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Publié : 13 septembre 2014

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  • Nomenclature fasciale : Mise à jour sur le processus de consensus connexe

    11 novembre, par Jean Louis Boutin — Définitions
    Sommaire Article Matériaux et méthodes Résultats Discussion Remerciements Références Wiley Online Library - Nomenclature fasciale : Mise à jour sur le processus de consensus connexe Auteurs : ROBERT SCHLEIP, GIL HEDLEY, ANDCAN A. YUCESOY Titre original : Fascial Nomenclature:Update on RelatedConsensus Process Accès libre à l'article (pdf) : https://onlinelibrary.wiley.com/doi/pdf/10.1002/ca.23423 Correspondence : Robert Schleip, Department of Neuroanaesthesiology, Neurosurgical Clinic, Ulm University Ludwig-Heilmeyer-Str. 2, 89312 Guenzburg, Germany. E-mail : robert.schleip chez uni-ulm.de Received 24 April 2019 ; Revised 6 June 2019 ; Accepted 6June 2019. Published online 27 June 2019 in Wiley Online Library (wileyonlinelibrary.com). DOI : 10.1002/ca.23423 Résumé Le terme fascia est de plus en plus utilisé non seulement par les anatomistes, mais aussi par d'autres professionnels et auteurs dans différents domaines liés à la santé, ce qui s'accompagne d'une utilisation incohérente du terme, dans lequel de nombreux tissus différents sont inclus par différents auteurs, ce qui entraîne une confusion accrue. La Fascia Research Society s'est attaquée à ce problème en créant un Fascia Nomenclature Comité (FNC) dans le but de clarifier la terminologie relative au fascia. Ce comité a mené un processus Delphi élaboré pour favoriser un débat consensuel structuré entre différents experts dans le domaine. Ce processus a donné lieu à deux recommandations terminologiques distinctes de la FNC, définissant les termes « fascia » et « système fascial », qui font état du processus qui sous-tend la terminologie proposée ainsi que des répercussions de ces définitions sur l'inclusion et l'exclusion des différents types de tissu. Mots clés : fascia ; terminologie ; technique Delphi ; nomenclature ; nomenclature ; tissu conjonctif Article Presque aucun domaine de la science anatomique n'est caractérisé par une terminologie aussi divergente que dans le domaine des tissus conjonctifs liés au fascia. Pour de nombreux spécialistes du domaine, seuls les tissus conjonctifs denses en forme de feuille sont considérés comme des « fascias », et seulement s'ils expriment plus d'une direction dominante des fibres. Par conséquent, pour qu'un tissu conjonctif soit considéré comme un fascia, sa disposition des fibres est souvent considérée comme « irrégulière ». Cependant, une telle inférence peut être incorrecte, en particulier si, par exemple, on considère des enveloppes épimysiales dans lesquelles sont présents des tissus, deux directions principales des fibres qui se croisent régulièrement à des angles très spécifiques (Benetazzo et al., 2011). En revanche, d'autres auteurs dans ce domaine incluent également toutes les couches molles telles que les zones aréolaires à l'intérieur de l'hypoderme ou comme on les retrouve dans les enveloppes autour des vaisseaux minuscules (Guimberteau et Armstrong, 2015). Certains auteurs limitent le terme « fascia » aux tissus conjonctifs musculaires (Landers, 2019). Les tissus conjonctifs viscéraux comme le médiastin, le péricarde ou la racine du mésentère sont alors exclus. En revanche, les manuels plus ostéopathiques mettent l'accent sur les fascias viscéraux (Paoletti, 2006 ; Schwind, 2006). De même, la question de savoir lequel des trois contenants hiérarchiques de tissu musculaire - l'épimysium, le périmysium et l'endomysium - pourrait être inclus comme « fascia » a été source de confusion. Alors que la plupart des anatomistes ont tendance à considérer le septi musculaire et le périmysium comme des tissus fasciaux, il y a moins de consensus sur l'endomysium en raison de sa taille microscopique et/ou d'une plus grande quantité de collagène de types III et IV qui sont également associés à une structure tissulaire plus souple. La confusion linguistique qui en résulte entraîne des difficultés majeures de communication entre les différents professionnels du domaine. En outre, le manque de clarté de la terminologie empêche de préciser, d'aborder scientifiquement/cliniquement et de communiquer les aspects fonctionnellement importants des fascias. Par exemple, il a été démontré que les tissus conjonctifs musculaires affectent la fonction musculaire (Wilke et al., 2018), ce qui indique plusieurs implications cliniques (Yucesoy et Huijing, 2007) et l'endomysium, car une partie intégrante de ce système joue un rôle central déterminant dans la contribution du muscle au mouvement articulaire (Huijing, 1999). Plusieurs tentatives ont déjà été faites par des institutions internationales respectées pour répondre à cette situation difficile. Le Comité international de nomenclature anatomique (1983) a confirmé l'usage des précédents comités de nomenclature et a utilisé le terme "fascia superficialis" pour l'ensemble de la couche lâche de tissu sous-cutané superficielle à la couche plus dense de « fascia profunda », alors que la plupart des auteurs médicaux des pays anglo-saxons ont suivi cette terminologie, les auteurs des autres pays ne l'ont pas adoptée en conséquence. Par exemple, de nombreux auteurs italiens ont exclu le panniculus adiposus situé à l'intérieur de cette couche tissulaire, et la plupart des auteurs français ont continué à exclure à la fois le panniculus adiposus et le textus connectivus laxus sous la couche membraneuse (Wendell-Smith, 1997). La nomenclature internationale suivante, proposée par le Comité fédératif de terminologie anatomique (1998), a donc tenté d'aboutir à un langage international plus uniforme (Wendell-Smith, 1997). Il définissait le fascia comme étant « des gaines, des feuilles ou d'autres agrégats de tissu conjonctif dissectible ». Cela inclut « les investissements de viscères et de structures dissectibles qui s'y rapportent ». Ce groupe très estimé d'experts anatomiques a suggéré que les futurs auteurs n'utilisent plus le terme « fascia » pour les couches de tissu conjonctif lâches, mais qu'ils n'utilisent le terme « fascia » que pour les agrégations plus denses du tissu conjonctif. En conséquence, ils se sont prononcés contre l'utilisation de l'ancien terme « fascia superficiel » en tant que tel (et de remplacer « tela subcutanea » ou "tissu sous-cutané"). En accord avec cette décision, la Terminologia Anatomica internationale la plus récente a même suggéré d'exclure de la définition proposée certains des noms de "fascia" les plus fréquemment utilisés en anatomie. Par exemple, ils ont recommandé d'abandonner le terme communément utilisé « fascia de Camper [voir l'encadré] » et de le remplacer par le terme « panniculus adiposus abdominis » (FCAT, 1998). L' aponévrose de Camper est une couche superficielle épaisse de la paroi abdominale antérieure. Il est de texture aréolaire et contient dans ses mailles une quantité variable de tissu adipeux . Il se trouve superficiel au fascia de Scarpa. Le fascia superficiel se compose de deux couches : la couche externe grasse, appelée fascia de Camper, et la couche interne plus membraneuse, appelée fascia de Scarpa. Ces parties du fascia superficiel sont les plus saillantes dans la partie inférieure de la paroi abdominale en dessous du niveau de l'ombilic. L'aponévrose de Camper est inférieure continue à l'aponévrose superficielle de la cuisse. Médial et inférieur au tubercule pubien, chez le mâle, le fascia de Scarpa se modifie au fur et à mesure de sa progression sur le scrotum et forme la tunique Dartos . Cette couche est fortement infiltrée par des fibres musculaires élastiques et lisses et contient une quantité minimale de graisse. Le fascia de Scarpa se termine en dessous du ligament inguinal qui se confond avec le fascia lata de la cuisse. Dans la ligne médiane, juste supérieur au pénis, Scarpa 'ligament fundiforme du pénis. Comme le fascia de Scarpa continue postérieurement sur le périnée, il s'appelle le fascia de Colles. Source Wikipédia https://en.wikipedia.org/wiki/Fascia_of_Camper consulté le 11/11/2019. Note de JLB. Cette tentative élégante a pour la plupart échoué (Huijing et Langevin, 2009). De nombreux manuels en anglais ont continué à utiliser les termes « superficial fascia » ou « Camper's fascia » (Platzer, 2008 ; Netter, 2011 ; Tank, 2012). Il s'agit notamment de la 39e édition de Gray's Anatomy (Standring, 2008), tandis que la 40e édition suivante a commencé à suivre les recommandations de la Terminologia Anatomica (Standring, 2015) concernant le fascia. Par contre, les terminologies recommandées dans les publications autour de la lignée du Fascia Research Congress (Findley et Schleip, 2007 ; Huijing et al., 2009 ; Chaitow et al., 2012 ; Wearinget al., 2015) comprennent les tissus tels que les capsules articulaires, les tissus conjonctifs lâches, les ligaments et les aponévroses. La critique de ce dernier groupe d'auteurs a été bien formulée quant à la distinction proposée (dans la Terminologia Anatomica ainsi que Gray's Anatomy) entre fascia et aponévrose (Schleip et al., 2012). Si une telle différenciation est facilement possible dans des zones telles que le bas du dos humain (Benjamin, 2009 ; Willard et al.,2012), elle devient très lourde dans d'autres parties du corps, qui expriment diverses transitions entre textures unidirectionnelles et multidirectionnelles, ce qui est très souvent le cas au niveau des articulations majeures. En fait, comme le montrent les travaux de van der Wal (2009), les tendons et les aponévroses ne s'insèrent souvent pas directement dans le squelette ; au contraire, ils ont tendance à se mélanger et à se relier aux tissus capsulaires et ligamentaires proches de leur attache. La figure 1A illustre une description de la bande ilio-tibiale dans laquelle les auteurs respectifs ont tenté d'appliquer la terminologie appropriée (dans leur cas avec des références multiples à l'anatomie de Gray) et d'utiliser le terme " aponévrose " - par opposition aux autres bandes et feuilles de tissu conjonctif dense - pour les feuilles de tissu conjonctif dense qui peuvent être considérées comme des extensions directes des fibres musculaires squelettiques (Benjamin et al., 2008). En accord avec cette distinction terminologique claire, les auteurs sont allés de l'avant et ont exclu (et même extrait) l'une des pièces les plus solides de leur analyse par ailleurs exemplaire de la bande ilio-tibiale parce qu'elle ne correspond pas à leur nomenclature. Cependant, comme on peut le voir sur une nouvelle dissection anatomique de la même structure que celle illustrée à la figure 1B, la partie tissulaire extraite de l'étude précédente constitue l'un des éléments les plus solides de la jambe et joue évidemment un rôle majeur dans la fonction de transmission des forces de tension de la bande ilio-tibiale. Il semble probable que toute analyse sous-séquente de la fonction biomécanique du tractus ilio-tibial aura tendance à être trompeuse si cet élément important est exclu. En fait, il semble que, tout en utilisant leur scalpel en parfaite conformité avec les distinctions terminologiques de Terminologia Anatomica et Gray's Anatomy, les auteurs ont écarté de cette structure l'un des éléments les plus importants transmettant la force. Fig. 1. (A) Exemple d'une dissection du fascia basée sur une terminologie médicale « précise ». Cette image de dissection a été utilisée dans un excellent traité sur le tractus ilio-tibial (ITT). Suite à la proposition de Gray's Anatomy (Standring, 2008) de distinguer entre aponévrose et fascia, les auteurs ont choisi de décrire ce tissu comme une aponévrose et ont donc exclu toutes les parties du tissu ayant un caractère non-aponévrotique. Malheureusement, cela comprenait l'une des parties les plus solides de cette structure : la connexion à la crête iliaque latérale postérieure de l'épine iliaque antéro-supérieure. Remarquez l'épaississement commun de la crête iliaque au niveau de l'ancienne fixation de cette partie ligamentaire (située sur une ligne droite de transmission de force du genou sur le grand trochanter), reflétant la très forte traction de cette « partie ligamentaire » de l'ITT sur le pelvis. TFL, tenseur fasciae latae. (B) Dissection de la même structure basée sur le terme fonctionnel « système fascial ». La forte densification de la « partie ligamentaire » de l'ITT sur cette préparation est facilement reconnaissable, indiquée par la pointe de la flèche. De plus, notez les transitions continues sur l'ITT entre les régions à orientation unidirectionnelle et les autres à orientation multidirectionnelle des fibres. Le spécimen est l'un des premiers échantillons de la Fascial Net Plastination Projection de la Fascia Research Society, dans lequel une démonstration plastinée tridimensionnelle du « filet fascial » du corps humain est tentée. (A) Illustration tirée avec la permission de Benjamin et al (2008). (B) Illustration © Fascia Research Society.org/plastination, avec le soutien de Gubener Plastinate GmbH. [La figure en couleur peut être consultée sur wileyonlinelibrary.com] C'est sur cette base et sur la base de nombreux points de critique similaires sur la situation actuelle et sur la confusion croissante des termes (Stecco, 2014) que la création d'un groupe de travail a été suggérée comme une étape utile pour parvenir à un consensus (Langevin, 2014). Les étapes proposées sont les suivantes : 1. « les divers points de vue doivent être entendus. Cela signifie que le groupe de travail devrait comprendre des représentants des principaux intervenants (c.-à-d. des personnes et des groupes qui ont déjà publié dans ce domaine). 2. les personnes qui ne font pas partie du groupe de travail doivent avoir l'occasion d'exprimer leur opinion.... 