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Publié : 13 septembre 2014

Ostéo4pattes,

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Revue d’ostéopathie comparée, rassemblements d’ostéopathes, édition de contenu sur l’ostéopathie, rencontres annuelles d’ostéopathie.

  • Actualité ostéopathie, Février 2021

    28 février, par Jean Louis Boutin, Michel Chêne, Ostéo4pattes-SDO, Patrick Chêne, Sophie Pouget — Dans la presse....
    Sommaire Sur l'Ostéo4pattes-SDO Republications : Site de (...) Sur Biblioboutik Article Scientifique Revue du web Paroles d'ostéopathes Sur les réseaux sociaux (...) Podcast YouTube Les Formations évoluent (...) Dans le futur <<Actualité ostéopathie, Janvier 2021 Actualité ostéopathie, Février 2021 Actualité ostéopathie, Mars 2021>> Bonjour a tous ! Voici l'article mensuel sur l'ostéopathie et son actualité de février2021. Regroupant tous nos articles parus dans le mois, l'actualité trouvée sur différents journaux ou les réalisations de différentes associations et syndicats, les activités sur les réseaux sociaux, sur YouTube... Évidemment, ce regroupement dépend des informations que nous avons trouvé. Il n'est donc pas exhaustif, nous nous excusons si nous avons oublié des choses. Nous vous invitons à partager les informations que vous aimeriez y trouver. Sur l'Ostéo4pattes-SDO : Shiatsu équin : Mme Claire O'Petit attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation sur la situation des praticiens de shiatsu équin. Réponse publié au journal officiel. Réglementation des cartes professionnelles de santé : Mme Emmanuelle Anthoine interroge M. le ministre des solidarités et de la santé sur les cartes professionnelles de santé. Arrêté du 9 février 2021 relatif à l'adaptation des modalités d'admission, aux aménagements de formation et aux modalités de délivrance des diplômes d'ostéopathe et de chiropracteur dans le cadre de la lutte contre la propagation de la covid-19 Publication d'un entretien-hommage avec James Jealous par Bruno Ducoux DO le 5 mai 2002 au Pays de Galles lors d'un stage. Demande d'avis au conseil national de l'ordre des vétérinaires : Demande d'avis au conseil national de l'ordre : l'ostéopathie animale prophylactique faite par un tituliare du RNA, salarié d'un groupement ou d'un organisme de contrôle laitier titulaire d'un PSE. Prise en charge ostéopathique du chat atteint de diabète insulino-dépendant : Memoire de Léa Pingault. @osteopathe_francais : Quizz & réponses sur "un nouveau paradigme dans la thérapie manuelle". Un quizz proposé sur instagram, au vu des réponses il a décidé de corriger le quizz à l'aide d'un Post afin de donner des explications. Interview complète exclusive de Loïc Aumont : "L'Ostéopathie dans le domaine sportif". Republications : Site de l'ostéopathie Réglementation des cartes professionnelles de santé : dans cet article vous pourrez lire les différentes questions posées à l'Assemblée Nationale et publiées au JO. Mieux comprendre A. T. Still au travers de ses références bibliques - The osteopathyst - Canadian Journal of Osteopathy n° 5 Winter 2015, p. 21-22 par Crystle Numan. La philosophie de l'Émergence et de la Complexité au service de l'Ostéopathie par JEAN FIORE ET MARJOLAINE BOUAISSIER. L'ostéopathie est une discipline de soin qui revendique une prise en charge systémique du patient. La recherche en ostéopathie peine à donner des preuves de l'efficacité de cette pratique. Nous pensons que la recherche en ostéopathie doit évoluer pour trouver une méthodologie qui lui permette de rendre compte de ses spécificités et de son originalité. Cet article rend compte de l'apport de la philosophie de l'émergence à l'élaboration d'une épistémologie propre à l'ostéopathie comme préalable à une rationalité adaptée à la singularité de cette thérapeutique. Sur Biblioboutik : Repenser l'équitation - Gestes, postures et performance F. BRIGAUD & J. LYON - ÉDITIONS DÉSIRIS 2021 : L'équitation est loin d'être un sport ordinaire : être en harmonie avec son cheval et gagner en performance nécessitent de la finesse et de la subtilité. Cet ouvrage vous donne les clés pour analyser votre gestuelle, prendre conscience des gestes adaptés et inadaptés, et trouver des solutions pour corriger les erreurs. Traiter l'endométriose par l'Ostéopathie Énergétique par Bruno Conjeaud aux Editions Sully : Après avoir déjà abordé ces problèmes dans son ouvrage Grossesse, hormones et ostéopathie, Bruno Conjeaud présente ici une approche qui relie trois spécialités : l'Ostéopathie tissulaire, la Médecine énergétique chinoise, et l'Hypnose thérapeutique. Méthode avec laquelle il a obtenu des résultats positifs depuis plus de vingt ans. Article Scientifique : Appel à soutient de Féd0soli pour une étude sociologique dont le thème est le recours ou non-recours à l'ostéopathie en fonction des différentes classes sociales. Rendez vous ici pour participer. Un article qui fait suite à une parution de septembre 2019 sur la nomenclature fasciale à lire sur Cureus.com rédigée par Bruno Bordoni , Allan R. Escher, Filippo Tobbi, Bruno Ducoux, Serge Paoletti. Fascial Nomenclature : An UpdateFascial Nomenclature : An Update Part 2 Le rapport mondial de l'OIA : examen global de la médecine ostéopathique et de l'ostéopathie 2020. Ce rapport illustre la croissance de la médecine ostéopathique et de l'ostéopathie au cours des sept dernières années. The OIA Global Report : Global Review of Osteopathic Medicine and Osteopathy 2020. Le rapport se compose de 4 parties : Document de synthèse : présente les points saillants du rapport completPartie I : La situation des soins de santé ostéopathiques dans le monde - Une enquête auprès des membres de l'OIAPartie II : Un profil des soins de santé ostéopathiques - Une revue de la littératurePartie III : Données probantes sur l'ostéopathie et résumé de l'innocuité. S'opposer à l'hésitation vaccinale pendant la pandémie de COVID-19 - Un commentaire critique et une déclaration unie d'une communauté internationale de recherche en ostéopathie. Article à lire dans : International Journal of Osteopathic Medicine rédigé par un collectif d'ostéopathes internationaux. Revue du web : France : Suite à quelques interrogations soulevées par un courrier en provenance du CROV du Pays de la Loire et en association avec les syndicats professionnels, un courrier commun est adressé aux professionnels de l'ostéopathie animale. Sur osteomag.fr en collaboration avec Osteoplay VIDÉO : test des sillons du sacrum, comment faire ? Coronavirus : Modification des modalités d'admission, aménagements de formation et modification des modalités de délivrance des diplômes d'ostéopathe. Par l'arrêté du 9 février 2021 Ostéopathes de France prend note de certaines dispositions détaillées dans l'article suivant. Stress et ostéopathie : Soulager le stress et ses symptômes par les techniques d'un ostéopathe par Jordan Szczypka sur Ostéopathes de France. Marc Bozzetto, directeur d'une école d'ostéopathie visé par quatre plaintes pour agressions sexuelles ou viols article à lire dans le Monde. Après ces accusations Marc Bozzetto s'exprime dans Le Petit Niçois : « Je suis un homme brisé » L'ostéopathie, une solution douce et naturelle pour votre chien sur Actu.fr. S'il est désormais commun de se rendre chez un ostéopathe, il existe une spécialité méconnue du grand public qui permet d'équilibrer la sphère urogénitale. Par Catherine Rybus sur féminin Bio. Norvège : A win for the global osteopathic community. Grace à l'aide de l'EFFO , le gouvernement norvégien a annoncé le 2 decembre 2020 la reconnaissance des ostéopathes comme personnels de santé autorisés et réglementés. Paroles d'ostéopathes : Françoise Desrosiers D.O (Ca) Entrevue réalisée le 10 juin 2016 à Paris Enseignante du modèle ostéopathique Biodynamique élaboré par le Dr James Jealous DO au début des années 1990 , Françoise Desrosier DO (CA) témoigne de son parcours ostéopathique , des ostéopathes qui l'ont le plus marqué et enfin des principes ostéopathiques qui lui tiennent le plus à coeur . Sur les réseaux sociaux : Tweets de l'Ostéo4pattes-SDO Podcast : Le podcast Osteo et sciences : Une réflexion sur les principes ostéopathiques et un tuto décalage de bassin. Sur France Culture, l'émission Talmudiques reçoit l'ostéopathe Claude Bochurberg en 2 épisodes, le 7/02/21 Mémoire et Vigilance et le 14/02/21 L'humain au bout des Doigts. Vincent Meslet pratique la kinésithérapie, ainsi que l'ostéopathie. Ce qui est très important pour Vincent est de comprendre, intellectuellement parlant, pourquoi le patient a mal. YouTube : Ostéopathie : Les mains à l'écoute du corps ARTE reportages diffusion en Mars 2020. Les Formations évoluent : Ostéopathie & Médecine Chinoise EXCEPTIONNELLEMENT : le stage de mars 2021 qui devait avoir lieu en Suisse aura lieu en visioconférence, il est ouvert à la délocalisation donc il aura lieu les 4/5/6/7 Mars 2021, en 4 matinées de 9H à Midi. Inscriptions encore possibles. Dans le futur... XVIe rencontres d'ostéopathie comparée approchent, plus d'informations & réservation ici : XVIème Rencontres d'ostéopathie comparée Assemblée Générale de l'Académie d'Ostéopathie de France : samedi 20 mars !
  • "L'Ostéopathie dans le domaine sportif" Interview de Loïc Aumont

    25 février, par Loïc Aumont, Michel Chêne — Ostéo & médecines,
    Interview complète pour l'Ostéo4pattes-SDO de Loïc Aumont : Ostéopathe D.O Fondateur du mouvement O.P.O Président d'O.P.O Consulting Suivez leurs aventures sur www.opo-consulting.com Sommaire 1. Parlez-nous de vous, (...) 2. Comment avez-vous orienté 3. Quel est l'intérêt de (...) 4. Pouvez-vous nous expliquer 5. Est-ce qu'il existe des (...) 6. De quelle manière sont (...) 7. On parle beaucoup de (...) 8. Pour le corps humain, (...) 9. Quelle est la différence 10. Les étirements : bonne (...) 11. Parlons technique, (...) 12. Quels conseils donnez-vous 13. On n'a pas pu s'empêcher 14. On parle souvent de (...) 15. Pouvez-vous partager (...) 16. Quel est le secret (...) 17. Auriez-vous un message à 1. Parlez-nous de vous, quel est votre parcours ? D'une famille de sportifs, j'accompagnais mon père lors de courses de montagne dans les années 1995. Puis à 10 ans, j'ai commencé l'athlétisme. En grandissant j'ai eu quelques bons résultats en minimes, notamment au 200m haies. En parallèle de cette activité, je jouais au handball à Grenoble. Rapidement surclassé dans ce sport, grâce aux capacités développées en athlétisme, j'ai décidé de me spécialiser dans le hand afin de rentrer au sport étude de Chambéry. En intégrant cette structure j'ai appris les exigences du haut niveau mais j'ai aussi vu les failles du système fédéral français. J'ai alors pris la décision de quitter le pôle espoir pour intégrer le sport étude de Montélimar, récemment champion de France -18ans 2005 et vice champion de France 2006, devant notamment les centres de formation de Chambéry, Paris, Nîmes ou encore Montpellier. Lors de mon arrivée en 2007 nous remportons un nouveau titre de Champion de France -18 ans. Cette nouvelle approche de la performance et du handball me correspondait beaucoup plus. Nous étions là pour créer une équipe solidaire, où chaque profil pouvait exprimer pleinement son potentiel. C'est ce qui m'a plus dans ce projet. Puis après le bac, je me suis orienté vers l'ostéopathie. J'étais fasciné par le travail de mon ostéopathe Bertrand Coche, et j'ai alors arrêté ma carrière sportive pour me consacrer aux études. Avec le recul, je ne sais toujours pas comment j'ai fait pour me passer de sport pendant ces 6 années. Désormais j'accompagne des sportifs de niveau national, international dans la réussite de leurs objectifs. J'ai créé une compagnie dans laquelle nous optimisons le potentiel de ces athlètes grâce à l'approche pluridisciplinaire et non-normative de la santé et de la performance portée par le mouvement O.P.O. 2. Comment avez-vous orienté votre carrière dans le domaine sportif ? Cela s'est fait tout naturellement. Dans le sport de haut niveau, j'appréciais le mécanisme de développement et de réflexion qui mène à un objectif, ainsi que les exigences nécessaires au bon déroulement de ce processus. Avec l'ostéopathie, j'arrivais à garder cette optique de travail mais je n'avais plus l'adrénaline des grands rendez-vous. Vous savez, celle qui nous fait nous surpasser et dépasser nos limites. 3. Quel est l'intérêt de l'ostéopathie pour des sportifs débutants, intermédiaires ou experts ?Même si je suis particulièrement intéressé par le sport de performance, je trouve que toute pratique sportive présente un intérêt. En effet, en ostéopathie on considère le mouvement comme étant la solution de nombreux troubles fonctionnels. Il parait alors essentiel pour tous de quitter notre sédentarité grâce à une activité physique quotidienne. L'ostéopathie pour les sportifs, ne me semble pas être particulièrement spécifique, dans la mesure où cette méthode de soin est basée sur l'individu dans sa globalité. Un sportif ne se définie pas uniquement par son activité, il est aussi parent, possède un travail et de nombreuses habitudes. Il serait erroné de le réduire à une simple machine mécanique prête courir, bondir, ou jouer au ballon. L'ostéopathie cherche à redonner une mobilité harmonieuse à l'ensemble du corps grâce à des techniques manuelles afin que celui-ci puisse se mouvoir sans douleur. Pour moi chez le sportif, l'ostéopathe doit chercher à restaurer une certaine fluidité dans le mouvement afin de le rendre léger, rapide et efficace. Si c'est le cas, il réduit fortement les risques de blessures et s'inscrit donc dans une démarche préventive. 4. Pouvez-vous nous expliquer de quelle manière fonctionne l'ostéopathie dans le domaine sportif ?A mon sens nous avons quelques difficultés à exprimer tout notre savoir dans le domaine du sport. Beaucoup d'idées fausses circulent, et de nombreux raccourcies sont faits. La principale me semble être la différence notable entre la pratique ostéopathique et la médecine manuelle. Pratiquer quelques techniques semblables à l'ostéopathie, ce n'est pas pratiquer de l'ostéopathie. L'ostéopathie s'appuie sur une philosophie de pratique, une vision systémique et de nombreux concepts qui lui sont propres. Vouloir faire de l'ostéopathie, une spécialité de la médecine ou de la kinésithérapie montre que les concepts ne sont pas connus, ni maitrisés, et encore moins appliqués. Nous avons tout à gagner si nous partageons nos connaissances avec les autres disciplines, encore faudrait-il qu'elles nous laissent nous occuper de notre champ de compétence. Au sein du mouvement O.P.O d'optimisation de potentiel, nous réorganisons le soin autour de concepts clés afin de laisser émerger une collaboration interdisciplinaire orientée vers l'intérêt du patient et respectueuse de la singularité de chacun.div> 5. Est-ce qu'il existe des préparations à faire en amont de la pratique sportive ?Bien sur. Nous en avons parlé dans un article des cafés de l'ostéopathie, « la reprise du sport chez le sujet sédentaire », que j'ai co-écris avec Benoit Constant, BE entrainement en athlétisme et que vous pouvez retrouver sur ma page LinkedIn. On ne peut pas s'improviser entraineur. Il me parait difficile, voire parfois dangereux, de reprendre une activité sportive quand on n'est pas encadré par des professionnels compétents. A notre époque, les réseaux sociaux doivent être des outils à utiliser avec prudence. Il n'est pas rare de recevoir des patients qui ont repris une activité avec motivation quelques semaines plus tôt mais qui se présentent au cabinet avec des motifs de consultations que l'on aurait pu éviter. 