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Publié : 13 septembre 2014

Ostéo4pattes,

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Revue d’ostéopathie comparée, rassemblements d’ostéopathes, édition de contenu sur l’ostéopathie, rencontres annuelles d’ostéopathie.

  • Référentiel de formation des ostéopathes à la croisée des chemins…..

    19 février, par Jean François Marchand — 4 - Formation / Recherche
    Sommaire Bibliographie Notes Résumé Dans le cadre de cet article, nous proposons de survoler les modifications apportées par le nouveau cadre réglementaire pour les ostéopathes, de comprendre l'implication des règles imposées par un référentiel de formation, de comprendre les tensions et résistances des acteurs et de saisir l'opportunité de mieux cerner « le travail » de l'ostéopathe. L'éclairage apporté par plusieurs auteurs permettra au plus grand nombre de se faire une idée précise de ce qui se passe actuellement sur le contenu de la formation des ostéopathes. Il appartient à chaque décideur, à chaque direction, aux responsables associatifs, aux formateurs et tuteurs, de prendre toute la mesure du travail qui reste à faire. Introduction Suite au rapport rendu public en mai 2012, l'inspection générale des affaires sociales (IGAS) avait mis en avant un encadrement insuffisant des conditions d'agrément des écoles et une importante hétérogénéité de la qualité des formations dispensées. Un nouveau cadre réglementaire, élaboré au terme d'une concertation avec l'ensemble des représentants de la profession, définissait des critères précis et exigeants sur la base desquels l'ensemble des établissements de formation en ostéopathie devaient solliciter un nouvel agrément pour se mettre en conformité pour la rentrée 2015 avec les nouvelles dispositions du décret. Un décret du Ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, publié le 14 septembre 2014 au Journal officiel [1], fixe les nouveaux critères permettant aux établissements de dispenser une formation officielle en ostéopathie. Par ailleurs, un nouveau référentiel activités-compétences-formation en ostéopathie, élaboré conjointement par le ministère chargé de la Santé et le ministère de l'Éducation nationale a été publié pour une mise en œuvre dans tous les établissements à compter de la rentrée 2015 [2]. Comme tous les métiers « du travail sur autrui », où la dimension relationnelle est essentielle et complexe, le travail se déroule dans le cadre d'un système de normes organisationnelles qui n'échappent pas aux réformes institutionnelles qui participent à ces évolutions. Dans le domaine de la santé, la formation initiale des personnels paramédicaux connait depuis 10 ans une succession de réformes des études, des soins infirmiers (2009), en ergothérapie (2010), en pédicurie-podologie (2012), les ostéopathes (2014) et dernièrement pour la masso-kinésithérapie (2015). Ces réformes désirées ou subies par les différents acteurs de la formation (enseignants, formateurs, responsables de formation, apprenants) engendrent inévitablement divers changements et redéfinissent le travail par lui-même. Dans le cadre de cet article, nous proposons de survoler les modifications apportées par le nouveau cadre réglementaire pour les ostéopathes, de comprendre l'implication des règles imposées par un référentiel de formation, de comprendre les tensions et résistances des acteurs et, de saisir l'opportunité de mieux cerner « le travail » de l'ostéopathe. La notion de référentiel Pour reprendre les propos de Françoise Cros et Claude Raisky, le référentiel est un construit social qui clarifie les normes d'une activité, un outil de médiation normatif permettant aux activités humaines de s'y référer et de s'y rapporter, pour étudier un écart ou des différences (Foucault, 1969, p.65). Il ne correspond pas au réel ou à une réalité, mais propose un repère pour un groupe social dans le domaine de la formation, qui formalise selon des orientations normatives, des activités de formation significatives et orientées pour l'action. Le décret n° 72-607 du 4 juillet 1972 [3] relatif aux commissions professionnelles consultatives dont la version a été consolidée le 24 mai 2006 [4], détermine un tournant des formations qui ne doivent plus être structurées selon des raisons scolaires, mais selon l'ordre des finalités professionnelles visées. C'est la création des fiches métiers, puis la validation des acquis d'expérience (VAE) et la validation des acquis professionnels (VAP), pour aboutir au processus Européen de Bologne invoquant l'obligation de dresser une organisation des compétences requises dans les différentes branches de métiers. Le mot « compétence » renvoie à la maîtrise globale (Le Boterf, 2003) d'une situation sollicitant à chaque fois une reconfiguration des savoirs et des capacités auxquelles s'ajoutent les connaissances, l'expérience, les affects et l'émotion. Une compétence ne s'observe qu'à travers une performance, appréciée par le groupe professionnel concerné, mais ne permet pas de connaître les opérations qui ont permis de choisir, de mobiliser et de combiner les ressources pertinentes en temps réel de l'exercice professionnel. La compétence reste donc un construit hypothétique, une pure construction sociale. Elle ne correspond à aucune réalité observable directement et ne se laisse deviner qu'à travers ses manifestations (Delobbe, 2009 p.259). Le choix d'un référentiel de formation et ses limites Pour comprendre le choix d'un référentiel et son contenu, nous aborderons les réflexions sur le travail de mise en œuvre de la réforme des études en Masso-Kinésithérapie en 2015, puis nous soulignerons la qualité du travail de recherche de Stéphane Balas (2016) qui fait suite à sa thèse en 2011. Pour comprendre la démarche des auteurs [5], ils ont comparé plusieurs dispositifs de formation mis en place dans le secteur de la santé et du travail social au cours des années 2000 et se référant à une approche par compétence. Plusieurs autres auteurs ont montré les risques et les limites que ce soit dans le domaine de l'enseignement ou dans celui de la formation professionnelle [6]. Comme le souligne les auteurs, le texte de 1989 est un document de 20 pages constitué d'un tableau simplifié présentant les modules par année et le programme des horaires des enseignements théoriques et pratiques. Dans cet ancien dispositif, ce sont les contenus à acquérir qui étaient au centre de la conception, une plus grande liberté de gestion pour les instituts de formation et les directeurs, mais également chaque enseignant restait maître des contenus traités. Le texte instituant la réforme de 2015 est plus volumineux, intègre le cursus LMD et l'obligation d'évoluer vers l' « Universitarisation » dans les 3 premiers articles du décret. Un référentiel des activités du métier sert de base pour la construction d'un référentiel de compétences, un référentiel de formation et un référentiel de certification. La notion de compétence évolue selon le répertoire des métiers de la fonction publique Hospitalière pour se définir comme « la maîtrise d'un savoir-faire opérationnel relatif aux activités d'une situation déterminée requérant des connaissances et des comportements. Cette définition est proche de l'AFNOR : « capacité éprouvée à mettre en œuvre des connaissances, savoir-faire et comportements en situation d'action, dans un contexte donné ». Nous ne sommes plus dans la notion de performance visée précédemment…. Dans les conclusions, les auteurs expliquent le retentissement de la réforme sur les acteurs, à commencer par la Direction, puis les formateurs et les tuteurs de stage. Il existe effectivement un temps consacré par la Direction pour déchiffrer et interpréter les textes de la réforme avant de les transmettre aux enseignants référents. On retrouve également des tensions chez les formateurs, tiraillés entre la valorisation des savoirs théoriques, soutenus par des apports scientifiques, et d'autre part à transmettre la motivation à transmettre les gestes surs, efficaces et à développer les compétences comprises comme la maîtrise d'un savoir-faire requérant des connaissances et des comportements mobilisables en situation de travail. On découvre également un autre levier de la réforme qui met en avant la professionnalisation secondaire des formateurs, mais qui se traduit exclusivement par la Direction en des dispositifs ou des modalités d'enseignements repensés, avec absence de dialogues et de débat entre formateurs sur l'objet même de leurs pratiques didactiques et pédagogiques. Dans son article, Stéphane Balas propose une analyse de l'activité pour plusieurs référentiels de diplômes professionnels visant à détecter les traces de contradictions vécues par les concepteurs dans l'élaboration des référentiels. Parmi les premiers constats observés, l'auteur précise qu'il existe de nombreuses contradictions intrinsèques (liées à la nature même de l'activité de conception) mais aussi extrinsèques (contradictions non réglées des prescripteurs qui impactent l'activité des concepteurs) que ces professionnels doivent « gérer » dans l'action, sans pourvoir les « régler ». Concernant le référentiel des MK en 2015, l'auteur donne l'exemple des compétences décrites, qui reprennent les intitulés des activités ou sous forme de paraphrase de l'activité. Ce qui pour S. Balas amène deux conclusions : peu de place à l'initiative humaine, comme si être compétent devait répondre exclusivement aux exigences de la tâche et non transformer la tâche prescrite en tâche effective ; d'autre part, cette proximité entre activité et compétence confirme le rôle plus évaluateur que descriptif des compétences dans les référentiels. En conclusion, il préconise de considérer les référentiels comme des normes à entretenir régulièrement et utiliser des « prétextes » à la relance régulière de dialogues au sein des groupes professionnels concernés. Étude comparative des heures de formation dans 3 référentiels Ne disposant pas de moyens d'effectuer une approche qualitative de l'objet de notre étude dans des conditions satisfaisantes, nous suggérons dans un premier temps d'aborder les contradictions retrouvées dans le référentiel de formation des ostéopathes de 2014 pour apporter des éléments de réflexions et de travail sur l'aménagement ou la refonte d'un texte qui est loin d'être un consensus malgré l'absence de réaction de la profession. Dans le tableau ci-dessous, nous avons mis en forme les heures de formation proposées dans les différentes formations, toutes dédiées au « travail sur autrui », en gardant les intitulés communs et spécifiques pour chaque référentiel. Pour améliorer la lecture, nous avons modifié la présentation du programme en 2 cycles de la formation des MK pour avoir une meilleure visibilité des heures distribuées par année et par type de cours. Pour rappel, le référentiel de formation des ostéopathes de 2014 est en partie construit sur le modèle du référentiel des Infirmiers de 2009. Si nous prenons en compte uniquement la distribution des horaires, des modalités pédagogiques et la répartition sur l'ensemble du cursus, nous constatons les points suivants : 1. Le nombre de cours magistraux, donc théoriques est 2 fois plus important chez les ostéopathes sur l'ensemble du cursus (année PACES pour MK, voir réforme [7] 2. Le nombre d'heures de stages et formation clinique est totalement disproportionné dans les 2 premières années entre les ostéopathes et les autres études. Nous avons un ratio de 1 pour 10 en défaveur des ostéopathes. 3. Nous avons un déséquilibre très important entre formation clinique et cours théoriques sur les 3 premières années chez les ostéopathes : 11% A1, 16,8% A2, 64,8% A3. 