3. un consensus doit être atteint au sein du groupe de travail 4. les recommandations doivent être claires et publiées de manière à ce que les personnes qui sont nouvelles dans le domaine puissent les trouver facilement... ». (Langevin, 2014). La Fascia Research Society s'est attaquée à ce problème en créant un Fascia Nomenclature Committee (FNC) à la mi-2014. Cet article présente les activités et les recommandations terminologiques de ce groupe. Matériaux et méthodes Ce groupe s'est rapidement adressé à tous les auteurs connus qui avaient publié sur le sujet en anglais dans des revues universitaires pour les inviter à participer activement. En outre, le groupe a décidé d'appliquer la méthode Delphi en tant que processus de communication structuré et transparent pour favoriser l'établissement d'un consensus entre un large éventail d'experts dans un domaine spécifique (Adler et Ziglio, 1996 ; von der Gracht, 2012). Le processus comprenait trois séries de communications écrites, chacune consistant en la distribution d'un questionnaire aux experts, la collecte et la synthèse de leurs réponses, et la communication de ces réponses au même groupe. Les participants ont toujours eu la possibilité de commenter les réponses des autres, ainsi que les résumés proposés par les animateurs. Au total, 21 experts ont participé aux trois cycles de ce processus. Au cours des deux premières cycles, il est apparu clairement que, compte tenu de la grande diversité et de la disparité des perspectives et des traditions linguistiques entre les différents professionnels concernés, il ne serait pas possible, même avec de multiples cycles de communication supplémentaires, de parvenir à un consensus commun sur une utilisation unique recommandée du terme « fascia ». Le processus en cours visait donc à parvenir à un éventuel consensus sur plusieurs définitions différentes et alternatives. Le troisième cycle du processus Delphi était déjà structuré comme la préparation d'une réunion personnelle du comité, tenue en association avec le 4e Congrès de recherche sur les fascias, à Washington, en 2015. Quinze des experts précédemment participants, ainsi que quatre invités externes sans droit de vote, ont assisté à cette réunion. Pour franchir une nouvelle étape importante vers l'établissement d'une terminologie complète et pratique, il a été décidé d'établir deux définitions différentes pour les fascias. L'une d'entre elles a été proposée vers des descriptions histologiques détaillées et axées sur la distinction, tandis que l'autre vise à souligner le caractère unificateur du réseau fascial en reconnaissant les capacités fonctionnelles multi articulaires de ce réseau continu de l'organisme. Une formulation claire de la première définition a déjà été élaborée lors de cette réunion en face à face. Une équipe spéciale a été créée à la même réunion dans le but d'élaborer la formulation de la définition ultérieure avec la contribution continue du groupe d'experts élargi. Le présent rapport porte sur le consensus final du FNC concernant les deux définitions proposées. Résultats Le CPN a fourni deux terminologies différentes basées sur des classifications différentes. La première - centrée sur le terme « fascia » - est recommandée pour la communication des aspects histologiques et topographiques à une échelle mésoscopique et microscopique. En revanche, la deuxième terminologie - qui utilise le terme « système fascial » - est recommandée pour la description des propriétés fonctionnelles à l'échelle macroscopique. Ces propriétés fonctionnelles comprennent la transmission de la force, les fonctions sensorielles (proprioception, interception et nociception), la transmission des fluides, ainsi que la régulation de la cicatrisation et des processus pathologiques fibrotiques (tableaux 1 et 2). TABLEAU 1. Définition histologique/anatomique proposée par le FNC (Stecco et Schleip, 2016 ; Stecco et al., 2018) Un fascia est une gaine, une feuille ou tout autre agrégat dissociable de tissu conjonctif qui se forme sous la peau pour attacher, enfermer et séparer les muscles et autres organes internes. TABLEAU 2. Définition fonctionnelle proposée par le FNC (Adstrum et al., 2017) Le système fascial se compose d'un continuum tridimensionnel de tissus conjonctifs fibreux, lâches et denses, contenant du collagène, qui pénètrent le corps. Il incorpore des éléments tels que le tissu adipeux, les adventices et les gaines neurovasculaires, les aponévroses, les fascias profonds et superficiels, l'épineurium, les capsules articulaires, les ligaments, membranes, méninges, expansions myofasciales, périoste, rétinacula, septa, tendons, fascias viscéraux et tous les tissus connjectifs intramusculaires et intermusculaires, dont les endomysium/erimysium/épimysium. Le système fascial entoure, entrelace et interpénètre tous les organes, muscles, os et fibres nerveuses, ce qui confère au corps une structure fonctionnelle et fournit un environnement qui permet à tous les systèmes du corps de fonctionner d'une manière intégrée. Discussion Bien que les termes recommandés de « fascia » et de « système fascial » ne s'intègrent pas toujours bien dans la syntaxe d'un contexte linguistique donné, les termes plus conventionnels de « fascia » proprement dit et de « tissu fascial » peuvent parfois servir de remplacements utiles. La définition de « fascia » est très proche de la définition du fascia la plus récente de la Terminologia Anatomica. Ici, seuls les tissus planaires qui peuvent être disséqués avec un scalpel conventionnel sont inclus. Par contre, les tissus comme l'endomysium ou les tendons, qui ne répondent pas à ce critère, sont exclus. Le deuxième terme « système fascial » reconnaît le concept de plus en plus populaire de fascia en tant que réseau fibreux interconnecté et pré-étiré à l'échelle du corps qui se caractérise - au moins dans une certaine mesure - par l'expression des propriétés de tenségrité (Findley, 2011). Ici, tous les tissus conjonctifs fibreux sont inclus, qui peuvent être considérés comme des éléments d'un système de transmission de la force de tension à l'échelle du corps, y compris les ligaments, tendons, capsules articulaires et tissus conjonctifs intramusculaires. On pourrait faire valoir que l'expression « système fascial » peut alors être synonyme de « tissu conjonctif ». Cependant, le nouveau terme proposé se distingue de la terminologie médicale établie, dans laquelle le terme « tissu conjonctif » inclut clairement les os, le cartilage et même le sang comme anciens tissus mésenchymateux. Le premier terme « fascia » décrit donc un sous-ensemble de tissus plans denses au sein du groupe tissulaire plus large décrit comme le « système fascial », qui peut encore une fois être compris comme un sous-ensemble au sein du groupe encore plus large de tissus qui sont décrits comme « tissus conjonctifs » en médecine (figure 2). Fig. 2. Les recommandations de la FNC en matière de nomenclature reposent sur l'idée que le terme plus large et plus fonctionnel de « réseau fascial » (que certains auteurs remplacent par « tissus fasciaux ») décrit un sous-ensemble de tissus appartenant au système du tissu conjonctif du corps. De même, le terme « fascia » (aussi appelé « fascia propre » par certains auteurs) décrit un sous-ensemble de tissus dans la catégorie plus large du « système fascial ». Le FNC considère ce processus comme une tâche permanente. De nouveaux résultats de la recherche anatomique ou de nouvelles décisions prises par d'autres groupes de nomenclature médicale désignés, comme le Comité fédératif de terminologie anatomique, constitueront vraisemblablement une raison suffisante pour organiser des cycles ultérieurs du processus Delphi parmi les experts disponibles et pour discuter d'éventuelles modifications futures. Comme cela a toujours été le cas, les contributions d'autres experts dans ce domaine seront les bienvenues à tout moment au cours de ce processus. Remerciements Les deux définitions de « fascia » et de « système fascial » décrites ci-dessus - telles que décrites dans les deux tableaux de la section Résultats du présent rapport - reflètent les recommandations officielles du FNC. Toutes les autres remarques reflètent la compréhension personnelle de l'auteur basée sur sa participation active à ce comité et ne doivent donc pas être interprétées comme des déclarations officielles de ce comité. Les auteurs remercient Carla Stecco et Sue Adstrum pour leur engagement continu dans le FNC de la Fascia Research Association. Il en va de même pour Paulo Tozzif pour sa participation passée et sa précieuse contribution à ce groupe. La Fascia Research Society doit être reconnue pour son soutien financier dans l'organisation de la réunion personnelle du FNC. En outre, il convient de remercier les experts suivants pour leur participation active à la réunion du CPN au Fascia Research Congress 2015, en plus de leur participation aux précédents cycles du processus Delphi : Sue Adstrum, Thomas Findley, Jean-Claude Guimberteau, Thomas Hausner, Werner Klinger, Thomas Myers, Robert Schleip, Antonio Stecco, Carla Stecco, Can A. Yucesoy, Jaap van der Wal, Andry Vleeming, Scott Waring et Paolo Tozzi. Wolfgang Bauermeister, Leon Chaitow, Markus Friedlin, Marco Gesi et ses collègues, Gil Hedley, Myroslava Kumka, Helene Langevin, Hanno Milesi, Sue Mirkin, Robert Schmidhammer, John Sharkey et Graham Scarr ont également contribué au CPN. Références M Adler, E. Ziglio , (éd.). 1996 . Contempler Oracle : la méthode Delphi et son application à la politique sociale et à la santé publique . Londres : Kingsley Publishers. Adstrum S, Hedley G , Schleip R , Stecco C , Yucesoy C . 2017 . Définir le système fascial . J CARRO Mov Ther 21 : 173 - 177 . 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Voir en ligne : Fascial Nomenclature:Update on RelatedConsensus Process © 2019 The Authors.Clinical Anatomypublished by Wiley Periodicals, Inc. on behalf of American Association of Clinical Anatomists. Il s'agit d'un article en libre accès selon les termes de la Creative Commons Attribution Licence, qui autorise l'utilisation, la distribution et la reproduction sur tout support, à condition que l'œuvre originale soit correctement citée. Article traduit avec www.DeepL.com/Translator
  • Conditions d'accès des ostéopathes pour animaux

    11 novembre, par Jean Louis Boutin — Ostéos animaliers
    Question écrite n° 24434 de M. le député Adrien Morenas (La République en Marche - Vaucluse) publiée au JO le 12/11/2019 adressée au Ministère de l'Agriculture et de l'alimentation Objet : Conditions d'accès ostéopathe pour animaux M. Adrien Morenas interroge M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation sur l'application des dispositions qui encadrent les conditions d'accès à la profession d'ostéopathe pour animaux, à savoir les décrets n° 2017-572 et 2017-573 du 19 avril 2017, ainsi que l'arrêté codifié AGRE 1705956A du même jour. Complétant les règles relatives à l'exercice de la profession de vétérinaire, l'article L. 243-3 du code rural et de la pêche maritime précise les conditions auxquelles ceux qui n'ont pas cette qualité peuvent accomplir des actes relevant de la médecine et de la chirurgie des animaux. En particulier, il ressort du 12° de l'article précité que des praticiens non-vétérinaires ont le droit de réaliser des actes d'ostéopathie animale s'ils sont inscrits sur une liste nationale d'aptitude à l'accomplissement de ces actes, cette inscription supposant qu'ils aient été préalablement reçus à un examen. En vertu des dispositions de l'arrêté du 19 avril 2017, c'est l'Ordre national des vétérinaires qui a la charge d'organiser cet examen. Toujours selon cet arrêté, cet examen comporte deux épreuves. - La première est théorique. Elle n'a, pour l'instant, été la cause d'aucune difficulté, les sessions étant assez nombreuses (au moins 7 depuis que l'ordre en a la charge) qui permettent à un nombre important de candidats de se présenter (120 par session). - La seconde qui est pratique, engendre davantage de difficultés. En effet, l'ordre n'ayant organisé que peu d'épreuves relatives à la pratique, c'est au maximum deux cents soixante-dix candidats qui ont été en mesure de passer cet examen depuis qu'il est organisé. Si on veut bien considérer que les écoles qui préparent les étudiants à ce dernier en forment environ 180 par an, il apparaît que le dispositif actuel est quantitativement inadapté, ce dont l'Ordre des vétérinaires semble avoir pris conscience puisqu'il aurait prévu de multiplier les sessions d'examen pratique à partir de 2020 en leur donnant une périodicité mensuelle entre les mois de septembre de l'année N et de juin de l'année N+1. Mais en procédant de la sorte, l'ordre déplacerait le problème plus qu'il ne le réglerait. En effet, quelles qu'en soient les modalités, il ne serait pas acceptable que les étudiants d'une même promotion puissent souffrir d'une discrimination, les uns étant susceptibles d'exercer rapidement quand les autres devraient attendre de longs mois avant de pouvoir le faire, d'autant que le président de l'Ordre des vétérinaires a été amené à préciser que nul ne pouvait accomplir de tels actes s'il n'était inscrit sur la liste nationale sans tomber sous le coup des infractions qui répriment l'exercice illégal de la profession de vétérinaire. Il convient donc que l'ordre des vétérinaires mette en place des moyens mieux adaptés à la mission d'organisation de l'examen qui lui a été confiée en mobilisant, au besoin, et si possible, d'autres centres de formation que celui de Nantes. Le problème est d'autant plus sérieux, qu'il est aggravé par la situation de professionnels en exercice, qui doivent se soumettre à cet examen en vue de leur inscription sur la liste nationale, et dont le nombre avoisine le millier. Il lui demande de bien vouloir préciser la position du Gouvernement sur les moyens à mobiliser pour éviter une crise des examens que les mesures actuellement envisagées par l'Ordre des vétérinaires ne permettront pas de prévenir. Voir en ligne : Question n° 24434 de M. Adrien Morenas (La République en Marche - Vaucluse) publiée au JO le 12/11/2019
  • Bilan de Symbi'Osteo : le Congrès de l'ostéopathie pour Animaux.