6. De quelle manière sont suivis les sportifs de haut niveau ? Comment ce suivi peut-il être appliqué aux sportifs amateurs ?Cette question est très vague. Cela va dépendre des disciplines, des athlètes, ou des fédérations. Globalement on peut dire que nos athlètes français sont très bien suivis d'un point de vue médical et kinésithérapique. Mais je pense que nous pouvons encore améliorer la prise en charge en intégrant des ostéopathes D.O exclusifs dans les staffs médicaux des équipes professionnelles. Malheureusement même si récemment le ministère des Solidarités et santé a rappelé notre autorisation juridique à pratiquer au sein des hôpitaux, des fédérations, et du service de santé des armées, il en est tout autre chose dans la pratique. Je regrette que certaines institutions, ou lobbys, fassent encore circuler des communiqués anti-ostéopathes contenant de nombreuses informations tronquées ou détournées et se ferment à un tas de solutions. C'est d'ailleurs pour cela que les sportifs professionnels viennent nous consulter souvent en cachette, ou en dehors de leur cadre professionnel. Je pense qu'il serait plus judicieux d'échanger et de comprendre que tout le monde peut avoir un rôle à jouer. Toute vérité a son exacte opposée. Nous pouvons regarder la même maison, l'un d'entre nous peut voir deux fenêtres, alors que l'autre va voir une porte et une fenêtre. Il n'est pas question de savoir qui a raison mais plutôt de comprendre que nous regardons la même chose mais d'un point de vue différent. Ce mode de pensée est applicable avec la médecine chinoise, la posturologie ou toute autre approche permettant une compréhension totale de l'individu. Reconnaissant une moins bonne connaissance concernant les protocoles de rééducations, je reste persuadé que la finesse du touché ostéopathique rend l'ostéopathe capable de déceler une palette de blocages très importante. Ceci permettant au patient sportif, d'exprimer alors tout son potentiel. N'oublions pas que l'ostéopathe cherche seulement à stimuler les capacités physiologiques du corps, en le libérant de toute entrave. Ce qui n'est pas le cas d'un traitement en médecine manuelle ou en kinésithérapie qui se préoccupent principalement de la douleur ou d'un retour à la norme. La complémentarité interdisciplinaire fonctionne dans une pratique locale, je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas le faire au niveau national. De nombreux médecins ont compris ce que nous pouvions apporter à leur patientèle. Je propose que nous fassions l'effort de leur tendre la main en leur expliquant mieux notre art, afin qu'ils puissent nous faire confiance. 7. On parle beaucoup de la bigorexie, est-ce que ce phénomène vous parle ?En tant qu'ancien sportif, j'ai connu cette addiction au sport. C'est un phénomène bien présent mais qui me parait surtout dangereux lorsque le sportif commence à construire son existence uniquement autour de son projet sportif, et qu'il est même prêt à mettre en danger sa santé par la consommation de produits pouvant abimer les reins par exemple. Il est alors intéressant de découvrir ce que l'athlète cherche à compenser par sa pratique sportive excessive. C'est alors que la prise en charge psychologique du patient devient intéressante et d'autant plus nécessaire. Il serait dommage de ne pas intégrer ce champ de compétences dans la prise en charge. 8. Pour le corps humain, où se situe la frontière entre « trop » et « pas suffisamment » de sport ?Si seulement nous avions la réponse. Les études sont assez contradictoires sur le sujet. Cela va dépendre du niveau d'entrainement, du type de sport, et de la prise en charge médicale. Avec une prise en charge ostéopathique on peut augmenter significativement la charge d'entrainement, encore faut-il un programme adapté et adaptable en fonction du ressenti du sportif. Il me parait néanmoins très important d'apprendre à respecter son corps, et d'écouter les signaux qu'il nous envoie. C'est très bien de se dépasser mais je trouve qu'il est inconscient de pousser son corps vers des processus inflammatoires répétés, ou une usure prématurée par obstination. Le corps n'est pas là pour vous limiter, il est juste là pour vous accompagner sur votre chemin, et lorsqu'il exprime un symptôme il cherche à vous faire prendre conscience de vos excès ou vos blocages. En comprenant le lien qu'il existe entre le corps et l'esprit, je peux me libérer de certaines valises afin qu'elles ne s'expriment plus dans mon corps à travers des symptômes somato-psychiques ou qu'elles le poussent à la rupture. 9. Quelle est la différence entre crampe et courbature ? Comment les traiter ?La courbature est secondaire au processus d'entrainement. Le muscle a besoin de casser quelques protéines musculaires afin de se reconstruire et devenir plus fort. C'est ce qu'il se passe lors de courbatures. Il n'est donc pas nécessaire d'étirer des courbatures. Il suffit de respecter une période de repos. Vous pouvez utiliser de l'huile d'arnica pour un auto-massage de la zone afin de vous donner une sensation de récupération plus rapide. Les crampes se définissent par une contraction excessive d'un muscle agoniste et souvent de son antagoniste sans possibilité de relâchement immédiat. Cela est très douloureux, et entraine l'arrêt de l'activité physique. Les causes sont nombreuses, souvent elles sont dues à un déséquilibre électrolytique ou du PH, car l'athlète n'a pas compensé la perte d'ions secondaire à la transpiration et a produit de l'acide lactique. Il est conseillé de boire pendant l'effort une boisson légèrement sucrée mais également salée pour éviter ce mécanisme. Les dosages vont dépendre de la température, de l'activité pratiquée et de la durée de l'effort. Cela est très rare chez des athlètes bien entrainés, et beaucoup plus fréquent lorsque l'athlète a un régime alimentaire déséquilibré et acidifiant. 10. Les étirements : bonne ou mauvaise chose ? Avant ou après l'exercice ?Il nous faudra un article complet sur ce sujet. Les étirements ou du moins les assouplissements me semblent essentiels mais chaque pratique sera spécifique. Nous n'allons par exemple jamais étirer un muscle de manière passive avant une activité comme le sprint ou le saut car on aurait une perte nette de performance. Je vous conseille de vous intéresser aux travaux de Phil Beach, ostéopathe qui explique l'importance d'un travail d'assouplissement articulaire. Cela me semble moins controversé et très cohérent. 11. Parlons technique, quelles sont les parties du corps à privilégier en soin selon le type de sport pratiqué par le patient (VTT, rugby, course, sport de combat, danse, foot, triathletisme, pilotage, tennis…) et selon quelles méthodes ?Excusez ma taquinerie, mais cette question est assez peu ostéopathique (rire). Etant donné que l'important reste l'harmonie de l'ensemble, cela va encore dépendre de nombreux facteurs. En simplifiant grandement, il est bien sur indispensable de vérifier l'axe crane-sacrum qui est le reflet de la vitalité du patient, le membre concerné par la pratique sportive bien sur (ex : tennis, handball…). Mais prenons l'exemple d'une sportive de haut niveau, peut-elle performer si elle dort mal, si elle souffre de céphalées ou de dysménorrhées ? De même chez un sportif loisir. Va-t-il continuer son activité si tous ses footings lui entrainent des maux de ventre ? Dans cette vision holistique de l'être humain, chaque ostéopathe se doit d'élargir au maximum sa palette de techniques, en n'en oubliant aucune, afin de pouvoir répondre à l'ensemble des motifs de consultations et s'adapter à chaque schéma lésionnel. Comme si ses techniques ostéopathiques étaient des outils dans un atelier, il est dommage de dire « je ne me servirais jamais de la clé de 17, et d'essayer ensuite d'enlever un boulon de 17 avec une clé de 18. » C'est quand même bien moins efficace. 12. Quels conseils donnez-vous à vos patients sportifs ? Et à ceux qui débutent ?J'essaie toujours de cerner les attentes du sportif. Puis je m'adapte à son niveau d'exigence. Il n'est pas nécessaire de proposer une séance précompétition de stimulation neurovégétative par exemple chez un patient non entrainé. Il faut rester cohérent avec le projet du patient. J'explique souvent que le processus de développement est long, et qu'il faut être pugnace pour pouvoir récolter les fruits de son travail. Pour qu'un avion puisse décoller, il lui faut le temps de s'élancer. Si je m'arrête après quelques efforts, je ne décollerais jamais. Il faut donc garder la foi en son projet, et s'entourer de personnes pouvant nous faire gagner du temps, ou nous faire progresser. Toute progression passe par des étapes, il n'est pas nécessaire de vouloir aller trop vite et se bruler les ailes. 13. On n'a pas pu s'empêcher ^^, que pensez-vous des blessures des joueurs de foot ? Souvent simulés ou pas ?Le foot est malheureusement un sport qui souffre de sa popularité. Une récente étude a montré que 1/3 des simulations entrainaient une faute sifflée. Par contre moins de 5% des simulations entrainent une sanction envers la personne qui simule. Le footballeur est donc un excellent mathématicien. Il comprend qu'il a plus de choses à gagner en simulant qu'en jouant réglo. Je ne vois pas d'autre sport où ce calcul s'applique. Etant amoureux du ballon rond, je me suis donc mis à regarder le football féminin, et j'apprécie grandement leur mentalité et le jeu qu'elles développent. Ma grand-mère nous a longtemps raconté l'histoire du « Berger et du Loup ». Etant seul en montagne, il criait « Oh loup, à l'aide ». Tous les habitants accouraient pour lui venir en aide. Lui, rigolait assis sur son rocher. Puis au bout de la troisième fois, les habitants ne se déplacèrent plus. Malheureusement pour le berger, cette fois le loup était bien là. La fin de l'histoire est un peu triste, on va en rester là, mais vous avez compris ce qu'elle voulait nous dire. 14. On parle souvent de taping et de strapping, comment fonctionnent ces procédés ?Le strapping est un moyen de contention plutôt efficace pour limiter la mobilité d'une articulation préalablement blessée afin de permettre de reprendre une activité physique sans prendre le risque de récidive. Les kinésithérapeutes sont très compétents dans ce domaine. Le taping est également un mode de contention mais plus souple. Contrairement au strapping, il ne cherche pas à bloquer le mouvement mais plutôt à envoyer des informations neuro-proprioceptives aux structures blessées ou fragiles. Cela aide par exemple à diminuer sensiblement les hématomes. 15. Pouvez-vous partager avec nous un cas pratique représentant pour vous une satisfaction particulière dans le domaine sportif ?J'accompagnais un jeune sprinteur, qui a été champion de France du 200m junior indoor. Lors d'un match international avec l'équipe de France il se fit une déchirure importante du quadriceps. S'en ai suivi une descente aux enfers. Nous avons beaucoup travaillé avec les membres du staff, le kiné, l'entraineur, l'acuponctrice et moi-même pour réussir à le reconstruire. 18 mois après sa blessure, il était redevenu très fort. Beaucoup plus fort que ce qu'il n'avait jamais été, mais cela ne se traduisait pas chronométriquement. Comme si une barrière mentale s'était créée. Il était en plein doute. Puis nous avons discuté, fait quelques exercices, quelques techniques. En sortant de la séance, il avait compris que les 11 centièmes qui lui manquaient serait un lointain souvenir s'il mettait son focus vers son objectif et non vers ses peurs. Le doute, c'est comme une pipette d'eau que l'on vient mettre sur une pile de sucres que l'on construit tous les jours. Avec elle, notre projet s'effrite et tout tombe. Tel un pilote de rallye, il faut se concentrer sur le chemin, non sur les cailloux qui sont au bord. La semaine d'après il battait de nouveau son record et quelques semaines plus tard, il perdait quasiment 0,5 secondes. Comme quoi, quand le corps est prêt, seules nos entraves mentales peuvent nous détourner de notre chemin. Il ne faut donc pas les oublier dans la prise en charge ostéopathique. L'ostéopathie est avant tout une rencontre entre deux humains, le patient et le praticien. Cette relation est spéciale et à mon sens horizontale, si l'on est capable de partager notre histoire avec les patients et si l'on fait un travail d'humilité vis-à-vis de nos propres failles et faiblesses, nous pouvons construire une belle relation de confiance. Grâce à cela, le patient est susceptible de se montrer prêt à changer des choses dans sa vie, et à nous suivre dans le chemin qu'on lui propose. Seul lui, peut décider de nous suivre. Nous ne sommes là que pour proposer des portes de sorties. Dans toute relation thérapeutique, nous ne devons pas faire plus de 50% du travail. Il faut laisser le patient devenir acteur de son soin. 16. Quel est le secret d'un traitement par ostéopathie réussi auprès d'un sportif ?Comme dit juste au dessus, quand le patient sort de la séance avec l'envie de dévorer la vie, cela signe déjà une belle avancée. Pour un sportif de haut niveau, ça peut être quand il se sent prêt à en découdre, et suffisant fort pour aller chercher la victoire ou la performance sportive. Après d'un point de vue ostéopathique, c'est quand je sens que son corps est libre d'entraves et harmonieux dans son mouvement. Concept O.P.O n°1 : Le Triangle des mobilités 17. Auriez-vous un message à faire passer, quelque chose à ajouter ? Une question que vous auriez voulu que l'on vous pose ?Je remercie mon père spirituel, Bertrand Coche, ostéopathe depuis 1986, qui m'a permis de grandir à ses côtés, ainsi que notre ami commun Robert Rousse, enseignant international, auteur « des techniques ostéopathiques d'urgence fonctionnelle » et fondateur du Centre de Recherche en ostéopathie Infantil de Montréal. Il nous a quitté au début du mois de juillet 2018 qui m'a beaucoup apporté grâce à sa maitrise de l'art palpatoire et des relations humaines. Merci Bob. Vous pouvez également rejoindre notre communauté O.P.O Consulting sur les réseaux sociaux (Facebook, LinkedIn et Instagram). De belles choses sont à venir dans les prochains mois. Nous avons à cœur de relier les différents acteurs du soin dans une vision non-normative et humaniste. Rejoignez-nous et construisons ensemble le monde de demain. O.P.O Consulting est une compagnie française spécialisée dans l'optimisation de performance sportive et artistique. Presente à Paris, New York, Londres, Barcelone et Genève, O.P.O Consulting met en application les concepts clés du mouvement O.P.O afin d'offrir aux structures et performeurs professionnelles de nouveaux prismes de lecture. Le mouvement pluridisciplinaire O.P.O. propose une approche non-normative et innovante de la santé, du développement de l'enfant et de la performance afin que chacun soit en mesure d'exprimer son plein potentiel et enrichisse le groupe de sa singularité. Retrouvez les sur www.opo-consulting.com Vous pouvez rejoindre leur communauté et participer vous aussi à cette grande aventure.