4. Pas de temps pour le Travail Personnel (TP) chez les ostéopathes 5. Pas de Travail Personnel Guidé[8] chez les ostéopathes et les MK 6. Les Travaux Dirigés [9] sont plus importants tout au long du cursus chez les ostéopathes Prenons maintenant les différents points relevés uniquement dans ce tableau pour apporter au lecteur des arguments nécessaires à sa réflexion. Nous apportons à votre connaissance les enjeux politiques et pédagogiques du choix d'un référentiel de formation dans le cadre d'un métier destiné au « travail à autrui » et basé sur de solides savoirs, savoir-faire, savoirs sensibles et savoir être. Nous avons compris que depuis les années 70, il existe de profonds changements dans l'élaboration des fiches métiers qui prédestinent les futures formations à l' « Universitérisation » des métiers autour de la santé et des besoins sociaux. Certains ostéopathes considèrent cette formule comme incontournable, d'autres préfèrent rester dans un modèle de transmission qui ne correspond plus aux pratiques actuelles. Nous allons reprendre les conditions indispensables qui permettent d'affirmer que la qualité d'une formation se joue d'abord dans sa conception comme le souligne Philippe Perrenoud. Selon l'auteur (Perrenoud, 2015), nous devons soumettre les points suivants : 1. - Une transposition didactique fondée sur l'analyse des pratiques et de leurs transformations. La formation d'ostéopathe prépare à une pratique. Il est donc nécessaire de construire la formation à partir d'une analyse réaliste des pratiques de référence si elle existe. Pourtant, une partie des décideurs, acteurs et formateurs de la profession pensent connaître la profession de l'intérieur et ne voient pas l'intérêt de procéder à une véritable enquête. On pourrait découvrir une diversité, voire une ou des divergences, difficiles à gérer dans une formation qui a besoin de communiquer sur l'unité du métier enseigné. 2. - Un référentiel de compétences clés Un référentiel de compétences doit être un outil de travail, ouvert, évolutif, qui propose un langage commun pour penser la formation. Il doit être structuré et argumenté et pas uniquement copié. On propose parfois de distinguer compétences et capacités, ou compétences et éléments de compétences. Il n'est donc pas utile d'emboîter les compétences comme des poupées russes ou comme un listing. C'est une des raisons qui nous ont incité à faire cet article car tout le monde semble aborder le référentiel de 2014 comme un mode d'emploi, ou comme un calque transposable à l'évaluation. 3. - Un plan de formation organisé autour des compétences La mise en place d'un référentiel doit être l'organisateur de la formation professionnelle, donc mettre en avant des dispositifs qui permettent de construire, de mettre en œuvre et d'évaluer des compétences. Les savoirs acquis deviennent des ressources qui prennent sens par rapport aux maîtrises professionnelles visées. Ce qui veut dire, notamment, qu'une formation de qualité ne place pas toutes les connaissances théoriques en début de parcours avec le message classique : « Assimilez tous les savoirs, vous comprendrez plus tard à quoi ils servent ». Il faut demander à chaque formateur, chaque discipline, chaque module, de mettre en demeure de penser et expliciter leur contribution spécifique à la formation des compétences visées en fin de parcours. Un formateur ne doit pas donner trop d'importance à sa discipline et à son enseignement, en revanche il doit montrer en quoi les savoirs sont des ressources pour l'action, et viser sa didactique pédagogique vers une intégration des connaissances dans l'action. 4. - Un apprentissage par problèmes Certaines facultés de médecine ont supprimées presque tous les cours propédeutiques en proposant directement aux étudiants des tâches de résolution de problèmes cliniques. On devrait commencer une formation professionnelle par l'identification et la résolution de problèmes professionnels : - Pour l'étudiant, c'est une source majeure d'identification des ressources qui lui font défaut et une motivation essentielle pour aller chercher des connaissances théoriques ou des techniques à partir des problèmes qu'elles aideront à résoudre ; - C'est un entraînement à l'intégration des ressources en situation réelle ou réaliste ; Pour travailler sur des problèmes, il faut au moins 2 conditions : du temps disponible dans tous les champs disciplinaires et effectuer un travail de groupe lors de TP. Trouver un tutorat adapté avec des formateurs qui servent de précurseurs dans le dispositif et qui utilisent par exemple les « incidents critiques » comme levier de progression. 5. - Une véritable articulation entre théorie et pratique La présence de stages ne suffit pas à garantir la qualité d'une formation. Il faut parler d'alternance entre moments de stages et moments de formation théorique. L'un des problèmes majeurs est de construire une division de travail qui assure une répartition entre tous les acteurs de la formation. Il est important que les tuteurs de cliniques soient aussi bien des praticiens libéraux que des formateurs disciplinaires en respectant la posture et les objectifs pédagogiques attribués aux pratiques. Le plan de formation se présente comme une succession d'unités compactes, chacune prenant en charge l'articulation théorie pratique, avec une norme commune : en principe 40% de temps de formation sur le terrain. 6. - Une organisation modulaire et différenciée Aujourd'hui, dans n'importe quel établissement de formation, les formateurs se trouvent face à un public fortement hétérogène, sous l'angle du projet personnel, des acquis antérieurs, de la capacité d'apprendre, du rapport au savoir, aux pratiques sociales, au réel. Il faut prévoir des bilans de compétences à l'entrée et en cours de formation, à l'instar des unités de valeur qui ne garantissent rien du tout…. 7. - Une évaluation formative des compétences Une formation de qualité est évaluée et la certification finale doit établir sans aucun doute la crédibilité du titre dispensé. Pourtant l'enjeu principal se joue en amont, par l'intermédiaire d'une évaluation formative qui agit comme un outil de régulation des apprentissages pour permettre à tous les acteurs, formateurs et étudiants, d'utiliser le temps qui reste de façon optimale. 8. - Des temps et des dispositifs d'intégration des acquis Lors d'un stage, un étudiant mesure souvent l'écart entre tout ce qu'il apprend et ce qu'il parvient à en faire en situation. Il faut donc multiplier les moments et les dispositifs d'intégration, en liant la pratique en stage, également grâce à un travail à distance d'analyse de pratique, d'identification des problèmes et dilemmes professionnels, mais aussi de développement personnel. L'intégration des acquis ne se résume pas à l'articulation théorie/pratique, elle concerne la mise en relation des apports disciplinaires, la méthodologie et les logiques d'action à l'œuvre dans le travail. Attendre les derniers mois de formation pour savoir où se situe un étudiant n'est pas recevable dans une formation de qualité. Le Travail Personnel Guidé (TPG) est une réponse à cette attente. Conclusion L'objectif de cet article est d'apporter des éléments significatifs pour comprendre et apprendre les enjeux d'un référentiel de formation. Dans un deuxième temps, nous analysons de façon superficielle le référentiel de formation des ostéopathes de 2014, et qui doit permettre d'obtenir prochainement la première promotion de 5 ans entièrement formée par l'encadrement de cette réforme. Face à l'inertie des instances ostéopathiques et l'absence de retour sur l'application de ce référentiel, il était important de faire un état des lieux. Sans chercher à décrire les points de vue des uns et des autres, nous proposons un descriptif quantitatif qui permet de réfléchir sur les écarts importants rencontrés entre notre formation initiale et d'autres formations qui sont destinées « au travail d'autrui ». Nous espérons que l'éclairage apporté par plusieurs auteurs permettra au plus grand nombre de se faire une idée précise de ce qui se passe actuellement sur le contenu de la formation des ostéopathes. Il appartient à chaque décideur, à chaque direction, aux responsables associatifs, aux formateurs et tuteurs, de prendre toute la mesure du travail qui reste à faire. Bibliographie DELOBBE N. (2009)."Modèles de gestion des compétences et orientations de la formation en entreprise" in J-M Barbier, E. Bourgeois, G.Chapelle et Al., Encyclopédie de la formation, Paris : PUF, p.251-286 Françoise Cros et Claude Raisky, « « Référentiel » », Recherche et formation [En ligne], 64 | 2010, mis en ligne le 01 mai 2010, consulté le 19 avril 2019. URL : http://journals.openedition.org/rechercheformation/215 ; DOI : 10.4000/rechercheformation.215 Foucault M. (1969). L'archéologie du savoir, Paris : Gallimard Le Boterf G. (2003). Construire les compétences individuelles et collectives : la compétence n'est plus ce qu'elle était, Paris : Editions d'Organisation. Éric Maleyrot, Thérèse Perez-Roux, Charlotte Pourcelot et Pierre Hébrard, « Comprendre le travail de mise en œuvre de la réforme des études en Masso-Kinésithérapie (2015) : le cas d'un institut de formation », Activités [En ligne], 16-1 | 2019, mis en ligne le 15 avril 2019, consulté le 09 août 2019. URL : http://journals.openedition.org/activites/3853 ; DOI : 10.4000/activites.3853 Stéphane Balas. Le référentiel, un outil de formation, un instrument de développement du métier : Le métier de masseur-kinésithérapeute en référence. Education. Conservatoire national des arts et metiers – CNAM, 2011. Stéphane Balas, « Comment concevoir des référentiels de diplômes professionnels sans renoncer au travail réel ? », Activités [En ligne], 13-2 | 2016, mis en ligne le 15 octobre 2016, consulté le 09 août 2019. URL : http://journals.openedition.org/activites/2889 ; DOI : 10.4000/activites.2889 Perrenoud, P. (2015). La qualité d'une formation [professionnelle] se joue d'abord dans sa conception. v. 11, no 4, mai 1998, p. 16-22 Pédagogie collégiale. Un nouveau cadre réglementaire pour une formation officielle dès la rentrée 2015 : https://solidarites-sante.gouv.fr/professionnels/se-former-s-installer-exercer/osteopathie/osteophatie Laurence Durat et Dominique Kern, « Accompagner la réflexivité sur l'expérience : une médiation cognitive et socio-affective vers l'apprentissage », Activités [En ligne], 16-1 | 2019, mis en ligne le 15 avril 2019, consulté le 12 août 2019. URL : http://journals.openedition.org/activites/4027 ; DOI : 10.4000/activites.4027 Notes [1] Décret n° 2014-1505 du 12 décembre 2014 relatif à la formation en ostéopathie, https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2014/12/12/2014-1505/jo/texte [2] https://solidarites-sante.gouv.fr/professionnels/se-former-s-installer-exercer/osteopathie/osteophatie [3] https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000306775&categorieLien=cid#LEGIARTI000006671491. [4] https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do ;jsessionid=48E3CA731E80FD542798365EE22B07B3.tplgfr32s_2?cidTexte=JORFTEXT000000607176&dateTexte=20200215 [5] Éric Maleyrot, Thérèse Perez-Roux, Charlotte Pourcelot et Pierre Hébrard [6] (Allal, 2002 ; Crahay, 2006 ; Haberey, & Heeb, 2015 ; Ollagnier, 2002 ; Stroobants, 2002) cité p.3 [7] https://www.letudiant.fr/etudes/medecine-sante/etudes-de-sante-comment-va-se-faire-desormais-la-selection-en-premiere-annee.html [8] Les travaux personnels guidés (TPG) sont des temps de travail où les étudiants effectuent eux-mêmes certaines recherches ou études, préparent des exposés, des écrits, des projets, réalisent des travaux demandés ou encore rencontrent leur formateur et bénéficient d'entretiens de suivi pédagogique. Ces temps individuels sont guidés par les formateurs qui vérifient si les étudiants sont en capacité d'utiliser ces temps en autonomie ou ont besoin d'un encadrement de proximité. [9] Les travaux dirigés (TD) sont des temps d'enseignement obligatoire réunissant au maximum 25 étudiants. Ces cours servent à illustrer, approfondir et compléter un cours magistral en introduisant des données nouvelles qui peuvent être théoriques ou pratiques, à réaliser des exposés, exercices, travaux divers et à travailler sur des situations cliniques. Certaines matières nécessitent de majorer le nombre d'enseignements en TD afin de réaliser une formation au plus près des besoins des étudiants, visant l'individualisation des apprentissages par l'utilisation de méthodes interactives.
