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Publié : 13 septembre 2014

Ostéo4pattes,

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Revue d’ostéopathie comparée, rassemblements d’ostéopathes, édition de contenu sur l’ostéopathie, rencontres annuelles d’ostéopathie.

  • A la recherche d'une épistémologie de la singularité comme prémices à une science ostéopathique

    17 février, par Jean Fiore, Marjolaine Bouaissier — Histoire et Philosophie
    L'ostéopathie est une discipline de soin qui revendique une prise en charge systémique du patient. La recherche en ostéopathie peine à donner des preuves de l'efficacité de cette pratique. Nous pensons que la recherche en ostéopathie doit évoluer pour trouver une méthodologie qui lui permette de rendre compte de ses spécificités et de son originalité. Cet article rend compte de l'apport de la philosophie de l'émergence à l'élaboration d'une épistémologie propre à l'ostéopathie comme préalable à une rationalité adaptée à la singularité de cette thérapeutique. Sommaire Résumé Introduction 1. Présentation de l'aspect 2. Enjeux de reconnaissance 3. Émergence et ostéopathie 4. Interrogations et limites 5. Travaux en cours et (...) Conclusion Références Émergence, Complexité, et Ostéopathie (ECO) A la recherche d'une épistémologie de la singularité comme prémices à une science ostéopathique. 1.- E.C.O., Centre Interdisciplinaire d'Ethique, 23 place Carnot - 69002 Lyon, France. 2. - E.C.O., Centre Interdisciplinaire d'Ethique, 23 place Carnot - 69002 Lyon, France. * Corresponding author : fiore.osteo chez posteo.net Cet article fait suite à la participation des auteurs à la 7e édition des journées « complexité-désordre » des 13-14 janvier 2020 organisée par l'UFR de physique de Paris. Depuis les auteurs ont continué leurs travaux et d'autres publications sont à venir. Titre original : The philosophy of Emergence and Complexity in the service of Osteopathy : in search of an epistemology of osteopathy in dialogue with contemporary philosophy EPJ Web Conf. - Volume 244, 2020 - Complexity and Disorder Meetings 2018-2019-2020 Article Number : 01017 - Published online : 15 October 2020 DOI : https://doi.org/10.1051/epjconf/202024401017 © The Authors, published by EDP Sciences, 2020 This is an Open Access article distributed under the terms of the Creative Commons Attribution License 4.0, which permits unrestricted use, distribution, and reproduction in any medium, provided the original work is properly cited. Résumé L'ostéopathie est une discipline de soin qui revendique une prise en charge systémique du patient. La recherche en ostéopathie peine à donner des preuves de l'efficacité de cette pratique. Nous pensons que la recherche en ostéopathie doit évoluer pour trouver une méthodologie qui lui permette de rendre compte de ses spécificités et de son originalité. Cet article rend compte de l'apport de la philosophie de l'émergence à l'élaboration d'une épistémologie propre à l'ostéopathie comme préalable à une rationalité adaptée à la singularité de cette thérapeutique. Introduction L'ostéopathie est aujourd'hui une actrice incontournable de la proposition de soin en Europe et en France tout particulièrement. Des millions de patients consultent chaque année des ostéopathes et c'est du fait des résultats concrets de cette thérapie. Ce succès est le fruit d'un apprentissage rigoureux donnant accès à une grande variété d'outils de traitement et à une capacité d'écoute qui est en adéquation avec la prétention holistique de notre profession. L'ostéopathie est nécessairement empirique dans les faits, puisqu'elle consiste en l'application de règles générales en réponse à une situation singulière qui dépend à la fois d'un patient et d'un thérapeute. La capacité à s'adapter à la singularité du vivant est une richesse pour l'ostéopathie, mais cela contribue à rendre cette discipline complexe. La conséquence de cette complexité est la difficulté de produire des preuves scientifiques permettant de légitimer une telle pratique. Dans l'exposé qui va suivre nous nous intéresserons à ce caractère complexe et nous essayerons de dégager un modèle de pensée qui permette de rendre compte des particularités de cette discipline. L'ostéopathie a vu le jour au Etats-Unis sous l'impulsion de A.T. Still (1828-1917). À son époque Still a fondé l'ostéopathie pour proposer une offre de soin comme une alternative qu'il juge plus rationnelle en opposition à la médecine héroïque qui était le système de pensée médicale le plus répandu aux états Unis. Même s'il n'a probablement pas lu Claude Bernard, Still considère que la médecine se doit d'être expérimentale, partir de l'observation clinique, et questionner en permanence ses propres pratiques pour en éliminer tout ce qui est inutile et dangereux. Les principes fondamentaux de la pratique mise en forme par Still ont été systématisés dans la déclaration de consensus de Kirksville de 1953. Aujourd'hui nous pouvons les synthétiser ainsi : l'interrelation entre la structure et la fonction, l'homéostasie, l'importance de la bonne circulation des fluides et l'unité de l'être humain. Dès le début Still est conscient de la complexité de l'approche médicale qu'il créé, et même si la formation est basée sur des connaissances théoriques telles que l'anatomie et la physiologie, qui relèvent d'une démarche réductionniste, la perception est d'emblée au centre de la pratique ostéopathique. Cette perception particulière s'apprend, mais dans l'idéal, l'enseignement de la perception ostéopathique ne porte pas tant sur l'apprentissage de ce qui est perçu que sur le comment percevoir. L'apprentissage de l'ostéopathie s'articule donc autour de deux registres, celui de l'acquisition de connaissances, et celui de l'expérience perceptive qui est singulière et propre à chaque ostéopathe. Il s'ensuit que la relation patient-thérapeute en ostéopathie est une expérience qui relève plus de la co-création intelligente que de la reproduction d'un protocole. L'évaluation de l'ostéopathie par les seuls outils de la pharmaco-médecine est donc impossible, et lorsqu'elle s'y essaye une telle démarche est forcément mutilante. Après avoir présenté l'ostéopathie pour bien en saisir la complexité, nous insisterons sur les enjeux de reconnaissance dont elle fait l'objet. Cet impératif de légitimation passe par l'édification d'une épistémologie propre à l'ostéopathie, dans cet optique nous verrons l'intérêt que présente la philosophie de l'émergence qui est une philosophie de la complexité. 1. Présentation de l'aspect complexe de l'ostéopathie La connaissance du patient en ostéopathie passe donc par plusieurs niveaux de compréhension. Il y a ce que le patient partage de la connaissance qu'il a de son propre corps, tel qu'il le vit et qui sera mis en parallèle avec les connaissances théoriques et l'expérience clinique de l'ostéopathe. Il y a la lecture anatomo-physiologique que l'ostéopathe fait lorsqu'il interagit avec le corps du patient, et enfin il y a la connaissance que le corps du patient a de son propre fonctionnement ou dysfonctionnement, et cette connaissance est une intelligence corporelle qui n'est pas nécessairement cognitive. Jean-Marie Gueullette est docteur en médecine et historien, il s'est intéressé tout particulièrement à l'ostéopathie ces dernières années, il nous rappelle que « la perception ostéopathique, dans une telle perspective ne consiste donc pas dans une recherche de signes que l'intelligence interprète en fonctions de schémas de compréhensions qu'elle a acquis, mais comme une forme d'écoute intelligente d'un savoir que possède le corps du patient, même s'il n'est plus en capacité d'en faire usage [1] (p.70) ». On note déjà ici, la construction d'une discipline de soin en équilibre entre les principes (qui une fois assimilés seront laissés dans l'ombre), et l'expérience (qui demeure insaisissable car elle s'inscrit dans la durée). Un équilibre donc, entre principe et expérience, et dont le résultat a une consistance bien plus solide