  • @osteopathe_francais : Quizz & réponses sur "un nouveau paradigme dans la thérapie manuelle"

    25 février, par @osteopathe_francais — Sur les réseaux sociaux,
    @osteopathe_francais sur instagram a proposé en story un Quizz "Vrai ou Faux" de 10 questions sur la thérapie manuelle et au vu des réponses il a décidé de corriger le quizz à l'aide d'un Post afin de donner des explications. Sommaire Introduction Question 1 : La manipulation Question 2 : Le "crack" (...) Question 3 : Le "crack" (...) Question 4 : les manipulations Question 5 : La prise en (...) Question 6 : Les dysfonctions Question 7 : Avoir une (...) Question 8 : L'efficacité (...) Question 9 : Les tests (...) Question 10 : Les relâchement Conclusion de l'auteur Le Quizz et les réponses sont inspirées de l'article écrit par le Dr. Bahram Jam. A new Paradigm in Manual Therapy : Abandoning Segmental Motion Palpation Written by : Dr. Bahram Jam, PT Editorial by : C. Davies, G. Lehamn, A. Long, J. Meadows, J. Millard, R. Rosdale, T. Seely Advanced Physical Therapy Education Institute (APTEI), Thornhill, ON, Canada July 15, 2016 Article published on www.aptei.ca “Clinical Library” This article was inspired by a paper titled, “The Tale of the Manipulative Lesion”, written by Benjamin Christensen (Norway) & Mikal Solstad (Sweden), two science-based manual therapists ; available on www.paincloud.com Introduction L'objectif de l'auteur est de décomplexer les thérapeutes en échec à cause de leurs fausses croyances, d'encourager les cliniciens qui s'appuient sur diverses compétences pour l'examen d'un patient. Et enfin, fournir aux cliniciens qui utilisent la thérapie manuelle des explications plausibles basées sur les neurosciences de la douleur. Il soutient que les explications précédentes biomécaniques de la thérapie manuelle sont imparfaites, dépassées et constituent sans doute un obstacle aux soins des patients. Question 1 : La manipulation vertébrale (lombaire, thoracique ou cervicale) cible un segment spécifique ? Faux, nous ne sommes pas autant précis que ce que l'on croît. Les études montrent que dans la majorité des cas, """"le niveau ciblé n'est pas manipulé"""" et que la technique touche plusieurs niveaux, et cela toucherait même le côté opposé de l'articulation ciblée. Des études ont également montré que la réduction de la douleur suite à des mobilisations articulaires n'est pas spécifique au niveau vertébral mobilisé. Sources : Dunning & al. 2013 Ross & al. 2004 Aquino & al. 2009 Huisman 2013 Question 2 : Le "crack" est spécifique d'une articulation manipulée ? Faux, l'articulation n'est pas obligé de "craquer" et si elle craque il est autant possible que ce soit une au dessus, en dessous ou même une du thérapeute. 🤣🤣🤣 Question 3 : Le "crack" articulaire signifie que la manipulation est efficace ou plus efficace que sans le "crack" ? Faux, des études montrent que le "crack" audible pendant une manipulation ne semble pas pertinent. Sources : Flynn & al. 2013 Chili & al. 2004 Question 4 : les manipulations ne sont efficaces que si elles sont appliquées suite à nos tests globaux et spécifiques, elle ne peuvent pas êtres efficaces si appliquées au hasard ? Faux. Des études ont démontré que des résultats identiques sont obtenus que ce soit sur des zones douloureuses ou non-douloureuses. En fait, les études ont même montré des avantages similaires en matière de soulagement de la douleur pour des patients souffrant de cervicalgies lorsque la technique était appliquée à la région thoracique par rapport à la technique appliquée à la région cervicales. Une revue systématique (Young & al. 2014) soutient l'efficacité de la TM sur des segments éloignés des segments douloureux et par conséquent la palpation des mouvements locaux n'est plus pertinente même si elle peut être détectée de manière fiable, ce qui n'est pas le cas.Sources : Aquino & al. 2009 De Oliveira & al. 2013 Schomacher 2009 Huisman & al. 2013 Cleland & al. 2005 Young & al. 2014 Question 5 : La prise en charge basée sur des exercices est moins efficace que les traitements manipulatifs ? Faux, l'ensemble de la littérature met en avant les exercices pour les nombreux bienfaits qu'il présentent Question 6 : Les dysfonctions, pertes de mobilité sont mauvaises pour le fonctionnement du corps, elles douvent être repérées et traitées ? Question 7 : Avoir une bonne mobilité sur un segment articulaire est nécessaire pour le bon fonctionnement du corps ? Réponse aux deux dernières questions : Faux et faux, les preuves sont extrêmement faibles. Pourquoi ? Par ce que les thérapeutes trouvent tous des dysfonctions différentes, en découle des traitements différents. Qui a raison ? Tout le monde, les thérapeutes font du bien et cela nous permet de nous dire que ce n'est peut-être pas la technique qui joue le plus dans le traitement manuel Deuxièmement, on retrouve chez tout le monde des dysfontions, des pertes de mobilité, des asymétries etc. Même chez les gens qui n'ont pas de douleurs, même chez les sportifs, même chez les gens qui vivent très bien. Alors est-ce que c'est vraiment cela que nous devons traiter ? Ces explications biomécaniques de corriger les choses qui ne sont pas droites comme le dit l'auteur sont très discutables. L'auteur lui, dit que l'humain a des capacités d'adaptation très développées depuis des milliers d'années et ce serait incroyable que le corps ne puisse pas s'adapter à un segment vertébrale. Sources : effinger & al. 2004 Coughlin & al. 2000 Keedy & al. 2014 et bien d'autres... Question 8 : L'efficacité de la thérapie manuelle est due en grande partie aux techniques manuelles employées ? Faux, je conseils de lire les 2 sources ci-dessous. La technique est importante mais finalement tout ce qui l'englobe l'est d'autant plus (relation thérapeutique, le contexte de soins, les attentes, etc...).Source : Morral & al. 2017 Menke 2014 Et plus dans d'autres posts. Question 9 : Les tests palpatoires ont une bonne reproductibilité, fiabilité, validité. Faux, que ce soit intra- ou extra-examinateurs pour les tests structurels, MRP et tissus mous. Question 10 : Les relâchement tissulaires palpable sont dues à l'action directe de nos mains ? Faux, on revient aux réponses précédentes, le relâchement est dû à tout un contexte et non seulement à une technique. De plus, contrairement à la croyance populaire, la manipulation ne modifie pas la position des articulations et n'inverse pas les "subluxations" (Tullberg & al. 1998). De nouvelles hypothèses soutiennent que la thérapie manuelle produit des effets neurophysiologiques non-spécifiques via le système nerveux central (Bialosky & al. 2013 ; Bialosky & al. 2009 ; Scheip 2003). Il semble évident d'intégrer aujourd'hui le modèle biopsychosocial et celui de la neuromatrice de la perception de la douleur (Melzack 2005) pour mieux comprendre la douleur. Sources (palpation) : Rajendranet 2011 Stovalet 2010 Sommerfield & al. 2004 Moran 2001 Yoon 2011 Seffinger 2004 Hsieh 2000 Conclusion de l'auteurAvec le recul, la pression que j'ai subie pour sentir et localiser avec précision un niveau dysfonctionnel était inutile. En fait, le manque de confiance qu'elle a suscitée n'a permis de maximiser les bénéfices potentiels de la TM pour les patients. Ayant été "libéré" des entraves de la palpation des mouvements, j'applique maintenant la TM avec une plus grande confiance, ce qui est inévitablement ressenti par mes patients, ce qui renforce encore les effets neurophysiologiques de toute technique de TM que je choisis d'appliquer. Ayant abandonné l'idée de me concentrer sur l'évaluation et le traitement de mes patients en me basant sur une biomécanique ou une palpation des mouvements non pertinentes, j'ai adopté l'hypothèse que mes techniques de TM ont principalement des avantages non mécaniques et non spécifiques. J'applique la TM afin de faciliter le mouvement, de stimuler la proprioception, d'aumenter la perception du corps et surtout de rassurer. Il y aura toujours des preuves dans chaque profession, mais la majorité des thérapeutes manuels semblent refuser d'accepter des preuvent réfutant les tests de mouvements manuels. Bien que cela puisse être difficile, il est essentiel que les professionnels de santé acceptent les preuves émergentes et aillent de l'avant, ce qui, en retour, profitera inévitablement aux patients. Il n'y a pas de droits d'auteur sur ce document. N'hésiter pas à l'imprimer, le copier et le distribuer. www.aptei.ca . Adessez toute correspondance à Bahram Jam : bjam chez aptei.com Sources : Abbott & al. 2009 Aquino & al. 2009 Bialosky & al. 2009 Bialosky & al. 2011 Bialosky & al. 2014 Voir en ligne : https://www.instagram.com/p/CLoZ40yJYQy/
  • Prise en charge ostéopathique du chat atteint de diabète insulino-dépendant

    20 février, par Léa Pingault — Mémoire, ,
    La domestication du chat a permis une augmentation de la longévité de la vie, mais en parallèle, la création de nourriture industrielle et la sédentarisation des chats a entraîné l'apparition de nouvelles maladies, chez cette espèce, mais également chez d'autres animaux domestiques comme les chiens, les chevaux, etc. Dans ce mémoire, nous allons étudier le diabète félin. Depuis quelques années, le diabète représente l'endocrinopathie la plus présente chez les félins. C'est une maladie endocrine touchant le pancréas. Elle se manifeste par un trouble de la glycémie causé par un défaut dans la synthèse de l'insuline par les cellules β du pancréas, entraînant une hyperglycémie persistante. La classification actuelle en médecine vétérinaire est basée sur le diabète humain et le mécanisme impliqué dans l'échec des cellules β du pancréas. Il existe quatre types de diabète : de type 1, de type 2 et d'autres types spécifiques. Le traitement de cette maladie est hygiénique (modification alimentaire, diminution du stress…) ou allopathique avec administration d'insuline avant les repas. Une étude scientifique, présentée par J.-P. Courrèges, M. Courrèges et P. Guérin du CHG de Narbonne et de l'institut toulousain d'ostéopathie, portant sur l'intérêt de l'ostéopathie dans le traitement des atteintes rhumatiques et du contrôle glycémique chez le diabétique de type 2, a révélé qu'une prise en charge ostéopathique sur trois mois consécutifs, avait permis une diminution totale des rhumatismes et une meilleure régulation de la glycémie chez les patients traités. Cette étude nous montre, que l'ostéopathie possède un rôle dans le contrôle du diabète. Nous allons nous demander, ici, si une prise en charge d'un point de vue ostéopathique pourrait permettre de lever certaines causes du dérèglement du pancréas, afin d'aider celui-ci à reprendre par lui-même une activité lui permettant de se passer d'une intervention hormonale extérieure. Dans ce mémoire, nous avons réalisé une étude quantitative sur un total de dix chats. Les propriétaires de ces chats ont été sélectionnés sur le même groupe d'entraide, ils possèdent la même gestion de la maladie. Nous avons formé cinq groupes de deux chats, dans chaque groupe, nous avons un chat témoin et un chat clinique. Les deux chats possèdent des caractéristiques plus ou moins identique, afin d'éviter les biais lors de l'étude. Ne pouvant pas pratiquer les séances d'ostéopathie sur tous les cas cliniques en même temps, les mesures des glycémies des chats cliniques étaient en temps réel avec les mesures glycémiques de leur chat témoin associé. Tous les cas de notre étude ont un suivi glycémique à la maison, cela a permis de prendre, grâce à un glucomètre le taux de glucides avant la séance et après la séance. Nous avions également des mesures prises pendant toute la durée du protocole, avant chaque injection d'insuline, entre les séances d'ostéopathie. Pour finir, des questionnaires de stress ont été donnés à remplir tout au long de l'étude, afin d'évaluer l'évolution du stress durant la prise en charge. Les trois prises en charge ont révélé des lésions similaires chez les chats : la neuvième thoracique en relation avec l'innervation, la vascularisation ainsi que le drainage lymphatique du pancréas ; les trois premières lombaires en relation avec les fascias et donc la mobilité du pancréas ; une extension crânienne en relation avec le LCR (liquide céphalo-rachidien) et donc de l'homéostasie et la fluctuation de la vie dans le corps de l'animal. Pendant la prise en charge des dix chats de l'étude, nous avons pu constater une amélioration de la prise en charge du diabète au cours de ces trois mois avec pour conséquences : une diminution de l'insuline injectée chez les cas cliniques avec une tendance de R2=-0,223, tandis que nous avions une tendance montante de R2=0,68 chez les cas témoins ; une diminution du taux de glycémie globale importante chez les chats cliniques avec une tendance de R2=-0,499, alors que les taux de glycémie chez les chats témoins en parallèle avec l'augmentation du taux d'insuline injecté n'a diminué uniquement de R2=-0,181 ; une diminution du stress avec le retour d'un bien-être chez le chat clinique. Nous pouvons dire, que la médecine ostéopathique a été efficace dans la prise en charge du diabète en permettant une meilleure régulation et une diminution de l'unité d'insuline. Tous les chats présentaient un diabète génétique et/ou ancien. Ce dernier ancré depuis des années, semble être la cause pour laquelle nous n'avons pas eu de rémission durant notre protocole de trois mois, mais uniquement une régulation du diabète. Nous pourrions ouvrir le sujet avec des chats venant de déclencher un diabète ou alors prendre en charge les cas ayant plusieurs facteurs prévalent à l'insulinorésistance. Par exemple, la prise en charge des chats ayant un facteur génétique au diabète, un chat en situation d'obésité ou un chat atteint d'hyperesthésie féline (stress chronique). Nous pourrions également prendre en charge des chats n'ayant pas eu de traitement insulinique, afin de voir l'effet réel de la séance sans intervention allopathique. Pour répondre à notre hypothèse de départ, nous pouvons dire que le suivi ostéopathique a permis sur les trois mois de prise en charge, une régulation du diabète, mais aucun chat n'a pu se passer d'une intervention hormonale extérieure, notre hypothèse est donc invalide. Mais, nous avons pu observer une amélioration de la régulation de la glycémie, de l'unité d'insuline injectée et du comportement. L'ostéopathie a donc eu un effet positif sur la gestion du diabète. Pingault Léa, OA 901 Cliquez ici pour lire mon mémoire sur la biblioboutik de l'Ostéo4pattes-SDO
  • Demande d'avis au conseil national de l'ordre des vétérinaires

    20 février, par Ostéo4pattes-SDO — Ostéos animaliers, ,
    Demande d'avis au conseil national de l'ordre : l'ostéopathie animale prophylactique faite par un tituliare du RNA, salarié d'un groupement ou d'un organisme de contrôle laitier titulaire d'un PSE Sommaire Avis des Association & L'avis d'un vétérinaire (...) Demande d'avis au CROV des pays de la Loire afin de savoir si une personne, docteur vétérinaire ou personne inscrite au RNA, salariée d'un groupement ou d'un organisme de contrôle laitier titulaire d'un Plan Sanitaire d'Elevage (PSE), peut réaliser des actes ostéopathiques préventifs dans le cadre de son contrat de travail pour les éleveurs adhérents au PSE. Ces actes non curatifs étant définis comme la prise en charge ostéopathique d'un lot d'animaux ne souffrant pas d'affections spécifiques, effectués par exemple en prévention de dystocies ou en prévention de boiteries : Vous trouverez ci-dessous la réponse donnée par le Conseil national de l'ordre des vétérinaires (CNOV) : Avis des Association & Syndicats Vous trouverez ci-dessous un Post Facebook de l'UFEOA qui approfondit le sujet. Suite à quelques interrogations soulevées par un courrier en provenance du CROV du Pays de la Loire et en association avec les syndicats professionnels, nous vous adressons ce courrier commun. Nous espérons qu'il répondra à vos questions 🤓 Belle soirée à tou.te.s ❄ L'équipe de l'UFÉOA 🌿 Communiqué commun du 11 février 2021 : L'avis d'un vétérinaire -Ostéopathe D.O. Il faut différencier dans ce cas le fond : l'ostéopathie a t'elle sa place dans le cadre de la prévention de pathologies dans le troupeau ? Et la forme, comment le faire dans le cadre légal ? A la première question contrairement à ce qu'affirme le conseil national de l'ordre, je réponds OUI, trois fois OUI, bien sûr .... Pour cela, vous pouvez consulter des articles ou mémoires faits sur le sujet : Chaleurs infertiles chez la vache laitière multipare : étude préalable de l'incidence d'une séance d'ostéopathie sur la fertilité d'un lot de Prim Holstein, Suivi Ostéopathique de 4 groupes d'agnelles, 111 - Dépêche de Juillet 2015*, et d'autres en accès abonnés. Car il est bien évident que de rééquilibrer ostéopathiquement un lot d'animaux dans un élevage permet de meilleurs résultats et la lecture des dysfonctions permet de s'orienter plus rapidement dans les problèmes de tenue d'élevage et de les résoudre. A la deuxième question, est ce que c'est possible dans le cadre d'un PSE ? Légalement non, puisque seuls certains actes et types de médicaments explicitement listés peuvent être conduits dans ce cadre ... l'ostéopathie n'en fait pas partie, elle doit donc être faite dans ce cas dans un cadre libéral. Mais la deuxième question a une réponse annexe et importante. Si la loi est mal faite, et ne correspond pas à la logique, changez la.... C'est ainsi que l'ostéopathie mal gérée par les médecins et les vétérinaires a du se glisser dans la loi au forceps pour voir naître des ostéopathes exclusifs. Ce n'est pas très vieux ...vous vous souvenez ? Nous sommes dans le même cas : notre expérience clinique nous dit qu'il est intéressant de faire de l'ostéopathie par lots dans les élevages, alors un jour, il faudra bien qu'elle rentre dans les possibilités d'un PSE. A moins que vétérinaires et ostéopathes animaliers ne s'emparent vraiment de la problématique et que le cadre libéral suffise, ce qui n'est clairement pas le cas maintenant. Patrick CHENE
  • Entretien avec James Jealous

    18 février, par Bruno Ducoux, James Jealous — Au Passé...