    10 novembre, par Marie Salabert — Au présent...
    Les 26 et 27 octobre derniers,L'UFEOA, (association nationale des étudiants en ostéopathie animale) a rassemblé 500 personnes au sein du grand auditorium de La Sorbonne Pierre et Marie Curie (faculté des sciences) ! Une grande première dans la capitale qui a réuni tous les acteurs en ostéopathie de la santé animale. Sommaire Revenons sur les moments (...) Programme Revenons sur les moments forts du week end : Une équipe de 43 bénévoles a assuré une organisation fluide et efficace pour ce week end novateur ! Au sein de cette équipe, 16 étudiants vétérinaires se sont joints aux étudiants en ostéopathie animale. L'ambition étudiante est de promouvoir le partage et la bienveillance au service de la cause animale ! 9 partenaires de l'événement étaient présents sur des stands : KPMG : les experts comptables soutiens des professions libérales 4 écoles en ostéopathie animale pour présenter leurs pédagogies et qualités d'enseignement : BIOPRAXIA, CNESOA, IOA et NIAO Djooka : plateforme interactive pour les comptes rendus de consultation, ludique et pratique pour les ostéopathes pour animaux Agoramed : Réseau social pour le milieu médical et est affilié à l'UFEOA pour permettre à ses membres d'échanger avec des étudiants et professionnels de notre secteur d'activité L'Entre Deux Mondes : Jean Francois Moniot, vétérinaire ostéopathe et vigneron, nous a fait découvrir son vin de Bordeaux supérieur Bio et Biodynamie. L'Ostéo4pattes, revue d'Ostéopathie comparée, a pu présenter ses différentes publications (livres, tomes, revues, agendas et calendriers). 16 conférences diverses et variées : vétérinaires, ostéopathes animaliers, vétérinaires ostéopathes et ostéopathes D.O étaient intervenants à Symbi'Osteo. Ce congrès se voulait insufflateur d'une énergie bienveillante et souhaitait offrir une place à chaque vision, approche, et acteur de l'ostéopathie pour animaux. L'ensemble des participants ont pu se retrouver pour un week end inédit, basé sous le signe du partage ! Programme : - Vous trouverez ci joint le programme de l'événement : - 3 tables rondes ont été organisées sur la durée du week end. Une présentation des associations et des syndicats a ainsi eu lieu pour exposer leurs idées et leurs projets. L'objectif étant d'apporter une meilleure connaissance du paysage ostéopathique aux participants. Des discussions sur le bien être animal ont réuni différents acteurs du monde animale : une vétérinaire travaillant dans le milieu des courses, un représentant de la fédération de galop, un représentant de l'IFZ (Institut Français de Zoothérapie, l'ancien chef de service en reproduction du haras de Husse et une avocate en droit animalier. Pour finir, un aspect réglementaire sur la pratique de l'ostéopathie animale a été évoqué par Jacques Guerin, Président du Conseil de l'Ordre National des Vétérinaires. Marie Aude Stoffer représentante de la DGER (Direction Générale de l'Enseignement et de la Recherche) au sein du Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation était également présente. Ces deux jours ont été présentés par Marie Salabert, organisatrice et Présidente de l'UFEOA, lors de l'ouverture et de la clôture de Symbi'Osteo. Thomas Pernot, organisateur et ancien Vice President de l'UFEOA, a présenté les différents intervenants avant chaque conférence. Enfin, Pierre Luc L'Hermite, Docteur en droit et ostéopathe DO, accompagné de Olivia Symniacos, avocate en droit animalier (Animalex), ont animé les différents échanges et assuré une neutralité dans les débats. Un week end riche présentant les différentes approches de l'ostéopathie pour animaux ! Il s'agissait bien de 2 jours de partage et de débats dans le respect de nos différences. Les participants ont pu notamment se retrouver autour d'un apéritif dinatoire le samedi soir. Alors à quand Symbi'Osteo 2..? Affaire à suivre. En attendant nous vous partageons notre vidéo souvenir ci dessous. Ostéopathiquement, L'équipe de l'UFEOA
  • Douleur et Enfant

    10 novembre, par Roselyne Lalauze-Pol — K cliniques SDO
    Sommaire Douleur et Enfant, le point Pour conclure Remerciements à Abréviations Bibliographie Douleur et Enfant, le point de vue de l'ostéopathe pédiatrique. Douleur et Enfant, le point de vue de l'ostéopathe pédiatrique Nombre de parents, mais quelquefois des thérapeutes, se déclarent impuissants devant un enfant (nouveau-né, nourrisson) qui présente des pleurs non soulagés par l'alimentation, la consolabilité, la calinité 1, etc… et un enfant plus grand disant très souvent j'ai mal à … On ne peut pas s'intéresser à la douleur de l'enfant sans se référer à sa croissance, cet aspect du développement a été longuement détaillé dans un article de posturologie de 2012 2, etc. Aussi avant d'évoquer la « douleur », on se doit de connaître la mise en place de la posture du fœtus et de l'enfant (dès sa naissance, à terme, voire prématurée ou post-terme), jusqu'à l'âge adulte, et avoir des connaissances approfondies sur le développement neuro-sensori-moteur notamment la mise en place de la myélinisation3,4,5. Cet aspect du développement est donc essentiel mais aussi complexe tant la posture infantile est en constante évolution jusqu'à la fin de l'adolescence 6,. Les connaissances préalables : évolution de la posture, développement anatomo-physiologique et sensori-moteur, mais aussi biologique, sont indispensables pour décrypter les signes cliniques chez l'enfant douloureux, surtout si cette souffrance est le reflet d'une pathologie, plus au moins complexe et/ou grave, pas encore diagnostiquée. L'enfant n'est jamais comparable à une miniature d'adulte, il en est de même pour sa posture. Développement somatique Les deux premières années, le rapport tête/corps, avec le poids crânien, sera donc prépondérant, la tête, avec sa croissance rapide, sera extrêmement tributaire de la gravité 3. La mise en place des courbures rachidiennes et de la stabilisation de la tête est progressive. Dans le premier trimestre, la posture semi-fœtale est en grande cyphose alors que la posture érigée n'arrive qu'à la fin de la première année. Le rachis sera droit, sans courbure : les lordoses ne commenceront à être apparentes qu'au cours de la 3e année. Avec le développement de la partie basse de l‘écaille, sous la traction du SCOM*, on peut avoir une impression erronée d'existence d'une lordose cervicale précoce, pourtant en fin de première année le rachis cervical est, radiologiquement, encore droit avec des vertèbres cubiques. « La posture infantile étant constamment changeante, le nourrisson, l'enfant, devra sans cesse s'adapter à ce schéma corporel à géométrie variable jusqu'à la fin de l'adolescence. » 2 Ce sont tous ces éléments dont il faudra tenir compte dans notre abord ostéopathique de l'enfant 7, et encore plus précautionneusement pour celle d'un enfant douloureux. 2, 8 ,9 Douleur chez le nourrisson, le jeune enfant « La douleur est uneexpérience sensorielle et émotionnelle désagréable en rapport avec une lésion tissulaire réelle, potentielle oudécrite dans les termes d'un teldommage. » pour l'IASP (International Association for the Study of Pain). Cette définition, complète et exhaustive, n'est pas applicable au nourrisson, au jeune enfant car elle implique qu'il sache parler pour décrire sa douleur 10. « La douleur est une qualité inhérente à la vie qui apparaît tôt dans l'ontogenèse pour servir comme un signal d'alarme d'une lésion tissulaire »pour Anand et coll. 11. Cette définition convient mieux pour définir la douleur infantile pour la communauté scientifique. Alors que les voies de la douleur sont déjà fonctionnelles, la maturation des fonctions inhibitrices est loin d'être achevée pour pouvoir lutter efficacement contre les sensations douloureuses. Types de douleurs. Pour l'enfant comme pour l'adulte, on discrimine plusieurs types de douleur 12,13. 1. douleurs de nociception, 2. douleurs neuropathiques 3. douleurs médiées par le sympathique 4. douleurs psychogènes 5. douleurs sine mediatis ou idiopathiques Le nouveau-né, le petit enfant, ne peut ni décrire sa douleur ni la cibler. Ce sont les soignants, aidés par l'entourage, qui doivent décrypter les signes cliniques. Avant l'âge de 36 mois, l'auto-évaluation est rarissime. Très tôt, les échelles d'hétéro-évaluation14 permettent de coder la douleur, et si besoin est, de mettre en place une thérapeutique. Douleurs et stades du développement Plus tard, la possibilité de décrire la douleur est liée au stade du développement. Pour l'ostéopathe, comme pour les autres soignants, il va être essentiel de définir, en fonctions des moyens de communications de l'enfant (le modèle de Piaget 15 étant le plus utilisé) ce qu'il comprend de sa pathologie et de sa douleur. Chaque type de douleurs ne figure pas un événement sensoriel isolé, mais dépend d'un contexte et a une signification associée. On peut distinguer plusieurs composantes au nombre de quatre : sensori-discriminative, affectivo-émotionnelle, cognitive, comportementale. La description de la douleur ressentie passe principalement par le langage, elle ne peut être exposée par le petit enfant ; plus tard elle dépendra de l'âge et du développement cognitif. C'est à partir de toutes ces connaissances que nous pourrons prendre en charge l'enfant douloureux. Les voies afférentes de la douleur sont composées de différentes fibres. La plupart sont de petit diamètre et ont une vitesse de conductions lentes ; les fibres C, 60 à 90 % de l'ensemble des fibres afférentes cutanées sont amyéliniques, tout comme les fibres afférentes viscérales, elles sont matures dès la naissance. L'expérience douloureuse du nouveau-né (du jeune nourrisson) est donc parfois très importante puisqu'elle est encore peu modulée. Quelque soit l'âge de la prise en charge douloureuse, le thérapeute a à sa disposition de nombreuses échelles pour l'évaluer. L'interrogatoire des parents ou de l'enfant plus grand sera essentiel pour connaître le type de la douleur et ses composantes.Il faudra connaître toutes les données sur l'histoire de l'enfant, les antécédents familiaux, son origine, l'histoire de la grossesse et de l'accouchement, et toutes les données cliniques et l'ensemble des examens complémentaires jusqu'au jour de la consultation. Pour le médecin, comme pour l'ostéopathe, consultant dans un Centre d'Evaluation et de Traitement de la Douleur, la prise en charge de l'enfant commence comme une véritable enquête policière. Parfois agité, voire très agité, lorsque la douleur persiste, le nourrisson, l'enfant peut présenter une atonie psychomotrice, la régression est fréquente. Si l'expérience douloureuse débute très tôt « les conséquences de ce traumatisme sur la plasticité cérébrale pourront faire le lit d'une maladie chronique douloureuse »12. Posture et Douleur Dans les premiers mois, dans une posture confortable, le nouveau-né serein pendant une période d'éveil, va répondre aisément aux sollicitations de son entourage. Pourtant, lors d'épisodes de pleurs difficiles à calmer, il apparaît parfois qu'un « simple » changement postural va exacerber les pleurs ou au contraire les calmer : trouver des postures confortables durables dans le temps est parfois difficile8. La posture semble inconfortable, voire douloureuse, l'enfant peut présenter une hypertonie axiale voire une hyper-excitabilité centrale 5. L'hypertonie se manifeste souvent par de l'hyperextension cervico-dorsale, maintenant un torticolis congénital ou d'un autre type, Il peut aussi être le reflet d'une pathologie tel le syndrome de Sandifier pour certain RGO, liés ou non à une allergie 5,16,17,18,19. L'hyperflexion, quand à elle, réduit la taille des voies aériennes supérieures, elle est susceptible d'augmenter les troubles respiratoires préexistants, voire d'en induire. 