  • Le Traitement en Ostéopathie des séquelles des commotions cérébrales et des whiplashs

    14 février, par Bruno Ducoux — Formations et stages, ,
    Sommaire Introduction Première partie Deuxième partie Troisième partie Conclusion Le Traitement en Ostéopathie des séquelles des commotions cérébrales et des whiplashs , plus particulièrement des patients présentant des douleurs, des dysfonctions et des conséquences psychologiques et cognitives : Les spasmes 1 les 13,14,15 et 16 Juin 2020 à Bordeaux Philippe Druelle DO, ostéopathe Ce séminaire sera axé sur la pratique et sur la qualité de la palpation pour traiter les tissus lésés et les parties du corps endommagés par les accidents de la route, du sport, du travail et pour les enfants suite à des naissances difficiles. De nombreux patients présentent des symptômes cliniques objectifs et subjectifs pour lesquels il n´y a pas beaucoup de possibilités. L´Ostéopathie est très utile pour ces patients car elle offre des solutions rapides et efficaces. Philippe Druelle DO est un expert dans ce domaine et il a fait des recherche à l´Institut Chévénov avec ce type de patients qui sont significatives pour démontrer l´efficacité de l'ostéopathie pour soulager ces patients douloureux au niveau des dynamiques cérébrales. Des articles scientifiques et des publications vous seront remises lors du séminaire. Introduction : Présentation des troubles physiques et cognitifs de ces patients. Les avancées de la recherche au niveau de la neuroplasticité et de la vascularisation cérébrale. (Université de Montréal et université Mc Gill). Bilan et exemples de patients présentant des douleurs, des gènes fonctionnelles et des troubles psycho-émotionnels. Description des caractéristiques des zones cérébrales atteintes. Première partie. Préparation pour le traitement. La notion de Vasomotion et la vascularisation cérébrale. Évaluation et normalisation des dorsales hautes, de la charnière C0-C1-C2 et des compressions des parties pétreuses des temporaux. Les rôles importants de la carotide,des artères vertébrales pour la vascularisation des hémisphères. Exposé sur les dynamiques du cerveau et les sites stratégiques pour les fonctions majeures Les mouvements de croissance du cerveau en embryologie et la similitude avec les mouvements cérébraux dus au MRP. L´Importance de la dynamique des ventricules et des 3 clefs cérébrales : quatrième ventricule et le système nerveux autonome, le troisième ventricule et le thalamus,les ventricules latéraux et le système limbique. Évaluation et traitement de ces trois zones clefs. Normalisation des hémisphères cérébraux suite à des traumatismes crâniens Évaluation et traitement du tronc cérébral ***, Modélisation des interactions entre les membranes réciproques de tensions duremèriennes et la pression du cerveau, des liquides et des fluides. Solutions ostéopathiques pour les différentes sortes de céphalées. Deuxième partie Évaluation et traitement des ventricules latéraux pour augmenter l´activité systémique du cerveau. Vérification par électroencéphalographie tridimensionnelle. Pr Chépalovnikov PhD et Philippe Druelle DO Évaluation et traitement du troisième ventricule pour augmenter l´autorégulation cérébrale. Vérification avec le PR Yuri Moskalenko PhD et philippe Druelle DO Normalisation du corps calleux, des différents lobes Ce travail se fera au niveau de la matrice tissulaire et aussi au niveau de la libre circulation des fluides et des liquides. Ce dernier point est trés important pour le drainage des déchets par le LCR et le liquide interstitiel. Découvertes récentes pour les lymphatiques cervicaux et le Glymphatiques cérébraux. La gestion des déchets après un traumatisme crânien. Normalisation de la fosse postérieure et du cervelet. Toutes les parties pouvant être atteintes seront évaluées et traitées. Approche de la boite crânienne, travail de la duremère par rapport au volume cérébral, travail de la matrice cérébrale et de la fluctuation du LCR. Importance pour les champs électromagnétiques. Nous verrons comment stimuler la neuroplasticité : Challenge the potency. Troisième partie La méthodologie clinique. Chaque patient présente des lésions surajoutées qui s´étaient produises avant le dernier accident. Nous montrerons comment aborder ces patients et les faire participer aux traitements. Comment débuter le traitement ostéopathique dépendant de l´état du patient. Palpation et traitement du tissu cérébral traumatisé, indications et contre- indications. La notion des organes cibles et comment les traiter. plusieurs dysfonctions peuvent survenir suite au commotion. Lien coeur-cerveau, macrobiote –cerveau. Traitement approprié du coeur et du mésentère. ( 75% de la sérotonine est produite dans l´intestin grêle) Techniques pour libérer les lésions au niveau du macrobiote. Conclusion Les traumatismes crâniens sont à l'origine de nombreuses dysfonctions et de douleurs parfois de nombreuses années après le traumatisme. L`Ostéopathie offre des solutions rapides et très efficaces. Après le séminaire les participants seront capables d´évaluer et de traiter les patients présentant des séquelles des commotions avec succès avec une bonne méthodologie et des techniques appropriées. Philippe Druelle DO est un conférencier international renommé. Il a enseigné cette matière dans 14 pays et transmettra sont expérience de 40 ans de pratique dans ce domaine. Il a aussi fait de nombreuses recherches dont il parlera durant le séminaire pour appuyer la pratique et son efficacité. Depuis des années il traite ce type de patients avec succès. Actuellement il finit la rédaction d´un livre sur les dynamiques cérébrales et le traitement des commotions. - Inscriptions : frop.contact chez gmail.com - Tarif : 600 euros - Fin des cours le 16 juin à 12H30
  • AG de l'Académie - Qu'est-ce qu'un corps ?

    12 février, par A.O. — Formations et stages, ,
    Sommaire Assemblée Générale - Le 29 (...) Conférences Conférenciers Lieu Inscription obligatoire Assemblée Générale - Le 29 février 2020 - Paris Matin : 9h - 12h30 ATTENTION La date limite d'inscription préalable obligatoire a changé. Le 24 février nous donnerons la liste des noms, lieux et dates de naissance des personnes admises à entrer à l'Assemblée Nationale, ceci pour l'Assemblée Générale comme pour les conférences. Merci de nous les communiquer lors de votre inscription ! Entrée permise uniquement pour les personnes inscrites sur la liste de l'Assemblée Nationale et sur présentation d'une pièce d'identité valide. Conférences Après-midi : 14h - 17h Qu'est-ce qu'un corps ? Penser l'ostéopathie dans la pluridisciplinarité En clarifiant leur position éthique et les contours de leur travail, les ostéopathes pourront trouver plus justement leur place au sein des équipes soignantes, qu'elles soient institutionnelles ou libérales. Ainsi, à l'heure où l'ostéopathie commence à prendre une place dans la pluridisciplinarité, le dialogue entre les ostéopathes et avec les autres professions de santé est plus que jamais nécessaire. Le partage des visions et des spécificités de tous les acteurs du soin est une clé de relations professionnelles de qualité pour aider le développement des actions ostéopathiques dans tous les domaines du soin et pérenniser la place de l'ostéopathie. Venez nombreux interagir avec Le corps et ses ambiguïtés - Christophe Dejours Le corps avec lequel on travaille dans le soin est ambigu, parce que l'analyse qui en est faite en psychosomatique suggère que nous avons deux corps. Le premier est très bien connu, c'est « le corps anatomo-biologique » ou « corps physiologique », qui est la référence de base dans l'exercice de la médecine et de la chirurgie. Le deuxième corps est moins facile à appréhender, c'est « le corps subjectif » ou « corps érotique », c'est-à-dire le corps en tant qu'il s'éprouve comme source de souffrance ou de plaisir, le corps qu'on habite. Ce deuxième corps n'est pas donné à la naissance, il se construit à partir du premier, dans l'enfance. Comment peut-on rendre compte de cette généalogie du corps érotique ? Peut-on tenir compte de cette généalogie dans la théorie de la pratique du soin ? Mots-clés : corps, physiologie, sexualité, soin, psychosomatique, maladie Conférenciers Murielle Fayolle Attachée parlementaire, spécialisée en politiques sociales, santé, bioéthique, lutte contre les drogues et les conduites addictives, élaboration des politiques publiques, du fonctionnement des institutions, de la procédure législative. Michel Dupuis Philologue, neurolinguiste, philosophe, professeur à l'université catholique de Louvain. Vice-président du comité consultatif de bioéthique de Belgique. Outre la recherche et l'enseignement de l'anthropologie et de l'éthique à l'université, il anime régulièrement des formations destinées aux divers acteurs de soins et aux enseignants. Christophe Dejours Psychiatre, psychanalyste et professeur de psychologie, spécialiste en psychodynamique du travail et en psychosomatique. Il est professeur titulaire de la chaire de psychanalyse-santé-travail au Conservatoire National des Arts et Métiers et directeur de recherche à l'Université René Descartes Paris V. Lieu Assemblée Nationale - 126, rue de l'Université 75007 Paris - Salle Colbert Inscription obligatoire Date limite d'inscription : le samedi 22 février, dernier délai - Adhérent·e de l'Académie : gratuit mais inscription obligatoire - Étudiant·e·s sur justificatif - 15 euros - Non adhérent·e à l'Académie - 25 euros - Contact : jplouit chez orange.fr ou contact chez academie-osteopathie.fr Voir en ligne : Assemblée Générale de l'Académie d'Ostéopathie « Qu'est-ce qu'un corps ? Penser l'ostéopathie dans la pluridisciplinarité »
  • News Osteo4pattes-SDO N°55B

    11 février, par Ostéo4pattes-Vetosteo — Au présent...
    Le 4pattes, hélas vous aura habitué à ces sautes d'énergie régulière. Je suis désolé, pour des raisons techniques et d'énergies, la tentative d'embellissement de la partie news mensuelle n'aura pas fait long feu. Ce sera donc un simple article avec un édito et les liens vers les news et les nouveautés. Vous avez peut-être entendu parler de la collapsologie, avec un début d'effondrement de nos sociétés prévu dès cette décennie 2020/2030 : réchauffement, pollution, perte de biodiversité, déplacements de populations, etc ... Avec deux horizons derrière : la belle verte ou bien Mad Max. Et bien encore une fois le 4 pattes maintenant SDO est précurseur, 2020 est une année de récession ... Merci de nous accompagner jusqu'au bout ! Patrick CHENE A propos d'ostéopathie animale et des examens légaux : « La colère se propage, la grogne enfle là où elle devrait s'atténuer. Certes, la solidarité entre ostéopathes animaliers n'a jamais été aussi présente (encore que), mais un autre constat se fait sentir, comme une tare cachée qui attendait le moment propice pour montrer le bout de son nez. N'a-t-on jamais vu autant de haine émaner des « personnes réalisant des actes d'ostéopathie » ? Une haine dirigée sans distinction envers la profession qui a la tâche de nous règlementer. Mais n'enlevons pas à César sa couronne d'olivier. Après tout, « la haine, c'est eux qui l'ont amené en premier »... Au-delà du fait intrigant de mettre tous les vétérinaires dans le même panier, il est plusieurs questions à se poser. Un examen détruit-il des vies ? Est-il là uniquement pour légitimer une pratique ? Ou correspond-il a une épreuve envoyée tel un rendez-vous romantique avec nos parts d'ombre, latentes, attendant patiemment pour ressurgir ? Alors que tout le monde voit en cette règlementation une fatalité commune, beaucoup oublient que chacun, de par ses expériences, ses ombres, ses lumières, son taux vibratoire, voit les choses différemment. Combien sont devenus de meilleurs praticiens.? Combien, dans leur refus d'abandonner, ont réalisé qu'ils étaient faits pour être thérapeutes ? Ceux-là ne se manifestent pas, parce qu'ils n'en ont pas besoin. Pourtant ils font partie de ces personnes à qui cet examen a fait du bien. Oui, quelque part, cette grogne semble légitime. La faute sans doute à des taux de réussite dont on ne sait pas si on doit en rire ou bien pleurer. D'autant plus quand ils concernent des candidats à peine sortis de formation. Évidemment nous critiquons le prix astronomique d'un examen dont on aurait bien envie de se passer. Mais qu'en est-il de la valeur d'une préparation de cinq ans (jusqu'à 50 000€), à coup de prêt étudiant, quand on se rend compte de la triste réalité ? Taux de réussite : 80 à 100 %, “diplôme” en main ; 70 % de recalés à Nantes six mois plus tard... Il y a un loup dans la bergerie. Qu'il est Facile pour lui de montrer patte blanche quand il y a un mouton noir à accuser. Thomas PERNOT News : Conséquence de la réforme des retraites sur les ostéopathes : https://www.revue.sdo.osteo4pattes.eu/spip.php?article2377 Actus de janvier glanées sur la presse et le net : https://www.revue.sdo.osteo4pattes.eu/spip.php?article2339 Les pages à consulter pour retrouver les nouveautés : l'agenda : https://www.revue.sdo.osteo4pattes.eu/spip.php?page=agenda les articles nouveaux : https://www.revue.sdo.osteo4pattes.eu/spip.php?page=resume les plus lus : https://www.revue.sdo.osteo4pattes.eu/spip.php?page=statistiques Bibliothèque : http://biblioboutik-osteo4pattes.eu/ L'abonnement : https://www.revue.sdo.osteo4pattes.eu/spip.php?article1570 ou Rendez-vous en mars pour la suite...