    Sommaire Traduction d'un entretien (...) Notes Lettre à Mesdames Camus et (...) Le Dr James Jealous est décédé le 16 février 2021. En hommage, nous publions cet entretien effectué lors d'un stage par notre confrère Bruno Ducoux le 5 mai 2002 au Pays de Galles et une lettre du 10 mars 1995 du Dr Jealous à Mesdames Camus et Dion Traduction d'un entretien avec le Dr James Jealous par Bruno Ducoux DO le 5 mai 2002 au Pays de Galles lors d'un stage Ton enseignement et ton travail sont appelés biodynamique. Qu'est ce qui est différent des autres approches crâniennes ? Si on reste dans le domaine de l'ostéopathie, il existe l'approche biomécanique, fonctionnelle et dans le champ crânien. Nous parlons des gens pratiquant l'ostéopathie et non la thérapie cranio-sacrée. Je sépare cela dans mon esprit car l'enseignement est différent, la pratique est différente et la façon de penser est différente. Notre rôle dans la société n'est pas le même… Mais était-ce bien votre question ? revenons au biodynamique ! L'usage du mot biodynamique est devenu une nécessité. On m'a enseigné à Kirksville les techniques biomécaniques ; libération intersegmentaire, la fin du traitement étant un changement de texture, d'amplitude de mouvement, de résistance entre deux segments. Le principe de base du traitement est de désengager la lésion, peu importe comment, mais d'y arriver. Nous étions aussi formés en techniques fonctionnelles par Gordon Zinc dans le milieu des années cinquante et soixante ; il enseignait de rechercher la position de facilité. Nous regardions alors le mouvement comme lésion, plutôt que la texture, la résistance. Façon très différente de penser. J'étais habitué à rechercher la limitation, et la suivait, alors j'avais du mal à apprendre le fonctionnel. J'ai beaucoup étudié le fonctionnel. Quand on fait une technique fonctionnelle et on utilise le mouvement présent dans la lésion et qu'on lui permet d'arriver à un vrai point neutre, qui est un point d'équilibre, qui n'est pas maintenu, on trouve un état d'équilibre dynamique à travers lequel l'ensemble peut interagir avec chaque partie. On a commence à sentir des points neutres qui étaient systémiques et non locaux. Quand on est en cabinet, en tant que médecin ostéopathe généraliste, on voit de tout, des gens ayant besoin de chirurgie, des cancéreux, des gens avec un carcinome métastatique. Ces gens ont besoin d'aide, alors qu'ils n'ont pas nécessairement de système immunitaire, ou qu'ils n'ont pas de mobilité. Je pouvais utiliser les techniques fonctionnelles, alors que je ne pouvais pas utiliser les techniques biomécaniques, car elles demandaient trop de pression pour le système ; en plus, on n'est pas censé d'essayer de rétablir un système musculaire chez quelqu'un qui n'en a pas. Je devais les aider, j'étais dans un service communautaire, il s'agissait de mes voisins, de mes amis, alors je posais mes mains sur eux, et les techniques fonctionnelles me donnaient un toucher léger, et le mouvement. Je sentais la présence du mouvement, je jouais avec la douceur, pratiquais un pompage lymphatique et quand ils atteignaient le point neutre local, ce point s'étendait à l'organisme, et je sentais la respiration globale du patient et son corps qui étaient mutuellement en suspension. C'était magnifique. Alors dans ma tête, je rentrais plus profondément dans le tout. Mes mains me disaient que je rentrais bien plus profondément dans le tout. Cliniquement, il était évident que je commençais à affecter les maladies systémiques, dont je n'arrivais pas à me sortir avec les techniques biomécaniques. Pour un médecin généraliste, c'est une mine d'or !. Je voulais que mes patients aillent bien, je ne voulais pas leur donner de l'ostéopathie. Si je n'avais pas appris les techniques fonctionnelles, j'aurais dû utiliser plus de médicaments. En 1965, j'ai commencé à apprendre le fonctionnel, en 1966, je l'utilisais, et en 1969, j'étais diplômé de Kirksville. Je suis resté à l'école pour enseigner l'anatomie. J'ai beaucoup travaillé l'anatomie. J'enseignais aussi les techniques fonctionnelles. Et le temps passe et en 1972, j'ai appris le fonctionnel, mais je n'en fais rien ; pourtant, je donne des cours de fonctionnel à des aînés. Et alors arrive Ruby Day. En 1972, je pratique depuis 2 ans, je n'ai pas eu le temps d'apprendre, et elle arrive. Dr Bond et Dr Hall arrivent de Californie pour me voir. Ils avaient vécu avec Sutherland à Pacific Grove, et me tendent des livres et un crâne puis me disent que je dois regarder ceci. Je ne savais pas qui ils étaient. J'avais déjà eu un cours de crânien en 1966 à Kirksville et Ruby Day habitait à 1,6 km de chez moi. Et Ruby Day a été une élève de Sutherland, mais en plus elle a enseigné à ses côtés, dans ses cours. Alors je suis allé la voir et elle a commencé à m'enseigner le crânien. Je vais séparer les 15 ans où je l'ai connue en trois parties. Premièrement, elle m'a appris à traiter en atteignant les barrières. Deuxièmement, à sentir la fluctuation des liquides au niveau des barrières, et laisser aller la barrière, laisser le liquide travailler. Elle m'a doucement amené d'une approche mécanique vers une approche crânienne. Une approche plus fonctionnelle, où on regarde la fluctuation des liquides. Je connaissais déjà les techniques fonctionnelles, alors à partir du moment où elle m'a mis sur la fluctuation des liquides, au lieu des barrières, j'étais déjà dans le mouvement des systèmes, de par mes études, et je recherchais toujours une réponse de l'ensemble du corps. Alors j'ai décollé, j'ai immédiatement compris que c'était ce que je faisais, sauf que ce n'était pas la respiration thoracique, mais la respiration primaire. Elle a continué à m'amener des liquides, vers la puissance [1], vers l'immobilité dynamique [2]. Elle a brillamment réussi à m'amener à cela en quinze ans. Quand je l'ai rencontré, j'avais 30 ans, je pratiquais depuis 2 ans ; j'avais désormais 35 ans, je pratiquais, j'avais de bons résultats, plein de patients et j'avais un égo qui aurait pu tuer un taureau ! Elle devait gérer cet égo, et elle l'a fait en attendant, elle ne m'a jamais tenu tête. J'arrivais chez elle, je lui disais que j'y arrivais, que j'étais bon, que je savais exactement ce que je faisais. Ce n'était pas dramatique parce que j'aidais les gens, je travaillais 24 heures par jour, 6 jours par semaine, je parcourais 50 000 km par an en service à domicile, ce n'est pas comme si je ne travaillais pas. Mais elle m'attendait au tournant, et elle m'a laissé découvrir que j'avais des lacunes, des limites. Avec certains patients, je n'arrivais à aucun changement, encore moins un résultat clinique, et elle arrivait, les traitait pendant 2 min, et les laissaient partir en disant « c'est bon ». Alors je lui demandais ce qu'elle avait fait, et elle me le disait. J'étais assez stupide pour croire que j'avais compris ! Je rentrais au cabinet, le faisait à mes patients, mais ça ne marchait pas. Alors je retournais la voir, et lui disais que ça ne marchait pas, que ses techniques n'étaient pas bonnes. Et elle me répondait : « oui docteur, puis-je vous expliquer ! » C'est alors que j'ai pris conscience de mon ego. Je me pensais meilleur qu'elle, que j'en connaissais plus, que Dieu était plus près de moi que d'elle, que la nature m'avait plus aidé qu'elle ! Je suis allée la voir, et je lui ai dit que j'avais honte, que je me sentais mal, car j'admirais cette femme !. Et elle m'a dit qu'elle le savait, que ça faisait 7 ans que c'était ainsi. J'avais été critique, je l'avais insultée. Le serpent était là. Je voulais ressentir ça, mais elle m'a dit que je ne pouvais rien faire, que je devais attendre. C'était comme un poison dans ma tête. C'est ainsi que j'ai appris la biodynamique. J'ai commencé à méditer. Je continuais à aller la voir toutes les deux semaines ; elle s'asseyait dans son « rocking chair » et me racontait des histoires à propos de son petit fils pendant 4 heures. Je restais là à l'écouter ; j'étais malade de rester là à l'écouter. Et un jour, elle m'a dit, ça y est, tu es prêt, passons à autre chose. La pire chose que j'ai faite, c'est de ne pas lui demander ce qu'elle avait remarqué, ce qui avait changé. Alors on est passé au stade supérieur, d'après Sutherland, qui était de sentir la présence extérieure de la respiration primaire. Alors on part d'une technique biomécanique à une technique fonctionnelle qui utilise le mouvement présent pour le placer dans un mouvement systémique qui peut être la respiration primaire. Mais comment nommer ce mouvement qui part du mouvement présent pour se placer dans un mouvement systémique qui s'inscrit à son tour dans la présence extérieure de la respiration primaire. Quand on commence à regarder la respiration primaire, de l'extérieur du patient vers l'intérieur, il faut l'appeler autrement, car ce n'est plus une technique purement fonctionnelle et le point final n'est plus dans le système musculo- squelettique ; c'est dans le patient tout entier, et cela s'étend à l'environnement, au monde naturel. En plus, on ressent l'influence de l'environnement dans lequel on traite. Quand elle a commencé à m'enseigner tout ceci, j'étais plus souvent dans la nature, dans les bois. Je commençais à chercher à ressentir la respiration primaire dans l'ensemble de la nature, pas seulement un arbre, mais le tout. Et c'est là ! On revient à ce que disait Still, on a l'Homme, la Nature et le Divin. Ce sont les 3 compartiments biologiques avec lesquels nous devons traiter en tant qu'ostéopathes. Ça paraît simple, mais penser que le patient est une partie de la Nature qui est une partie de Dieu, est une sacrée ordonnance. Que se passe-t-il quand ils deviennent un ? C'est à ce moment qu'arrive la guérison. C'est un point final extraordinaire. En biomécanique, le point final est local, l'effet est systémique parfois, mais on ne le sent pas. En technique fonctionnelle, le point final est systémique, mais est en fait à l'intérieur du système musculo-squelettique. Alors le point neutre ressentit à la fin d'une technique fonctionnelle n'est pas réellement le même « still point » que l'on ressent quand ce still point bouge vers l'espace où on est. Il me fallait trouver un nouveau mot ! Je n'ai pas trouvé ce mot avant longtemps. Entre 1982 et 1992, j'ai recherché, étudié. Mon travail pour la SCTF [3] était d'enseigner l'embryologie. Même si cette approche est présente dans Magoun et dans La promenade du vairon [4], ce n'était pas enseigné, alors quand nous avons commencé à parler du mouvement des embryons, ça a créé un genre de renaissance. En apprenant l'embryologie, j'ai rencontré Blechschmitt [5] qui disait que les liquides avaient une conscience propre. Alors je me demandais si les liquides que ressentait Blechschmitt étaient les mêmes que ceux que ressentait Sutherland. Parce que ça voulait dire que les lois des liquides chez l'embryon seraient présentes chez l'adulte. Je ne suis pas un génie, mais je m'y suis intéressé. Je me suis mis à étudier, pendant des heures, des milliers d'heures. J'étudiais Blechschmitt, mes patients, tout ce que Sutherland avait dit à propos des lois des liquides, comment ça fonctionnait, et l'intelligence dans tout ceci. Sutherland, et Blechschmitt disaient que les liquides ont une puissance qui leur permet de ne jamais faire d'erreur. Et d'autres personnes le disent. Alors j'ai commencé à penser ; quand on regarde les actions directes et indirectes opposant les mouvements physiologiques de désengagements, et tous les principes de traitements de Magoun. Tous ces principes passent par les liquides, et sont décrits par Blechschmitt comme des procédés physiologiques qui permettent au corps de prendre forme. Alors dans ma tête, je me suis dit que ces deux-là ressentaient la même chose. Puis j'ai commencé à travailler comme si ce que disait Blechschmitt s'appliquait à l'adulte, et comme si ce que disait Sutherland s'appliquait à l'embryon. Alors j'ai lu Blechschmitt en recherchant des flux liquidiens et des fulcrums, qu'on voyait dans ces schémas. Je me suis demandé ce qu'on savait de la santé, puisqu'on recherche la santé. Si ce cerveau embryologique ne fait pas d'erreur, et que Sutherland, Blechschmitt, et même d'autres ont raison, quand Still dit rechercher la santé, est-ce possible avec une technique biomécanique, ou fonctionnelle, et avons-nous une approche de guérison qui commence avec l'intelligence primaire du corps : la santé. Tout ceci prend du temps à dénicher, surtout qu'on ne sait pas si c'est vraiment là, c'est comme pour un aveugle. Je crois avoir beaucoup de foi, car j'ai vu des choses dans la nature qui me semblaient possible. Mais j'ai mis longtemps pour le sentir dans un corps. Alors j'ai commencé à explorer. Un jour que je traitais le Docteur Becker [6], il me critique en disant : « que fais-tu ? » Je lui ai répondu que je le traitais. Mais il m'a dit de ne pas commencer le traitement tant que la volonté du patient n'a pas fait place à la volonté de la respiration primaire. Alors je n'ai pas commencé le traitement, j'ai attendu. Et il est allé à un Still point, ce que je croyais être un Still point, et donc je pensais avoir terminé mon traitement. Mais Dr Becker s'est tourné vers moi et m'a dit que je pouvais maintenant commencer. Il a détruit ma vie… ça m'a pris 5 ans pour changer, pour passer du mouvement de la lésion au Still point du corps. Qu'elle est la différence entre le neutre (neutral) et un point d'immobilité (Still point) ? Tout ostéopathe doit savoir ce qu'est un neutre versus un Still point, regardant ce qui s‘est passé à l'Académie américaine d'ostéopathie (AAO) dans les années cinquante. Le neutre est un point d'équilibre, où il n'y a pas de tension. Si on ne fait pas attention, on peut prendre un point neutre pour un Still point. Ce n'est pas tout à fait pareil. Un point neutre ne se propage pas au corps tout entier, alors que le Still point oui. Un Still point est une force thérapeutique dynamique. Le point neutre peut être ou ne pas être un Still point, mais c'est rare qu'il en soit un. À moins d'avoir étudié longtemps, parce que c'est traître ! Le neutre c'est quand le patient devient un segment unique, est libre d'être bougé grâce à la respiration primaire. On ne sent plus la lésion, la diversité, les différences. À ce point d'équilibre, la plupart pensent avoir terminé leur technique. Mais c'est en réalité le point d'entrée des techniques fonctionnelles crâniennes. Alors ça ne peut plus être appelé fonctionnel, parce que maintenant le patient est un segment unique qui est bougé par la présence extérieure de la respiration primaire. Cela suit le modèle de Blechschmitt disant que le liquide est influencé par les phénomènes externes. Et aussi le modèle de Sutherland qui dit qu'on est une maison sous la mer. C'est également une toute autre relation avec la Nature, avec Dieu, et avec le patient. Alors quand on entre dans ce monde, où l'extérieur a une influence dynamique sur l'intérieur, et qu'on voit que l'interaction entre la présence extérieure de la respiration primaire et le patient, on commence à voir une guérison profonde qui arrive différemment. Dans une technique fonctionnelle, le patient a une amélioration pendant quelques jours, mais dans ce modèle biodynamique, le traitement commence quand il sort du cabinet, et peut durer des mois. Il faut aborder le patient non pas par la lésion, mais par le point neutre, ou par la santé. Alors il nous fallait un autre nom. Mais je ne trouvais pas ce nom. Jusqu'au moment où j'ai commencé à donner