que les principes d'un côté et l'expérience de l'autre. Il me semble que l'ostéopathie réussit ce tour de force, de faire travailler dans un même concept de soin, une base théorique qui s'appuie sur un physicalisme réductionniste, tout en acceptant qu'une part conséquente de la pratique dont nous faisons l'expérience ne peut pas se dire exclusivement avec les outils du réductionnisme. Mais qu'est-ce que l'ostéopathie ? voici la définition qu'en donne l'O.M.S. : « Osteopathy (also called osteopathic medicine) relies on manual contact for diagnosis and treatment. It respects the relationship of body, mind and spirit in health and disease ; it lays emphasis on the structural and functional integrity of the body and the body's intrinsic tendency for self-healing. Osteopathic practitioners use a wide variety of therapeutic manual techniques to improve physiological function and/or support homeostasis that has been altered by somatic (body framework) dysfunction, i.e. impaired or altered function of related components of the somatic system ; skeletal, arthrodial and myofascial structures ; and related vascular, lymphatic, and neural elements. Osteopathic practitioners use their understanding of the relationship between structure and function to optimize the body's self-regulating, self-healing capabilities. This holistic approach to patient care and healing is based on the concept that a human being is a dynamic functional unit, in which all parts are interrelated and which possesses its own self-regulatory and self-healing mechanisms [2] ». Le qualificatif de thérapie manuelle désigne le fait que c'est principalement par ses mains que l'ostéopathe perçoit et traite. Et en effet, la démarche ostéopathique donne une grande importance à la palpation, elle permet de reconnaître des différences de température, de consistance, de densité, de mobilité. Mais l'approche perceptive de l'ostéopathe ne s'arrête pas là, et c'est avec tout son être que l'ostéopathe entre dans une connaissance du patient qu'il traite. Déjà parce que dans le temps diagnostic, l'ostéopathe ne fait pas seulement confiance à ses mains, il use de toutes ses capacités de perception, il observe le comportement du patient, il écoute sa manière de parler, il peut percevoir des odeurs, bref il est réceptif à toutes sortes d'informations, par tout son corps et par tous ses sens et pas seulement par ses mains. De plus, certains ostéopathes sont amenés à percevoir différemment car ils développent une forme de réceptivité, réceptivité nécessitant un état intérieur libre et stable. Dans cette approche, le thérapeute ne pourra rien percevoir s'il ne se perçoit pas lui-même d'abord, il ne pourra pas s'affranchir des informations venant de son propre corps s'il n'est pas présent à lui-même. Cette disposition intérieure particulière permet à l'ostéopathe d'être préparé à recevoir ce qui se présente sans l'avoir imaginé à priori, une disposition propice à la réceptivité de la nouveauté [1] (pp. 59-68). Ceci dit, le travail de l'ostéopathe peut être vu comme une façon de relancer la capacité du patient à être ce qu'il est en devenir, et cela en attirant son attention sur ce qui s'est figé en lui. Cette attention est une mise en mouvement, c'est une tension vers une conscience ouverte à soi. On se représente souvent l'ostéopathe comme un mécanicien du corps. Il tire, pousse, aligne les os, les viscères. Relâche les muscles, assouplit les ligaments. Tout cela est juste, mais ce qui se joue dans les séances d'ostéopathie va plus loin. Il arrive qu'en travaillant sur une tension viscérale l'ostéopathe perçoive en lui une émotion qui ne semble pas liée à son vécu, et qu'au même moment le patient décide de partager son ressenti qui s'avère concorder avec celui de l'ostéopathe, à la manière d'une « impression ». Il arrive qu'en plein milieu d'une séance le patient éclate en sanglot ou explose de rire sans qu'il comprenne lui-même l'origine de cette manifestation, et que cela corresponde justement au moment où en tant que thérapeute je ressens le relâchement de la tension sur laquelle je travaillais. Ces expériences perceptives étonnantes amènent un questionnement : Concrètement, comment peut-on penser ce qui échappe au registre explicatif ? La répétition de ces évènements perceptifs et leur efficience dans le traitement des patients m'a permis d'accepter qu'il ne s'agit pas de productions de mon imagination. Non, il s'agit bien d'effets produits par le réel et qui sont porteurs de sens. Pourtant, bien que la perception soit une évidence pour moi au moment où je la perçois, il n'est pas possible de justifier un discours scientifique uniquement sur la base de l'expérience personnelle. Dans les faits, la démarche de l'ostéopathe relève d'une pratique qui est complexe. Elle est par excellence, dans le domaine de la santé, une manière de penser qui est avant tout sensible aux liaisons, implications et interactions mutuelles [1] (p.181). L'ostéopathie s'apparente à un « art de la complexité » qui met au travail la capacité d'un être complexe, le patient, à s'adapter au réel dans lequel il évolue et avec lequel il interagit. En fait, plus précisément, il s'agit de l'interaction de deux systèmes complexes, le corps sentant et percevant du thérapeute, et le corps senti et perçu du patient, qui forment eux même un système plus large. 2. Enjeux de reconnaissance et légitimité Nous l'avons évoqué plus haut, l'ostéopathie est une pratique complexe. Aujourd'hui, lorsque la pratique de l'ostéopathie est interrogée, la question de la légitimité du savoir-faire est mise en parallèle avec la capacité à apporter la preuve de son efficacité. À ce propos, J.M. Gueullette, a beaucoup travaillé sur la question du rapport de l'ostéopathie à la science médicale, et dans son livre L'ostéopathie, une autre médecine, il pose la question suivante : « Quelle va être la réponse des ostéopathes à ces mises en demeure de développer des formes de recherches qui soient fiables ? Devront-ils infléchir leurs pratiques pour leur permettre de rentrer dans les méthodes de la recherche médicale ou sauront-ils imaginer des modèles adaptés ? » [1] (p. 130). Notre groupe de recherche E.C.O. (Emergence, Complexité, Ostéopathie) est né de la volonté de plusieurs ostéopathes de développer des outils adaptés pour penser l'ostéopathie. Effectivement nous pensons qu'il est urgent de doter l'ostéopathie d'une épistémologie qui lui soit propre. Le caractère urgent de cette entreprise est appuyé par l'observation que nous faisons au sein même de notre profession, d'un courant de pensée qui considère qu'il faut contraindre la réalité de notre pratique pour la réduire à un ensemble de techniques qu'elle serait capable de justifier par une démarche d'évaluation expérimentale basée sur le réductionnisme [3]. Certains auteurs de ce courant de pensée renvoient dos à dos les ostéopathes en décrivant une ostéopathie progressiste, la leur, que l'on pourrait qualifier de réductionniste. Le reste de la profession est considéré comme traditionaliste, passéiste, pratiquant une sorte d'ostéopathie vitaliste. Plutôt que d'opposer réductionnisme et vitalisme, qui sont deux conceptions différentes en philosophie des sciences, et de demander aux ostéopathes un choix par défaut, nous proposons d'adopter une position médiatrice entre ces deux antithèses classiques. La philosophie de l'émergence s'inscrit dans cette voie alternative. En effet, cette philosophie propose une rationalité particulière, à dimension épistémique, pour penser les phénomènes complexes. Et toute la difficulté de l'émergence réside dans sa capacité à capturer ce qui apparaît de prime abord comme une contradiction. Elle refuse à la fois la dichotomie corps-esprit du vitalisme, et l'identité stricte du matérialisme ontologique. Nous allons maintenant insister un peu sur cette position singulière qui nous semble faire de l'émergence un concept particulièrement intéressant pour étudier l'ostéopathie. 