  • Conséquence de la réforme des retraites sur les ostéopathes

    9 février, par Michel Chêne — Au présent..., ,
    Sommaire Pour rappel Actuellement Avec la réforme D'un point de vue général Sources Pour rappel Un ostéopathe ou professionnel de santé cotise à différentes caisses pour différentes prestations : Cotisations famille : reversées à la CAF et donne lieu aux allocations logement, familiale,... → URSSAF Cotisation maladie → sécurité sociale des indépendants Vieillesse / invalidité / décès → Cipav Nous allons parler ici du cas de la retraite et de l'impact de la réforme sur nos professions Actuellement Nous cotisons pour deux régimes obligatoires (régime de base et régime complémentaires) à la CIPAV [1] Ces cotisations sont basées sur les revenus net : Pour le régime de base : nous cotisons à hauteur de 8,23% (pour les revenus de 0 à 40000 euros) avec ajout de 1,87% pour les revenus de 0 à 200.000 euros( soit un total de 10,1%) avec certaines exceptions de cotisation selon différentes situations. (voir le guide CIPAV 2019-p.16) Le régime complémentaire est lui aussi obligatoire, le taux est fixe en fonction de la tranche de revenu. Ce régime est basé sur un système à point. (p.17 du guide CIPAV). Des exemples : Classe A : revenu annuel de moins de 26 580, cotisation à hauteur de 1 353 Classe D : revenu annuel de 57 851 à 66 400, cotisation à hauteur de 6 763 Classe G : revenu annuel de 103 181 à 123 300, cotisation à hauteur de 16 231 Soit : par exemple pour la classe D, les cotisations sont de 11,7% à 10,2%. Avec le régime actuel les ostéopathes et autres professions affiliés à la CIPAV cotisent autour de 20%. Avec la réforme [2] Le changement du régime des retraites fait passer le taux de cotisation à 28,12% pour tout le monde. Le but étant de s'aligner sur les salariés. Cela paraîtrait juste mais c'est sans tenir compte des particularités des statuts de chacun. Les salariés paient d'une manière générale 28% de cotisations,mais elles sont assumées à la fois par des cotisations salariales et des cotisations patronales. La réforme prévoit que tout le monde (salariés privés, salariés publics, travailleurs indépendants ) passent à un taux de cotisations de 28% pour un revenu annuel inférieur à 40 000 euros, au dessus de 40 000 les cotisations seront à 10%. Ce qui entraînerait pour nous une augmentation de cotisation importante : nous passerons de 15%-20% à 28%. La retraite sera au minimum de 1000 euros MAIS pour une carrière complète (La durée de cotisations est encore actuellement en débat.) sans absence / congé maladie / congé maternité. Si tel est le cas il faudra travailler plus longtemps pour atteindre ce minimum de 1000 euros pour la retraite. Pour compenser l'augmentation des cotisations retraites pour les travailleurs indépendants, il est prévu un abattement de 33% sur le revenu annuel (pour un revenu annuel de 40 000 euros, seulement 28 000 ne seront soumis aux cotisations), de plus, le gouvernement prévoit de baisser les autres cotisations (CSG) afin d'arriver à un taux de cotisations totales (retraites, famille, maladie) identiques à ceux des salariés. D'après les calculs effectués, malgré ces aménagements, il y aura une hausse des cotisations, mais moins importante que si nous passions de 20 à 28% de cotisations. Cependant ces aménagements ne sont pour l'instant que des annonces, il n'est pas certain que cela soit réellement appliqué et pérenne (un prochain gouvernement pourrait décider de revenir sur cette décision). D'un point de vue général La réforme des retraites ne va pas changer que le taux de cotisation mais aussi le système de retraites en lui même notamment pour les salariés : passage d'un système de répartition à un système de points. Qui au vu des calculs fait par les syndicats et associations va entraîner une baisse des pensions de retraites. Afin de ne pas alourdir les explications, nous ne développerons pas plus ces questions. Vous pouvez vous renseignez : https://reformedesretraites.fr/ https://www.reforme-retraite.gouv.fr/ et autres articles journalistiques... Depuis le mois de décembre, les syndicats et salariés se mobilisent contre cette réforme. Pour les professions libérales, prenons l'exemple sur les avocats. Les avocats ont rejoint depuis quelques semaines ces mobilisations. Les avocats ne cotisent pas à la même caisse que les ostéopathes mais se retrouvent dans la même situation : ils cotiseront plus (pour eux 2x plus), pour gagner moins. Pour se renseigner plus sur la mobilisations des avocats : https://www.sudouest.fr/ Nous ne pensons pas que le système CIPAV actuel soit idéal, les prévisions actuelles des retraites pour les ostéopathes sont basses. Pour autant avec la réforme des retraites, nous n'avons aucune assurance qu'il y ait une réelle amélioration des pensions. La seule chose dont nous sommes sûres, c'est que les cotisations vont augmenter. Au vu de la démographie actuelle des ostéopathes et des difficultés que nous connaissons de l'installation des jeunes diplômés, nous sommes inquiètes que cette hausse pénalise sévèrement les ostéopathes. Diane Réveillé et Lucile Capelle, étudiantes en ostéopathie, pas expertes ! Renseignez vous ! Sources : Guide de la CIPAV 2019 (accessible sur le site internet https://www.lacipav.fr/)Pour un système universel de retraite, Préconisations de Jean-Paul Delevoye, Haut-Commissaire à la réforme des retraites, Juillet 2019 → notamment de la page 37 à 41.CNAPVL, La retraite des professions libérales, https://www.cnavpl.fr/presentation-de-la-cnavpl/ [1] CIPAV est une section de CNAPVL, qui regroupe les professionnels libéraux. En effet, le code de la sécurité sociale précise que toute profession ne relevant pas d'une activité agricole, artisanale ou commerciale et n'étant pas réglementée doit être affiliée à la CIPAV. [2] Sur la version du rapport Delevoye que nous avons consultée, voir pour les indépendants p.34 à 41
  • Ostéopathie, Énergétique… ? 1ère partie

    8 février, par Alain Abehsera — Généralités Ostéo.
    L'ostéopathie structurelle, héritière du pôle rebouteux, possède sa logique et sa physique : on étire ce qui est raccourci, détend ce qui est tendu, draine ce qui est trop plein, voire on replace ce qui est ‘déplacé'. Les indications comme les dangers sont alors clairs. Il n'en va pas de même avec l'aspect énergétique de l'ostéopathie, héritière du magnétisme, où les mains ne bougent pas, et où seule la pensée semble agir. Comment expliquer une telle expérience ? Ne sachant ni ce qui agit, ni comment cela agit, comment connaître les indications et les dangers ? Avec le Virtuel, tel que le décrit la physique quantique, l'auteur discute ici ce que peuvent être les racines physiques de ces formes de pratique. L'auteur mettra de côté l'aspect structurel de l'ostéopathie, ce qui est, forcément, réducteur, et ne peut que fausser le débat. Mais il faut découper pour analyser. L'heure des recoupements peut venir ensuite… Voici donc quelques réflexions sur la physique de l'ostéopathie contemporaine, en particulier dans sa forme dite ‘d'écoute tissulaire'. Energétique et bio-énergie sont des termes fréquemment employés pour décrire les approches ostéopathiques dites ‘d'écoute des tissus' (1). Elles se différencient des manipulations dites ‘structurelles' où la matière est mobilisée, directement, avec les mains. Les praticiens de ces approches douces se laissent porter ou s'ils agissent, leur action est à peine perceptible pour un observateur extérieur. La matière du patient et de l'opérateur bougent peu. L'expérience intérieure des praticiens, cependant, est riche, et ceux qui les pratiquent décrivent, sous leur main, de nombreux types et qualités de mouvements, spontanés et/ou induits. A priori, énergétique est un terme qui résume ces approches mieux que manipulations, en tous les cas pour les ostéopathes adeptes de ces techniques, dont je fais partie avec une certaine réserve depuis que j'en ai vécu les insuffisances et les dangers. On peut se poser la question sur la nature de cette énergie que mobilisent les ‘énergéticiens'. Face au monde scientifique, il est de notre devoir de justifier nos résultats au plan fondamental : physique, chimie ou biochimie. Comme on dit communément, appelons un chat, un chat ! Et donc, on nous dira : « Admettons que vous n'êtes pas des charlatans. Précisez, alors, avec quelle énergie travaillez-vous ? » Le dictionnaire ne connaît pas l'acception thérapeutique du mot énergétique. Ce terme - à la fois un nom et un adjectif - est très proche, dans son sens, de celui d'énergie. Cherchons alors dans l'annuaire des énergies connues, laquelle pourrait être celle avec laquelle nous travaillons (2). L'énumération serait fastidieuse, d'autant plus que le terme est assez vague. Nous pouvons cependant, assez facilement, mettre de côté, comme accessoires, certaines formes d'énergie. Non pas que nous ne les utilisions pas, car nous les utilisons – ou les subissons - forcément toutes à tout instant ! L'énergie mécanique, par exemple, inclut l'énergie cinétique et l'énergie potentielle. Ces formes – liées à la gravité - conviennent merveilleusement à l'ostéopathie structurelle où l'on utilise, lors des manipulations, la vitesse du mouvement, l'inertie, le poids des membres etc. Mais dans l'ostéopathie cranio-sacrée et ses dérivées, nous pouvons considérer la chose comme accessoire. L'énergie thermique intervient lors de frottements, et le massage y recourt. Les énergies chimiques libérées par les cellules lors du métabolisme ne sont pas directement de notre ressort, nos mains n'ont pas accès à ce niveau de subtilité. Que reste-t-il ? Essentiellement, les énergies dites de rayonnement ou électromagnétiques. Rayonnant de santé Dans ce terme, on trouve deux forces bien connues de notre expérience quotidienne : l'électricité et le magnétisme. On sent ce qui ressemble à l'électricité quand on heurte un nerf contre un os. On sent le fluide magnétique dans l'espace entre deux aimants. Ces deux énergies, apparemment différentes, ont été unifiées en une seule par les physiciens : l'électromagnétisme. Peut-être trouverons-nous là de quoi expliquer notre expérience ? Ce type d'énergie est porté par des ondes Or, il est clair que l'homme émet des ondes et les perçoit. Nous sommes des émetteurs-récepteurs vivants. L'activité électrique de nos cellules se manifeste à la surface du corps, de tout le corps : l'ECG, l'EEG sont des cas particuliers. Qui dit activité électrique dit champ magnétique et nous en sommes pourvus, bien qu'il soit considéré comme très faible à la surface de la peau. Les ondes électromagnétiques mesurées à ce jour réalisent un spectre continu qui va de ‘zéro' à ‘l'infini'. On leur donne des noms selon leur emplacement le long de l'échelle. Tout en bas, on trouve les ondes radios, qui sont les plus longues, ont la fréquence la plus basse et donc, l'énergie la plus faible. Un peu plus haut, les micro-ondes. Vers le milieu de l'échelle, on trouve la lumière habituelle, qui va du rouge au violet. Juste en dessous du rouge, les rayons infrarouges que notre peau perçoit sous forme de chaleur. Puis à partir du rouge, le spectre lumineux perçu par nos yeux. Juste au-delà, les rayons ultraviolets. Plus haut encore, les rayons X. Et très haut, les ondes gamma ultra-courtes et à très haute énergie. Et d'autres plus loin encore. Sans être des physiciens de haut niveau, on ne voit pas du tout laquelle de ces ‘énergies' pourrait fonder notre ‘ostéopathie énergétique'. Nous sommes sensibles à la lumière mais savons-nous illuminer ou émettre des ondes radios, des micro-ondes ou des rayons X avec nos mains ou nos yeux ? A priori, non, ou plutôt - car il vaut mieux ne pas sous-estimer nos capacités - nous ne sommes pas conscients d'une telle capacité électromagnétique et elle n'a pas été mesurée. Nous pouvons donc laisser ces énergies de côté, en rappelant, bien entendu, qu'elles fonctionnent à tout moment dans le corps et dans son environnement, mais qu'il est difficile de leur attribuer un rôle direct dans l'interaction entre l'ostéopathe et son patient. Soyons plus précis : l'ostéopathie d'écoute nécessite/entraîne des modifications