déjà bien abîmés) puis soigner par induction discale ces disques pour restaurer un espace optimal pour le passage des racines nerveuses cervicales. Ce panel de corrections pourra venir à bout de situations douloureuses devenues chroniques plusieurs années après l'accident, et durant parfois depuis plusieurs années, faisant le lien entre l'origine et les conséquences, ignorées par le corps médical. La récupération du (de la) patient(e) pourra également concerner des problèmes considérés comme annexes (migraines, sinusites, troubles digestifs…) nous ramenant là encore à l'unité du corps. La réponse, enfin, à la question des patients (Pourquoi si longtemps après ?) est plus apparente : L'accident installe les tissus dans l'hypo-mobilité. Il leur faut ensuite du temps pour se dégrader, surtout les disques, hypo-pompés. Le Site de l'Ostéopathie remercie notre confrère, Pierre Renaudeau, pour sa contribution et son article. 1ère publication sur le Site de l'Ostéopathie le 1 juillet 2011 .