3. Émergence et ostéopathie, entre physicalisme et antiréductionnisme L'idée d'un concept d'émergence vient de John-Stuart Mill qui, dans A system of logic, considère que la juxtaposition et l'interaction des parties constitutives d'un être vivant ne suffisent pas à expliquer les propriétés de ce dernier [4]. Ce mouvement de pensée date de la deuxième moitié du 19ème siècle et il s'inscrit comme une proposition intermédiaire entre le mécanisme et le vitalisme. Dans la philosophie de l'émergence, ce qui émerge, c'est de la nouveauté. Cette nouveauté est complexe et elle ne peut pas se résumer à l'étude des parties qui la composent. Elle possède des propriétés d'un genre nouveau, qui ne préexistaient pas dans les éléments qui la constituent. Dans notre travail de lecture de l'ostéopathie à l'aune de la philosophie de l'émergence nous nous appuyons sur les travaux d'Olivier Sartenaer, licencié en sciences physiques et docteur en philosophie, il a beaucoup travaillé à délimiter le périmètre épistémique du concept d'émergence. Voici la définition générale qu'il propose de l'émergence : « Certains systèmes naturels conçus comme collections d'entités en interrelation, manifestent des propriétés qui transcendent la simple agrégation de leurs constituants sous-jacents. » [5] Autrement dit, et selon l'adage d'Aristote dans la Physique : « le tout est autre que la somme de ses parties » [6], cela parle à la fois de l'irréductibilité du tout à ses constituants, mais cela pose aussi la notion de dépendance de la propriété émergente à la base de survenance de laquelle elle émerge. Continuons la définition : « De tels systèmes naturels possèdent des propriétés qualifiées d'émergentes, en ce sens que leur existence ne peut être extrapolée ou anticipée sur la base d'une connaissance, fut-elle exhaustive, des propriétés des parties du système. » [5] Il s'agit là de la deuxième condition indispensable pour encadrer un émergent, à savoir la notion de nouveauté. On pourrait également formuler l'émergence comme étant une relation empirique entre deux relata, … à savoir, un « émergent » E, et sa base d'émergence B, qui est telle que les deux idées suivantes dites de « dépendance » et de « nouveauté », sont simultanément rencontrées : (Dépendance) : E est dépendant de – ou déterminé par – B et malgré cela, (Nouveauté) : E est nouveau – ou autonome – par rapport à B. Pour qu'un phénomène puisse être considéré comme émergent il doit répondre à plusieurs critères. La survenance, l'holisme et la causalité descendante sont les trois critères que définit O. Sartenaer [5] sur la base de la définition que nous avons plus haut. L'holisme, est le surgissement d'au moins une propriété nouvelle non comprise dans une des parties sous-jacentes. Cette propriété est bien sûr systémique, c'est-à-dire qu'elle dépend de la mise en relation des éléments du système qui permet l'émergence. Et cette propriété systémique est d'un genre nouveau par rapport aux propriétés de ses constituants. Par exemple, l'atome de carbone n'est pas vivant, ni même la molécule d'acide-aminée. Mais la cellule l'est [7]. (Ici on parle de la vie comme étant une propriété émergente.) Pour le cas de la perception ostéopathique, elle respecte également le critère d'holisme dans le sens où elle ne préexiste pas dans une des parties du couple patient-thérapeute. Elle n'est présente ni chez le thérapeute isolé ni chez le patient seul. Il existe bien une capacité à sentir chez chaque être vivant, mais il ne s'agit pas de perception ostéopathique. La perception n'est pas juste le fait de noter une sensation, c'est aussi l'action de penser ce qui est senti (consciemment ou non). Cette action ne peut être réalisée qu'en présence de l'ostéopathe et du patient. En effet bien que l'ostéopathe soit capable de penser ce qu'il ressent sans qu'un patient soit présent, il ne s'agit pas de perception. Il pourrait se l'imaginer et penser une représentation potentielle du patient qu'il va consulter mais cela n'est pas de la perception ostéopathique, c'est de l'imaginaire. L'holisme est donc bien respecté puisque la perception ostéopathique du patient par le thérapeute n'est présente en soi que dans le couple patient-thérapeute. La causalité descendante est la faculté d'un système complexe à agir sur ses parties et ses composants, voire de les modifier, tant dans leur structure que dans leur nature. Pour reprendre l'exemple de la cellule on peut dire que celle-ci est composée entre autre de lipides, d'acides aminées etc. et elle est capable d'agir sur ses propres composants. Elle peut faire entrer d'autres molécules dans son système et en changer la nature ; et cela tout en conservant une relative autonomie de son identité de cellule (par exemple un globule rouge reste un globule rouge qu'il ait fixé de l'oxygène ou non). Cette causalité descendante est elle aussi respectée pour plusieurs raisons dans le cadre de la perception ostéopathique. En effet, la perception est bien une action qui implique la mise en relation de plusieurs éléments réels. Or une action, par définition, modifie le réel, (nous le constatons au quotidien, les tissus du patient commencent déjà à se modifier au moment même où nous posons les mains sur eux). L'acte perceptif en soi va donc bien modifier la partie du système que constitue le patient. De l'autre côté, le thérapeute qui perçoit le patient n'est plus le même au moment où il le perçoit comparativement à ce qu'il était avant la séance. En effet cet acte perceptif constitue une nouvelle mémoire du vécu du thérapeute, qui modifie son système nerveux central et qui peut potentiellement influencer ses futures consultations. Il y a donc causalité descendante dans le phénomène perceptif ostéopathique. Voilà un exemple du travail que nous nous appliquons à réaliser en ce moment au sein du groupe E.C.O. Nous travaillons actuellement à caractériser les lieux potentiels d'émergence et à en vérifier la cohérence avec les critères proposés par O. Sartenaer. Ce travail se réalise par l'analyse de cas cliniques relatant l'expérience ostéopathique. Afin d'inscrire cette démarche dans une méthodologie qui soit exploitable malgré le caractère subjectif de l'expérience ostéopathique nous nous sommes tournés vers l'utilisation des entretiens d'explicitations de Pierre Vermersch [10]. 4. Interrogations et limites Le concept d'émergence est donc plutôt séduisant pour nous permettre de définir une épistémologie de l'ostéopathie. Pour autant nous prenons en compte les critiques que suscite ce concept d'émergence, et nous travaillons actuellement avec le philosophe P. Gagnon sur le caractère intenable du physicalisme non réductible, qui constitue selon le métaphysicien américain Jaegwon Kim, la première opposition conceptuelle à la possibilité de l'émergence [8]. Selon J. Kim, l'émergence n'est pas tenable car la coexistence de la survenance et de la causalité descendante dont nous avons parlé plus tôt impliquerait que certains évènements soient systématiquement surdéterminés causalement (auquel cas il n'y a pas d'émergence) soit que la clôture causale [8-9] du monde physique peut être rompue. (La clôture causale du monde physique postule que chaque événement physique a une cause physique suffisante.) O. Sartenaer propose une première réponse [9] à la critique de J. KIM et nous continuons la réflexion pour ne pas enfermer notre travail dans une impasse métaphysique. 