thermiques, mécaniques ou électromagnétiques dans les tissus du patient, mais quel chemin empruntons-nous pour y arriver ? Nos ancêtres les magnétiseurs Il est plus difficile de mettre de côté le magnétisme. Toute une profession, les magnétiseurs, croit agir avec ce qu'on appelle le magnétisme animal. Nous ne rappellerons jamais assez que A. T. Still, le fondateur de l'ostéopathie, se disait Mesmerizer (disciple de Mesmer, le plus illustre promoteur de cette approche) avant de s'appeler bone setter (rebouteux) puis, osteopath. Nous sommes, par nos grands-parents, des magnétiseurs. Comme nous l'avons dit, il émane un champ magnétique de notre corps, en tout et en partie. Peut-on le sentir à distance ? En sentir les irrégularités, les polarités, les ‘blocages' etc. puis le modifier, comme le font les magnétiseurs ? D'un point de vue strictement ‘scientifique', non ! Tout simplement parce que le champ magnétique issu de notre corps, très faible à la surface, chute avec la distance de manière très importante. Déjà à un centimètre, probablement, il tend vers 0… S'il était continu, s'il gardait la même épaisseur et intensité jusqu'à plusieurs mètres, on admettrait que le magnétisme de nos mains pourrait interagir avec celui du patient. Or les magnétiseurs disent manipuler à des distances extrêmement variables, de quelques centimètres, à quelques mètres, kilomètres ou d'un continent à l'autre de la Terre, sans qu'ils décrivent une ‘chute d'efficacité' ou une perception plus difficile du champ. Ils peuvent utiliser une image de la personne, un bout de cheveu, de la salive, un pendule etc., ne dépendant, en aucune manière, d'un champ magnétique littéral ayant la forme de leur patient. La vaste majorité des ostéopathes touchent la peau. Ils mélangent directement leur champ magnétique avec celui de leur patient. Le magnétisme direct peut-il alors expliquer leur technique ? Je ne crois pas car ce serait singulièrement réduire l'expérience ostéoapathique que de la traduire en termes d'attraction/répulsion. Et comme pour les magnétiseurs, le problème de l'éloignement se pose. Les ostéopathes mettent leur main à distance l'une de l'autre, voire en dehors du corps, comme ce fut le cas pour moi pendant de nombreuses années, et même Andrew T. Still était réputé pour traiter certains patients en leur absence physique. En technique dite ‘crânienne' ou ‘viscérale', il est courant d'entendre des ostéopathes dire qu'ils sentent le ‘duodénum' à partir du cou, ou la selle turcique en mettant la main sur l'occiput. L'explication magnétique simple ne tient pas plus, pour nous, que pour les magnétiseurs, mais nous ne la rejetons pas. Nous croyons tout simplement, comme nous nous en justifierons, que magnétisme, est un terme proche, mais pas scientifiquement exact pour décrire notre expérience. Mesmer l'avait bien compris. En effet, les aimants nous révèlent quelque chose de très proche de ce à quoi ressemble notre vécu de l'énergétique, mais pas identique Nous proposerons plus loin que le champ magnétique ‘virtuel' entre nos mains, ressemble beaucoup à ce que l'on ressent dans l'espace prétendu vide entre deux aimants Et appeler ce champ : ‘magnétisme animal', comme faisait Mesmer, n'est alors pas si faux. Ils sont fous ces chinois… Mettons donc de côté toutes les formes d'énergie connues. Aucune ne peut expliquer nos étranges expériences. Energétique paraît alors être un mot orphelin de contenu pour les thérapeutes. Rassurons-nous : les ostéopathes ne sont pas les seuls passagers clandestins à voyager sous ce terme. Deux médecines qui ont pignon sur rue, l'homéopathie et la médecine traditionnelle chinoise (MTC), sont encore plus dépendantes du terme ‘énergétique' que nous. Les ostéopathes, au moins, utilisent la main, et parlent avec l'anatomie occidentale, deux choses bien ancrées dans la matière. Les homéopathes recourent à des substances si diluées qu'on ne peut guère plus appliquer le mot ‘matière' au sens habituel. En MTC/acupuncture, on pique la surface de la peau avec des aiguilles, réparties en de nombreux endroits, selon une anatomie et une physiologie étrangères à la logique occidentale. En accordant que ces médecines sont efficaces, on ne pourra expliquer leur fonctionnement autrement que par des termes comme énergie ou énergétique ou encore bioénergie. En acupuncture, nous avons affaire à des connections entre des pointes de métal (les aiguilles) et on imagine mal de la matière se déplacer entre une aiguille plantée à la cheville et une autre dans le l'épaule. De plus, les relations entre organes ne sont pas du tout celles que la matière anatomique montre à nos yeux et à nos mains. Par exemple, en MTC, on affirme que le ‘poumon se vide dans le côlon'. On ne parle pas de vidange physique littérale, mais de l'évacuation d'une entité qu'ils appellent, entre autres, le Chi. Qu'est donc ce Chi ? On le retrouve à l'état quasiment pur, extériorisé entre les mains, dans le Chi Cong. Aucune des énergies décrites ci-dessus ne peut lui fournir une explication satisfaisante. Et les ostéopathes, que font-ils de ce Chi ? Le perçoivent-ils à leur manière, mais sans lui donner le même nom ? Nous devons espérer qu'il en est ainsi à moins de croire que le corps humain se modifie dans son expression lorsqu'il arrive dans un cabinet d'acupuncture ou d'ostéopathie. De nombreuses études ont tenté d'analyser en termes d'énergies connues l'effet de l'acupuncture : micro-courants électriques à l'endroit de l'aiguille, relâchement de médiateurs chimiques etc. Pourquoi pas ? Mais c'est encore très réducteur par rapport au discours chinois. En MTC, on décrit le foie comme le siège de la colère et comme ayant une énergie bois alors que le poumon, siège de la tristesse, se caractérise par une énergie métal. En quoi un micro-courant électrique autour d'une aiguille plantée le long du méridien du foie exprime le bois et la colère à la différence d'une autre, sur le méridien du poumon, qui serait reliée à la tristesse et l'élément métal ? Ils sont fous ces ostéopathes Les ostéopathes ne sont pas en reste. Leur discours sur l'énergie est bien moins sophistiqué que celui des chinois - kilométrage en années oblige - mais sa richesse est tout aussi problématique. Un ostéopathe qui pratique l'écoute des tissus met ses mains sur le crâne d'une personne et peut dire : ‘Je sens les os… je passe dans les membranes méningées… C'est un peu plus tendu à droite. Ah, là, j'y suis, je rentre dans les ventricules latéraux, et je flotte dans le liquide céphalo-rachidien… Ici, je sens le cerveau… Le rythme est plus lent à droite. Ouh là, ça tire sur l'hypothalamus gauche ! ' Il affirme tout cela, avec sérieux, sans bouger les mains, sans appuyer plus fort ni moins fort. De même, les mains posées sur le ventre d'un patient, il dira qu'il sent les tensions du pancréas, la rotation du duodénum ou l'abaissement du rein, toujours sans bouger les mains ni appuyer plus particulièrement. S'il nous restait des doutes sur la candidature d'une des énergies connues pour expliquer ces approches, ils se dissiperaient bien vite. Ces expériences sont complètement illisibles en termes de matière habituelle et on comprend alors le choix, par défaut, du mot énergétique. Un des nœuds du problème, sur lequel nous reviendrons, est que la science nous demande, pour toute explication, de choisir son camp : « Vous parlez de quoi dans vos manipulations, de matière ou d'énergie ? ». La science décrit le monde en ces deux termes, et Einstein a même offert la formule qui permet de passer de l'un à l'autre. Depuis, Matière et Energie constituent un couple aussi général que ‘Yin' et ‘Yang' pour les chinois, et, pour les occidentaux, aussi évident que Nord et Sud, Gauche et Droite etc. Que peut-on ajouter à gauche-droite en termes de latéralité ? Rien… ! Il en va de même pour le réel : nos yeux, nos mains et nos machines concourent pour affirmer qu'il n'y a rien d'autre que les qualités et quantités matérielles ou énergétiques pour décrire tout objet. On n'a pas droit à autre chose… ! Eh bien, s'il n'existe rien d'autre, il est clair, que pour parler de notre expérience clinique, énergie est préférable à matière. Avec mes mains immobiles, et le patient au repos, je sens des courants entre mes mains et non pas des déplacements de masse, ce qui ressemble plus à l'électricité ou au magnétisme qu'à la mécanique. Mais il s'agit tout au plus d'analogies, et nous passons volontiers pour des charlatans parce que notre utilisation du mot énergie ne correspond à rien de répertorié. Entre nous, sous cape, nous parlons d'énergies secrètes décrites par les Anciens et ignorées par les Modernes : éther, corps astraux, Fluide, mais point de mesure pour toutes ces choses bizarres et ésotériques. La Trinité En réalité, nous ne sommes pas fautifs. Nous touchons à quelque chose que la science connaît depuis peu, et que les Anciens décrivaient depuis longtemps, mais dans leur langage. On résumera en disant que la description du monde par le couple matière/énergie n'est plus suffisante. La dualité des choses n'est pas obligatoire et nous proposerons de compléter cette paire par Information. Dans les Anciens Temps, on disait, entre autres appellations pour ce troisième larron, le Verbe ou le Logos. Matière, Energie, Information réalisent une trinité bien plus satisfaisante tant pour notre vécu d'humains que pour notre exercice de thérapeute. Mais rajouter l'information à matière et énergie classiques ne suffit pas pour expliquer nos perceptions physiques sur les patients. Pour les justifier, nous évoquerons l'autre compréhension des termes énergie et matière, celle qu'ont développée au cours du siècle précédent les physiciens quantiques. Suite à la réflexion du physicien P. Dirac, on sait que l'énergie/matière doit être expliquée de manière symétrique : elle est à la fois réelle et virtuelle. Je peux palper le foie réel sous mes doigts, mais je peux aussi sentir un foie virtuel entre mes mains. Le V-spread : V pour Virtuel La technique dite du V-spread peut être considérée comme l'ancêtre ou mieux, l'archétype de toutes les techniques ostéopathique d'écoute des tissus (3). Je la choisis car elle contient, à elle toute seule, tous les paradoxes de ce qui peut passer pour la ‘folie ostéopathique'. Son exécution, ses principes comme ses indications sont très simples. Développée à l'origine dans la sphère crânienne, elle a plusieurs indications, telles le remodelage des os ou la levée d'un blocage mécanique le long des sutures interosseuses. Supposons qu'un ostéopathe ‘palpe' une restriction de la mobilité sur la suture occipito-temporale droite. Il va poser une main sur la région frontale gauche et les doigts de l'autre main disposés en ‘V' (d'où le terme V-spread) de part et d'autre de la région en restriction. Puis il va diriger le fluide de la région frontale vers la région occipitale. Il sentira lorsque ce fluide ‘arrive' de l'autre côté du crâne sous son autre main, ‘soulève' la région cible, puis libère la restriction, produisant un écartement (‘spread' en anglais) du V formé par ses doigts. Il était courant de penser aux débuts de l'ostéopathie crânienne que cette technique ‘poussait' le liquide céphalo-rachidien, et que cette poussée liquidienne libérait, en la soulevant, en en écartant les membres, la suture bloquée. Doit-on appuyer beaucoup ? Non, c'est l'intention de pousser entre les deux mains qui compte, plus qu'un appui réel. Tous ceux qui ont appris ces manœuvres ont senti avec une relative facilité les différentes étapes du V-spread. Enseignée pour la sphère cranio-sacrée, son indication s'est étendue à tout le corps, et l'on peut faire un V-spread entre une partie du crâne et l'épaule gauche ou la rotule (ce qui nécessite un écartement important des bras !!), entre la colonne vertébrale et la vessie, le rein et les surrénales etc. Entre nous, dans les séminaires, cette technique est acceptée comme allant de soi. Elle s'apparente à une autre technique dite de ‘compression du 4e ventricule'. Puis, par association, à toutes les techniques d'écoute où l'on sent que les ‘intentions' du praticien traversent les tissus du patient et gonflent ici, dégonflent ailleurs, compriment, mettent en rotation ou fléchissent à souhait et spécifiquement tel os, telle membrane ou tel viscère. On s'aperçoit rapidement qu'en réalité, ce qu'on demande des tissus, se produit. Au grand désespoir des étudiants en ostéopathie, en quête d'objectivité. Et une belle source de moquerie pour les détracteurs de la profession. Avec la pratique, on se rend compte également que s'évanouit bien vite la différence entre d'un côté, les rythmes dits ‘spontanés' des tissus - tel le (les) rythme(s) cranio-sacré(s) – qui paraissent ‘objectifs' et de l'autre, les mouvements induits par la pensée de l'opérateur. Tout se mélange, tout se ressemble et, il faut l'avouer, la confusion s'installe. À suivre Notes 1. Ces techniques sont connues sous de nombreux noms :'cranio-sacré', ‘fluidique', ‘fascias', ‘myofascia' ‘technique d'écoute', ‘écoute tissulaire', ‘approche tissulaire', ‘bio-dynamique' etc. 2. Le mot ‘travail' est important ici, car une énergie se définit souvent comme une force qui permet de faire un travail mesurable (déplacement, variation thermique etc.) 3. Ce n'est pas exactement le cas, mais pour notre propos, cette généralisation est tout à fait acceptable. Article paru dans Le Monde de l'Ostéopathie n° 7 - Juillet - Août - Septembre 2013 - Dossier : Énergétique, p. 6-10 - Publication autorisée par le Directeur de publication du Monde de l'Ostéopathie. Le Site de l'Ostéopathie remercie Alain Abehsera et la revue Le Monde de l'Ostéopathie de l'avoir autorisé à publier cet article. ère publication sur le Site de l'Ostéopathie le 13-12-2015