20 Dans certaines postures, les mécanorécepteurs peuvent être fortement stimulés, ce qui entraîne la mise en jeu des nocicepteurs, secondairement à une lésion mécanique. Quelques postures atypiques, voire inconfortables, peuvent, au fil du temps, devenir douloureuses. En limitant le jeu articulaire, elles rendent la posture franchement algique et peuvent pérenniser nombre de troubles 2,7,8. Chez la plupart des enfants douloureux, on retrouve une dystonie 2,12,13 avec un trouble postural suite à des chocs, des fractures, des interventions chirurgicales, algoneurodystrophie, un SADAM qui révèle une asymétrie faciale ou des pathologies plus sévères : scolioses importantes, neurologiques, un syndrome d'Ehlers Danlos, dont la prévalence est selon le Pr Hamonet 21, très sous-estimée. Pour les enfants ayant eu une paralysie cérébrale (cerebral palsy), hémiplégie, diplégie spastique, etc., la mobilisation du (des) membre(s) déclenche des douleurs importantes. Pour la majorité des enfants traités, l'hypnose sera d'un grand secours ; elle est quotidiennement employée dans nos consultations. Le syndrome de Sandifer (torticolis par abaissement de la coupole diaphragmatique gauche pour soulager la douleur épigastrique) du à un RGO* très algique ; pour l'ostéopathe, Il importe de ne pas réaliser de mobilisations de la région cervicale. Les douleurs viscérales (oropharynx, œsophage) seront médiées par le sympathique et les voies afférentes 16,17,18,19 mais plutôt dorsales. Quand l'enfant a enduré de longues périodes douloureuses, l'atonie psychomotrice peut survenir. C'est parfois le cas d'anciens prématurés, après une période d'hospitalisation, qui ne sourient pas ; mais aussi des adolescents qui marquent un désintérêt pour tout, suite à une longue période algique 12,13. En HDJ, hospitalisation de jour, les enfants de tous âges, viennent consulter en Centre d'Evaluation et de Traitement de la Douleur ; les motifs de consultation de l'enfant très algique dont la douleur est en train de devenir chronique, sont multiples. Le choix des intervenants : acupuncteur, ostéopathe, etc., dans l'équipe est fait en amont, en fonction du type de douleur et de ses localisations. Pour l'équipe pluridisciplinaire le médecin, l'ostéopathe, le psychologue, l'enquête permettra de mener au ce sera une véritable enquête policière pour rechercher le moindre détail qui va nous aidera à poser un diagnostic et donc permettre de faire pour un traitement adapté. L'interrogatoire est primordial, il doit être scrupuleux sur l'ensemble des données médicales, les antécédents familiaux, et les épisodes douloureux antérieurs. La localisation précise par l'enfant sur des schémas est aussi une aide précieuse. La psychologue va s'occuper du ressenti de l'enfant et de ses rapports avec son entourage (familial, scolaire, etc.). L'examen clinique et neurologique est essentiel. Le médecin, comme l'ostéopathe va utiliser les points Trigger. Le bilan ostéopathique fait partie intégrante de cette enquête. L'ostéopathe va s'intéresser à la posture, étude de marche, etc ;) Si besoin est, l'équipe peut être aidée par des examens complémentaires pour parfaire le diagnostic, puis effectué ses renseignements, et/ou s'adjoindre le concours d'un médecin spécialisé : neurologue, orthodontiste, gastro-entérologue, etc. Après avoir éliminé toutes contre-indications, le traitement n'interviendra que si l'indication est avérée, le diagnostic ostéopathique est posé et le traitement est effectué par l'ostéopathe. Prise en charge ostéopathique. Après avoir éliminé les contre-indications aux mobilisations ostéopathiques, fait un examen de la marche, et un examen clinique poussé, la phase suivante sera de mobiliser les sous-croisements suturaux, une compression synchondrale, une dysfonction articulaire, les tensions des fascias, les contractures musculaires, un dysfonctionnement viscéral, d'autres troubles, afin de retrouver un fonctionnement physiologique optimal. Les techniques ostéopathiques doivent être précises en s'intéressant électivement aux zones dysfonctionnelles, adaptées à l'âge de l'enfant, en tenant compte du système sous-cortico-spinal très prégnant la première année (hypertonie, hyperextension) 5,7,8. Chez l'enfant plus grand, il faudra fréquemment détourner son attention, le distraire : une comptine chantée par le maternant, des bulles, des jeux laissant le temps au professionnel de faire son travail et bien sûr l'hypnose 13.sera une aide majeure. L'équipe médicale utilise quotidiennement l'hypnose à l'hôpital Robert Debré tant pour les enfants hospitalisés qu'en HDJ* . La prise en charge ostéopathique (une à deux consultations), par des mobilisations douces et précises, va restituer la physiologie articulaire, détendre les haubans musculo-tendineux et pour autoriser le retour à une posture adaptée à l'âge du nourrisson, de l'enfant et non douloureux. Pour les enfants présentant des séquelles neurologiques douloureuses (rétraction musculaire, etc.), 3 à 4 consultations annuelles peuvent aider l'enfant à récupérer une fonction musculaire initialement déficiente. Pour conclure L'efficacité du traitement ostéopathique n'est pas encore prouvée selon « l'Evidence Based Medecine ». Cependant, chez le nourrisson, la mise en place d'un développement harmonieux taille, PC, poids, la diminution importante des temps de pleurs mais aussi l'augmentation du temps de sommeil de l'enfant dès la première semaine suivant la consultation ostéopathique nous incite à le penser. De même, à la période infantile et à l'adolescence le retour par la parole « je n'ai plus mal » et le retour du dialogue avec l'entourage montre que l'enfant a moins de douleur. Avec les autres soins de l'équipe d'évaluation et de traitement de la douleur, la prise en charge ostéopathique pédiatrique va fréquemment améliorer l'état de l'enfant, de l'adolescent, et réduire un RGO, corriger un torticolis, diminuer l'hypertonie axiale, la spasticité d'un membre etc., « gommer » l'inconfort, voire les stigmates de l'expérience douloureuse précoce (ou plus tardive), et aider à retrouver ou à mettre en place un lien mère-enfant, familial et/ou social plus serein. Remerciements à - Chantal Wood et à toute son équipe pour leur disponibilité, leur enseignement et leur confiance. - Dr Chantal Wood : Pédiatre, Anesthésiste, Chef du Centre d'Évaluation et de Traitement de la Douleur - Hôpital R. Debré – Paris CHU de Limoges Conseils de lecture Les conseils aux parents de la SEROPP www.seropp.org/pdf/Conseils_aux_parents_18juillet2012.pdf Abréviations AC : âge corrigé PC : périmètre crânien IASP : International Association for the Study of Pain HDJ : Hospitalisation de jour RGO : reflux gastro-œsophagien SADAM : syndrome aldystrophique de l'articulation temporo-mandibulaire SCOM : muscle sterno-cleido-occipito-mastoïdien SNC : système nerveux central POPB : paralysie obstétricale du plexus brachial Bibliographie Brazelton T, Nugent K. Echelle de Brazelton, évaluation du comportement néonatal. Genève, Médecine et Enfance 3e ed 2001:59-61. Lalauze-Pol R, Relation entre posture et douleur, in Weber B, Villeneuve Ph, Posturologie Clinique, comprendre, évaluer et soulager les douleurs. Paris, Elsevier Masson, 2012 : 78-185, Grenier A. La motricité libérée -du nouveau-né. Genève, Médecine et Enfance 2000:78-79 Saint-Anne Dargassies S. Méthodes d'examen neurologique du nouveau-né Etudes néonatales, 1954 ;(3)2 :101-124. Amiel-Tison C.Neurologie Périnatale, Masson ;1999 :28-132 Lalauze-Pol R, Mendizabal H, Delarozière JC. Is there any relationship between impactions, overlapping, dysmorphisms of skull seams and some neurovegetative troubles or anomalies locomotion system. Unconventional medecine at beginning of third millennium. Pavia : European Commission COST B4, 1998:44. Lalauze-Pol R. Le crâne du nouveau-né. Monpellier, Sauramps-médical 2003,2009:251 ;316-319 Lalauze-Pol R. Element's on the osteopatic approach (new-born, baby, juvenil) ; What should be implemanted ?. Osteo 2007 ;73:26-29 SEROPP Conseils aux parents www.seropp.org/pdf/Conseils_aux_parents_18juillet2012.pdf IASP annual report, www.iaps-pain.org Anand KJ, Craig KD. New perspectives on the definition of pain. Pain 1996 ;67:3-6 Twycross A, Moriarty A, Betts T, traduction Wood C. Prise en charge de la douleur chez l'enfant. Abrégés Masson, 2002 Wood C et son équipe. Enseignement sur la douleur de l'enfant. OPP formation 2005-2013 www.naitreetdevenir.org/protocoles/protocole_15avril2004/protocole_15_avril_2004.html Piaget J. La psychologie de l'intelligence. Pocket 2007 Mei N. Sensibilité viscérale. Paris Lavasiere Tec & Doc ; 1998 :6,18, 23,64 Maggio AB, Shäppi MG, Benkebil F, Postay-Barbe KM, Belli DC. Increasy incidence of apparently life threatening events due to supine position. Petriatr Perinat Epidemiol. 2006 Nov ;20(6):491-6 ; discussion 496-7. Saito Y, kawashimaY, Kondo A, Chikumaru Y, Matsui A, Nagata I, Ohno K. Dysphagia-gastroesophageal reflux complex : complications due to dysfunction of solitary tract nucleus-mediated vago-vagal refex. Neuropediatrics, 2006 jun ;37(3):115-20 Gottrand F. Gastroesophageal reflux in infants, children and adults. Hiatal hernia. Rev prat 2007:15 ;57(1):95-§, ?17,& ! Holla M, Iland MM, van der Vliet AM, Edwards M, Verlaat CW. Diseased infant after “craniosacral” manipulation of the neck and spine. Ned Tijdschr Geneeskd, 2009 ; 25 ;153(17):828-31 Hamonet C. : claude.hamonet.free.fr Roselyne Lalauze-Pol DO Présidente de la SEROPP - www.seropp.com Attachée au Centre d'Évaluation et de Traitement de la Douleur Hôpital R Debré - Paris Service de Chirurgie Maxillo-Faciale & d'Orthopédie Dento-Faciale Hôpital R Debré – Paris © Douleur et Enfant, le point de vue de l'ostéopathe pédiatrique R. Lalauze-Pol Le Site de l'Ostéopathie remercie Roselyne Lalauze-Pol pour la publication de cet article. 1ère publication sur le Site de l'Ostéopathie le 5 septembre 2013
  • L'ostéopathie et l'enfant handicapé

    10 novembre, par Pierre Tricot — K cliniques SDO,
    Sommaire Que peut faire l'ostéopathie La maturation du système (...) L'importance de l'environnemen Nous sommes la source de (...) Troubles fonctionnels Troubles organiques L'ostéopathie Différents types de handicap Notes L'apport de l'ostéopathie Que fait l'ostéopathe ? Revue Énergie Santé n° 46 Automne 1999 - L'ostéopathie et l'enfant handicapé, par Pierre Tricot, DO. Que peut faire l'ostéopathie pour l'enfant handicapé ? Le terme « enfants handicapés » est trop imprécis, recouvre trop d'éléments disparates pour servir tel quel de point de départ à une discussion. Il est plus convenable de parler d'enfants ayant des difficultés de développement. Pour mieux comprendre ce qui peut se passer pour ces enfants, envisageons la manière dont se développe le système nerveux du petit d'homme. La maturation du système nerveux Nous savons que contrairement à la plupart des cellules du corps, les cellules nerveuses ne se renouvellent pas continuellement au cours de la vie. À la naissance, l'enfant possède son plein contingent cellulaire nerveux et il ne sera pas renouvelé. Cela signifie que toutes les cellules nerveuses sont présentes, mais non développées. Les processus d'acquisition des automatismes et de prise de contrôle du corps ne correspondent pas à la naissance de nouvelles cellules, mais à l'entrée en activité, de parties du système nerveux central qui n'étaient pas jusqu'alors fonctionnelles. Ce sont les sollicitations de l'environnement qui provoquent cette maturation par deux moyens complémentaires, les stimulations sensorielles et affectives. La stimulation sensorielle correspond à l'activité des organes des sens qui, lorsqu'ils sont activés, envoient des influx aux régions correspondantes du système nerveux central. Ces influx provoquent la mise en activité de certaines parties du cerveau jusqu'alors inactives : plus les régions qui traitent ce type d'information reçoivent d'influx sensitifs, plus elles se développent rapidement et complètement. La stimulation affective est tout ce qui, dans l'environnement, pousse l'enfant à avoir envie de communiquer, l'amenant à demander à son corps les réponses motrices nécessaires pour y parvenir. L'enfant, par son désir, oblige son système nerveux à répondre à cette demande, ce qui le stimule et accélère sa maturation. L'importance de l'environnement On peut donc imaginer l'importance de l'environnement dans lequel est plongé l'enfant pour la rapidité et la qualité du développement psychomoteur, qu'il peut favoriser, ou au contraire inhiber. On sait actuellement que les sollicitations environnementales permettent le développement d'environ 20 % seulement du potentiel du système nerveux central. Des chercheurs ont donc émis l'idée de stimuler davantage le cerveau pour amener l'enfant à développer plus de potentialités. Ainsi, des recherches faites aux USA notamment par G. Doman (1), Th. B. Brazeltonz (2), en Europe par F. Veldman (3) ont montré que l'enfant, s'il est placé dans un environnement qui le reconnaît vraiment, l'aime et le stimule, est capable de prouesses étonnantes, telles que de parler ou d'écrire beaucoup plus jeune que la « norme ». Les récentes émissions télévisées Le bébé est une personne et le livre de B. Martino (4) paru ensuite nous montrent des choses étonnantes et belles concernant les enfants. II ne s'agit pas ici d'approuver béatement de telles prouesses. Nous savons très bien quels problèmes peuvent rencontrer de tels enfants, surdoués, face à un environnement inadapté à cela. Ce qui est étonnant ici, c'est de découvrir que l'enfant est capable de faire bien mieux que ce que nous n'avions jamais supposé. Ces recherches ont permis de mettre l'accent sur une chose étonnante : la limitation essentielle dans le développement de l'enfant, ce n'est pas l'enfant lui-même, mais surtout le milieu dans lequel il évolue et les conditions dans lesquelles il est placé. Nous sommes la source de nos limitations On a longtemps estimé que le bébé ne perçoit pas, qu'il est aveugle et sourd jusqu'à plusieurs mois de croissance et que toutes ses facultés de perception n'apparaissent qu'au fur à mesure de son évolution. Des chercheurs ont observé la croissance des enfants et établi un « calendrier » des acquisitions de l'enfant au fur à mesure de sa croissance (voir en fin d'article). Ainsi fut établie une norme de développement sensori-moteur de l'enfant depuis la naissance jusqu'à notamment l'âge de sept ans, âge où les principales acquisitions sensori-motrices sont normalement réalisées. On n'imaginait pas que dans un environnement très stimulant, l'enfant développe beaucoup plus rapidement ses facultés sensori-motrices. Toutes les expérimentations et observations passées sur l'enfant ont souffert de ces a priori. Nous avons estimé que puisque l'enfant ne pouvait exprimer, il ne percevait pas, puis, nous avons observé le développement de l'enfant dans son milieu sans penser à évaluer que ce milieu, par son attitude, pouvait grandement influencer la rapidité et l'importance du développement de l'enfant. De toutes ces observations, nous avons déduit quelles étaient les normes en matière de développement de l'enfant et en retour, nous les imposons à l'enfant de manière tout à