des cours, qui m'avaient été demandé. J'ai donné deux cours, et je les ai appelé biodynamique. Biodynamique parce que l'on traite avec un modèle qui suit ce que disait Blechschmitt en embryologie, et ce que disait aussi Sutherland plus tard dans sa vie, et non une approche fonctionnelle qui est plutôt segmentaire. On regarde plutôt le patient comme un segment unique, et ce n'est pas une idée, c'est une expérience sensorielle. Alors j'ai appelé ces techniques biodynamique de l'ostéopathie. J'ai eu une grande surprise, car il y a eu 700 inscriptions à mes deux cours, alors que je n'avais même pas fait de publicité. Je n'étais pas préparé pour cela. Alors j'ai fait ceci, et plus encore. Depuis je donne ces cours ! Maintenant cela m'occupe à plein-temps. Depuis 1994, je me lève à 4 heures 30 et jusqu'à 22 heures, je travaille sur ce programme biodynamique. Notes 1. potency 2. dynamic stillness 3. Sutherland Cranial Teaching Fondation ; 4116 Hartwood Drive Fort Worth Texas 76109 USA 4. Tour of the minnow ;W.G.Sutherland ; dans ApoStill 8 , p.24 5. Dr Eric Blechschmitt Biokinetics and Biodynamics of Human Differentiation 6. Dr Rollin Becker - Lire l'interview de James Jealous par Francesca Faliva - Lire l'avis du décès de James Jealous, grand protagoniste de l'histoire de l'ostéopathie, est décédé sur le site Tuttosteopatia.it Lettre à Mesdames Camus et Dion (10 mars 1995) 10 mars 1995 Chères Mesdames Camus et Dion, Le Still point peut sc référer â plusieurs types d'évènements Mais je présume que votre question fait référence au Still point, un mot inventé par W.G. Sutherland et que l'on épelle avec un S majuscule. C'est un moment sacré très spécial qui appelle la présence du potentiel et de l'intelligence au travail durant le processus de guérison Le Still point manifeste un potentiel organisationnel qui dépasse les limites de l'esprit humain. Il recharge les propriétés bioélectriques moléculaires et physiques de la vie à l'intérieur du fulcrum et de la forme. Il réinstaure la matrice pré-génétique du souffle de vie Cet acte de sagesse supérieure sature tous les tissus et substances en une vibration unique qui synchronise tout. Ce qui permet subséquemment à chaque individu d'atteindre la normalisation maximale. Dans un sens, c'est un renouveau. Le souffle de vie a la nature de la marée et sa présence se manifeste comme un fluide à l'intérieure des fluides. Il passe à travers tous les états chimiques et tissulaires et transmute leur organisation. Le sentiment palpatoire du Still point dans les forces de la marée du souffle de vie est comme ce qui suit : 1. L'observateur se dissout dedans 2. Un sens du sacré est présent 3. Tout gradient de densité disparaît dans une densité unique, légère et homogène 4. On ne distingue plus aucun système, seul le tout est présent 5. La pièce devient comme un sanctuaire 6. On est calme et on connait 7. La fluctuation du L.C.R. est systématique et automatique 8. Il ne peut être initié par le praticien, il arrive en réponse à un équilibre dans le système 9. Il arrive naturellement et régulièrement dans la nature. Les still points qu'on épelle avec un s minuscule sont des fluctuations liquides qui deviennent tranquilles et qui se réorganisent localement Ceci est très fréquent et est la marque de l'équilibre local et de la réintégration de la forme et de la fonction. Dans ce cas-ci, il y a des changements dans les tissus qui ne sont synchronisés qu'avec la ligne médiane. Je n'ai jamais vu un Still point osseux ou membraneux, habituellement ces tissus ont des points de balance tranquilles que l'on appelle des points neutres. Il est évident que tous les fluides extracellulaires vont présenter toutes les qualités du L.C.R. et ceci inclus les fluctuations et les Still points Il n'y a vraiment qu'un Still point qui est entier et complet Merci de m'avoir posé cette question. Bien à vous, James S. Jealous, Nous remercions Bruno Ducoux de nous avoir autorisé à reproduire l'ensemble de ce dossier.
  • La philosophie de l'Émergence et de la Complexité au service de l'Ostéopathie

    17 février, par Jean Fiore, Marjolaine Bouaissier — Histoire et Philosophie
    L'ostéopathie est une discipline de soin qui revendique une prise en charge systémique du patient. La recherche en ostéopathie peine à donner des preuves de l'efficacité de cette pratique. Nous pensons que la recherche en ostéopathie doit évoluer pour trouver une méthodologie qui lui permette de rendre compte de ses spécificités et de son originalité. Cet article rend compte de l'apport de la philosophie de l'émergence à l'élaboration d'une épistémologie propre à l'ostéopathie comme préalable à une rationalité adaptée à la singularité de cette thérapeutique. Sommaire Résumé Introduction 1. Présentation de l'aspect 2. Enjeux de reconnaissance 3. Émergence et ostéopathie 4. Interrogations et limites 5. Travaux en cours et (...) Conclusion Références À la recherche d'une épistémologie de l'ostéopathie en dialogue avec la philosophie contemporaine. 1.- E.C.O., Centre Interdisciplinaire d'Ethique, 23 place Carnot - 69002 Lyon, France. 2. - E.C.O., Centre Interdisciplinaire d'Ethique, 23 place Carnot - 69002 Lyon, France. * Corresponding author : fiore.osteo chez posteo.net Cet article fait suite à la participation des auteurs à la 7e édition des journées « complexité-désordre » des 13-14 janvier 2020 organisée par l'UFR de physique de Paris. Depuis les auteurs ont continué leurs travaux et d'autres publications sont à venir. Titre original : The philosophy of Emergence and Complexity in the service of Osteopathy : in search of an epistemology of osteopathy in dialogue with contemporary philosophy EPJ Web Conf. - Volume 244, 2020 - Complexity and Disorder Meetings 2018-2019-2020 Article Number : 01017 - Published online : 15 October 2020 DOI : https://doi.org/10.1051/epjconf/202024401017 © The Authors, published by EDP Sciences, 2020 This is an Open Access article distributed under the terms of the Creative Commons Attribution License 4.0, which permits unrestricted use, distribution, and reproduction in any medium, provided the original work is properly cited. Résumé L'ostéopathie est une discipline de soin qui revendique une prise en charge systémique du patient. La recherche en ostéopathie peine à donner des preuves de l'efficacité de cette pratique. Nous pensons que la recherche en ostéopathie doit évoluer pour trouver une méthodologie qui lui permette de rendre compte de ses spécificités et de son originalité. Cet article rend compte de l'apport de la philosophie de l'émergence à l'élaboration d'une épistémologie propre à l'ostéopathie comme préalable à une rationalité adaptée à la singularité de cette thérapeutique. Introduction L'ostéopathie est aujourd'hui une actrice incontournable de la proposition de soin en Europe et en France tout particulièrement. Des millions de patients consultent chaque année des ostéopathes et c'est du fait des résultats concrets de cette thérapie. Ce succès est le fruit d'un apprentissage rigoureux donnant accès à une grande variété d'outils de traitement et à une capacité d'écoute qui est en adéquation avec la prétention holistique de notre profession. L'ostéopathie est nécessairement empirique dans les faits, puisqu'elle consiste en l'application de règles générales en réponse à une situation singulière qui dépend à la fois d'un patient et d'un thérapeute. La capacité à s'adapter à la singularité du vivant est une richesse pour l'ostéopathie, mais cela contribue à rendre cette discipline complexe. La conséquence de cette complexité est la difficulté de produire des preuves scientifiques permettant de légitimer une telle pratique. Dans l'exposé qui va suivre nous nous intéresserons à ce caractère complexe et nous essayerons de dégager un modèle de pensée qui permette de rendre compte des particularités de cette discipline. L'ostéopathie a vu le jour au Etats-Unis sous l'impulsion de A.T. Still (1828-1917). À son époque Still a fondé l'ostéopathie pour proposer une offre de soin comme une alternative qu'il juge plus rationnelle en opposition à la médecine héroïque qui était le système de pensée médicale le plus répandu aux états Unis. Même s'il n'a probablement pas lu Claude Bernard, Still considère que la médecine se doit d'être expérimentale, partir de l'observation clinique, et questionner en permanence ses propres pratiques pour en éliminer tout ce qui est inutile et dangereux. Les principes fondamentaux de la pratique mise en forme par Still ont été systématisés dans la déclaration de consensus de Kirksville de 1953. Aujourd'hui nous pouvons les synthétiser ainsi : l'interrelation entre la structure et la fonction, l'homéostasie, l'importance de la bonne circulation des fluides et l'unité de l'être humain. Dès le début Still est conscient de la complexité de l'approche médicale qu'il créé, et même si la formation est basée sur des connaissances théoriques telles que l'anatomie et la physiologie, qui relèvent d'une démarche réductionniste, la perception est d'emblée au centre de la pratique ostéopathique. Cette perception particulière s'apprend, mais dans l'idéal, l'enseignement de la perception ostéopathique ne porte pas tant sur l'apprentissage de ce qui est perçu que sur le comment percevoir. L'apprentissage de l'ostéopathie s'articule donc autour de deux registres, celui de l'acquisition de connaissances, et celui de l'expérience perceptive qui est singulière et propre à chaque ostéopathe. Il s'ensuit que la relation patient-thérapeute en ostéopathie est une expérience qui relève plus de la co-création intelligente que de la reproduction d'un protocole. L'évaluation de l'ostéopathie par les seuls outils de la pharmaco-médecine est donc impossible, et lorsqu'elle s'y essaye une telle démarche est forcément mutilante. Après avoir présenté l'ostéopathie pour bien en saisir la complexité, nous insisterons sur les enjeux de reconnaissance dont elle fait l'objet. Cet impératif de légitimation passe par l'édification d'une épistémologie propre à l'ostéopathie, dans cet optique nous verrons l'intérêt que présente la philosophie de l'émergence qui est une philosophie de la complexité. 1. Présentation de l'aspect complexe de l'ostéopathie La connaissance du patient en ostéopathie passe donc par plusieurs niveaux de compréhension. Il y a ce que le patient partage de la connaissance qu'il a de son propre corps, tel qu'il le vit et qui sera mis en parallèle avec les connaissances théoriques et l'expérience clinique de l'ostéopathe. Il y a la lecture anatomo-physiologique que l'ostéopathe fait lorsqu'il interagit avec le corps du patient, et enfin il y a la connaissance que le corps du patient a de son propre fonctionnement ou dysfonctionnement, et cette connaissance est une intelligence corporelle qui n'est pas nécessairement cognitive. Jean-Marie Gueullette est docteur en médecine et historien, il s'est intéressé tout particulièrement à l'ostéopathie ces dernières années, il nous rappelle que « la perception ostéopathique, dans une telle perspective ne consiste donc pas dans une recherche de signes que l'intelligence interprète en fonctions de schémas de compréhensions qu'elle a acquis, mais comme une forme d'écoute intelligente d'un savoir que possède le corps du patient, même s'il n'est plus en capacité d'en faire usage [1] (p.70) ». On note déjà ici, la construction d'une discipline de soin en équilibre entre les principes (qui une fois assimilés seront laissés dans l'ombre), et l'expérience (qui demeure insaisissable car elle s'inscrit dans la durée). Un équilibre donc, entre principe et expérience, et dont le résultat a une consistance bien plus solide que les principes d'un côté et l'expérience de l'autre. Il me semble que l'ostéopathie réussit ce tour de force, de faire travailler dans un même concept de soin, une base théorique qui s'appuie sur un physicalisme réductionniste, tout en acceptant qu'une part conséquente de la pratique dont nous faisons l'expérience ne peut pas se dire exclusivement avec les outils du réductionnisme. Mais qu'est-ce que l'ostéopathie ? voici la définition qu'en donne l'O.M.S. : « Osteopathy (also called osteopathic medicine) relies on manual contact for diagnosis and treatment. It respects the relationship of body, mind and spirit in health and disease ; it lays emphasis on the structural and functional integrity of the body and the body's intrinsic tendency for self-healing. Osteopathic practitioners use a wide variety of therapeutic manual techniques to improve physiological function and/or support homeostasis that has been altered by somatic (body framework) dysfunction, i.e. impaired or altered function of related components of the somatic system ; skeletal, arthrodial and myofascial structures ; and related vascular, lymphatic, and neural elements. Osteopathic practitioners use their understanding of the relationship between structure and function to optimize the body's self-regulating, self-healing capabilities. This holistic approach to patient care and healing is based on the concept that a human being is a dynamic functional unit, in which all parts are interrelated and which possesses its own self-regulatory and self-healing mechanisms [2] ». Le qualificatif de thérapie manuelle désigne le fait que c'est principalement par ses mains que l'ostéopathe perçoit et traite. Et en effet, la démarche ostéopathique donne une grande importance à la palpation, elle permet de reconnaître des différences de température, de consistance, de densité, de mobilité. Mais l'approche perceptive de l'ostéopathe ne s'arrête pas là, et c'est avec tout son être que l'ostéopathe entre dans une connaissance du patient qu'il traite. Déjà parce que dans le temps diagnostic, l'ostéopathe ne fait pas seulement confiance à ses mains, il use de toutes ses capacités de perception, il observe le comportement du patient, il écoute sa manière de parler, il peut percevoir des odeurs, bref il est réceptif à toutes sortes d'informations, par tout son corps et par tous ses sens et pas seulement par ses mains. De plus, certains ostéopathes sont amenés à percevoir différemment car ils développent une forme de réceptivité, réceptivité nécessitant un état intérieur libre et stable. Dans cette approche, le thérapeute ne pourra rien percevoir s'il ne se perçoit pas lui-même d'abord, il ne pourra pas s'affranchir des informations venant de son propre corps s'il n'est pas présent à lui-même. Cette disposition intérieure particulière permet à l'ostéopathe d'être préparé à recevoir ce qui se présente sans l'avoir imaginé à priori, une disposition propice à la réceptivité de la nouveauté [1] (pp. 59-68). Ceci dit, le travail de l'ostéopathe peut être vu comme une façon de relancer la capacité du patient à être ce qu'il est en devenir, et cela en attirant son attention sur ce qui s'est figé en lui. Cette attention est une mise en mouvement, c'est une tension vers une conscience ouverte à soi. On se représente souvent l'ostéopathe comme un mécanicien du corps. Il tire, pousse, aligne les os, les viscères. Relâche les muscles, assouplit les ligaments. Tout cela est juste, mais ce qui se joue dans les séances d'ostéopathie va plus loin. Il arrive qu'en travaillant sur une tension viscérale l'ostéopathe perçoive en lui une émotion qui ne semble pas liée à son vécu, et qu'au même moment le patient décide de partager son ressenti qui s'avère concorder avec celui de l'ostéopathe, à la manière d'une « impression ». Il arrive qu'en plein milieu d'une séance le patient éclate en sanglot ou explose de rire sans qu'il comprenne lui-même l'origine de cette manifestation, et que cela corresponde justement au moment où en tant que thérapeute je ressens le relâchement de la tension sur laquelle je travaillais. Ces expériences perceptives étonnantes amènent un questionnement : Concrètement, comment peut-on penser ce qui échappe au registre explicatif ? La répétition de ces évènements perceptifs et leur efficience dans le traitement des patients m'a permis d'accepter qu'il ne s'agit pas de productions de mon imagination. Non, il s'agit bien d'effets produits par le réel et qui sont porteurs de sens. Pourtant, bien que la perception soit une évidence pour moi au moment où je la perçois, il n'est pas possible de justifier un discours scientifique uniquement sur la base de l'expérience personnelle. Dans les faits, la démarche de l'ostéopathe relève d'une pratique qui est complexe. Elle est par excellence, dans le domaine de la santé, une manière de penser qui est avant tout sensible aux liaisons, implications et interactions mutuelles [1] (p.181). L'ostéopathie s'apparente à un « art de la complexité » qui met au travail la capacité d'un être complexe, le patient, à s'adapter au réel dans lequel il évolue et avec lequel il interagit. En fait, plus précisément, il s'agit de l'interaction de deux systèmes complexes, le corps sentant et percevant du thérapeute, et le corps senti et perçu du patient, qui forment eux même un système plus large. 