  • La tendinite de De Quervain

    7 février, par Pierre Renaudeau — K cliniques SDO,
    Définition médicale La tendinite de De Quervain, ou ténosynovite (1) sténosante (2) de De Quervain est classée parmi les affections rhumatologiques en Médecine Générale. D'après L.Simon, F Blotman et J Claustre dans Rhumatologie Chez Masson éditions 1980, il s'agit d'une inflammation (3) sténosante (2) de la gaine synoviale commune aux tendons des long abducteur et court extenseur du pouce, au passage sur la styloïde radiale (4). Apparition : Sans cause (5), ou après un choc (6). Elle peut être bilatérale (7). Douleur : La gêne de la main est globale avec douleur (8) près de la styloïde radiale, et irradiant vers le haut (9) (avant-bras) et vers le bas (9) (pouce). Une tuméfaction de la styloïde radiale est observable (10) et la flexion du pouce déclenche la douleur (11). Le test (ou manœuvre) de Finkelstein consiste à opposer le pouce vers le cinquième doigt et à rajouter l'adduction du poignet, déclenchement de la douleur. Très classiquement sont conseillées les infiltrations (cortisone) (12), l'immobilisation (13) et la chirurgie par résection de la gaine synoviale augmentée de volume et fibrosée (14). Rappel anatomique : Les tendons du poignet Le croisement est l'un des points clés. Ces deux muscles surcroisent (15) les longs et courts extenseurs radiaux du carpe (anciens premier et deuxième radiaux) muscles en travail permanent d'extension du poignet (dans le travail informatique, par exemple), avant de s'engouffrer sous le rétinaculum (16) des tendons extenseurs. Participant à l'extension et surtout l'abduction du poignet et du pouce (par exemple dans la saisie d'une casserole), ils sont sollicités dans tous les mouvements professionnels avec tenue d'outils lourds… Leur innervation provient de la branche profonde du nerf radial (17). Guy Lazorthes nous apprend par son ouvrage « Système nerveux périphérique » chez Masson, que le nerf radial a la particularité de voir se développer, en cas de paralysie (18) de ce nerf, une synovite hyperplasique (19) (tumeur dorsale du carpe de Grüber), d'origine mécanique et liée aux frottements des tendons sur l'os. Par contre les troubles vasomoteurs et trophiques sont moins marqués (20) qu'avec les nerfs Cubital ou Médian. Si l'on considère l'innervation sous l'angle radiculaire, la région styloïde radiale, base externe du pouce, bord externe de l'avant-bras est innervée par la racine C6 (21), sortant entre C5 et C6. Raisonnons maintenant en termes d'additions de facteurs de risques (22) (Pascal) et non en cause unique (Descartes). Discussion point par point : Appuyons-nous tout d'abord sur la description des spécialistes en rhumatologie, car leur point de vue est l'issue de longues observations concrètes dont chaque détail est une clé de l'ensemble. 1) Ténosynovite signifie que la tendinite de De Quervain n'est pas une inflammation simplement des tendons mais des tendons et de la synoviale (à mettre en rapport avec 19). 2) Sténose ou rétrécissement comme on peut l'observer dans les ischémies ou anoxies des tissus. Les tendons du carpe : profil 3) Comme l'exprime fort bien le corps médical, l'inflammation est sténosante. C'est l'issue d'un processus de réparation (inflammation) qui entraîne le rétrécissement, source lui-même de nouveaux problèmes, mécaniques. 4) Le passage de la styloïde radiale représente une zone étroite source de contraintes mécaniques exacerbées par la nécessité de courbure contre ce relief osseux selon les positions du poignet. 5) « Sans cause » est une affirmation liée à la fierté médicale. Il serait plus juste de dire humblement « dont on ne connait pas la cause », ce qui incite plus à la rechercher. 6) La survenue initiale d'un choc déclenche une inflammation logique. La question devient : Pourquoi l'inflammation perdure-t-elle au-delà du temps de cicatrisation classique ? 7) La bilatéralité, fréquente, ne coïncide pas avec l'hypothèse d'un problème localisé mais plaide en faveur d'un problème central, le rachis cervical, distribuant volontiers les mêmes effets à droite et à gauche. 8) La douleur est le motif qui a amené le (la) patient(e) en consultation. Elle est liée à l'inflammation et à la perte de facilité de passage des tendons dans leur gaine. Elle sera un excellent indicateur de l'évolution-amélioration. Elle peut servir pour la manœuvre de Finkelstein. 9) L'extension de la douleur suit éloquemment le territoire radiculaire C6. 10) La tuméfaction de la styloïde radiale s'observe au bout de quelques temps et correspond au remaniement tissulaire de la zone, englobant les tissus fibreux et osseux. L'inflammation a toujours pour but de déblayer des tissus morts pour en reconstruire d'autres. 11) La douleur est provoquée, comme dans la manœuvre de Finkelstein, par le coulissement serré du tendon du court extenseur dans sa gaine, rétrécie. 12) La cortisone, comme dans tous les cas d'inflammation, vient, entre autres, contrecarrer les effets dynamisés de l'adrénaline circulante (dénervation). 13) La mise au repos calme forcément les choses, mais dès la reprise de mouvement, la cause n'étant ni identifiée ni traitée, les douleurs reprennent, souvent de plus belle. De plus l'immobilisation, comme les douleurs, sont souvent causes d'arrêts de travail, à l'issue desquelles le salarié ne peut reprendre comme prévu, ce qui peut engendrer des difficultés sur le lieu de travail. 14) La chirurgie a l'intérêt didactique de nous montrer l'existence d'une gaine synoviale augmentée de volume et fibrosée. C'est le lieu du remaniement essentiel engendrant la problématique et les difficultés mécaniques. A mettre en rapport avec 19. 15) Le surcroisement est une difficulté supplémentaire pour ces tendons qui doivent donc s'incurver sur les tendons des extenseurs radiaux du carpe quand ceux-ci sont contractés, puis s'incurver selon la styloïde et la position du poignet. Ceci concerne beaucoup de positions de travail moderne (facteur mécanique). 16) Le rétinaculum ou gaine fibreuse plaque ces tendons contre la styloïde. 17) Bien que décrit comme provoquant peu de troubles neuro-végétatifs, le nerf radial comporte un contingent sérieux de fibres sympathiques. Ses effets modérés en cas de compression(20) vont masquer cette manifestation d'inactivité des fibres sympathiques, qui est plus bruyante dans le cas de la périarthrite scapulo-humérale ou dans le canal carpien avec la compression du nerf médian. Ce cas de figure attire moins l'attention. 18) Une paralysie n'est évidemment pas le cas qui nous intéresse, mais une compression du nerf radial, ou de l'une de ses branches peut mimer la paralysie sur un territoire précis, avec sursensibilisation des tissus à l'Adrénaline. 19) La synovite hyperplasique est le lien, le chaînon manquant entre le nerf radial et la tendinite de De Quervain, avec son hyperplasie de la gaine synoviale des tendons du long abducteur du pouce et du court extenseur du pouce. Mais à ce moment-là pourquoi seulement ces tendons ? Voir 21. 20) Ce « silence » relatif vasomoteur et trophique participe à la dissimulation de la vraie nature de cette pathologie. 21) Comme d'habitude l'une des réponses vient de l'Anatomie, qui reste l'alliée essentielle de l'Ostéopathe. L'hypertrophie synoviale est localisée parce que ces tendons sont innervés par la racine C6. Il est probable que l'ensemble du nerf radial ne soit pas touché mais seulement cette racine cervicale. 22) Maintenant, additionnons les facteurs de risque pour comprendre enfin ce qui se passe. - La racine C6 subit un écrasement partiel par pincement discal. - Les fibres de C6 sont en partie inhibées. - La réponse d'inhibition sympathique déclenche une hypertrophie de la synoviale qui nous intéresse, celle des tendons long abducteur du pouce et court extenseur du pouce. - Cette réponse est localisée du fait des difficultés mécaniques particulières de ce secteur anatomique. - Les difficultés mécaniques peuvent être renforcées par un travail moderne, mains en extension avec préhension fine (informatique) ou main en abduction ou adduction permanente, ou avec port et efforts latéraux avec des outils lourds… - Le serrage et le frottement s'accompagnent d'une discrète vaso-constriction liée à l'augmentation tissulaire de la réactivité à l'adrénaline des tissus dénervés ( Guy Lazorthes). L'adrénaline est vasoconstrictrice des tissus périphériques, peau, muscle superficiels et tendons (limitation des hémorragies dans le combat animal). - La vasoconstriction entraîne une anoxie des tissus, ici les tendons et l'apophyse styloïde proche. - Une inflammation de réparation s'ensuit, avec douleurs et remaniements des tissus. - Au final, le phénomène s'auto entretient, surtout si le pincement C5-C6 n'est pas soigné, c'est-à-dire dans certains cas, pendant des années. Traitement ostéopathique Bien entendu, le but visé étant de libérer la racine C6 dans son passage rachidien, tout traitement commence par le classique traitement ostéopathique que connaissent tous les Ostéopathes Exclusifs. Je ne m'étendrai pas sur le traitement des pieds, du rachis, du bassin, de la boîte crânienne, de la posture parfois, ou de toute autre dysfonction diagnostiquée par l'Ostéopathe avec un soin particulier pour le membre supérieur et ,bien sûr, le poignet. Une fois cela réalisé, le sujet étant bien rééquilibré, il est utile pour voir régresser cette véritable névralgie neuro-végétative de décompresser la racine C6 en traitant le disque C5-C6 par induction. Dès que l'espace compris dans le périmètre du trou de conjugaison s'améliore géométriquement, la tendinite disparaît comme elle s'est installée, en quelques jours. L'innervation rendue à la normalité stoppe l'hypertrophie synoviale et surtout élimine l'hypersensibilité des tissus à l'Adrénaline, ce qui permet le retour d'une vascularisation normale, la réparation des tissus puis l'arrêt naturel de l'inflammation, devenue inutile. L'ensemble de ce protocole de soin ostéopathique peut être réalisé en huit à dix jours avec un taux d'efficacité de 94 %. Amélioration totale dans un délai de 15 à 21 jours. Les 6% d'échecs sont liés à des hernies discales, beaucoup plus difficiles à traiter. Références Le système nerveux périphérique Guy Lazorthes, Masson. Kamina Anatomie clinique Tome 1 anatomie générale - membres 3e éditions Maloine Cours de Médecine PCEM1 Pr Kamina Poitiers 1979. L.Simon, F Blotman et J Claustre. Rhumatologie Chez Masson éditions 1980. 1ère publication sur le Site de l'Ostéopathie le 29-10-2010
  • Ces épicondylites qui guérissent enfin !