fait inconsciente. Tout cela fonctionne comme une sorte de cercle vicieux. Cela me rappelle cette courte histoire : « La chose était impossible à faire. Ils sont venus, ils ne le savaient pas et... ils l'ont faite. » Pour ce qui concerne l'enfant dont la maturation du système nerveux central est difficile, nous devons envisager deux cas très différents, selon que les difficultés ont une origine purement fonctionnelle ou qu'il y a lésion du système nerveux central. Troubles fonctionnels Un trouble fonctionnel, comme son nom l'indique, est un trouble qui touche la fonction, c'est-à-dire l'expression de la vie. Ce mot est employé par opposition à ce que l'on appelle trouble organique, dans lequel c'est l'organe lui-même qui est atteint au sein de sa structure profonde, plus ou moins détruite. L'ostéopathie est une approche très favorable aux troubles fonctionnels, car elle traite la relation structure-fonction. De plus, elle n'est pas nocive et ne risque pas de créer de problèmes secondaires, comme l'absorption de certaines drogues, par exemple. Il paraît logique de traiter préférentiellement les patients avec ce type d'approche douce et non nocive. Lorsque nous avons évoqué les problèmes pouvant résulter d'une naissance difficile ou d'un traumatisme dans la jeune enfance, nous parlions de troubles fonctionnels. Les altérations dans le fonctionnement du mécanisme crânien n'ont pas été suffisantes pour créer de lésions graves au niveau du système nerveux central et c'est simplement le développement sensori-moteur de l'enfant qui est altéré. Cependant, de tels troubles de la fonction peuvent provoquer des limitations persistantes dans le développement de l'enfant. En effet, l'expérience a montré que lorsqu'une phase de développement reliée à la maturation du système nerveux central ne se manifeste pas normalement, il est très difficile de revenir en arrière. L'organisme met en place des systèmes de compensation consistant la plupart du temps en la mise en service de voies nerveuses détournées. Ces voies nerveuses prennent en charge des fonctions qui ne leur sont pas dévolues dans les schémas de développement normal. Malheureusement, une fois que ces circuits détournés sont devenus effectifs, l'organisme les intègre dans son fonctionnement et ils prennent force de loi. Le mécanisme de compensation prévaut toujours, parce qu'à partir du moment où il s'est développé, il est constamment réactualisé par les stimulations de l'environnement. Il est très difficile de revenir en arrière pour retrouver la phase de développement omise et la normaliser. Il faut utiliser des systèmes de régression. La méthode Tomatis (5) est l'un de ces systèmes. Ce type de compensation a été mis en évidence notamment par les travaux de Konrad Lorenz (6), Par exemple, en travaillant sur des oies, il s'est aperçu que si au moment où l'animal doit rencontrer sa mère il rencontre un autre objet (vivant ou non), cet objet devient l'identification de la mère et l'animal le considérera toute sa vie comme tel. Lorsque la difficulté d'un enfant a pour origine un trouble fonctionnel, c'est-à-dire lorsque le système nerveux n'est pas lésé dans sa structure, l'ostéopathie est souvent très efficace, parce qu'elle traite les blocages mécaniques entravant l'harmonie de son développement et de son fonctionnement. Il est donc clair que le recours à l'ostéopathie devrait se faire le plus tôt possible dans la vie de l'enfant. En effet, si un problème de développement d'origine fonctionnelle survient consécutivement à l'altération du mécanisme crânien, la normalisation du mécanisme remettra les choses dans l'ordre suffisamment rapidement pour que le développement normal puisse se réaliser et pour ne pas initier des systèmes de compensation, d'autant plus difficilement réversibles que l'on s'éloigne de leur moment de création. Troubles organiques Le système nerveux peut avoir été atteint dans sa structure, notamment par anoxie, c'est-à-dire privation d'oxygène, au moment de la naissance ou juste après, si l'enfant a été long à respirer. Dans ce cas, un certain nombre de cellules sont mortes. C'est un trouble organique. Évidemment, les troubles résultants sont proportionnels à la gravité et à l'étendue des lésions cérébrales. Les cellules nerveuses détruites ne pourront pas assurer le développement des fonctions qui leur étaient dévolues. Cette fois, il est indispensable que l'organisme crée des voies de compensation pour suppléer les voies normales. Alors que dans le cas de problèmes fonctionnels la création de compensations peut être une gêne à l'amélioration des problèmes de l'enfant, ici, il n'y a pas de choix. Il faut les favoriser. Là encore, c'est la stimulation de l'environnement qui permettra le développement des compensations. Mais dans les cas de lésions cérébrales, la stimulation doit être extrêmement forte et répétitive pour forcer le corps à élaborer les compensations. Plus les lésions sont importantes, plus la stimulation doit être grande et répétée. Glenn Doman, étudiant cette possibilité, a mis au point une méthode d'aide à l'enfant lésé cérébral appelée le patterning (7), fondée sur un programme de stimulation intensive de l'enfant, pour aider l'organisme à créer les compensations nécessaires à la réalisation de ses fonctions. L'ostéopathie Souvenons-nous qu'un des principes fondamentaux de l'ostéopathie est la relation de la structure à la fonction, « La structure gouverne la fonction », disait A.T Still, il paraît logique de penser qu'en améliorant la structure dans le corps, et notamment la structure au niveau du mécanisme respiratoire primaire, nous aurons un effet bénéfique sur les altérations de fonctionnement qui résultent. On a ainsi découvert que des lésions importantes siégeant dans ce mécanisme : restrictions, déformations, immobilités, peuvent considérablement gêner le développement du cerveau de l'enfant, soit parce qu'elles ne lui permettent pas de disposer d'une aisance, d'un espace suffisants, soit parce qu'elles provoquent une restriction dans les flux de circulation sanguine. Pour les enfants plus gravement lésés au niveau du système nerveux central, le but sera, en plus de redonner au mécanisme respiratoire primaire son fonctionnement le plus optimum, de l'aider à élaborer ses compensations. Dans de tels cas, l'ostéopathie, si elle ne soigne pas la source du problème, est une aide précieuse, car elle permet d'établir sur le plan fonctionnel des conditions les meilleures possibles pour aider au développement de l'organisme. Lorsque les lésions cérébrales sont trop importantes pour pouvoir envisager une récupération significative, le traitement ostéopathique apporte souvent à l'enfant un meilleur confort de vie. Il est moins tendu, moins nerveux, il souffre moins. Il est moins « mal dans son corps ». Cela se répercute sur la vie familiale et aide les parents dans leur dure tâche. L'ostéopathie n'est, bien entendu, pas une méthode exclusive, mais doit s'inscrire dans un cadre thérapeutique faisant appel à tout ce qui peut aider l'enfant à surmonter son handicap. L'ostéopathe envisage donc son travail dans le cadre d'une équipe, au sein de laquelle il apporte une contribution qui peut être primordiale. Ainsi, l'ostéopathe devrait être intégré au sein des équipes spécialisées dans le traitement des enfants dont le développement psychomoteur est entravé. Il apporterait certainement une aide précieuse, parfois fabuleuse. Différents types de handicap Comme nous l'avons fait remarquer précédemment, il existe de nombreux types de handicaps, trop diversifiés pour que l'on puisse les associer sous un même nom. Nous allons considérer trois grandes sources de handicaps, celles que nous rencontrons le plus souvent au sein de l'association Enfant handicapé, l'espoir ostéopathique. L'enfant infirme moteur cérébral L'infirmité motrice cérébrale est une altération de fonctionnement du système nerveux central, la plupart du temps consécutive à un défaut d'oxygénation survenu dans la période néonatale, au moment de l'accouchement (notamment dans les cas de naissance difficile) ou dans les jours ou mois suivant la naissance (souvent pour des raisons traumatiques, notamment chute sur la tête). Dans ce cas une partie plus ou moins importante du cerveau est lésée et les troubles de développement sensitivo-moteur de l'enfant sont proportionnels à l'étendue des lésions cérébrales. Les séquelles d'encéphalites Là également, il s'agit de lésions du système nerveux central, mais dont l'origine est autre. L'enfant n'a pas eu de problème de naissance mais les lésions sont consécutives à une encéphalite (inflammation du système nerveux) ou une méningite (inflammation des méninges). Ces inflammations sont souvent d'origine infectieuse, parfois consécutives à des phénomènes convulsifs, parfois, il s'agit de réactions post-vaccinales, la plupart du temps passées inaperçues. L'enfant trisomique (8) L'enfant trisomique ne fait pas partie de la catégorie dont nous venons de parler. La trisomie, en effet, est un problème d'origine génétique. Il ne s'agit donc pas ici de lésions du système nerveux central. L'ostéopathie ne soigne pas la trisomie en tant que telle. Pourtant, il est connu qu'elle apporte à ces enfants une aide non négligeable. Elle leur permet de se développer beaucoup plus rapidement et complètement que d'autres enfants atteints de la même anomalie, mais ne bénéficiant pas de tels soins. Ces enfants sont alors plus vifs, plus éveillés, plus heureux de vivre. Pour les parents de tels enfants, les bienfaits de l'ostéopathie ne font aucun doute !. Notes 1. Glenn Doman, Enfants, le droit au génie, Édition Hommes et Groupes, 1986. 2. Th. Brazelton, T. Berry Brazelton vous parle de vos enfants, Stock- Laurence Pernoud, 1988. 3. F. Veldman, Haptonomie, science de l'affectivité, Éd. PUF. 4. B. Martino, Le bébé est une personne, Balland, 1985. 5. A. A. Tomatis, L'Oreille et la Vie, Éd. Robert Laffont, 1977. 6. C. Lorentz, Essai sur le comportement animal et humain, Éd. du Seuil, 1974. 7. G. Doman, Les guérir est un devoir, Éd. Épi, 1984. 8. Anomalie génétique due à la présence d'un chromosome supplémentaire dans une paire chromosomique. La trisomie 21 était autrefois appelée mongolisme. L'apport de l'ostéopathie Il n'est pas de notre propos de prétendre que l'ostéopathie est une thérapeutique miracle, surtout dans le cadre du traitement de l'enfant handicapé. Notre expérience nous montre pourtant de façon irréfutable que des soins réguliers apportés à de tels enfants donnent des résultats allant parfois au-delà de ce que l'on pouvait attendre compte tenu de l'atteinte connue ou supposée connue de l'enfant. Dans le cas de troubles peu importants, reliés au domaine fonctionnel, l'ostéopathie est une approche de choix, permettant de redonner aux mécanismes généraux du corps un équilibre et une harmonie suffisants pour voir l'enfant évoluer favorablement. Dans le cas de troubles importants, laissant des séquelles graves, l'ostéopathie apporte souvent un confort et un mieux-être physique et psychique consécutifs aux normalisations tissulaires profondes. Elle permet d'aider l'enfant à développer le mieux possible ses systèmes de compensation. Mais, elle ne saurait agir comme thérapeutique unique. Elle doit s'inscrire dans un programme de traitement de l'enfant, qui doit être stimulé de manière adéquate pour développer des adaptations. Dans tous les cas, elle permet à l'enfant de vivre mieux dans son corps, malgré les difficultés qu'il rencontre. Cela est déjà en soi un résultat non négligeable. Que fait l'ostéopathe ? Le mécanisme crânien Comme le fonctionnement du mécanisme crânien est le fidèle reflet de l'état de l'ensemble de l'organisme, beaucoup d'ostéopathes l'examinent en premier lors de leur recherche d'anomalies. Pour déceler et corriger les éventuelles lésions du mécanisme crânien, le praticien n'a besoin d'aucun appareillage compliqué. Ses mains sont ses seuls outils. L'enfant est allongé confortablement sur une table, le praticien pose ses mains sur son crâne avec un contact qui doit respecter les tissus. Dans un premier temps, l'ostéopathe s'imprègne de ce qu'il ressent. Il peut compter les pulsions crâniennes qui normalement sont de 8 à 12 par minute. Le rythme crânien est un fidèle reflet de la vitalité du sujet examiné. Il en évalue mentalement le rythme, l'amplitude, la force. Dans un second temps, il recherche l'état de densité du crâne (pour comprendre la densité, imaginez la différence de sensation au contact d'une boule de billard comparée à celle d'une orange). Il est évident que certaines structures sont naturellement plus denses que d'autres. Par exemple, l'os est plus dense que le muscle. La densité renseigne bien sur l'état de communication tissulaire d'une région. Plus cette région vit bien, plus elle communique, et moins elle est dense. L'ostéopathe recherche également l'état de tension (pour comprendre la tension, imaginez la différence de contact existant entre un ballon gonflé et un autre moins gonflé). La tension renseigne surtout sur l'état de stress d'un organisme. Plus il y a de tension, plus il y a de stress. Enfin, il recherche si le crâne présente des anomalies de fonctionnement, notamment dans ses mouvements physiologiques. Pour cela, il procède à des tests lui permettant d'identifier les perturbations et de faire les corrections qui s'imposent. Tout cela est très doux, sans aucune action de force. L'ostéopathe se contente de maintenir le crâne dans une position qui permettra aux forces