2. Enjeux de reconnaissance et légitimité Nous l'avons évoqué plus haut, l'ostéopathie est une pratique complexe. Aujourd'hui, lorsque la pratique de l'ostéopathie est interrogée, la question de la légitimité du savoir-faire est mise en parallèle avec la capacité à apporter la preuve de son efficacité. À ce propos, J.M. Gueullette, a beaucoup travaillé sur la question du rapport de l'ostéopathie à la science médicale, et dans son livre L'ostéopathie, une autre médecine, il pose la question suivante : « Quelle va être la réponse des ostéopathes à ces mises en demeure de développer des formes de recherches qui soient fiables ? Devront-ils infléchir leurs pratiques pour leur permettre de rentrer dans les méthodes de la recherche médicale ou sauront-ils imaginer des modèles adaptés ? » [1] (p. 130). Notre groupe de recherche E.C.O. (Emergence, Complexité, Ostéopathie) est né de la volonté de plusieurs ostéopathes de développer des outils adaptés pour penser l'ostéopathie. Effectivement nous pensons qu'il est urgent de doter l'ostéopathie d'une épistémologie qui lui soit propre. Le caractère urgent de cette entreprise est appuyé par l'observation que nous faisons au sein même de notre profession, d'un courant de pensée qui considère qu'il faut contraindre la réalité de notre pratique pour la réduire à un ensemble de techniques qu'elle serait capable de justifier par une démarche d'évaluation expérimentale basée sur le réductionnisme [3]. Certains auteurs de ce courant de pensée renvoient dos à dos les ostéopathes en décrivant une ostéopathie progressiste, la leur, que l'on pourrait qualifier de réductionniste. Le reste de la profession est considéré comme traditionaliste, passéiste, pratiquant une sorte d'ostéopathie vitaliste. Plutôt que d'opposer réductionnisme et vitalisme, qui sont deux conceptions différentes en philosophie des sciences, et de demander aux ostéopathes un choix par défaut, nous proposons d'adopter une position médiatrice entre ces deux antithèses classiques. La philosophie de l'émergence s'inscrit dans cette voie alternative. En effet, cette philosophie propose une rationalité particulière, à dimension épistémique, pour penser les phénomènes complexes. Et toute la difficulté de l'émergence réside dans sa capacité à capturer ce qui apparaît de prime abord comme une contradiction. Elle refuse à la fois la dichotomie corps-esprit du vitalisme, et l'identité stricte du matérialisme ontologique. Nous allons maintenant insister un peu sur cette position singulière qui nous semble faire de l'émergence un concept particulièrement intéressant pour étudier l'ostéopathie. 3. Émergence et ostéopathie, entre physicalisme et antiréductionnisme L'idée d'un concept d'émergence vient de John-Stuart Mill qui, dans A system of logic, considère que la juxtaposition et l'interaction des parties constitutives d'un être vivant ne suffisent pas à expliquer les propriétés de ce dernier [4]. Ce mouvement de pensée date de la deuxième moitié du 19ème siècle et il s'inscrit comme une proposition intermédiaire entre le mécanisme et le vitalisme. Dans la philosophie de l'émergence, ce qui émerge, c'est de la nouveauté. Cette nouveauté est complexe et elle ne peut pas se résumer à l'étude des parties qui la composent. Elle possède des propriétés d'un genre nouveau, qui ne préexistaient pas dans les éléments qui la constituent. Dans notre travail de lecture de l'ostéopathie à l'aune de la philosophie de l'émergence nous nous appuyons sur les travaux d'Olivier Sartenaer, licencié en sciences physiques et docteur en philosophie, il a beaucoup travaillé à délimiter le périmètre épistémique du concept d'émergence. Voici la définition générale qu'il propose de l'émergence : « Certains systèmes naturels conçus comme collections d'entités en interrelation, manifestent des propriétés qui transcendent la simple agrégation de leurs constituants sous-jacents. » [5] Autrement dit, et selon l'adage d'Aristote dans la Physique : « le tout est autre que la somme de ses parties » [6], cela parle à la fois de l'irréductibilité du tout à ses constituants, mais cela pose aussi la notion de dépendance de la propriété émergente à la base de survenance de laquelle elle émerge. Continuons la définition : « De tels systèmes naturels possèdent des propriétés qualifiées d'émergentes, en ce sens que leur existence ne peut être extrapolée ou anticipée sur la base d'une connaissance, fut-elle exhaustive, des propriétés des parties du système. » [5] Il s'agit là de la deuxième condition indispensable pour encadrer un émergent, à savoir la notion de nouveauté. On pourrait également formuler l'émergence comme étant une relation empirique entre deux relata, … à savoir, un « émergent » E, et sa base d'émergence B, qui est telle que les deux idées suivantes dites de « dépendance » et de « nouveauté », sont simultanément rencontrées : (Dépendance) : E est dépendant de – ou déterminé par – B et malgré cela, (Nouveauté) : E est nouveau – ou autonome – par rapport à B. Pour qu'un phénomène puisse être considéré comme émergent il doit répondre à plusieurs critères. La survenance, l'holisme et la causalité descendante sont les trois critères que définit O. Sartenaer [5] sur la base de la définition que nous avons plus haut. L'holisme, est le surgissement d'au moins une propriété nouvelle non comprise dans une des parties sous-jacentes. Cette propriété est bien sûr systémique, c'est-à-dire qu'elle dépend de la mise en relation des éléments du système qui permet l'émergence. Et cette propriété systémique est d'un genre nouveau par rapport aux propriétés de ses constituants. Par exemple, l'atome de carbone n'est pas vivant, ni même la molécule d'acide-aminée. Mais la cellule l'est [7]. (Ici on parle de la vie comme étant une propriété émergente.) Pour le cas de la perception ostéopathique, elle respecte également le critère d'holisme dans le sens où elle ne préexiste pas dans une des parties du couple patient-thérapeute. Elle n'est présente ni chez le thérapeute isolé ni chez le patient seul. Il existe bien une capacité à sentir chez chaque être vivant, mais il ne s'agit pas de perception ostéopathique. La perception n'est pas juste le fait de noter une sensation, c'est aussi l'action de penser ce qui est senti (consciemment ou non). Cette action ne peut être réalisée qu'en présence de l'ostéopathe et du patient. En effet bien que l'ostéopathe soit capable de penser ce qu'il ressent sans qu'un patient soit présent, il ne s'agit pas de perception. Il pourrait se l'imaginer et penser une représentation potentielle du patient qu'il va consulter mais cela n'est pas de la perception ostéopathique, c'est de l'imaginaire. L'holisme est donc bien respecté puisque la perception ostéopathique du patient par le thérapeute n'est présente en soi que dans le couple patient-thérapeute. La causalité descendante est la faculté d'un système complexe à agir sur ses parties et ses composants, voire de les modifier, tant dans leur structure que dans leur nature. Pour reprendre l'exemple de la cellule on peut dire que celle-ci est composée entre autre de lipides, d'acides aminées etc. et elle est capable d'agir sur ses propres composants. Elle peut faire entrer d'autres molécules dans son système et en changer la nature ; et cela tout en conservant une relative autonomie de son identité de cellule (par exemple un globule rouge reste un globule rouge qu'il ait fixé de l'oxygène ou non). Cette causalité descendante est elle aussi respectée pour plusieurs raisons dans le cadre de la perception ostéopathique. En effet, la perception est bien une action qui implique la mise en relation de plusieurs éléments réels. Or une action, par définition, modifie le réel, (nous le constatons au quotidien, les tissus du patient commencent déjà à se modifier au moment même où nous posons les mains sur eux). L'acte perceptif en soi va donc bien modifier la partie du système que constitue le patient. De l'autre côté, le thérapeute qui perçoit le patient n'est plus le même au moment où il le perçoit comparativement à ce qu'il était avant la séance. En effet cet acte perceptif constitue une nouvelle mémoire du vécu du thérapeute, qui modifie son système nerveux central et qui peut potentiellement influencer ses futures consultations. Il y a donc causalité descendante dans le phénomène perceptif ostéopathique. Voilà un exemple du travail que nous nous appliquons à réaliser en ce moment au sein du groupe E.C.O. Nous travaillons actuellement à caractériser les lieux potentiels d'émergence et à en vérifier la cohérence avec les critères proposés par O. Sartenaer. Ce travail se réalise par l'analyse de cas cliniques relatant l'expérience ostéopathique. Afin d'inscrire cette démarche dans une méthodologie qui soit exploitable malgré le caractère subjectif de l'expérience ostéopathique nous nous sommes tournés vers l'utilisation des entretiens d'explicitations de Pierre Vermersch [10]. 4. Interrogations et limites Le concept d'émergence est donc plutôt séduisant pour nous permettre de définir une épistémologie de l'ostéopathie. Pour autant nous prenons en compte les critiques que suscite ce concept d'émergence, et nous travaillons actuellement avec le philosophe P. Gagnon sur le caractère intenable du physicalisme non réductible, qui constitue selon le métaphysicien américain Jaegwon Kim, la première opposition conceptuelle à la possibilité de l'émergence [8]. Selon J. Kim, l'émergence n'est pas tenable car la coexistence de la survenance et de la causalité descendante dont nous avons parlé plus tôt impliquerait que certains évènements soient systématiquement surdéterminés causalement (auquel cas il n'y a pas d'émergence) soit que la clôture causale [8-9] du monde physique peut être rompue. (La clôture causale du monde physique postule que chaque événement physique a une cause physique suffisante.) O. Sartenaer propose une première réponse [9] à la critique de J. KIM et nous continuons la réflexion pour ne pas enfermer notre travail dans une impasse métaphysique. 5. Travaux en cours et perspectives L'élaboration d'un nouveau modèle acceptant le caractère émergent de la pratique ostéopathique et de la perception singulière dont les ostéopathes sont les sujets permettrait : - De développer des outils méthodologiques et pédagogiques adaptés, notamment en ce qui concerne l'apprentissage de la dimension systémique et holistique de l'ostéopathie. Mais aussi en ce qui concerne l'apprentissage de la qualité d'être singulière qui permet à la perception ostéopathique d'émerger. - D'améliorer la compréhension que les ostéopathes ont de leur propre pratique en leur donnant des outils de pensée qui permettent de mettre en dialogue complexité et rationalité dans un système d'ordre ouvert qui accepte qu'il existe un pluralisme des rationalités. - D'admettre que dans la pratique du soin, la rencontre entre deux êtres puisse créer les conditions potentielles permettant l'apparition d'une nouveauté qui puisse prendre la forme d'une perception, d'une modification de l'un des systèmes. Admettre que cette nouveauté étant imprédictible et irréductible elle ne puisse pas uniquement faire l'objet d'une étude par les sciences expérimentales telle que nous les connaissons aujourd'hui. - D'appuyer les initiatives valorisant la subjectivité de notre pratique tout en créant de l'intersubjectivité pour construire du commun autour du partage de l'expérience ostéopathique, notamment dans des groupes de supervision de thérapeute. Cela renforcerait par la même occasion la dimension éthique de la relation de soin des ostéopathes. Conclusion Concluons en rappelant que cet exposé n'affirme pas que le réductionnisme doit être délaissé par les ostéopathes, mais plutôt qu'il se doit d'être systématiquement enchâssé dans une réflexion plus globale. Comme le propose E. Morin, la pensée complexe se doit de distinguer et de joindre en même temps dans une même opération [11]. De cette manière l'ostéopathie pourra continuer de s'enrichir de chaque nouvelle découverte scientifique tout en acceptant que la science expérimentale ne pourra peut-être jamais rendre compte de ce qui est réellement en jeu dans notre pratique. La rencontre entre le patient et l'ostéopathe nécessite que le thérapeute soit présent sans être centré sur lui mais en étant conscient du soi-percevant. L'originalité de l'ostéopathie est de proposer une discipline qui accepte l'individu qui la pratique dans l'intégralité de son être. En proposant comme principal outil d'investigation la perception, l'ostéopathie accepte d'emblée qu'il y ait autant de formes d'ostéopathies qu'il y a d'ostéopathes percevants. Cette richesse se doit d'être sauvegardée en s'interdisant de rendre l'ostéopathie « non-opérateur dépendant ». Références 1. J.M. Gueullette, L'ostéopathie, une autre médecine, Rennes, PUR, 70, 59-68, 181, 130 (2014). 2. World Health Organization, Benchmarks for Training in Osteopathy, 1 (2010). 3. W. Salem, Y. Lepers, Vers une ostéopathie progressiste, Mains libres, 3, 4-5 (2018). 4. J.S. Mill, De la composition des causes, Paris, Librairie Philosophique de Ladrange, 405-414 (1866). 5. O. Sartenaer, Définir l'émergence, Revue des Questions Scientifiques, 181-3, 372 (2010). 6. Aristote, La Métaphysique, 2, Paris, Vrin, 474 (1986). 7. F. Revol, La nouveauté dans l'histoire de la nature, Paris, Vrin, 218 (2015). 8. J. Kim, Physicalism, or something Near Enough, Princeton, Princeton University Press, chap.2 (2005). 9. O. Sartenaer, Qu'est-ce que l'émergence, Paris, Vrin, 56-64 (2018). 10. P. Vermersch, L'entretien d'explicitation, Paris, ESF (2010). 11. E. Morin, Introduction à la pensée complexe, Paris, Seuil, 103-104 (2005). Voir en ligne : The philosophy of Emergence and Complexity in the service of Osteopathy : in search of an epistemology of osteopathy in dialogue with contemporary philosophy L'Ostéo4pattes - Site de l'Ostéopathie remercie les auteurs, Jean Fiore et Marjolaine Bouaissier, ainsi que Web Of Conférence de l'avoir autorisé à publier la traduction de l'article original.