5. Travaux en cours et perspectives L'élaboration d'un nouveau modèle acceptant le caractère émergent de la pratique ostéopathique et de la perception singulière dont les ostéopathes sont les sujets permettrait : - De développer des outils méthodologiques et pédagogiques adaptés, notamment en ce qui concerne l'apprentissage de la dimension systémique et holistique de l'ostéopathie. Mais aussi en ce qui concerne l'apprentissage de la qualité d'être singulière qui permet à la perception ostéopathique d'émerger. - D'améliorer la compréhension que les ostéopathes ont de leur propre pratique en leur donnant des outils de pensée qui permettent de mettre en dialogue complexité et rationalité dans un système d'ordre ouvert qui accepte qu'il existe un pluralisme des rationalités. - D'admettre que dans la pratique du soin, la rencontre entre deux êtres puisse créer les conditions potentielles permettant l'apparition d'une nouveauté qui puisse prendre la forme d'une perception, d'une modification de l'un des systèmes. Admettre que cette nouveauté étant imprédictible et irréductible elle ne puisse pas uniquement faire l'objet d'une étude par les sciences expérimentales telle que nous les connaissons aujourd'hui. - D'appuyer les initiatives valorisant la subjectivité de notre pratique tout en créant de l'intersubjectivité pour construire du commun autour du partage de l'expérience ostéopathique, notamment dans des groupes de supervision de thérapeute. Cela renforcerait par la même occasion la dimension éthique de la relation de soin des ostéopathes. Conclusion Concluons en rappelant que cet exposé n'affirme pas que le réductionnisme doit être délaissé par les ostéopathes, mais plutôt qu'il se doit d'être systématiquement enchâssé dans une réflexion plus globale. Comme le propose E. Morin, la pensée complexe se doit de distinguer et de joindre en même temps dans une même opération [11]. De cette manière l'ostéopathie pourra continuer de s'enrichir de chaque nouvelle découverte scientifique tout en acceptant que la science expérimentale ne pourra peut-être jamais rendre compte de ce qui est réellement en jeu dans notre pratique. La rencontre entre le patient et l'ostéopathe nécessite que le thérapeute soit présent sans être centré sur lui mais en étant conscient du soi-percevant. L'originalité de l'ostéopathie est de proposer une discipline qui accepte l'individu qui la pratique dans l'intégralité de son être. En proposant comme principal outil d'investigation la perception, l'ostéopathie accepte d'emblée qu'il y ait autant de formes d'ostéopathies qu'il y a d'ostéopathes percevants. Cette richesse se doit d'être sauvegardée en s'interdisant de rendre l'ostéopathie « non-opérateur dépendant ». Références 1. J.M. Gueullette, L'ostéopathie, une autre médecine, Rennes, PUR, 70, 59-68, 181, 130 (2014). 2. World Health Organization, Benchmarks for Training in Osteopathy, 1 (2010). 3. W. Salem, Y. Lepers, Vers une ostéopathie progressiste, Mains libres, 3, 4-5 (2018). 4. J.S. Mill, De la composition des causes, Paris, Librairie Philosophique de Ladrange, 405-414 (1866). 5. O. Sartenaer, Définir l'émergence, Revue des Questions Scientifiques, 181-3, 372 (2010). 6. Aristote, La Métaphysique, 2, Paris, Vrin, 474 (1986). 7. F. Revol, La nouveauté dans l'histoire de la nature, Paris, Vrin, 218 (2015). 8. J. Kim, Physicalism, or something Near Enough, Princeton, Princeton University Press, chap.2 (2005). 9. O. Sartenaer, Qu'est-ce que l'émergence, Paris, Vrin, 56-64 (2018). 10. P. Vermersch, L'entretien d'explicitation, Paris, ESF (2010). 11. E. Morin, Introduction à la pensée complexe, Paris, Seuil, 103-104 (2005). Voir en ligne : The philosophy of Emergence and Complexity in the service of Osteopathy : in search of an epistemology of osteopathy in dialogue with contemporary philosophy L'Ostéo4pattes - Site de l'Ostéopathie remercie les auteurs, Jean Fiore et Marjolaine Bouaissier, ainsi que Web Of Conférence de l'avoir autorisé à publier la traduction de l'article original.
  • Mieux comprendre A. T. Still

    17 février, par Crystle Numan — Histoire et Philosophie
    Sommaire Josué Jésus Paul Lazare Rassembler tout cela Notes Crystle Numan - Mieux comprendre A. T. Still au travers de ses références bibliques - The osteopathyst - Canadian Journal of Osteopathy n° 5 Winter 2015, p. 21-22 Traduction Pierre Tricot 2016 - Titre original : Understanding A. T. Still Better through His Biblical References - The osteopathyst Dans toute son Autobiographie, A. T. Still se sert souvent du contexte religieux qui a été le sien. En tant que fils de prêcheur, ayant lui-même parcouru quelques circuits itinérants, il connaissait très bien la Bible et dans Autobiographie (1897), il fait souvent allusion à des histoires ou des versets qui en sont issus pour étayer son point de vue. Josué Une histoire revient souvent – avec un nom mentionné plus d'une fois - celui de Josué (chapitres 11, 19 et 27). Josué est mentionné dans le Deutéronome et dans son livre éponyme. Après qu'il fut dit à Moïse qu'il ne conduira pas son peuple, les Hébreux, vers la Terre Promise, celui-ci choisit Josué pour lui succéder. Malgré le fait que Moïse avait libéré les Hébreux de l'esclavage en Égypte et les avait conduits à travers le désert, la tâche de conquérir le pays de Canaan (la Terre Promise) et de s'y établir fut dévolue à Josué. Dès lors que Still a nommé son fils Josué (son fils étant la représentation anthropomorphique de l'Ostéopathie – voir chapitre 11), peut-être s'est-il placé dans le rôle de Moïse, appelé par Dieu pour libérer son peuple de l'esclavage de la médecine et des drogues. Cependant, Still ne pouvait que commencer cette tâche et devait la transmettre à un successeur, l'Ostéopathie, nous implorant de demeurer justes relativement à ses objectifs. Au chapitre 11, Still dit à Josué son ‛fils' de commander au soleil et à la lune de la mort de s'arrêter » [ 1 ] Au cours d'une des batailles d'Israël contre ses ennemis à Canaan, Josué demanda au soleil et à la lune de s'arrêter pour lui donner le temps de détruire complètement ses ennemis à la lumière du jour, afin qu'il puisse les voir (Josué 10:12-14). Plus tard dans son autobiographie, le Dr Still indique sa complète foi en Josué (Ostéopathie) qui « bientôt commandera aux soleils et aux lunes de s'arrêter » (chapitre 27) [ 2 ]. Tout au long du chapitre 11 Still liste successivement tous les ennemis que Josué combat et détruit. Les premiers chapitres du Livre de Josué énumèrent toutes les tribus conquises par Josué afin de nettoyer le pays au profit des Hébreux. Au chapitre 19, Still nous demande de répondre fortement à m'Ostéopathie : « Choisissez aujourd'hui celui que vous voulez servir. » [ 3 ] Il s'agit là d'une citation directe tirée de la fin du Livre de Josué, lorsque Josué, âgé, après avoir redit au peuple d'Israël tout ce que Dieu a fait pour eux, leur demande de garder ou non tous les commandements de Dieu. Il est intéressant de noter que le peuple d'Israël a répondu par l'affirmative : « Et le peuple dit à Josué : Nous servirons l'Eternel, notre Dieu, et nous obéirons à sa voix. (Josué 24:24) ; pourtant, le Livre des Juges qui suit immédiatement celui de Josué liste à n'en plus finir les générations d'Hébreux qui n'ont pas suivi les commandements et se sont tournées vers d'autres dieux. D'une certaine manière, il semble que l'histoire d'Ostéopathie ait suivi un chemin quelque peu similaire une fois parti le Dr Still. À travers toute la suite de l'histoire d'Israël, le peuple ne cesse de tourner le dos à Dieu – qui sans arrêt leur offre le pardon et une autre chance – jusqu'à la naissance du nouveau Sauveur, Jésus qui n'est en fait qu'une variante de Josué. Jésus Le Dr Still utilise quelques références à Jésus, pourtant certaines paraissent presque hyperboliques et semblent plutôt humoristiques. En d'autres mots, elles n'ont pas aidé à construire son argumentation. Au chapitre 30, il compare sa naissance à celle de Jésus. Dans l'histoire de la nativité de Jésus, il y avait dans le ciel une étoile particulière et la visite des Mages (hommes sages) venant de l'Orient (Matthieu 2). Still évoque sa propre naissance en disant « Quelque chose d'étrange venait d'apparaître à près de cinq kilomètres à l'ouest de Jonesville. Les hommes sages de l'est et les femmes de l'ouest se rassemblèrent. » (p. 195 édition française). Au chapitre 26, Still affirme que l'un des miracles de guérison de Jésus était ostéopathique : « Lorsque le Christ rétablit le bras atrophié, il savait comment articuler la clavicule avec l'acromion, libérant veine et artère sous-clavières pour qu'elles accomplissent leurs fonctions. » (p. 174 édition