internes du corps de se manifester et de « remettre en marche le mécanisme qui était faussé ». Le praticien pourra utiliser la coopération du patient en lui demandant de respirer d'une certaine façon. Le patient (du moins le patient adulte) ne sent rien de désagréable, au contraire, il se sent bien, il se relaxe et parfois il s'endort. La correction des lésions crâniennes est l'affaire de l'ostéopathe formé pour ce genre d'intervention. Cela demande une étude approfondie et un entraînement persévérant car ces techniques sont difficiles à acquérir et à maîtriser. Souvent des années de travail sont nécessaires pour y parvenir. Cependant la simple perception du mouvement crânien ne fait pas appel à un don particulier. Elle est accessible à toute personne possédant une bonne sensibilité tactile. Cette sensibilité, comme tout système de perception, peut s'affiner considérablement par l'entraînement pour devenir, chez l'ostéopathe, extrêmement performante. Le travail tissulaire de l'ostéopathe ne se borne pas au crâne, mais également au bassin, notamment au sacrum, et à tous les tissus du corps. Dans toutes les parties du corps peuvent exister des anomalies dans la vie tissulaire. Comme nous avons vu que les tissus sont chaînés les uns aux autres, il est important de détecter et traiter ces anomalies où qu'elles se trouvent dans le corps. Ainsi, même si, dans le traitement de l'enfant, l'ostéopathe attache une grande importance au mécanisme crânio-sacré, il prête également une grande attention à tous les autres tissus du corps, y compris les tissus viscéraux. Le traitement à plusieurs Le traitement à plusieurs praticiens est d'un grand intérêt, parce que chaque partie du corps est une voie de communication avec l'extérieur (ne serait-ce que par la peau). Ainsi, chaque partie du corps est une voie d'entrée potentielle au traitement ostéopathique. Et comme toutes les parties communiquent les unes avec les autres, un changement obtenu dans une zone du corps entraîne des modifications dans tout l'organisme. Traiter à plusieurs praticiens permet donc non seulement de détecter des anomalies dans la vie tissulaire dans plusieurs parties du corps, mais encore de les libérer simultanément. Ce type de travail permet également de percevoir les changements survenant dans différentes parties de l'organisme du patient lorsqu'une zone à problème se libère. On peut ainsi aider le corps à adapter le changement. Pour toutes ces raisons, le traitement à plusieurs praticiens permet d'aller beaucoup loin et souvent beaucoup plus vite dans le travail de libération et d'adaptation profondes. Cela est particulièrement important pour les patients ayant de gros problèmes tissulaires, ce qui est le cas des enfants handicapés. C'est la raison pour laquelle ce mode de travail a été choisi dans le cadre de l'association Enfant handicapé, l'espoir ostéopathique. D'ailleurs seul le cadre associatif permet de rassembler les conditions matérielles permettant la mise en œuvre d'un tel travail avec succès : - infrastructure matérielle telle que salles, tables, secrétariat, etc. ; - possibilité de réunir un nombre de praticiens suffisant pour constituer des équipes de traitement d'au moins deux ou trois intervenants, voire plus. Les pleurs de l'enfant Un des aspects les plus spectaculaires du traitement ostéopathique de l'enfant vient de ses manifestations émotionnelles : l'enfant pleure, parfois se débat, donne l'impression de souffrir, ce qui inquiète les parents assistant au traitement. Faisons tout d'abord remarquer que le traitement ostéopathique de l'enfant tel que nous venons de l'exposer n'est pas en lui-même douloureux. Le même travail accompli chez l'adulte, est le plus souvent ressenti comme agréable. Si de l'inconfort survient parfois, il est mineur et n'entrave pas le travail tissulaire. Alors pourquoi l'enfant pleure-t-il ou se débat-il ainsi ? Plusieurs explications peuvent être avancées. Tout d'abord, les enfants que nous traitons dans le cadre de l'association ont un passé chargé de souffrance. Cette souffrance imprègne leurs tissus, on dit qu'elle est engrammée. Lorsque nous commençons à libérer les blocages tissulaires profonds, la souffrance émerge. Elle sort en même temps que les tissus se libèrent. L'enfant vit l'instant présent tel qu'il le ressent. Il n'a pas, comme l'adulte, appris à raisonner, à relativiser les choses, à se distancier. De sorte que lorsqu'il ressent une émotion ou une souffrance, il l'exprime immédiatement. Il est donc logique, que le travail tissulaire libérant de la souffrance physique ou émotionnelle, celle-ci s'exprime dans l'instant. Avant l'âge de six, sept ans, il est très difficile de communiquer avec un enfant à l'aide de la raison. Il n'aborde pas la vie de cette manière. Il est important de lui expliquer ce qui se passe, ce qu'on va lui faire, mais il ne faut pas espérer que ces explications permettront de passer outre l'expression des émotions qui émergent. La panique est une émotion s'exprimant de manière particulièrement constante. Elle est logique, notamment lorsque la difficulté de l'enfant est reliée à la naissance difficile. En effet, à ce moment, l'enfant est totalement bloqué et très fortement comprimé, ce qui en soit est générateur de panique. Si, de surcroît, l'atmosphère environnante est tendue, ce qui est logiquement le cas lorsque les choses ne se passent pas bien, l'enfant panique. Parce qu'un nouveau-né ne peut exprimer clairement ce type d'émotion, on a estimé qu'il ne la ressentait pas. C'est totalement faux. Les recherches de Freud ont montré que l'enfant est parfaitement capable de perception, de souvenir et de souffrance. Ces premières recherches furent confirmées par bien des observateurs ultérieurs, tels qu'Arthur Janov (1) avec la primal thérapy et bien d'autres. Plus récemment, un accoucheur, le Dr Frédéric Leboyer (2), qui pratiquait son art de manière tout à fait classique, fut amené, au cours d'une recherche personnelle, à effectuer des régressions éveillées et à contacter des incidents qu'il avait vécus quand il était en formation dans le ventre de sa mère. Il avait toujours cru, puisque c'était un dogme qu'on lui avait enseigné, que l'enfant en formation n'avait pas l'aptitude à percevoir, que la vie de l'enfant dans le ventre de la mère était une période paradisiaque et qu'une partie des problèmes de l'enfant mal adapté était liée à la volonté de ne pas quitter ce paradis ou de le retrouver. Et voilà qu'au cours de processus tout à fait éveillés, il retrouvait des incidents vécus par lui pendant la grossesse de sa mère et qui n'étaient pas du tout confortables et même parfois très chargés en douleur et émotion. Il revécut également sa naissance et s'aperçut combien cela avait été violent, combien les bruits et la lumière avaient été agressifs pour lui, qui soi-disant ne pouvait percevoir, puisqu'il était bébé et que tout le monde sait bien que les bébés ne perçoivent rien... Cela fut un tel choc pour lui, qu'il modifia radicalement sa manière de pratiquer les accouchements et mit au point la méthode qui porte son nom, destinée à rendre l'accouchement aussi facile et doux que possible. De tout cela, il ressort que chez l'enfant handicapé, une grande quantité de souffrance est engrammée dans les tissus et que lorsque l'ostéopathe les libère, cette souffrance et les émotions associés, souvent la panique, ressortent et sont revécues par l'enfant qui les manifeste comme si elles arrivaient dans le présent. Cependant, ce qu'il ressent dans le présent est loin d'être aussi violent que la souffrance réellement vécue au moment de la naissance. Il faut en tout cas lui laisser l'exprimer, sinon, il risque de la refouler et d'en conserver la trace tissulaire. Par ailleurs, nous oublions que l'enfant désire communiquer. Son corps, par son immaturité, l'en empêche ou le limite. Il constitue une barrière. Nous, adultes, avons déjà expérimenté la frustration et la souffrance que représente l'impossibilité de communiquer quelque chose. L'enfant, en tant qu'être, ressent également une telle souffrance. Il ne peut la verbaliser, ni la rendre consciente. Il est trop jeune pour cela. II ne peut que la ressentir et l'exprimer à sa manière. Si, en plus, le handicap l'empêche d'utiliser son corps, sa souffrance et son isolement sont d'autant plus forts. Enfin, nous sommes tous nés un jour et pour un certain nombre d'entre nous, cela n'a pas été facile. Ainsi avons-nous engrammé dans nos tissus contraintes mécaniques, émotions et considérations. Lorsque nous nous trouvons en présence d'un enfant qui dramatise, c'est-à-dire qui revit sa propre souffrance de naissance, il se trouve dans cette manifestation suffisamment d'éléments communs avec notre propre naissance pour que notre organisme se mette lui aussi à dramatiser, par simple mise en résonance. Nous ressentons du mal-être, sans parvenir à déterminer d'où il provient, ce qui est normal puisque cela se passe dans le profondeur inconsciente de notre corps. Pourtant, nous nous sentons remués, bien au-delà de ce qui se passe réellement dans le présent. Ainsi, nous souffrons avec cet enfant qui libère sa souffrance. Cela est encore plus fort pour la maman, qui a vécu comme coacteur la naissance de son enfant et qui a souffert elle aussi. L'ostéopathe également peut se sentir mal à l'aise devant l'expression émotionnelle ou souffrante de l'enfant qu'il soigne. Il doit apprendre à passer outre - non pas à l'ignorer, ni à la minimiser, mais à la confronter. Sinon il n'osera pas continuer et l'enfant ne pourra se libérer. Évaluer les progrès À part quelques exceptions, l'évaluation des progrès des enfants handicapés traités en ostéopathie est extrêmement difficile : à cause de la gravité des atteintes du système nerveux, les progrès se font rarement de manière fulgurante. Comment peut-on évaluer la progression d'un enfant en cours de traitement ? Sur le plan ostéopathique, la modification des restrictions et tensions tissulaires constitue un moyen possible. La difficulté vient du fait qu'il n'existe pas d'appareil pour enregistrer l'état de tension ou de densité tissulaire, d'autant plus que cet état varie considérablement selon ce que vit l'enfant. De plus, il est rare que le même praticien revoie l'enfant à la séance suivante et même si c'était le cas, le temps écoulé entre les séances ne permettrait pas de mémoriser cet état. Les comptes rendus de séances rendent compte de ce qui s'est passé au cours d'une séance de soin, mais de manière très imparfaite par rapport à la subtilité d'une perception tissulaire. Enfin, l'état de tension et de densité change lentement chez ces enfants assez gravement atteints. L'observation des parents est un élément utile. Mais elle est pour une bonne part subjective et, à moins de progrès particulièrement évidents, les parents eux-mêmes ne discernent pas facilement l'évolution de leur enfant. Ils peuvent dire : « Il est plus calme », « Elle est plus gaie, plus aimante », etc. C'est dans les travaux de G. Doman (3) que Monique Thinat (4), une de nos consœurs ostéopathe, a trouvé le moyen d'évaluer objectivement les progrès de l'enfant. Doman utilise une grille sur laquelle sont consignées les compétences sensitives et motrices de l'enfant entre la naissance et six ans, âge où toutes les compétences de base sont normalement acquises. Ainsi, lors de la première consultation ostéopathique, et ensuite une fois par an nous effectuons un test permettant de déterminer les compétences sensitives et motrices réellement acquises par l'enfant. En comparant ces compétences acquises au tableau de la référence de l'enfant « normal », nous pouvons établir un rapport qui nous permet de savoir si l'enfant a progressé, dans quels domaines et de combien (voir le tableau d'acquisition des compétences chez l'enfant normal, tel qu'il a été établi par les instituts Doman et tel que nous l'utilisons). Notes 1. Arthur Janov, Le Cri primal, Flammarion, 1974. - retour 2. Frédéric Leboyer, Pour une naissance sans violence, Le Seuil, 1974. - retour 3. Glenn Doman, Les guérir est un devoir, Épi, 1984. - retour 4. Monique Thinat, « Les enfants déficients profonds », mémoire pour l'obtention du diplôme d'ostéopathe (juin 1992). Nous remercions Pierre Tricot et la rédaction de la revue Énergie Santé de nous avoir autorisé à reproduire cet article. 1ère publication sur le Site de l'Ostéopathie le 7 décembre 2005
  • La naissance du point de vue de l'ostéopathe

    10 novembre, par Pierre Tricot — K cliniques SDO