  • Mieux comprendre A. T. Still

    17 février, par Crystle Numan — Histoire et Philosophie
    Sommaire Josué Jésus Paul Lazare Rassembler tout cela Notes Crystle Numan - Mieux comprendre A. T. Still au travers de ses références bibliques - The osteopathyst - Canadian Journal of Osteopathy n° 5 Winter 2015, p. 21-22 Traduction Pierre Tricot 2016 - Titre original : Understanding A. T. Still Better through His Biblical References - The osteopathyst Dans toute son Autobiographie, A. T. Still se sert souvent du contexte religieux qui a été le sien. En tant que fils de prêcheur, ayant lui-même parcouru quelques circuits itinérants, il connaissait très bien la Bible et dans Autobiographie (1897), il fait souvent allusion à des histoires ou des versets qui en sont issus pour étayer son point de vue. Josué Une histoire revient souvent – avec un nom mentionné plus d'une fois - celui de Josué (chapitres 11, 19 et 27). Josué est mentionné dans le Deutéronome et dans son livre éponyme. Après qu'il fut dit à Moïse qu'il ne conduira pas son peuple, les Hébreux, vers la Terre Promise, celui-ci choisit Josué pour lui succéder. Malgré le fait que Moïse avait libéré les Hébreux de l'esclavage en Égypte et les avait conduits à travers le désert, la tâche de conquérir le pays de Canaan (la Terre Promise) et de s'y établir fut dévolue à Josué. Dès lors que Still a nommé son fils Josué (son fils étant la représentation anthropomorphique de l'Ostéopathie – voir chapitre 11), peut-être s'est-il placé dans le rôle de Moïse, appelé par Dieu pour libérer son peuple de l'esclavage de la médecine et des drogues. Cependant, Still ne pouvait que commencer cette tâche et devait la transmettre à un successeur, l'Ostéopathie, nous implorant de demeurer justes relativement à ses objectifs. Au chapitre 11, Still dit à Josué son ‛fils' de commander au soleil et à la lune de la mort de s'arrêter » [ 1 ] Au cours d'une des batailles d'Israël contre ses ennemis à Canaan, Josué demanda au soleil et à la lune de s'arrêter pour lui donner le temps de détruire complètement ses ennemis à la lumière du jour, afin qu'il puisse les voir (Josué 10:12-14). Plus tard dans son autobiographie, le Dr Still indique sa complète foi en Josué (Ostéopathie) qui « bientôt commandera aux soleils et aux lunes de s'arrêter » (chapitre 27) [ 2 ]. Tout au long du chapitre 11 Still liste successivement tous les ennemis que Josué combat et détruit. Les premiers chapitres du Livre de Josué énumèrent toutes les tribus conquises par Josué afin de nettoyer le pays au profit des Hébreux. Au chapitre 19, Still nous demande de répondre fortement à m'Ostéopathie : « Choisissez aujourd'hui celui que vous voulez servir. » [ 3 ] Il s'agit là d'une citation directe tirée de la fin du Livre de Josué, lorsque Josué, âgé, après avoir redit au peuple d'Israël tout ce que Dieu a fait pour eux, leur demande de garder ou non tous les commandements de Dieu. Il est intéressant de noter que le peuple d'Israël a répondu par l'affirmative : « Et le peuple dit à Josué : Nous servirons l'Eternel, notre Dieu, et nous obéirons à sa voix. (Josué 24:24) ; pourtant, le Livre des Juges qui suit immédiatement celui de Josué liste à n'en plus finir les générations d'Hébreux qui n'ont pas suivi les commandements et se sont tournées vers d'autres dieux. D'une certaine manière, il semble que l'histoire d'Ostéopathie ait suivi un chemin quelque peu similaire une fois parti le Dr Still. À travers toute la suite de l'histoire d'Israël, le peuple ne cesse de tourner le dos à Dieu – qui sans arrêt leur offre le pardon et une autre chance – jusqu'à la naissance du nouveau Sauveur, Jésus qui n'est en fait qu'une variante de Josué. Jésus Le Dr Still utilise quelques références à Jésus, pourtant certaines paraissent presque hyperboliques et semblent plutôt humoristiques. En d'autres mots, elles n'ont pas aidé à construire son argumentation. Au chapitre 30, il compare sa naissance à celle de Jésus. Dans l'histoire de la nativité de Jésus, il y avait dans le ciel une étoile particulière et la visite des Mages (hommes sages) venant de l'Orient (Matthieu 2). Still évoque sa propre naissance en disant « Quelque chose d'étrange venait d'apparaître à près de cinq kilomètres à l'ouest de Jonesville. Les hommes sages de l'est et les femmes de l'ouest se rassemblèrent. » (p. 195 édition française). Au chapitre 26, Still affirme que l'un des miracles de guérison de Jésus était ostéopathique : « Lorsque le Christ rétablit le bras atrophié, il savait comment articuler la clavicule avec l'acromion, libérant veine et artère sous-clavières pour qu'elles accomplissent leurs fonctions. » (p. 174 édition française) (Matthieu12:19 et Marc 3:1-6). Ces comparaisons quelque peu célèbres dans lesquels Still se compare à des personnages messianiques sont particulièrement intéressantes. Paul Au chapitre 9, le Dr Still se compare à l'apôtre Paul, connu pour argumenter avec les gens pour les convertir à devenir disciples de Jésus Christ. Par la suite, Still compare Macon à Athènes, où Paul avait prêché. Athènes était une cité où l'on discutait les nouvelles idées et Paul découvrit qu'ils avaient même un sanctuaire dévolu au « Dieu Inconnu » afin de n'offenser aucune divinité qu'ils pourraient avoir oublié. Paul leur dit qu'ils ignoraient ce qu'ils adoraient – mais que lui, Paul, allait maintenant leur parler de ce Dieu. À la fin du débat, quelques-uns se moquèrent de lui, mais certains se convertirent. Paul partit alors pour Corinthe où une grande église était en train de naître et où il fut le destinataire de deux importantes lettres qui sont devenues deux livres de la Bible. De la même manière, la plupart des habitants de Macon étaient opposés à Still : certains le considéraient même comme suppôt de Satan, alors que d'autres s'en remettaient aux drogues ou au poison pour se soigner, alors même qu'ils ne les comprenaient pas. Il y avait dans Macon quelques personnes qui croyaient en ce que faisait Still et ultérieurement, il y fut bien reçu. Mais au départ, il fut rejeté et de là, partit pour Kirksville où il s'installa et créa son cabinet, puis plus tard, l'ASO. Le Dr Still disait de Macon : « Ils pleurèrent et se lamentèrent parce qu'ils ne discernaient pas la vérité du mensonge » (chapitre 9, p. 62 édition française). Lazare Au chapitre 19, Still compare les ostéopathes à la parabole de Lazare parce que les ostéopathes recevaient seulement les miettes que le monde médical voulait bien leur donner : les cas incurables. Jésus racontait la parabole d'un pauvre homme appelé Lazare qui n'avait à manger que les miettes tombant de la table d'un homme riche. Lorsque les deux hommes moururent, le pauvre homme se retrouva avec Abraham (et par conséquent avec Dieu) et le riche se retrouva dans la place de la mort. Dans sa souffrance, l'homme riche demande à Lazare de tremper son doigt dans l'eau froide pour le soulager de la souffrance de la flamme. Ce soulagement lui est refusé et il lui est dit : « souviens-toi que pendant ta vie, tu as eu tout ce que tu voulais, et Lazare rien. Ainsi est-il aujourd'hui dans le confort et toi dans la torture » (Luc 16:25) [ 4 ] Alors, l'homme riche demande à ce que le pauvre homme soit autorisé à revenir dans le royaume de la vie pour avertir ses cinq frères afin qu'ils ne finissent pas comme lui. Cette demande est également rejetée au motif qu'ils ne seraient même pas persuadés par quelqu'un revenant de la mort [ 5 ]. Il y a bien plus dans la parabole de Jésus que la partie à laquelle Still fait référence mais il se peut qu'en mentionnant Lazare, il ait eu une partie de cette histoire à l'esprit. Rassembler tout cela Il semble certain que Still agençait ses propos à dessein et que toutes ces références bibliques ont pu être comprises par ses contemporains comme ayant une signification plus profonde. La connaissance de l'origine de ses références aide à comprendre ce que Still désirait exprimer. À la fin du chapitre 25, il implore les ostéopathes de laisser briller leur lumière devant les hommes (Autobiographie) [ 6 ] « ... afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux (Matthieu 5:16) » [ 7 ] Still termine alors ce chapitre en ajoutant « une science » [ 8 ] à ce qui constituait une des premières affirmations de la foi ou credo de l'Église catholique : « il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous. » (Éphésien 4:5-6). Cela vient immédiatement après que l'apôtre Paul ait encouragé l'église à demeurer unifiée, ce qui est aujourd'hui également pertinent dans le contexte ostéopathique actuel. Notes Tous les passages des écritures sont tirés de New Living Translation, Tyndale House Publishers Inc. (1996) pour l'anglais et pour le français, Louis Second, (1910). Toutes les références sont tirées des chapitres de l'Autobiographie d'A. T. Still (1897) accessible (en anglais) sur Internet : www.mcmillinmedia.com/eamt/files/still3/st3cont.html 1. « Toi, comme le Josué de l'ancien testament, tu dois commander au soleil et à la lune de la mort de demeurer silencieux et si tu sais commander l'armée des victorieux, il se tiendront cois. » p. 78 édition française. 2.« Pendant des années, je l'entraînais avec soin pour être un habile escrimeur car je savais que de très durs combats seraient à mener dès que le garçon attaquerait les vieilles théories ne pouvant se vanter d'aucun mérite, si ce n'est l'âge et la tradition. Je savais que bientôt mon Josué commanderait à ces soleils et ces lunes de se tenir cois et les ferait obéir à la lettre. » p. 180 édition française. 3. « L'un des chemins est celui de l'homme ; il est incertain, l'autre est la méthode de Dieu ; elle est infaillible. Choisissez aujourd'hui celui que vous voulez servir. » p. 134 édition française. 4. (Luc 16:25) : « Abraham répondit : Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne ; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres. » 5. (Luc 16:31) : « Et Abraham de répondre : S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu'un des morts ressusciterait. » 6. Laissez briller votre lumière devant les hommes au point que tout le monde saura que vous êtes un ostéopathe pur et simple et qu'aucun titre ne peut rendre un homme plus fier (p. 170 édition française). 7. Matthieu 5:16 : « Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. » 8. « Demeurez du côté de la « vieille bannière » de l'ostéopathie dont les replis voltigeants sont blasonnés en lettres d'or : « Une science, un Dieu, une Foi et un Baptême. » (p. 170 édition française). Voir en ligne : Understanding A. T. Still Better through His Biblical References Le Site de l'Ostéopathie remercie Crystle Numan et la rédaction de The Ostheopathist de l'avoir autorisé à publier cet article
  • Arrêté du 9 février 2021

    14 février, par Jean Louis Boutin — Lois, décrets & arrêtés
    Sommaire Article 1 TITRE Ier MODALITÉS D'ADMISSION Article 2 TITRE II - DÉROULEMENT DE (...) Article 3 Article 4 TITRE III - MODALITÉS DE (...) Article 5 Article 6 TITRE IV - DISPOSITIONS (...) Article 7 Article 8 Arrêté du 9 février 2021 relatif à l'adaptation des modalités d'admission, aux aménagements de formation et aux modalités de délivrance des diplômes d'ostéopathe et de chiropracteur dans le cadre de la lutte contre la propagation de la covid-19 NOR : SSAH2017289A - JORF n°0036 du 11 février 2021 - Texte n° 66 ELI : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/... Le ministre des solidarités et de la santé et la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, Vu le code de l'éducation ; Vu le code du travail ; Vu la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 modifiée relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, notamment son article 75 ; Vu la loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 d'urgence pour faire face à l'épidémie de covid-19, notamment son article 11 ; Vu la loi n° 2020-546 du 11 mai 2020 prorogeant l'état d'urgence sanitaire et complétant ses dispositions, notamment son article 1er ; Vu la loi n° 2020-1379 du 14 novembre 2020 autorisant la prorogation de l'état d'urgence sanitaire et portant diverses mesures de gestion de la crise sanitaire, notamment son article 1er ; Vu l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ; Vu l'ordonnance n° 2020-351 du 27 mars 2020 relative à l'organisation des examens et concours pendant la crise sanitaire née de l'épidémie de covid-19 ; Vu l'ordonnance n° 2020-1694 du 24 décembre 2020 relative à l'organisation des examens et concours pendant la crise sanitaire née de l'épidémie de covid-19 ; Vu le décret n° 2014-1505 du 12 décembre 2014 relatif à la formation en ostéopathie ; Vu le décret n° 2018-91 du 13 février 2018 relatif à la formation en chiropraxie ; Vu le décret n° 2020-663 du 31 mai 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire, notamment ses articles 28 et 31 ; Vu le décret n° 2020-1257 du 14 octobre 2020 déclarant l'état d'urgence sanitaire ; Vu le décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire ; Vu l'arrêté du 12 décembre 2014 relatif à la formation en ostéopathie ; Vu l'arrêté du 13 février 2018 relatif à la formation en chiropraxie, Arrêtent : Article 1 Afin de faire face aux conséquences de la propagation de la covid-19 et de la gestion de la crise sanitaire qui en résulte, le présent arrêté prévoit les ajustements concernant l'admission, la formation et la certification des formations pour les diplômes d'ostéopathe et de chiropracteur. TITRE Ier MODALITÉS D'ADMISSION Article 2 En accord avec l'agence régionale de santé et lorsque la situation exceptionnelle liée à la crise sanitaire le justifie, l'admission dans les formations conduisant aux diplômes d'ostéopathe et de chiropracteur peut être aménagée pour l'ensemble des candidats selon les modalités suivantes : 1. Organisation de l'entretien d'admission prévu à l'article 1er de l'arrêté du 12 décembre 2014 susvisé via les outils de communication à distance ; 2. Organisation de l'entretien d'admission et des éventuelles épreuves de sélection prévues à l'article 1er de l'arrêté du 13 février 2018 susvisé via les outils de communication à distance. TITRE II - DÉROULEMENT DE LA FORMATION Article 3. En accord avec l'agence régionale de santé et lorsque la situation exceptionnelle liée à la crise sanitaire le justifie, des aménagements d'unités d'enseignement peuvent être mis en place pour l'ensemble des étudiants de la promotion concernée. Ces aménagements peuvent concerner les modalités pédagogiques - y compris en distanciel - les thématiques, les évaluations et les délais de restitution des travaux, sans toutefois modifier les objectifs décrits dans les unités d'enseignement, ainsi que les évaluations. Selon la situation d'urgence sanitaire constatée sur le territoire d'implantation de l'établissement de formation, l'unité d'enseignement de la dernière année de formation dont la validation consiste en un mémoire avec présentation orale, est évaluée et validée le cas échéant en l'absence d'argumentation orale. Celle-ci peut éventuellement être organisée à distance en prenant les mesures de sécurisation permettant d'éviter toute fraude. Dans le cadre de ces aménagements et en fonction de la nature de la participation de l'étudiant à la gestion de la crise sanitaire liée à la lutte contre l'épidémie de la covid-19, une partie des heures qu'il réalise à l'occasion de cette participation à la gestion de crise sanitaire peut être incluse dans les heures de formation pratique clinique. Des heures de formation pratique clinique peuvent être validées par des travaux écrits en lien avec les objectifs prévus, notamment lorsqu'une partie n'a pu être réalisée du fait de la crise sanitaire, ou de manière exceptionnelle par des mises en situations simulées ou en augmentant le volume d'heures des stages externes. La substitution des heures de formation pratique clinique par des travaux écrits, des mises en situation simulées ou des heures de stages externes ne peut dépasser 15 % du