française) (Matthieu12:19 et Marc 3:1-6). Ces comparaisons quelque peu célèbres dans lesquels Still se compare à des personnages messianiques sont particulièrement intéressantes. Paul Au chapitre 9, le Dr Still se compare à l'apôtre Paul, connu pour argumenter avec les gens pour les convertir à devenir disciples de Jésus Christ. Par la suite, Still compare Macon à Athènes, où Paul avait prêché. Athènes était une cité où l'on discutait les nouvelles idées et Paul découvrit qu'ils avaient même un sanctuaire dévolu au « Dieu Inconnu » afin de n'offenser aucune divinité qu'ils pourraient avoir oublié. Paul leur dit qu'ils ignoraient ce qu'ils adoraient – mais que lui, Paul, allait maintenant leur parler de ce Dieu. À la fin du débat, quelques-uns se moquèrent de lui, mais certains se convertirent. Paul partit alors pour Corinthe où une grande église était en train de naître et où il fut le destinataire de deux importantes lettres qui sont devenues deux livres de la Bible. De la même manière, la plupart des habitants de Macon étaient opposés à Still : certains le considéraient même comme suppôt de Satan, alors que d'autres s'en remettaient aux drogues ou au poison pour se soigner, alors même qu'ils ne les comprenaient pas. Il y avait dans Macon quelques personnes qui croyaient en ce que faisait Still et ultérieurement, il y fut bien reçu. Mais au départ, il fut rejeté et de là, partit pour Kirksville où il s'installa et créa son cabinet, puis plus tard, l'ASO. Le Dr Still disait de Macon : « Ils pleurèrent et se lamentèrent parce qu'ils ne discernaient pas la vérité du mensonge » (chapitre 9, p. 62 édition française). Lazare Au chapitre 19, Still compare les ostéopathes à la parabole de Lazare parce que les ostéopathes recevaient seulement les miettes que le monde médical voulait bien leur donner : les cas incurables. Jésus racontait la parabole d'un pauvre homme appelé Lazare qui n'avait à manger que les miettes tombant de la table d'un homme riche. Lorsque les deux hommes moururent, le pauvre homme se retrouva avec Abraham (et par conséquent avec Dieu) et le riche se retrouva dans la place de la mort. Dans sa souffrance, l'homme riche demande à Lazare de tremper son doigt dans l'eau froide pour le soulager de la souffrance de la flamme. Ce soulagement lui est refusé et il lui est dit : « souviens-toi que pendant ta vie, tu as eu tout ce que tu voulais, et Lazare rien. Ainsi est-il aujourd'hui dans le confort et toi dans la torture » (Luc 16:25) [ 4 ] Alors, l'homme riche demande à ce que le pauvre homme soit autorisé à revenir dans le royaume de la vie pour avertir ses cinq frères afin qu'ils ne finissent pas comme lui. Cette demande est également rejetée au motif qu'ils ne seraient même pas persuadés par quelqu'un revenant de la mort [ 5 ]. Il y a bien plus dans la parabole de Jésus que la partie à laquelle Still fait référence mais il se peut qu'en mentionnant Lazare, il ait eu une partie de cette histoire à l'esprit. Rassembler tout cela Il semble certain que Still agençait ses propos à dessein et que toutes ces références bibliques ont pu être comprises par ses contemporains comme ayant une signification plus profonde. La connaissance de l'origine de ses références aide à comprendre ce que Still désirait exprimer. À la fin du chapitre 25, il implore les ostéopathes de laisser briller leur lumière devant les hommes (Autobiographie) [ 6 ] « ... afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux (Matthieu 5:16) » [ 7 ] Still termine alors ce chapitre en ajoutant « une science » [ 8 ] à ce qui constituait une des premières affirmations de la foi ou credo de l'Église catholique : « il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous. » (Éphésien 4:5-6). Cela vient immédiatement après que l'apôtre Paul ait encouragé l'église à demeurer unifiée, ce qui est aujourd'hui également pertinent dans le contexte ostéopathique actuel. Notes Tous les passages des écritures sont tirés de New Living Translation, Tyndale House Publishers Inc. (1996) pour l'anglais et pour le français, Louis Second, (1910). Toutes les références sont tirées des chapitres de l'Autobiographie d'A. T. Still (1897) accessible (en anglais) sur Internet : www.mcmillinmedia.com/eamt/files/still3/st3cont.html 1. « Toi, comme le Josué de l'ancien testament, tu dois commander au soleil et à la lune de la mort de demeurer silencieux et si tu sais commander l'armée des victorieux, il se tiendront cois. » p. 78 édition française. 2.« Pendant des années, je l'entraînais avec soin pour être un habile escrimeur car je savais que de très durs combats seraient à mener dès que le garçon attaquerait les vieilles théories ne pouvant se vanter d'aucun mérite, si ce n'est l'âge et la tradition. Je savais que bientôt mon Josué commanderait à ces soleils et ces lunes de se tenir cois et les ferait obéir à la lettre. » p. 180 édition française. 3. « L'un des chemins est celui de l'homme ; il est incertain, l'autre est la méthode de Dieu ; elle est infaillible. Choisissez aujourd'hui celui que vous voulez servir. » p. 134 édition française. 4. (Luc 16:25) : « Abraham répondit : Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne ; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres. » 5. (Luc 16:31) : « Et Abraham de répondre : S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu'un des morts ressusciterait. » 6. Laissez briller votre lumière devant les hommes au point que tout le monde saura que vous êtes un ostéopathe pur et simple et qu'aucun titre ne peut rendre un homme plus fier (p. 170 édition française). 7. Matthieu 5:16 : « Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. » 8. « Demeurez du côté de la « vieille bannière » de l'ostéopathie dont les replis voltigeants sont blasonnés en lettres d'or : « Une science, un Dieu, une Foi et un Baptême. » (p. 170 édition française). Voir en ligne : Understanding A. T. Still Better through His Biblical References Le Site de l'Ostéopathie remercie Crystle Numan et la rédaction de The Ostheopathist de l'avoir autorisé à publier cet article
  • Arrêté du 9 février 2021

    14 février, par Jean Louis Boutin — Lois, décrets & arrêtés
    Sommaire Article 1 TITRE Ier MODALITÉS D'ADMISSION Article 2 TITRE II - DÉROULEMENT DE (...) Article 3 Article 4 TITRE III - MODALITÉS DE (...) Article 5 Article 6 TITRE IV - DISPOSITIONS (...) Article 7 Article 8 Arrêté du 9 février 2021 relatif à l'adaptation des modalités d'admission, aux aménagements de formation et aux modalités de délivrance des diplômes d'ostéopathe et de chiropracteur dans le cadre de la lutte contre la propagation de la covid-19 NOR : SSAH2017289A - JORF n°0036 du 11 février 2021 - Texte n° 66 ELI : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/... Le ministre des solidarités et de la santé et la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, Vu le code de l'éducation ; Vu le code du travail ; Vu la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 modifiée relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, notamment son article 75 ; Vu la loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 d'urgence pour faire face à l'épidémie de covid-19, notamment son article 11 ; Vu la loi n° 2020-546 du 11 mai 2020 prorogeant l'état d'urgence sanitaire et complétant ses dispositions, notamment son article 1er ; Vu la loi n° 2020-1379 du 14 novembre 2020 autorisant la prorogation de l'état d'urgence sanitaire et portant diverses mesures de gestion de la crise sanitaire, notamment son article 1er ; Vu l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ; Vu l'ordonnance n° 2020-351 du 27 mars 2020 relative à l'organisation des examens et concours pendant la crise sanitaire née de l'épidémie de covid-19 ; Vu l'ordonnance n° 2020-1694 du 24 décembre 2020 relative à l'organisation des examens et concours pendant la crise sanitaire née de l'épidémie de covid-19 ; Vu le décret n° 2014-1505 du 12 décembre 2014 relatif à la formation en ostéopathie ; Vu le décret n° 2018-91 du 13 février 2018 relatif à la formation