    Sommaire Le crâne de l'enfant à la (...) Le mécanisme de la naissance Qu'est-ce que la naissance Les éléments mécaniques Les causes de naissances (...) Conséquences de la naissance Après la naissance Témoignages d'une naissance Les déformations du crâne Les problèmes de comportement Les problèmes de digestion Les problèmes de rhino-pharynx Problèmes d'apprentissage (...) Le crâne de l'enfant à la naissance À ce moment de son développement, le crâne de l'enfant n'est pas ossifié. Le système nerveux central est contenu dans le sac membraneux constitué par les méninges qui assure une certaine solidité et protection pour le cerveau. Les os du crâne sont constitués de noyaux d'ossification et ils évoluent un peu comme des plaques non soudées entre elles et tenues par ce sac membraneux méningé. Cet agencement confère au crâne une grande souplesse lui permettant de se déformer et de s'accommoder au modelage subi lors de la naissance, mais si les contraintes mécaniques dépassent le seuil de solidité de l'ensemble membraneux, rien empêche des déformations importantes et parfois irréversibles, de se produire. Les os du crâne sont constitués de deux parties essentielles, les os de la voûte et ceux de la base du crâne. Les os de la base sont formés d'os cartilagineux, très dense et solide ; ceux de la voûte, au contraire, sont constitués d'os membraneux, plus fins et se présentent comme des plaques séparées les unes des autres par de la membrane. Dans les premiers mois de la vie, la membrane séparant ces plaques osseuses peut être ressentie sous les doigts comme une zone beaucoup plus souple et plus enfoncée. À certains endroits du crâne, ces zones sont appelées fontanelles (voir fig. 1). La région de la base du crâne doit retenir plus particulièrement notre attention. Le crâne, au moment de la naissance, est retenu par le col de l'utérus de la mère qui se dilate. La base du crâne reçoit la poussée des forces de travail de l'utérus appliquée sur le corps de l'enfant. Or, à ce niveau, les forces sont transmises sur deux petits points, les articulations de la première vertèbre cervicale avec l'occiput (fig. 2). Il convient donc de regarder plus en détails comment est constitué l'occiput au moment de la naissance. À ce moment du développement normal de l'enfant, l'occipital est constitué de quatre parties, -les noyaux d'ossification, réunis entre eux par de la membrane. Ces quatre parties sont l'apophyse basilaire, les deux parties condylaires et l'écaille de l'occipital. II est à noter que ces quatre parties créent le pourtour du trou occipital, orifice servant de passage à la moelle épinière, au sortir du crâne, vers la colonne vertébrale (fig. 3). Les deux parties condylaires, constituant la partie latérale du trou occipital, sont ainsi nommées parce qu'elles portent les condyles de l'occipital, articulations avec la première vertèbre cervicale. Notons encore qu'à proximité de ces noyaux d'ossification, passent des structures nerveuses pouvant être comprimées par la déformation de l'os lors d'une naissance traumatisante. Au centre, la moelle épinière passe dans le trou occipital. De chaque côté des parties condylaires, au niveau de leur partie postérieure, se trouve un orifice ménagé entre la partie condylaire et l'os temporal, le trou déchiré postérieur. Par cet orifice passent trois nerfs crâniens très importants, le nerf glosso-pharyngien IX ème nerf crânien), contrôlant une partie de la phonation et de la déglutition, le pneumogastrique (Xème nerf crânien), constituant 90 % du système parasympathique et participant au contrôle du fonctionnement des systèmes cardiaque, respiratoire et digestif ; enfin, le spinal (XIème nerf crânien), contrôlant une partie de la musculature de la nuque et des épaules (fig. 3). D'autres nerfs, passant plus en avant, au niveau de l'apophyse basilaire (articulation de l'occiput et du sphénoïde) peuvent, eux aussi, se trouver lésés lors de traumatismes importants, si l'articulation sphéno-basilaire est anormalement contrainte. Il s'agit des nerfs moteurs de l'œil. L'atteinte de l'un de ces nerfs peut déterminer l'apparition d'un strabisme. Dernière remarque, enfin. Le trou déchiré postérieur sert de plissage à des structures vasculaires veineuses. Par ces structures, passe 95 % du sang veineux issu du crâne, ce qui correspond à l'essentiel du drainage veineux crânien. Nous savons combien les flux de circulation sont importants pour la vie des tissus et en particulier du tissu nerveux, capital pour le développement psychomoteur de l'enfant. Nous pouvons donc déduire facilement que l'intégrité des structures de la base du crâne est indispensable à la bonne vie et le bon développement du système nerveux central. Le mécanisme de la naissance Analysons brièvement ce qui se passe pour le crâne de l'enfant au moment où il descend dans le bassin de la mère et rencontre la barrière du col de l'utérus. Le crâne de l'enfant, cherchant le plus grand diamètre possible pour passer plus facilement, descend, la tête de l'enfant parallèle à la face antérieure du bassin (fig. 4). À ce moment déjà, le crâne peut se trouver gêné et modelé par la proéminence du sacrum ou du pubis de la mère (fig. 5). Le crâne, poussé par les contractions utérines, continue à descendre et tourne pour présenter la partie postérieure face au col de l'utérus (il s'agit ici d'une naissance normale). II rencontre toujours la résistance du col de l'utérus et les forces qui s'exercent à ce moment sur la base du crâne peuvent être considérables. Cette rotation de la tête de l'enfant sous forte pression produit, dans les tissus, une empreinte mécanique qui restera perceptible. Puis, le travail se continuant, le col de l'utérus s'ouvre et peut laisser passer la tête de l'enfant pour son dégagement (fig. 5 et 6) . Les contraintes mécaniques subies par le crâne de l'enfant ne sont pas forcément préjudiciables, notamment si l'accouchement n'est pas trop long, les contractions et la résistance des tissus de la mère pas trop forts. Il assure, dans ce cas, un modelage du crâne de l'enfant, qui peut tout à fait supporter cela, sans préjudices. Les ostéopathes ont même mis l'accent sur l'importance de ce modelage du crâne de l'enfant pour la mise en route des mouvements du système crânien. Ils ont découvert cela en analysant les mouvements crâniens d'enfants nés normalement et en les comparant à ceux d'enfants nés par césarienne. Ils ont ainsi mis en évidence que le mouvement du crâne de l'enfant né par césarienne n'est pas similaire. Il est moins ample, moins marqué, parfois mal défini au niveau des os du crâne. Le crâne non modelé par la naissance présente donc aussi des anomalies de fonctionnement qui ont un retentissement sur la physiologie de l'organisme de l'enfant. Voilà qui va à l'encontre de l'idée de faire naître tous les enfants par césarienne pour leur éviter des difficultés crâniennes. Qu'est-ce que la naissance normale ? Bien que cela paraisse simpliste, on pourrait dire qu'une naissance normale est une naissance s'effectuant sans traumatisme ni pour l'enfant ni pour la mère. La naissance est un processus normal de la vie et il ne faut pas la considérer comme un événement automatiquement source de problèmes. En ce sens, la médicalisation systématique de l'accouchement, même si elle a des effets bénéfiques en cas d'apparition de difficultés, a conduit à classer le processus de la naissance dans le domaine du pathologique, ce qui est totalement faux. On peut même affirmer que la médicalisation de l'accouchement et les pratiques illogiques auxquelles elle aboutit est, sans doute en elle-même, source de difficultés qui n'apparaîtraient pas si on laissait les processus normaux s'exprimer spontanément. Il en est ainsi de procédés tels que la péridurale, le déclenchement systématique d'un accouchement à un moment décidé par l'accoucheur, ou l'injection de produits destinés à arrêter un travail commencé, parce que l'accoucheur n'est pas prêt... C'est en analysant les éléments en présence que nous pourrons évaluer les conditions optima d'un accouchement. Les éléments mécaniques Ils ont été déjà décrits brièvement. Il s'agit du crâne de l'enfant et du bassin de la mère. Les meilleures conditions sont réunies lorsque l'enfant est à terme, car le développement du crâne est alors optimum, offrant le meilleur compromis souplesse/solidité. - L'enfant ne doit pas être trop gros, car cela aggrave le conflit entre le crâne et le bassin de la mère. Le bassin de la mère doit être équilibré, sans blocage au niveau des articulations essentielles telles que les sacro-iliaques ou le pubis. Ces blocages introduisent des zones dures qui ne permettent pas au bassin de s'adapter aux contraintes mécaniques du moment. La souplesse des tissus mous est également importante, afin qu'ils n'offrent pas de résistance trop grande (fig. 7). L'inertie des tissus est un des éléments les plus importants sur le plan mécanique, au moment de la naissance. On peut exprimer cela en disant que les tissus du corps peuvent accepter de grandes contraintes mécaniques, mais ont besoin de temps pour le faire. Nous pouvons mieux comprendre l'inertie en prenant l'exemple d'un bateau au repos, sur l'eau, que l'on désire faire avancer, en disposant pour cela d'une certaine quantité d'énergie. Nous pouvons diluer, transmettre cette énergie de deux manières : la première consiste â la transmettre dans un temps très court, ce qui donnera une force intense mais brève. Le bateau avancera peu, car son temps d'inertie dans l'eau n'étant pas respecté, il se comportera comme un ensemble fixe, la plus grande partie de l'énergie transmise sera renvoyée et l'opérateur se fera mal ! la seconde consiste à diluer l'énergie dans un temps long. La force sera peu intense, mais persistante. Le bateau avancera docilement. Nous avons tous expérimenté qu'il est plus difficile de déplacer la main lorsqu'elle est plongée dans l'eau. Si nous plongeons notre main dans la baignoire et essayons de la déplacer rapidement, nous constaterons que la résistance au déplacement dans l'eau est beaucoup plus importante. La résistance qu'offre l'eau au mouvement de la main est le témoignage de ce temps d'inertie plus long dans l'eau. Le corps humain est un milieu hydrique. Les tissus du corps sont constitués d'au moins 65 % d'eau. Leur temps de réponse face à une sollicitation extérieure est relativement long. Ils présentent une grande inertie au mouvement. Le temps d'inertie dépend également des structures que l'on considère. Ainsi, l'os est nettement plus dense que le muscle, et demandera donc, pour se déformer, beaucoup plus de temps. Au moment de l'accouchement, le même type de situation se présente. L'enfant doit créer son passage à travers des tissus qui résistent à son avancement. L'idéal correspond à des forces de poussée assez intenses pour faire progresser l'enfant mais laissant le temps aux tissus du bassin maternel et du crâne de l'enfant de s'adapter aux déformations. La préparation de l'accouchement, durant la grossesse, tant sur le plan psychologique que sur le plan mécanique, a une grande importance. C'est en effet à ce moment que l'organisme de la mère peut être préparé pour lever les tensions et barrières mécaniques essentielles. La présentation de l'enfant est également très importante, car elle conditionne le déroulement mécanique facile ou non des différentes phases de l'accouchement. Certaines présentations sont systématiquement sources de difficultés. Il s'agit là, bien sûr, de problèmes techniques et nous ne pouvons que les évoquer, sans les décrire. L'utilisation de forceps, ventouses et autres appareillages, bien que pouvant se révéler indispensable, peut contribuer à créer ou aggraver des déformations crâniennes chez l'enfant (fig. 8). Les causes de naissances difficiles Elles peuvent être nombreuses et nous nous contenterons d'en citer quelques-unes parmi les plus évidentes et fréquentes. La prématurité de l'enfant. Le crâne est fragile. Le bassin de la mère trop tonique, déformé, ou bloqué (fig. 9 & 10). Le mauvais état de santé de la mère. Le stress, en particulier, est très préjudiciable à l'enfant. L'état de stress induit des tensions anormales dans les tissus du corps. Chez la femme enceinte, il n'y a pas de différenciation marquée au niveau de la physiologie entre les tissus de la mère et ceux de l'enfant, ainsi, la rigidité des tissus maternels consécutive au stress existe aussi bien chez l'enfant, augmentant les difficultés mécaniques de l'accouchement. La mauvaise présentation de l'enfant. La pratique systématique non nécessaire de techniques médicales : - la péridurale (qui impose une perfusion pour accélérer le travail) ; - l'accélération artificielle du travail ; - le déclenchement artificiel ou l'arrêt temporaire du travail ; La durée : un travail trop rapide ne respecte pas le temps d'inertie des tissus. Un travail trop long est également préjudiciable car les structures sont comprimées trop longtemps. Conséquences de la naissance difficile Certaines conséquences sont immédiatement perçues, soit parce qu'elles sont particulièrement graves, mettant peut-être en jeu la vie de l'enfant, soit parce qu'elles entraînent des manifestations visibles comme la déformation du crâne. Beaucoup de problèmes chez l'enfant jeune peuvent être rattachés à la naissance difficile, mais comme en médecine classique aucun lien de cause à effet dans ce domaine n'a été imaginé et donc étudié, cette idée est encore loin d'être admise dans les milieux médicaux. C'est aux USA que la question a été étudiée par des ostéopathes américains et notamment le docteur Viola Frymann. Ce praticien éminent s'est spécialisée dans le traitement des enfants. Elle a effectué plusieurs études à caractère scientifique pour déterminer l'existence éventuelle d'un lien de cause à effet entre certains problèmes de développement de l'enfant et la difficulté de leur naissance. Elle a d'abord testé le mécanisme crânien de 1 250 nourrissons et établi une classification de ce qu'elle a perçu. Seulement 11 % de ces nourrissons avaient un mécanisme crânien normal ou presque. Cela signifie que 89 % des enfants avaient un mécanisme crânien altéré après la naissance, à des degrés divers. Évidemment, parmi ces 89 % tous les types de lésions pouvaient exister, des plus bénignes aux plus graves. Sur la totalité des enfants testés, 58 % ne présentaient pas de symptômes jusqu'au jour de l'examen, effectué de un à cinq jours après leur naissance. 17 % présentaient des symptômes reconnaissables d'irritation du système nerveux central. 