volume annuel de formation clinique prévu pour la formation en ostéopathie. Les aménagements retenus par chaque établissement de formation sont validés par le conseil scientifique et le conseil pédagogique. Les épreuves d'évaluation et de validation des unités d'enseignement pour les deux formations et le certificat de compétences cliniques prévu à l'article 11 de l'arrêté du 13 février 2018 susvisé peuvent être organisées par voie dématérialisée. L'établissement veille au respect de l'égalité de traitement des étudiants et des mesures de sécurisation afin d'éviter toute fraude. Article 4 En accord avec l'agence régionale de santé, des unités d'enseignement ou des périodes de formation clinique peuvent être délivrées ou validées au cours d'une autre année de formation, pour l'ensemble des étudiants de la promotion concernée, dès lors que la situation d'urgence sanitaire sur le territoire le justifie. Ces modifications ne concernent pas la dernière année de formation. Par dérogation aux articles 12 à 15 de l'arrêté du 12 décembre 2014 susvisé, les modifications apportées peuvent modifier le positionnement des unités d'enseignement dans les années de formation. Le passage dans l'année supérieure est adapté en conséquence. Par dérogation aux articles 14 à 17 de l'arrêté du 13 février 2018 susvisé, les modifications apportées peuvent impacter le nombre de crédits attribués dans les années concernées. Lorsque ces modifications impactent deux années de formation, le nombre de crédits acquis pour passer dans l'année supérieure est ajusté en conséquence. TITRE III - MODALITÉS DE VALIDATION ET DE DÉLIVRANCE DU DIPLÔME Article 5 Les membres de la commission de validation des unités de formation et des compétences professionnelles peuvent participer aux réunions et aux délibérations par tout moyen de communication permettant leur identification et garantissant la confidentialité des débats. Une commission supplémentaire peut être réunie à titre exceptionnel jusqu'au 31 décembre de l'année concernée pour examiner les résultats des étudiants aux épreuves de contrôle continu des différentes unités d'enseignement et les évaluations des périodes de formation pratique clinique. Elle se prononce sur la validation des connaissances et des compétences professionnelles et, le cas échéant, sur l'attribution des ECTS, en vue de la délivrance du diplôme. Article 6 Selon la situation d'urgence sanitaire constatée sur le territoire, les établissements n'ayant pas pu, du fait de la crise sanitaire, réaliser la totalité des consultations cliniques prescrites peuvent en réaliser une partie sous forme de mises en situation simulées ou de téléconsultations. Le nombre de consultations cliniques concernées par ces modalités ne peut excéder 20 % en accord avec le conseil scientifique et le conseil pédagogique. Les évaluations des compétences réalisées lors des téléconsultations sont prises en compte. TITRE IV - DISPOSITIONS FINALES Article 7 Les dispositions du présent arrêté sont applicables pour les années scolaires 2019-2020 et 2020-2021 lorsqu'elles ont directement pour objet de prévenir les conséquences de la propagation de la covid-19 ou de répondre à des situations résultant de l'état d'urgence sanitaire déclaré en application de l'article 1er du décret n° 2020-1257 du 14 octobre 2020 susvisé. Les modalités d'admission prévues à l'article 2 peuvent être maintenues pour la rentrée de septembre 2021 en cas de besoin liés à la crise sanitaire. Les mesures d'adaptation prises en application du présent arrêté font l'objet d'une information auprès des étudiants concernés. Article 8 Le présent arrêté sera publié au Journal officiel de la République française. Fait le 9 février 2021. Le ministre des solidarités et de la santé, Pour le ministre et par délégation : La sous-directrice des ressources humaines du système de santé, K. JULIENNE La ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, Pour la ministre et par délégation : La directrice générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle, A.-S. BARTHEZ Voir en ligne : Arrêté du 9 février 2021 relatif à l'adaptation des modalités d'admission, aux aménagements de formation et aux modalités de délivrance des diplômes d'ostéopathe et de chiropracteur dans le cadre de la lutte contre la propagation de la covid-19
  • Réglementation des cartes professionnelles de santé

    11 février, par Jean Louis Boutin — Questions ostéos
    Sommaire Question écrite n° 36233 de (...) Question écrite n° 36235 de (...) Question écrite n° 36016 de (...) Question écrite n° 36012 de (...) Question écrite n° 36015 de (...) Objet : Réglementation des cartes professionnelles de santé Question écrite n° 36233 de Mme Emmanuelle Anthoine (LR - Drôme) publiée au JO le 09/02/2021 page 1082 Mme Emmanuelle Anthoine interroge M. le ministre des solidarités et de la santé sur les cartes professionnelles de santé. La carte professionnelle de santé est une carte d'identité professionnelle électronique dédiée aux secteurs de la santé et du médico-social. Elle permet à son titulaire d'attester de son identité et de ses qualifications professionnelles. Il s'agit d'un outil pour sécuriser le partage des données de santé entre professionnels soignants, ce qui est indispensable à toute prise en charge pluridisciplinaire. La carte professionnelle de santé ouvre effectivement accès à la transmission des feuilles de soins électroniques, aux messageries sécurisées entre professionnels, via le système « MSSanté », à la création, la consultation et l'alimentation des dossiers médicaux partagés, etc. Pour autant, la réglementation actuelle n'autorise pas la délivrance de ces cartes professionnelles de santé à l'ensemble des professions médicales. Les diététiciens libéraux, les ergothérapeutes libéraux, les chiropracteurs, les ostéopathes, les psychologues, les psychomotriciens et les psychothérapeutes sont ainsi exclus de l'accès aux cartes professionnelles de santé. Ces professionnels de santé ne peuvent donc pas échanger et partager de données de santé avec les autres acteurs médicaux et ce, même lorsqu'ils exercent ensemble dans la même maison de santé pluridisciplinaire. Cet écueil administratif porte préjudice à la sécurité des échanges de données de santé entre professionnels, en ne permettant pas l'accès aux outils sécurisés à un ensemble de professions médicales, au détriment de l'intérêt des patients. Aussi, elle aimerait savoir si le Gouvernement entend faire évoluer la réglementation afin de permettre l'accès aux cartes professionnelles de santé à l'ensemble des professions médicales. Source : https://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-36233QE.htm Question écrite n° 36235 de M. Jean-Michel Jacques (LReM - Morbihan) publiée au JO le 09/02/2021 page 1083 M. Jean-Michel Jacques attire l'attention de M. le ministre des solidarités et de la santé sur la délivrance des cartes de professionnel de santé (CPS) entre les différentes professions libérales soignantes. La carte de professionnel de santé dédiée aux secteurs de la santé et du médico-social, permet à son titulaire d'attester de son identité et de ses qualifications professionnelles. Elle constitue un instrument essentiel du dispositif de sécurité des systèmes d'information de santé, puisqu'elle permet notamment de sécuriser les échanges et le partage des données médicales personnelles pour en protéger la confidentialité entre les professionnels soignants. Toutefois, l'actuelle réglementation en vigueur ne permet pas la délivrance de ces cartes envers certaines professions libérales dont les diététiciens, les ergothérapeutes, les chiropracteurs, les ostéopathes, les psychologues, etc. Ces professionnels ne peuvent ainsi échanger et partager de manière sécurisée avec leurs collègues, exerçant parfois dans un même ensemble, au sein d'une maison de santé pluri-professionnelle par exemple. Aussi, il souhaiterait savoir si le Gouvernement entend étendre la délivrance des CPS à ces autres professionnels de santé afin d'assurer une continuité des soins délivrés de façon sécurisée et de garantir la prise en charge pluridisciplinaire accordée aux patients. Source : https://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-36235QE.htm Question écrite n° 36016 de M. Ludovic Pajot (Non inscrit - Pas-de-Calais) publiée au JO le 02/02/2021 page 866 M. Ludovic Pajot attire l'attention de M. le ministre des solidarités et de la santé sur la règlementation applicable aux cartes professionnelles de santé. Ces cartes d'identité professionnelles électroniques dédiées au secteur de la santé et du médico-social sont des outils permettant à leurs titulaires de valider leurs identités mais aussi leurs qualifications professionnelles. L'Agence du numérique en santé (ANS) les qualifie également d'instruments essentiels au dispositif de sécurité des systèmes d'information de santé. Ces cartes permettent en effet une sécurisation des échanges et du partage de données médicales personnelles entre professionnels de la santé. En pratique, de nombreux patients nécessitent l'intervention de plusieurs catégories de professionnels de santé et il est donc important qu'un transfert sécurisé des données à caractère personnel puisse être réalisé efficacement. Dans le quotidien des soignants, ces outils numériques sont indispensables pour faciliter l'exercice de leur activité, que ce soit pour la transmission des feuilles de soins électroniques ou encore la consultation des dossiers médicaux partagés. L'unification permise sur l'ensemble du territoire grâce à ce dispositif doit être pérennisée. Pour davantage d'efficacité, il pourrait être envisagé d'étendre ce dispositif à davantage de professionnels libéraux qui en sont aujourd'hui exclus, comme c'est le cas notamment pour les ostéopathes. Dans cette optique, il lui demande donc de bien vouloir lui faire un état des lieux de la situation, ainsi que de lui faire part des possibilités d'extension éventuelle de ce dispositif à des professions libérales qui en sont jusqu'à présent exclues. Source : https://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-36016QE.htm Question écrite n° 36012 de M. Christophe Naegelen (UDI et Indépendants - Vosges) publiée au JO le 02/02/2021 page 864 M. Christophe Naegelen appelle l'attention de M. le ministre des solidarités et de la santé sur les cartes professionnelles de santé, dont la réglementation apparaît injustement discriminatoire entre les différentes professions libérales soignantes et gêne le développement de la pluridisciplinarité des prises en charge des patients. La carte professionnelle de santé (CPS), qualifiée par l'Agence du numérique en santé (ANS) comme une « carte d'identité professionnelle électronique dédiée aux secteurs de la santé et du médico-social », permet à son titulaire d'attester de son identité et de ses qualifications professionnelles et constitue un instrument essentiel du dispositif de sécurité des systèmes d'information de santé puisqu'elle sécurise les échanges et le partage des données médicales personnelles pour en protéger la confidentialité. Il s'agit donc d'un outil important pour sécuriser le partage des données de santé entre professionnels soignants, lequel est indispensable à toute prise en charge pluridisciplinaire. La CPS, dotée d'un système de protection haute, a été créée pour permettre des usages utiles tels que la transmission des feuilles de soins électroniques, les messageries sécurisées entre professionnels via le système « MSSanté », la signature électronique avec un processus d'authentification forte, la sécurisation de l'accès à certains logiciels utilisés par les professionnels, la création, l'alimentation et la consultation des dossiers médicaux partagés, l'accès à certains téléservices nationaux ou régionaux contenant des données de santé ou proposant des espaces collaboratifs destinés aux professionnels soignants, etc. Pourtant, l'actuelle réglementation n'autorise la délivrance de ces cartes qu'au profit de certaines professions, voire certains statuts. Ainsi, les professionnels libéraux exerçant notamment en qualité de diététiciens, ergothérapeutes, chiropracteurs, ostéopathes, psychologues, psychomotriciens et psychothérapeutes en sont privés. Cette ineptie les empêche d'échanger et partager, de manière sécurisée, avec leurs collègues, y compris lorsqu'ils exercent ensemble au sein d'une maison de santé pluridisciplinaire. Cela n'a aucun sens et favorise l'utilisation de canaux moins protecteurs des données de santé, dont on sait qu'elles constituent un enjeu majeur en santé et pour les patients. C'est pourquoi il lui demande si le Gouvernement a l'intention de faire évoluer la réglementation en la matière afin que l'ensemble des professionnels libéraux soignants puisse obtenir une CPS. Source : https://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-36012QE.htm Question écrite n° 36015 de Mme Bérengère Poletti (LR - Ardennes) publiée au JO le 02/02/2021 page 866 Mme Bérengère Poletti attire l'attention de M. le ministre des solidarités et de la santé sur la réglementation des cartes professionnelles de santé (CPS) qui apparaît comme discriminatoire entre les différentes professions libérales soignantes et gêne le développement de la pluridisciplinarité des prises en charge dans l'intérêt supérieur des patients. Pour rappel, la carte professionnelle de santé (dite « CPS »), qualifiée par l'Agence du numérique en santé (l'ANS) comme une « carte d'identité professionnelle électronique dédiée aux secteurs de la santé et du médico-social [qui] permet à son titulaire d'attester de son identité et de ses qualifications professionnelles », constitue, toujours selon l'ANS, « un instrument essentiel du dispositif de sécurité des systèmes d'information de santé » puisqu' « elle sécurise les échanges et le partage des données médicales personnelles pour en protéger la confidentialité ». Il s'agit donc d'un outil important pour sécuriser le partage des données de santé entre professionnels soignants, lequel est indispensable à toute prise en charge pluridisciplinaire. C'est pour permettre l'échange, en toute sécurité, que la carte professionnelle de santé a été créée avec les usages qui y ont été associés. Parallèlement, de nombreux « logiciels métiers », particulièrement nécessaires au sein des maisons de santé pluridisciplinaires, utilisent les CPS comme moyen d'authentification du professionnel puisque ces cartes sont dotées d'un système de protection haute. En effet, la protection des données de santé à l'heure de leur informatisation est un enjeu crucial qui a encore récemment été rappelé par la CNIL, dont la formation restreinte a sanctionné deux médecins pour avoir insuffisamment protégé les données personnelles médicales de leurs patients. Pour éviter cela, la CPS est un outil indéniable puisque, outre l'accès à un niveau de sécurité garanti par l'État, sa délivrance par l'ANS permet l'émergence d'un même système sur tout le territoire français pour favoriser les échanges entre tous les professionnels soignants (sans qu'ils ne soient tentés de communiquer par des canaux non protégés). Pourtant, l'actuelle règlementation n'autorise la délivrance de ces cartes qu'au profit de certaines professions, voire certains statuts, comme l'indique l'ANS sur son site internet, mais en excluant certaines professions libérales exerçant notamment en qualité de diététiciens, ergothérapeutes, chiropracteurs, ostéopathes, psychologues, psychomotriciens et psychothérapeutes. À juste titre, les intérêts des professions libérales soignantes (IDPLS) qualifient cette situation d'injuste et expliquent que cela tend à favoriser l'utilisation de canaux moins protecteurs des données de santé. Elle souhaiterait donc savoir quelles solutions il entend mettre en place en matière d'évolution de la réglementation des cartes professionnelles de santé. Source : https://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-36015QE.htm