en chiropraxie ; Vu le décret n° 2020-663 du 31 mai 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire, notamment ses articles 28 et 31 ; Vu le décret n° 2020-1257 du 14 octobre 2020 déclarant l'état d'urgence sanitaire ; Vu le décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire ; Vu l'arrêté du 12 décembre 2014 relatif à la formation en ostéopathie ; Vu l'arrêté du 13 février 2018 relatif à la formation en chiropraxie, Arrêtent : Article 1 Afin de faire face aux conséquences de la propagation de la covid-19 et de la gestion de la crise sanitaire qui en résulte, le présent arrêté prévoit les ajustements concernant l'admission, la formation et la certification des formations pour les diplômes d'ostéopathe et de chiropracteur. TITRE Ier MODALITÉS D'ADMISSION Article 2 En accord avec l'agence régionale de santé et lorsque la situation exceptionnelle liée à la crise sanitaire le justifie, l'admission dans les formations conduisant aux diplômes d'ostéopathe et de chiropracteur peut être aménagée pour l'ensemble des candidats selon les modalités suivantes : 1. Organisation de l'entretien d'admission prévu à l'article 1er de l'arrêté du 12 décembre 2014 susvisé via les outils de communication à distance ; 2. Organisation de l'entretien d'admission et des éventuelles épreuves de sélection prévues à l'article 1er de l'arrêté du 13 février 2018 susvisé via les outils de communication à distance. TITRE II - DÉROULEMENT DE LA FORMATION Article 3. En accord avec l'agence régionale de santé et lorsque la situation exceptionnelle liée à la crise sanitaire le justifie, des aménagements d'unités d'enseignement peuvent être mis en place pour l'ensemble des étudiants de la promotion concernée. Ces aménagements peuvent concerner les modalités pédagogiques - y compris en distanciel - les thématiques, les évaluations et les délais de restitution des travaux, sans toutefois modifier les objectifs décrits dans les unités d'enseignement, ainsi que les évaluations. Selon la situation d'urgence sanitaire constatée sur le territoire d'implantation de l'établissement de formation, l'unité d'enseignement de la dernière année de formation dont la validation consiste en un mémoire avec présentation orale, est évaluée et validée le cas échéant en l'absence d'argumentation orale. Celle-ci peut éventuellement être organisée à distance en prenant les mesures de sécurisation permettant d'éviter toute fraude. Dans le cadre de ces aménagements et en fonction de la nature de la participation de l'étudiant à la gestion de la crise sanitaire liée à la lutte contre l'épidémie de la covid-19, une partie des heures qu'il réalise à l'occasion de cette participation à la gestion de crise sanitaire peut être incluse dans les heures de formation pratique clinique. Des heures de formation pratique clinique peuvent être validées par des travaux écrits en lien avec les objectifs prévus, notamment lorsqu'une partie n'a pu être réalisée du fait de la crise sanitaire, ou de manière exceptionnelle par des mises en situations simulées ou en augmentant le volume d'heures des stages externes. La substitution des heures de formation pratique clinique par des travaux écrits, des mises en situation simulées ou des heures de stages externes ne peut dépasser 15 % du volume annuel de formation clinique prévu pour la formation en ostéopathie. Les aménagements retenus par chaque établissement de formation sont validés par le conseil scientifique et le conseil pédagogique. Les épreuves d'évaluation et de validation des unités d'enseignement pour les deux formations et le certificat de compétences cliniques prévu à l'article 11 de l'arrêté du 13 février 2018 susvisé peuvent être organisées par voie dématérialisée. L'établissement veille au respect de l'égalité de traitement des étudiants et des mesures de sécurisation afin d'éviter toute fraude. Article 4 En accord avec l'agence régionale de santé, des unités d'enseignement ou des périodes de formation clinique peuvent être délivrées ou validées au cours d'une autre année de formation, pour l'ensemble des étudiants de la promotion concernée, dès lors que la situation d'urgence sanitaire sur le territoire le justifie. Ces modifications ne concernent pas la dernière année de formation. Par dérogation aux articles 12 à 15 de l'arrêté du 12 décembre 2014 susvisé, les modifications apportées peuvent modifier le positionnement des unités d'enseignement dans les années de formation. Le passage dans l'année supérieure est adapté en conséquence. Par dérogation aux articles 14 à 17 de l'arrêté du 13 février 2018 susvisé, les modifications apportées peuvent impacter le nombre de crédits attribués dans les années concernées. Lorsque ces modifications impactent deux années de formation, le nombre de crédits acquis pour passer dans l'année supérieure est ajusté en conséquence. TITRE III - MODALITÉS DE VALIDATION ET DE DÉLIVRANCE DU DIPLÔME Article 5 Les membres de la commission de validation des unités de formation et des compétences professionnelles peuvent participer aux réunions et aux délibérations par tout moyen de communication permettant leur identification et garantissant la confidentialité des débats. Une commission supplémentaire peut être réunie à titre exceptionnel jusqu'au 31 décembre de l'année concernée pour examiner les résultats des étudiants aux épreuves de contrôle continu des différentes unités d'enseignement et les évaluations des périodes de formation pratique clinique. Elle se prononce sur la validation des connaissances et des compétences professionnelles et, le cas échéant, sur l'attribution des ECTS, en vue de la délivrance du diplôme. Article 6 Selon la situation d'urgence sanitaire constatée sur le territoire, les établissements n'ayant pas pu, du fait de la crise sanitaire, réaliser la totalité des consultations cliniques prescrites peuvent en réaliser une partie sous forme de mises en situation simulées ou de téléconsultations. Le nombre de consultations cliniques concernées par ces modalités ne peut excéder 20 % en accord avec le conseil scientifique et le conseil pédagogique. Les évaluations des compétences réalisées lors des téléconsultations sont prises en compte. TITRE IV - DISPOSITIONS FINALES Article 7 Les dispositions du présent arrêté sont applicables pour les années scolaires 2019-2020 et 2020-2021 lorsqu'elles ont directement pour objet de prévenir les conséquences de la propagation de la covid-19 ou de répondre à des situations résultant de l'état d'urgence sanitaire déclaré en application de l'article 1er du décret n° 2020-1257 du 14 octobre 2020 susvisé. Les modalités d'admission prévues à l'article 2 peuvent être maintenues pour la rentrée de septembre 2021 en cas de besoin liés à la crise sanitaire. Les mesures d'adaptation prises en application du présent arrêté font l'objet d'une information auprès des étudiants concernés. Article 8 Le présent arrêté sera publié au Journal officiel de la République française. Fait le 9 février 2021. Le ministre des solidarités et de la santé, Pour le ministre et par délégation : La sous-directrice des ressources humaines du système de santé, K. JULIENNE La ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, Pour la ministre et par délégation : La directrice générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle, A.-S. BARTHEZ Voir en ligne : Arrêté du 9 février 2021 relatif à l'adaptation des modalités d'admission, aux aménagements de formation et aux modalités de délivrance des diplômes d'ostéopathe et de chiropracteur dans le cadre de la lutte contre la propagation de la covid-19
  • Réglementation des cartes professionnelles de santé

    11 février, par Jean Louis Boutin — Questions ostéos