    7 février, par Pierre Renaudeau — K cliniques SDO,
    L'épicondylite est une inflammation de réparation des tendons se fixant sur l'épicondyle latéral (coude). La chronicisation est hélas fréquente, mais cela prouve scientifiquement que l'on ne traite pas la cause. Quelques poncifs Le repos est souvent essayé par le corps médical. Sans succès ! Parce que cela ne change rien à la cause ! Pour soigner une épicondylite, il n'est pas toujours suffisant de mettre une attelle au sujet pour le guérir. Je n'ai jamais eu de patients qui souffraient de tendinites parce qu'ils s'étaient « blessés », hormis peut-être les sportifs, mais qui, alors, connaissent la cause et entrevoient le traitement (mais c'est une minorité des cas, nombreux, de tendinites de l'épicondyle latéral). Pour le lot nombreux des patients lambda qui souffrent d'une épicondylite, l'apparition s'est faite sans cause connue, et l'entraînement musculaire a toutes chances de réveiller la pathologie et les douleurs. Le corps médical préconise la même chose pour le dos : Renforcement musculaire. J'ai croisé des centaines de patients qui avaient fait des dizaines de séances de « renforcement musculaire » (cela fait des milliers de séances multipliés par des dizaines d'euros…) pour rien, car l'exercice d'un muscle en souffrance ne peut en aucun cas soigner ce muscle. C'est comme bouger un pouce avec une plaie… L'infiltration de cortisone, l'on ne peut être fondamentalement contre, mais l'on sait parfaitement par expérience que cela ne sert à rien sur la durée puisqu'il y a fréquemment récidive, tant qu'on n'a pas soigné la cause… Dans ces cas-là, il faut chercher et chercher encore un cheminement plus scientifique du traitement ostéopathique de ces tendinites. L'on cherche d'abord la chaîne lésionnelle dans le membre supérieur. C'est là une démarche d'ostéopathie, démarche première commune à tous les ostéopathes ( poignet, tête radiale, membrane interosseuse…) . Mais dans le cas des épicondylites, cela ne suffit pas car la cause n'est pas purement articulaire et il faut savoir prolonger son raisonnement plus loin que les simples recettes apprises. Je vous propose donc de partager maintenant ce qu'un Ostéopathe exclusif peut dire sur les Épicondylites : Cause et traitement Essayons de raisonner en scientifique. L'épicondylite est une inflammation des tendons des muscles nommés épicondyliens (anconé, deuxième radial, extenseur commun des doigts, extenseur propre du cinquième doigt, court supinateur et cubital postérieur( ancienne nomenclature, française)) soit : ( anconé, court extenseur radial du carpe, extenseur des doigts, extenseur du cinquième doigt, supinateur et extenseur ulnarien du carpe) (nomenclature internationale actuelle). Ces muscles sont extenseurs du poignet et des doigts et placent l'avant-bras en supination. C'est la position des mains de l'homme qui accueille un ami. L'inflammation est une réponse à un état de dégradation des tissus. C'est un fait scientifique. Cela peut faire suite à un traumatisme (choc), une surcharge d'efforts ayant lésé les tendons mais souvent, il n'y a pas eu ces deux facteurs (dans l'interrogatoire des patients). Or ces tendons épicondyliens ont une particularité reconnue par tous : Comme le sus épineux dans l'épaule, comme le tendon d'Achille, ils ont une vascularisation plus faible que les autres tissus. Cela est du au regroupement de fibres tendineuses, très serrées, et sollicitées, près de l'insertion osseuse sur l'humérus, le réseau vasculaire étant « à l'étroit » dans ce maillage fibreux. La dégradation des tissus, à l'origine de l'inflammation, qui dure, ne peut donc être logiquement due qu'à une baisse d'irrigation de ce tendon, entraînant une anoxie (asphyxie) des cellules constituant les fibres, puis une inflammation de réparation. La difficulté à réparer entraîne parfois déchirures et ruptures. Il est une erreur de considérer l'inflammation comme responsable des dégradations du tendon, c'est anti-physiologique, les deux facteurs sont concomitants. Donc, maintenant que nous savons d'où vient la douleur, due à l'inflammation due à l'anoxie des tissus, d'où vient la baisse de débit sanguin ? Localisée qui plus est. Le seul facteur capable de faire baisser l'apport sanguin dans une région précise est le contingent des fibres sympathiques accompagnant les nerfs médian, radial (peu de fibres pour le nerf ulnaire (cubital)).Le système nerveux sympathique est un déclencheur de variations vaso-motrices. En effet, citant Guy Lazorthes (Le système nerveux périphérique chez Masson) « Le système nerveux sympathique intervient directement dans le transport de l'influx douloureux d'origine viscérale ou vasculaire….Les nerfs sensitifs et les récepteurs sensitifs sont en effet très sensibles aux moindres variations circulatoires. » Et « Les formations énervées (privées de l'influence normale nerveuse) ont leur sensibilité augmentée aux médiateurs sympathicomimétiques et réagissent à de plus petites concentrations d'adrénaline, d'acétylcholine(ACTH), de sympathine que normalement. Si l'on rajoute le fait que l'adrénaline est un puissant vasoconstricteur des artérioles dans les territoires périphériques (peau, muscles), l'on comprend qu'une région privée de ses influx sympathiques, plus sensible à l'Adrénaline, passe en vaso-constriction (baisse de l'apport sanguin, anoxie, inflammation…) Ceci explique au passage l'efficacité connue de la cortisone, qui vient contrer les effets locaux de l'adrénaline. Maintenant, qu'est-ce qui peut entraver l'influx nerveux sympathique de ce territoire du bras ? Si l'on se réfère à la cartographie neurologique du bras, la zone de l'épicondyle est innervée par le nerf radial (rameau cutané externe) et la racine C5 (Cinquième racine cervicale) sortant entre la 4° vertèbre et la 5° vertèbre cervicale. Poursuivant notre chaîne logique, nous pouvons déduire de l'anatomie et la physiologie que l'entrave à l'influx sympathique ne peut se réaliser que par simple compression des fibres de la racine C5 entre les deux vertèbres par pincement discal. D'ailleurs, les auteurs rhumatologues soulignent le fait qu'une névralgie cervico-brachiale est fréquente avec les épicondylites, mais prennent cela comme un facteur collatéral… D'un point de vue toujours anatomique, on peut maintenant comprendre que si l'on soigne l'étage intervertébral C4-C5, et son disque, garant de l'intégrité de l'intervalle de passage de la racine nerveuse C5 au trou de conjugaison, on a toutes les chances de restaurer le passage de tous les influx nerveux dans cette racine et de voir guérir une tendinite auto- entretenue par le corps pour ces raisons mécaniques. L'on débouche ensuite sur le traitement de la cause du problème, présente dans tous les cas, le tassement discal C4-C5, et son traitement et ceci est l'affaire de votre ostéopathe qui prendra soin, si possible en douceur, de votre problème discal. Il s'avère en pratique que ces « tendinites » « épicondylites » sont pratiquement toujours des névralgies C4-C5 avec seulement une composante neurovégétative à l'origine de l'inflammation. Si mon raisonnement vous paraît surprenant, dites-vous simplement qu'il permet depuis plus de dix ans de soigner avec succès (disparition totale des douleurs et fonction retrouvée) 94% les épicondylites en huit à dix jours, même celles qui duraient depuis plusieurs mois. Je vous remercie tous pour votre attention. 1ère publication sur le Site de l'Ostéopathie le 23 octobre 2010
  • La paralysie faciale idiopathique

    7 février, par Pierre Renaudeau — K cliniques SDO, , ,
    Dans la paralysie faciale a frigore, le patient(e) se réveille un matin avec un visage qui ne répond plus aux commandes d'un côté. La veille peut avoir été marquée par une douleur derrière l'oreille, inexpliquée. La paupière supérieure est abaissée sur l'œil, la paupière inférieure encore plus basse laisse écouler les larmes en dehors de l'œil sur la joue. La bouche ne se relève plus du côté paralysé et peut même laisser échapper la salive vers le bas. Enfin, le sens du goût est perturbé sur le bout de la langue. Dans le miroir, les tentatives pour sourire accentuent le désaccord apparent, le front côté actif se plisse mais pas du côté paralysé dont les rides sont disparues, et il est difficile de siffler ou souffler avec la bouche. Manger est compliqué car la joue, flasque, ne remplit plus correctement son rôle de maintien de la nourriture contre l'arcade dentaire. Source de l'image : Page Facebook de Médecine interne D'autre signes peuvent être présents, et il appartient désormais au MEDECIN GENERALISTE de prendre en charge le cas pour un diagnostic précis. Le patient doit aller consulter rapidement son médecin généraliste, car certaines paralysies faciales peuvent cacher une pathologie qu'il faut dépister sans tarder. Il appartient à celui-ci de faire passer les examens qui s'imposent et qui pourront varier selon le type de paralysie faciale. Une fois le diagnostic posé, s'il s'agit bien d'une paralysie faciale « a frigore » ou dite de Charles Bell (1), qui est réputée sans cause connue, l'ostéopathe peut alors intervenir, rapidement si possible. En effet, le nœud de cette tragédie faciale se joue probablement dans la région de l'os temporal où le nerf est comprimé, et donc paralysé par pression. Plus le temps passe, plus la récupération sera aléatoire ou incomplète. Plus tôt l'on pourra lever les conditions mécaniques qui ont serré le nerf, plus les chances de récupération seront élevées. Que se passe-t-il sur place ? D'après les chirurgiens qui ont eu l'occasion d'opérer des cas de paralysie faciale, le nerf est gonflé, œdématié, donc compressé dans le canal facial du temporal, et ainsi toutes les fonctions de la mimique sont inactivées par absence de commande neurologique. Des tentatives chirurgicales pour percer un trou dans l'os, décompresser le nerf, se sont toujours soldées par des échecs et ne sont plus entreprises. Les ORL évoquent quant à eux, un spasme artériolaire. Afin de comprendre le mécanisme de la paralysie faciale, un mini voyage en anatomie s'impose. Le nerf facial, après être sorti du tronc cérébral (entre moelle et cerveau), chemine sous la tente du cervelet (une toile fibreuse méningée séparant cerveau et cervelet, tendue entre les deux os temporaux, l'occiput et le sphénoïde) puis pénètre dans le méat acoustique interne (ancien conduit auditif interne), à la pointe interne du rocher du temporal. Il est ici accompagné de l'artère labyrinthique (ancien nom : artère auditive interne) et de ses veines satellites. Il est à noter que l'artère et les veines sont situées hautes, avec le VII (nerf facial), qui repose sur le VIII (nerf auditif), plus gros et plus large, le tout surplombé par la tente du cervelet. Il va, à l'intérieur de la pyramide du temporal pénétrer ensuite avec ses vaisseaux dans l'étroit canal facial (ancien aqueduc de Faloppe) où il sera vascularisé par une deuxième artère, la méningée moyenne. Puis il va se couder deux fois pour ressortir à la face inférieure du rocher temporal, vascularisé là par une troisième artère, la stylo-mastoïdienne, près de la glande parotide, à l'intérieur de la branche montante de la mandibule. A son origine, il peut être compressé (très légèrement) par une tension mécanique excessive de la tente du cervelet, une membrane méningée qui peut être elle-même tendue par une rotation externe excessive des os temporaux et de l'occiput (notion d'ostéopathie crânienne), associée à d'autres facteurs de tension mécanique issus du rachis. Ce type d'anomalie mécanique est précisément à la portée de l'Ostéopathe, à la recherche des blocages fins entraînant de lourdes conséquences. Cette tension mécanique n'est pas susceptible de comprimer le nerf facial en ce point, mais elle peut s'avérer suffisante pour compresser les veines satellites de l'artère labyrinthique (les veines ont des pressions faibles). Dès lors, le flux veineux ralenti voit se dilater progressivement ces veines, qui viennent petit à petit compresser l'artère labyrinthique puis le nerf facial dans son canal osseux inextensible. C'est la phase d'installation, le moment de cette douleur pulsatile derrière l'oreille décrite par tant de patients, vraisemblablement liée à l'installation de ce spasme artériolaire (de la petite artère) décrit par les ORL où l'artère tente de lutter par une constriction (resserrement). Ensuite, en une nuit, la pression augmentant (car le flux artériel ne s'interrompt pas), le nerf est complètement pressé et donc inactivé par asphyxie. La suppléance possible par l'artère stylo-mastoïdienne est probablement gênée par l'installation d'une tension mécanique qui va se retrouver dans les tests ostéopathiques de la mandibule et du temporal, avec comme corollaire une tension sur l'axe de cette artère, gênant probablement de la même façon les veines satellites, stase, pression…. L'inflammation s'installe, ce qui n'arrange rien, et le patient se réveille avec sa paralysie faciale. Il est à souligner qu'il n'y a aucune douleur, le nerf sensitif de la face étant le trijumeau. La pathologie s'installe et durera tant que la pression d'origine subsistera. 80 % des cas récupèrent spontanément en trois semaines, mais restent 20%. Pour ces cas l'ostéopathe, toujours après le diagnostic médical, va examiner le corps entier afin d'éliminer tout blocage concernant le crâne et le sacrum. C'est un travail de base que tout ostéopathe connait. Puis, dans le cas spécifique de la paralysie faciale, il accordera une attention particulière aux os temporaux et à l'occiput, qui sont les leviers de la tente du cervelet, puis à la mandibule et aux articulations temporo-mandibulaires, dont les décalages sont susceptibles d'étirer la région sous-mastoïdienne. Arriver à relâcher le verrouillage tridimensionnel entre ces trois pièces osseuses permettra de faire lâcher enfin la pression déclenchée initialement sur les veines labyrinthiques et stylo-mastoïdiennes. Une bonne mobilité entre les os temporaux et occiput et un calage correct de la mandibule seront les conditions physiologiques optimales pour voir involuer la pathologie. Un paramètre de bascule latérale(en ouïe de poisson) du temporal (qui majore la tension longitudinale sur les vaisseaux stylo-mastoïdiens) est fréquemment associé du côté de la paralysie faciale. L'ostéopathe est le seul praticien de santé qui s'intéresse à la boîte crânienne et ses dysfonctionnements mécaniques. Son intervention n'est pas, bien sûr, une promesse de vous guérir à 100%, mais elle créé les conditions de la possibilité d'une amélioration spontanée. Rapidement par levée des contraintes mécaniques à l'origine probable de la pathologie, et ceci en agissant sur les facteurs logiques de l'anatomie et de la physiologie. Et son action est sans risque aucun, en l'absence de manœuvres en force. Note 1. Charles BELL (1774-1842) Chirurgien, anatomiste et physiologiste écossais. Voir sa biographie Bibliographie Le système nerveux périphérique. Guy Lazorthes. Masson. 3° édition 1981 Anatomie clinique. Pierre Kamina. Tome 2 et 5. Maloine. 2e édition 2009 Anatomie. Tome 3 W Kahle, H Léonardt, W Platzer. Flammarion. 2° édition 1990. Encyclopédie de Médecine. Editions Atlas 1982. Abrégé de Neurologie.Cambier, Masson, Dehen Masson 4e édition 1982 Polycopié Atman 3° année 1991. Thérapie crânio-sacrée. J Upledger. Tome 1 et 2. Frison-Roche 1989 Résumé du mémoire de Baudu Serge, déposé à l'Académie d'Ostéopathie de France. Cours Atman 1990 Le puzzle crânien. Alain Lignon. Editions De Verlaque. 1989. Schématisation neuro-végétative en Ostéopathie. Alain Lignon. De Verlaque 1989. Manuel pratique d'ORL. F Legent. P Fleury. P Narcy. C Beauvillain. Masson 1990.