    Sommaire Question écrite n° 36233 de (...) Question écrite n° 36235 de (...) Question écrite n° 36016 de (...) Question écrite n° 36012 de (...) Question écrite n° 36015 de (...) Objet : Réglementation des cartes professionnelles de santé Question écrite n° 36233 de Mme Emmanuelle Anthoine (LR - Drôme) publiée au JO le 09/02/2021 page 1082 Mme Emmanuelle Anthoine interroge M. le ministre des solidarités et de la santé sur les cartes professionnelles de santé. La carte professionnelle de santé est une carte d'identité professionnelle électronique dédiée aux secteurs de la santé et du médico-social. Elle permet à son titulaire d'attester de son identité et de ses qualifications professionnelles. Il s'agit d'un outil pour sécuriser le partage des données de santé entre professionnels soignants, ce qui est indispensable à toute prise en charge pluridisciplinaire. La carte professionnelle de santé ouvre effectivement accès à la transmission des feuilles de soins électroniques, aux messageries sécurisées entre professionnels, via le système « MSSanté », à la création, la consultation et l'alimentation des dossiers médicaux partagés, etc. Pour autant, la réglementation actuelle n'autorise pas la délivrance de ces cartes professionnelles de santé à l'ensemble des professions médicales. Les diététiciens libéraux, les ergothérapeutes libéraux, les chiropracteurs, les ostéopathes, les psychologues, les psychomotriciens et les psychothérapeutes sont ainsi exclus de l'accès aux cartes professionnelles de santé. Ces professionnels de santé ne peuvent donc pas échanger et partager de données de santé avec les autres acteurs médicaux et ce, même lorsqu'ils exercent ensemble dans la même maison de santé pluridisciplinaire. Cet écueil administratif porte préjudice à la sécurité des échanges de données de santé entre professionnels, en ne permettant pas l'accès aux outils sécurisés à un ensemble de professions médicales, au détriment de l'intérêt des patients. Aussi, elle aimerait savoir si le Gouvernement entend faire évoluer la réglementation afin de permettre l'accès aux cartes professionnelles de santé à l'ensemble des professions médicales. Source : https://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-36233QE.htm Question écrite n° 36235 de M. Jean-Michel Jacques (LReM - Morbihan) publiée au JO le 09/02/2021 page 1083 M. Jean-Michel Jacques attire l'attention de M. le ministre des solidarités et de la santé sur la délivrance des cartes de professionnel de santé (CPS) entre les différentes professions libérales soignantes. La carte de professionnel de santé dédiée aux secteurs de la santé et du médico-social, permet à son titulaire d'attester de son identité et de ses qualifications professionnelles. Elle constitue un instrument essentiel du dispositif de sécurité des systèmes d'information de santé, puisqu'elle permet notamment de sécuriser les échanges et le partage des données médicales personnelles pour en protéger la confidentialité entre les professionnels soignants. Toutefois, l'actuelle réglementation en vigueur ne permet pas la délivrance de ces cartes envers certaines professions libérales dont les diététiciens, les ergothérapeutes, les chiropracteurs, les ostéopathes, les psychologues, etc. Ces professionnels ne peuvent ainsi échanger et partager de manière sécurisée avec leurs collègues, exerçant parfois dans un même ensemble, au sein d'une maison de santé pluri-professionnelle par exemple. Aussi, il souhaiterait savoir si le Gouvernement entend étendre la délivrance des CPS à ces autres professionnels de santé afin d'assurer une continuité des soins délivrés de façon sécurisée et de garantir la prise en charge pluridisciplinaire accordée aux patients. Source : https://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-36235QE.htm Question écrite n° 36016 de M. Ludovic Pajot (Non inscrit - Pas-de-Calais) publiée au JO le 02/02/2021 page 866 M. Ludovic Pajot attire l'attention de M. le ministre des solidarités et de la santé sur la règlementation applicable aux cartes professionnelles de santé. Ces cartes d'identité professionnelles électroniques dédiées au secteur de la santé et du médico-social sont des outils permettant à leurs titulaires de valider leurs identités mais aussi leurs qualifications professionnelles. L'Agence du numérique en santé (ANS) les qualifie également d'instruments essentiels au dispositif de sécurité des systèmes d'information de santé. Ces cartes permettent en effet une sécurisation des échanges et du partage de données médicales personnelles entre professionnels de la santé. En pratique, de nombreux patients nécessitent l'intervention de plusieurs catégories de professionnels de santé et il est donc important qu'un transfert sécurisé des données à caractère personnel puisse être réalisé efficacement. Dans le quotidien des soignants, ces outils numériques sont indispensables pour faciliter l'exercice de leur activité, que ce soit pour la transmission des feuilles de soins électroniques ou encore la consultation des dossiers médicaux partagés. L'unification permise sur l'ensemble du territoire grâce à ce dispositif doit être pérennisée. Pour davantage d'efficacité, il pourrait être envisagé d'étendre ce dispositif à davantage de professionnels libéraux qui en sont aujourd'hui exclus, comme c'est le cas notamment pour les ostéopathes. Dans cette optique, il lui demande donc de bien vouloir lui faire un état des lieux de la situation, ainsi que de lui faire part des possibilités d'extension éventuelle de ce dispositif à des professions libérales qui en sont jusqu'à présent exclues. Source : https://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-36016QE.htm Question écrite n° 36012 de M. Christophe Naegelen (UDI et Indépendants - Vosges) publiée au JO le 02/02/2021 page 864 M. Christophe Naegelen appelle l'attention de M. le ministre des solidarités et de la santé sur les cartes professionnelles de santé, dont la réglementation apparaît injustement discriminatoire entre les différentes professions libérales soignantes et gêne le développement de la pluridisciplinarité des prises en charge des patients. La carte professionnelle de santé (CPS), qualifiée par l'Agence du numérique en santé (ANS) comme une « carte d'identité professionnelle électronique dédiée aux secteurs de la santé et du médico-social », permet à son titulaire d'attester de son identité et de ses qualifications professionnelles et constitue un instrument essentiel du dispositif de sécurité des systèmes d'information de santé puisqu'elle sécurise les échanges et le partage des données médicales personnelles pour en protéger la confidentialité. Il s'agit donc d'un outil important pour sécuriser le partage des données de santé entre professionnels soignants, lequel est indispensable à toute prise en charge pluridisciplinaire. La CPS, dotée d'un système de protection haute, a été créée pour permettre des usages utiles tels que la transmission des feuilles de soins électroniques, les messageries sécurisées entre professionnels via le système « MSSanté », la signature électronique avec un processus d'authentification forte, la sécurisation de l'accès à certains logiciels utilisés par les professionnels, la création, l'alimentation et la consultation des dossiers médicaux partagés, l'accès à certains téléservices nationaux ou régionaux contenant des données de santé ou proposant des espaces collaboratifs destinés aux professionnels soignants, etc. Pourtant, l'actuelle réglementation n'autorise la délivrance de ces cartes qu'au profit de certaines professions, voire certains statuts. Ainsi, les professionnels libéraux exerçant notamment en qualité de diététiciens, ergothérapeutes, chiropracteurs, ostéopathes, psychologues, psychomotriciens et psychothérapeutes en sont privés. Cette ineptie les empêche d'échanger et partager, de manière sécurisée, avec leurs collègues, y compris lorsqu'ils exercent ensemble au sein d'une maison de santé pluridisciplinaire. Cela n'a aucun sens et favorise l'utilisation de canaux moins protecteurs des données de santé, dont on sait qu'elles constituent un enjeu majeur en santé et pour les patients. C'est pourquoi il lui demande si le Gouvernement a l'intention de faire évoluer la réglementation en la matière afin que l'ensemble des professionnels libéraux soignants