  • La paralysie faciale

    7 février, par Pierre Renaudeau — K cliniques SDO, ,
    Sommaire I. Pathologie II. Traitement ostéopathique I. Pathologie A. CLINIQUE (paralysie) La pathologie qui nous intéresse ici est bien sûr la paralysie faciale ou paralysie à « frigore » ou maladie de Bell. Elle a été ainsi nommée car l'on a longtemps pensé qu'elle démarrait après un coup de froid, hypothèse invalidée aujourd'hui. Les paralysies d'origine centrale ne sont pas pour l'Ostéopathe. Les ORL évoquent l'importance d'un spasme artériolaire, ce qui n'est pas sans nous intéresser au plus haut point (réaction de lutte contre la stase par vasoconstriction afin d'augmenter la pression, réalisé par le système sympathique…). La règle est d'adresser très tôt, dès les premiers jours, toute Paralysie faciale à l'ORL (Legent, Fleury, Narcy, Beauvillain, Manuel pratique d'ORL Masson) Le visage est caractéristique par paralysie flasque des muscles d'un côté qui font que la commissure labiale est abaissée et l'occlusion de l'œil impossible. Il convient de ne pas se laisser abuser par le côté actif du visage, qui est le côté sain, mais le plus expressif, et attire donc l'attention. Si la tympanométrie montre un réflexe stapédien modifié, le nerf du muscle de l'étrier est concerné. Penser aux lésions intra-osseuses. Si les sécrétions lacrymales sont concernées (sècheresse) l'atteinte est au-dessus du ganglion géniculé. 1. Signes à l'installation La paralysie s'étend en quelques heures et touche les muscles du visage d'un seul côté. La bouche descend, la paupière inférieure descend également, laissant le canal lacrymal écouler des larmes en dehors de l'œil, la joue devient flasque. Il est supposé une inflammation autour du trou stylo-mastoïdien, concernant ainsi toutes les fibres motrices du facial ou VII. Le début est brutal, souvent précédé d'une douleur derrière l'oreille (mastoïdienne), à laquelle certains patients rajoutent une notion de battement artériel perçu par eux (note de l'auteur). Le Goût peut être aboli, avec parfois une hypoacousie. Parfois il existe une réaction cytologique dans le LCR. 2. Signes à la phase d'état C'est celle où l'on peut observer le patient qui vient consulter. Le coin de la bouche est affaissé, les rides sont effacées du côté atteint, le front est lisse et la fente palpébrale élargie. L'orifice lacrymal saille en dehors de la conjonctive, le sujet pleure et se présente avec son mouchoir. Il est d'autant plus gêné qu'il bave également car la joue ne retient plus la salive. Les aliments s'insinuent aussi entre joue et dents et gênent la nutrition. Enfin, aux tentatives d'occlusion de la paupière, le globe oculaire part vers le haut (contraction physiologique synergique), C'est le signe de Charles Bell. Et les cils sont beaucoup plus apparents (déficience de l'orbiculaire des paupières) C'est le signe des cils de Souques. Le patient ne peut ni sourire, ni souffler, ni siffler, est gêné pout parler, et le platysma ou peaucier du cou ne s'active pas à l'ouverture contrariée de la bouche ou à la prononciation du ii-xxxx (signe du peaucier de Babinski). Peuvent s'ajouter une hyperacousie (pénible, par inertie du muscle stapédien ou muscle de l'étrier), une agueusie, un tarissement lacrymal et salivaire. L'association des différents signes va permettre de situer la hauteur de la paralysie (Diagnostic du Neurologue). Par exemple, la présence de l'agueusie signe la paralysie au dessus du point de séparation de la corde du tympan et du VII. Par contre une agueusie isolée unilatérale signe une atteinte de la corde du tympan… La conservation de l'activité du muscle frontal signifie une paralysie centrale, son innervation étant bilatérale depuis le cortex. Lors d'interventions sur des patients, l'on s'est aperçu que le nerf était gonflé, oedématié, étranglé dans le canal (aqueduc) de Fallope (canal du nerf facial). B. ÉVOLUTION La récupération est spontanée en quelques semaines dans 80% des cas. Si une réaction de dégénérescence apparait dans les dix jours sur une récupération incomplète, l'évolution sera longue avant la récupération qui pourra être incomplète, menaçant la cornée, et avec des spasmes résiduels post-paralytiques, ou des contractions anarchiques (erreurs de recolonisation des fibres). C. TRAITEMENT La protection des yeux pendant le sommeil, le massage des muscles paralysés (entretien trophique) ainsi qu'un pansement pour soutenir la face en chute sont indiquées. Des causes rares peuvent être à l'origine de la pathologie (tumeurs temporales, neurinomes acoustiques, polynévrite aigüe idiopathique (bilatérale dans ce cas-là)). D. AUTRES ÉTIOLOGIES Médicalement parlant, toute paralysie faciale nécessite un diagnostic du Généraliste ou de l'ORL. L'Ostéopathe n'a pas à prendre en première intention un patient avec une paralysie faciale non diagnostiquée. 1. Le zona géniculé peut déclencher une paralysie faciale. Le sujet présente alors une éruption qui peut toucher la pointe de la langue ou le méat (conduit) auditif externe et la conque. Il peut présenter également acouphènes et vertiges. 2. Dans un contexte de troubles neurologiques, l'évidence du risque et du diagnostic s'impose. 3. Si l'apparition est progressive, cela traduit toujours un processus tumoral. 4. La paralysie faciale peut être la complication d'une otite chronique, avec un risque de mastoïdite. La régression s'observe avec le traitement antibiotique. 5. En suite d'un traumatisme crânien, la surveillance et les soins sont hospitaliers. Fracture du rocher. 6. La tuberculose de l'oreille. 7. Le diabète, après cinquante ans, peut être en cause, donc recherché. 8. Il existe une forme de paralysie faciale du nouveau-né dont les ORL évoquent la possibilité d'une origine traumatique. Il est très évident que nous, Ostéopathes, devons nous pencher sur ces cas avec précision (Occiput, SSB, Temporal, y compris intra-osseux…). II. Traitement ostéopathique Le traitement ostéopathique de cette maladie fait appel bien sûr à l'Ostéopathie crânienne, et chaque praticien connait déjà les grands axes de cette démarche. Rappelons simplement qu'afin d'obtenir une bonne mobilité des os crâniens, le traitement libérera le bassin, le sacrum, puis l'occiput et les temporaux avant de s'intéresser à la symphyse sphéno-basilaire, ou à tout os en lésion dans la sphère crânienne. Il n'y a pas en l'espèce de leçon à donner. Par contre, ayant essuyé un échec après avoir soigné de façon classique un tel cas, j'ai décidé de me pencher sur l'anatomie et la physiologie de ce nerf afin de dégager ce qui est spécifique et qui pourrait tout à la fois expliquer et traiter ce type de paralysie. Cet article est le fruit de cette démarche. Donc, si nous considérons les éléments connus et répertoriés par nos amis Médecins sur ce problème (paralysie faciale idiopathique), on s'aperçoit qu'il y a : 1. Œdème (les chirurgiens parlent d'un nerf gonflé, oedématié dans le canal facial). Cause 2. Perte de fonction. Conséquence 3. Récupération plus ou moins sûre, plus ou moins complète. Réaction du corps 4. La paralysie s'étend en quelques heures. Phase d'asphyxie 5. Elle est précédée de douleurs derrière l'oreille, ou de battements. Lieu, réaction artérielle HYPOTHESE Si l'on fait le recoupement avec l'anatomie, largement reprise ci-après, l'on repensera au passage du VII sous la tente du cervelet, à l'entrée du canal facial, zone susceptible de voir une pression de la tente défavoriser le flux veineux de la portion artère auditive interne. Dans ce cas de figure, la gêne occasionnée sur ces veines peut se traduire par un gonflement de celles-ci en amont dans le canal, gonflement limitant immédiatement la place pour l'artère (particularité du canal facial), qui va réagir par une tentative de vasoconstriction (afin d'augmenter le flux), épisode parfois perçu par le patient sous forme de battements artériels. Bien évidemment, si rien ne vient lâcher la pression de la tente du cervelet sur les veines, le phénomène aboutit à un véritable serrage dans le canal facial, qui va engendrer une asphyxie du nerf, douleur. Celui-ci perd alors progressivement ses fonctions sur quelques heures, puis est totalement paralysé. Les signes cliniques connus apparaissent alors. Comme l'œdème observé par le corps médical (chirurgie) est visible à la partie inférieure du canal facial, il est probable qu'une deuxième condition entrave la suppléance de vascularisation par l'artère stylo-mastoïdienne. La première réponse dont j'ai disposé reposa sur un cas clinique où l'Ostéopathie a permis à la patiente de récupérer presque totalement en 24 heures après la séance (sauf le goût de la pointe de la langue), après huit jours de paralysie faciale diagnostiquée. J'avais trouvé chez cette patiente, un serrage important des membranes de tension réciproque (Membranes de tension réciproque : penser aux temporaux, à l'occiput, à la SSB, et aux WHIPLASH)comme il est mentionné dans un mémoire déposé à l'Académie d'Ostéopathie comme facteur prépondérant (une étude sur quatre cas de paralysie faciale) et également un facteur que je n'avais jamais répertorié avant, un temporal du côté de la paralysie faciale, en bascule latérale très marquée, (avec une ATM en dysfonction occlusale) un paramètre que l'on peut aisément imaginer tirer la pointe de la pyramide pétreuse vers le haut, avec à la clé une tension anormale sur l'axe de l'artère stylo-mastoïdienne, issue de l'occipitale, tension susceptible de réduire la lumière de ces vaisseaux(artère et veines). Ne pas oublier les lésions intra-osseuses de temporal, chez l'enfant. Normaliser la sphéno-pétreuse (main temporale et main sphénoïdale avec un doigt intra-buccal). Les deux premières côtes, les cervicales peuvent avoir une action à grand levier, mais également constituer une entrave au drainage veineux (Atman). De ces quelques éléments, l'on ne peut évidemment rien déduire de scientifique, et il est à souhaiter que dans l'avenir des études plus poussées permettront d'étayer ce raisonnement basé sur l'anatomie et la physiologie. Il ne s'agit donc ici que de partage, partage embryonnaire de quelques remarques, de rassemblement de données bibliographiques d'anatomie et de pathologie, et de quelque soupçon d'expérience personnelle afin de dégager une esquisse de plan de traitement pour ces paralysies faciales qui restent des drames pour les patients et des énigmes pour le corps médical. 1ère publication sur le Site de l'Ostéopathie le 2 juillet 2011