puisse obtenir une CPS. Source : https://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-36012QE.htm Question écrite n° 36015 de Mme Bérengère Poletti (LR - Ardennes) publiée au JO le 02/02/2021 page 866 Mme Bérengère Poletti attire l'attention de M. le ministre des solidarités et de la santé sur la réglementation des cartes professionnelles de santé (CPS) qui apparaît comme discriminatoire entre les différentes professions libérales soignantes et gêne le développement de la pluridisciplinarité des prises en charge dans l'intérêt supérieur des patients. Pour rappel, la carte professionnelle de santé (dite « CPS »), qualifiée par l'Agence du numérique en santé (l'ANS) comme une « carte d'identité professionnelle électronique dédiée aux secteurs de la santé et du médico-social [qui] permet à son titulaire d'attester de son identité et de ses qualifications professionnelles », constitue, toujours selon l'ANS, « un instrument essentiel du dispositif de sécurité des systèmes d'information de santé » puisqu' « elle sécurise les échanges et le partage des données médicales personnelles pour en protéger la confidentialité ». Il s'agit donc d'un outil important pour sécuriser le partage des données de santé entre professionnels soignants, lequel est indispensable à toute prise en charge pluridisciplinaire. C'est pour permettre l'échange, en toute sécurité, que la carte professionnelle de santé a été créée avec les usages qui y ont été associés. Parallèlement, de nombreux « logiciels métiers », particulièrement nécessaires au sein des maisons de santé pluridisciplinaires, utilisent les CPS comme moyen d'authentification du professionnel puisque ces cartes sont dotées d'un système de protection haute. En effet, la protection des données de santé à l'heure de leur informatisation est un enjeu crucial qui a encore récemment été rappelé par la CNIL, dont la formation restreinte a sanctionné deux médecins pour avoir insuffisamment protégé les données personnelles médicales de leurs patients. Pour éviter cela, la CPS est un outil indéniable puisque, outre l'accès à un niveau de sécurité garanti par l'État, sa délivrance par l'ANS permet l'émergence d'un même système sur tout le territoire français pour favoriser les échanges entre tous les professionnels soignants (sans qu'ils ne soient tentés de communiquer par des canaux non protégés). Pourtant, l'actuelle règlementation n'autorise la délivrance de ces cartes qu'au profit de certaines professions, voire certains statuts, comme l'indique l'ANS sur son site internet, mais en excluant certaines professions libérales exerçant notamment en qualité de diététiciens, ergothérapeutes, chiropracteurs, ostéopathes, psychologues, psychomotriciens et psychothérapeutes. À juste titre, les intérêts des professions libérales soignantes (IDPLS) qualifient cette situation d'injuste et expliquent que cela tend à favoriser l'utilisation de canaux moins protecteurs des données de santé. Elle souhaiterait donc savoir quelles solutions il entend mettre en place en matière d'évolution de la réglementation des cartes professionnelles de santé. Source : https://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-36015QE.htm
  • Shiatsu équin

    11 février, par Jean Louis Boutin — Ostéos animaliers
    Sommaire Question écrite n° 34338 de (...) Réponse publiée au JO le (...) Question écrite n° 34338 de Mme Claire O'Petit (La ReM - Eure) publiée au JO le 01/12/2020 page 8537 Objet : Shiatsu équin Mme Claire O'Petit attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation sur la situation des praticiens de shiatsu équin. Le 18 août 2020, ces praticiens ont reçu un courrier de l'ordre des vétérinaires leur demandant d'intégrer le répertoire des ostéopathes sous peine d'être poursuivis pour pratique illégale de cette « médecine ». Pourtant le shiatsu n'est pas une médecine, mais il vise simplement à améliorer le bien-être physique et psychologique de l'animal par une « pression des doigts », selon la traduction de ce terme japonais. Les praticiens de cette discipline ne peuvent prétendre postuler aux épreuves théoriques et pratiques visant à l'obtention du diplôme d'ostéopathe. Alors que les Français, et notamment les propriétaires d'équidés domestiques, sont de plus en plus attachés au bien être de leur animal et prêts à financer le développement de disciplines l'améliorant, cette démarche vise implicitement à réduire voire anéantir l'exercice de la pratique professionnelle du shiatsu équin. Elle lui demande donc de bien vouloir lui préciser s'il compte initier une norme afin que les praticiens du shiatsu équin disposent de leur propre répertoire. Réponse publiée au JO le 02/02/2021 page 909 La fédération française de shiatsu traditionnel définit le shiatsu comme « une discipline manuelle de régulation des énergies et de détente, qui consiste en des étirements et des pressions sur l'ensemble du corps, le plus souvent avec les doigts, plus particulièrement les pouces et les paumes » qui contribue à « réduire le stress et les tensions physiques et psychiques, stimuler et renforcer le système d'autodéfense de l'organisme et équilibrer le système énergétique dans sa globalité ». Considérant cette définition, ainsi que la jurisprudence en médecine humaine (arrêt du 9 mars 2010 de la Cour de cassation), la définition de l'acte de médecine vétérinaire à l'article L. 243-1 du code rural et de la pêche maritime et la définition de l'acte d'ostéopathie animale à l'article R. 243-6 du même code, le shiatsu relève de la définition de l'acte de médecine vétérinaire et plus spécifiquement de l'acte d'ostéopathie animale. En effet, le shiatsu, pratiqué sur les animaux, s'assimile à la réalisation de manipulations et à des mobilisations non instrumentales directes ou indirectes non forcées à des fins préventives ou curatives. Par conséquent, les personnes non vétérinaires le pratiquant réalisent donc des actes d'ostéopathie animale. Or l'ostéopathie animale était, jusqu'à l'intervention de l'ordonnance n° 2011-862 du 22 juillet 2011 relative à l'organisation de l'épidémiosurveillance, de la prévention et de la lutte contre les maladies animales, un acte de médecine et de chirurgie des animaux relevant de la compétence exclusive des vétérinaires. Pour permettre à des personnes n'ayant pas la qualité de vétérinaire de réaliser des actes d'ostéopathie animale, le législateur a modifié l'article L. 243-3 du code rural et de la pêche afin de préciser les conditions dans lesquelles ces actes peuvent être réalisés par des personnes n'ayant pas la qualité de vétérinaire. Pour être autorisées à les pratiquer, celles-ci doivent justifier de compétences définies par le décret n° 2017-573 du 19 avril 2017 et évaluées par le conseil national de l'ordre des vétérinaires. Ainsi, les personnes réputées détenir les compétences doivent attester de la réalisation de cinq années d'études supérieures ainsi que de la réussite de l'épreuve d'aptitude composée d'une épreuve d'admissibilité et d'une épreuve pratique. Le respect de ces conditions permet leur inscription sur le registre national d'aptitude tenu par le conseil national de l'ordre des vétérinaires. La pratique du shiatsu ou de tout autre acte d'ostéopathie animale par une personne n'étant pas inscrite sur ce registre national d'aptitude est interdite et peut donner lieu à des poursuites pour exercice illégal de la médecine vétérinaire. En effet, les personnes réalisant des actes d'ostéopathie animale sans se soumettre au dispositif prévu par l'article L. 243-3 du code rural et de la pêche maritime s'exposent aux peines relatives à l'exercice illégal de la médecine ou de la chirurgie des animaux prévues par l'article L. 243-4 du même code à savoir deux ans d'emprisonnement et une amende de 30 000 euros. Voir en ligne : Question écrite n° 34338 de Mme Claire O'Petit (La ReM - Eure) publiée au JO le 01/12/2020 page 8537 - Réponse publiée au JO le 02/02/2021 page 909 La fédération française de shiatsu traditionnel définit le shiatsu comme « une d