12% présentaient des preuves de difficultés respiratoires. D'autres études effectuées par le Dr Frymann ont porté sur les enfants ayant des difficultés scolaires et notamment des problèmes d'apprentissage de la lecture et de l'écriture, ou des difficultés visuelles. Ces études ont permis d'établir une corrélation significative entre ces difficultés et des problèmes crâniens consécutifs à la naissance, ou à un traumatisme de la première enfance. Les problèmes crâniens consécutifs à la naissance se présentaient chez des enfants ayant eu une naissance qualifiée de non optimum, selon les facteurs cités plus haut. Certains éléments non traumatiques, influençant le comportement de l'enfant, sont encore à préciser. Il s'agit notamment de la qualité de sa vie dans le milieu où il évolue et de l'aide qu'il reçoit lorsqu'apparaissent les difficultés. Le Dr Frymann insiste sur le fait que le dépistage systématique des difficultés crâniennes des bébés avant deux ans éviterait probablement beaucoup de problèmes concernant la vie courante de l'enfant et son apprentissage de la vie. Cela permettrait notamment à ces enfants de rencontrer moins d'échecs sur le plan scolaire, échecs qui ne sont pas dus à leur manque d'aptitude native, mais seulement à des problèmes de prise de contrôle ou de maturation du corps. Les enfants qui rencontrent des échecs sont vite rejetés par leur environnement comme incapables et sont souvent poussés dans une spirale de l'échec qui ne fait que les enfoncer davantage. Après la naissance Après la naissance, peuvent se présenter une multitude de traumatismes liés aux circonstances de la vie. Leur survenue est trop aléatoire pour que nous puissions les répertorier avec quelque intérêt. Nous pouvons noter que la période d'apprentissage de la position verticale et de la marche peut amener des traumatismes liés à la fragilité de l'équilibre de l'enfant. Les chutes sur les fesses sont très fréquentes à ce moment et peuvent, selon le principe du balai qu'on emmanche, provoquer ou aggraver une compaction de l'occiput sur la première cervicale. Témoignages d'une naissance difficile Les parents, qui ne connaissent rien à l'ostéopathie ni à la médecine, ne peuvent pas, le plus souvent, évaluer le degré de difficulté de la naissance de leur enfant. Le point de vue de la mère à ce propos ne saurait suffire, car l'accouchement n'ayant pas duré trop longtemps et n'ayant pas été trop douloureux, elle a tendance à penser que l'enfant n'a pas souffert. L'ostéopathe sait que seul le point de vue de l'enfant est valide. Il le découvre lors de la palpation de son crâne. Seuls les tissus savent vraiment ce qui s'est passé. Le point de vue de la mère est en particulier sans utilité lorsqu'elle a été endormie et même souvent, lorsqu'elle a eu une péridurale, car les sensations provenant de l'abdomen et du basin sont absentes ou altérées. En l'absence de problèmes évidents au moment de l'accouchement, certains signes observés après la naissance peuvent faire penser qu'elle a été difficile et que des problèmes crâniens existent. Les déformations du crâne L'enfant présente fréquemment, juste après la naissance, des asymétries plus ou moins évidentes du crâne (fig. 12 & 13). Cela signifie toujours qu'il y subit des contraintes mécaniques importantes. Le plus souvent, l'attitude de l'accoucheur ou de la sage-femme est de dire aux parents : « Cela va s'arranger avec le temps, ne vous faites pas de soucis. » Parfois, effectivement, la déformation semble diminuer, pourtant, cela peut n'être qu'une apparence. Rappelons qu'au moment de la naissance, le crâne comporte deux parties, les os de la base, d'origine cartilagineuse, denses et rigides et les os de la voûte, d'origine membraneuse, simples plaques osseuses très fines. De cela, il résulte que les os de la voûte sont très déformables et assurent une accommodation à toutes les contraintes mécaniques imposées au crâne. Au moment de la naissance, ils peuvent être déformés. Plus tard, avec la poussée du mécanisme respiratoire primaire, ils ont tendance à reprendre leur position symétrique. Cette non-symétrie peut aussi être la conséquence de déformations subies par la base du crâne. Dans ce cas, la base, constituée d'os cartilagineux plus dense, n'a pas tendance à se corriger spontanément, mais reste en lésion. La déformation de la voûte aura, malgré tout, tendance à s'estomper sous la poussée du mécanisme respiratoire primaire, faisant croire que les structures se corrigent spontanément, ce qui est faux. Chaque fois que le crâne de l'enfant présente des déformations évidentes, même si elles ont tendance à s'estomper dans les jours ou mois qui suivent la naissance, il faut suspecter une lésion de la base du crâne qu'il sera nécessaire de corriger spécifiquement. Plus il faudra de temps à la voûte pour se réharmoniser après la naissance, plus nous devrons suspecter une lésion importante de la base du crâne. Les problèmes de comportement Nous classons dans cette rubrique toutes les difficultés que présente l'enfant après sa naissance, pouvant faire supposer qu'il est dans une situation d'inconfort. Enfant nerveux, très raide, ne se détendant jamais, sursautant au moindre bruit. Enfant hyperactif, n'arrêtant jamais, sans repos. Toujours en mouvement. Enfant apathique, trop mou qui ne réagit au contraire jamais, trop calme. Enfant présentant des problèmes de sommeil. Mauvais sommeil, sommeil décalé, etc. Retards dans la prise en charge et le contrôle du corps. Notamment, retard dans la prise de position assise, dans l'acquisition des mécanismes de la marche à quatre pattes, ou dans la marche. Également retards dans l'acquisition et le maniement du langage. Certains de ces signes sont le témoignage d'une irritation du système nerveux central (hyperactivité, nervosité). D'autres sont le signe d'un fonctionnement ralenti (apathie). D'autres enfin, témoignent d'une difficulté dans la maturation et le développement du système nerveux (difficultés d'apprentissage), mais tous correspondent à la difficulté du système nerveux d'accomplir normalement sa tâche, très souvent en relation avec des altérations du mécanisme respiratoire primaire. Nous n'avons cité ici que les signes mineurs, restant dans le cadre de ce qui est normal. Il peut exister des signes plus graves, mais ils sont en général détectés dès les examens postnataux et concernent des pathologies précises qu'il ne nous intéresse pas de développer ici. Les problèmes de digestion Nous avons classé dans cette rubrique différents problèmes relatifs à l'activité digestive. Difficultés de succion ou de déglutition qui font que l'enfant a du mal à téter. Reflux anormaux. Problèmes d'intestin, gaz anormaux. Ces difficultés traduisent une gêne dans la régulation du tonus nerveux ou parasympathique et sont souvent liées à la compression ou l'irritation d'un des nerfs crâniens cités plus haut, lors de son passage à travers un des orifices de la base du crâne. Cela signifie souvent que la base du crâne a été au moins comprimée fortement à la naissance. Certains problèmes digestifs peuvent avoir une autre origine, notamment alimentaire. Les problèmes de rhino-pharynx Certains enfants sont particulièrement fragiles des voies aériennes et passent de rhume en grippe de manière continue. Rhino-pharyngites à répétition. Sinusites à répétition. Otites à répétition. Toutes ces manifestations sont souvent le signe de compressions de la base du crâne, provoquant un ralentissement du mécanisme respiratoire primaire, entraînant un mauvais drainage des structures faciales ou temporales et une fragilité à l'infection. Problèmes d'apprentissage et de scolarité Nous avons développé un peu ce sujet en parlant des travaux du Dr Viola Frymann, aussi n'y reviendrons-nous pas en détail. Les difficultés d'apprentissage de l'enfant témoignent toujours d'une difficulté qu'a le système nerveux central à assurer sa maturation. Article paru dans la revue Énergie Santé, n° 41 Été 1998 et reproduit avec l'autorisation de la rédaction de la revue Énergie Santé Nous remercions particulièrement Pierre Tricot et la revue Énergie Santé qui nous ont autorisé à reproduire cet article. 1ère publication sur le Site de l'Ostéopathie le 2 décembre 2005
  • Chiropraxie versus Kinésithérapie

    7 novembre, par Jean Louis Boutin — Médecins-Ostéos
    Sommaire Un Combat d'arrière garde (...) Notes Articles de presse ou communiq Les chiropracteurs de France Un Combat d'arrière garde s'il en est ! Après avoir copieusement tout essayé pour faire annuler auprès du Conseil d'État les décrets et arrêtés réglementant l'ostéopathie, après avoir sollicité du CORTECS deux rapports, l'un sur l'ostéopathie dans le champ crânien [1], l'autre, publié récemment, sur l'ostéopathie viscérale [2], voilà que l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes (OMK) découvre les différents décrets et arrêtés réglementant la chiropraxie. Ayant échoué une première fois avec les ostéopathes, l'OMK s'en prend avec virulence aux chiropracteurs qu'il considère empiéter sur les plates bandes du champ de compétence de la kinésithérapie, comme si les quelques 1500 et plus chiropracteurs allaient remplacer les 80 ou 90.000 MK qui exercent en France et usurper leur champ de compétences... Voici les éléments contre lesquels s'insurgent l'OMK : - Arrêté du 13 février 2018 relatif à la formation en chiropraxie (JORF n°0037 du 14 février 2018) NOr : SSAH1717550A - Décret n° 2018-91 du 13 février 2018 relatif à la formation en chiropraxie (JORF n°0037 du 14 février 2018 texte n° 20) NOR : SSAH1717554D - Annexes de l'arrêté du 13 février 2018 relatif à la formation en chiropraxie : Les annexes ont été publiées au Bulletin Officiel Santé n° 18/02n° 18/02 le 15 Mars 2018 (format pdf) pages 224-381 du pdf C'est tous azimuts que cet ordre fait feu de tout bois : - Lettre à Mme la ministre des solidarités et de la santé [3], - Courrier adressé au Président de la République par Annaïg Le Meur, députée du Finistère, - Questions écrites de M. le député Patrick Mignola (MoDem, Savoie), de M. le député M. Lionel Causse (LREM - Landes) et de Mme Valérie Lacroute (LR - Seine-et-Marne) [4], - Newsletter [5] et - Pétition à la clé [6 et ci-dessous]. et publie communiqués dans la presse - Le Point - Coup de poignard dans le dos des kinésithérapeutes par Stéphane Demorand (21/05/2018) - Communiqué commun des organisations de kinésithérapeute : Chiropraxie : les kinésithérapeutes et leurs représentants indignés ! (format pdf) - Sud Radio : Les kinés en colère contre un arrêté favorisant les chiropracteurs - Capital : La grande colère des kinésithérapeutes face à la nouvelle réglementation des chiropraticiens - Hospimédia : L'ordre des masseurs-kinésithérapeutes s'inquiète des prérogatives données à la chiropraxie (23/05/2018) déclenchant même une pétition sur Change.org [6] - Mme la Ministre, merci de respecter les compétences des Masseurs-Kinésithérapeutes ! Qui plus est, les syndicats de MK (SNMKR, FFMKR, UNAKAM et ALIZÉ), appellent à manifester le 5 juillet 2018 à Paris devant le ministère de la Santé car ils considèrent que la « coupe est pleine pour la profession » (7). Mais que reproche l'ordre des MK à la chiropraxie ? En fait il s'agit des éléments suivants : 1. Ces textes octroient aux chiropracteurs une formation reconnue à 300 ECTS, alors que les masseurs-kinésithérapeutes, professionnels de santé, bataillent depuis plusieurs années pour obtenir la reconnaissance au grade Master. 2. Plus grave encore, cet arrêté autorise les chiropracteurs à pratiquer quasiment la totalité des actes jusqu'ici réservés aux masseurs kinésithérapeutes. [extrait de la pétition sur Change.org Un troisième élément est revendiqué mais qui n'est pas lié seulement à la chiropraxie, c'est la possibilité de recevoir les patients en première intention, sans passer obligatoirement par le médecin - les ostéopathes et chiropracteurs ont toujours eu cette faculté. Si on peut comprendre que les MK apprécieraient que le ministère de la solidarité et de la santé intègre dans leur décret de formation récemment modifié les ECTS, insérant ainsi la kinésithérapie dans le processus de Bologne, si longtemps réclamé, il semble bien que leur deuxième revendication concernant le transfert de compétences soit tout à fait superfétatoire comme si du jour au lendemain, l'ensemble de la profession chiropratique allait utiliser les agents physiques et les techniques de physiothérapie (telles que la thermothérapie, électrothérapie, onde de choc) pour soigner exclusivement leurs patients, remettant en cause alors la profession de kinésithérapie. L'ordre des MK demande en outre le retrait pur et simple des annexes publiées au Bulletin officiel santé (voir plus haut). Si ces revendications de l'OMK semblent a priori justifiées pour leur profession, pourquoi faut-il que l'OMK se serve des chiropraticiens pour cela ? Mais depuis plusieurs décennies - que ce soit les différentes associations professionnelles, et notamment la FFMKR, ou l'OMK depuis sa création en 2006, - la profession de kinésithérapie se trompe de combat, accusant une fois les ostéopathes, une autre fois les chiropraticiens, de leur prendre ce qu'ils n'ont pas : une indépendance vis à vis des professions de santé, des compétences autres dont ils n'ont pas voulu à une certaine époque [8] et qu'ils n'obtiendront plus désormais. Combat d'arrière garde s'il en est ! Jean-Louis Boutin Notes 1. L'ostéopathie crânienne, octobre 2015, p. 14. Rapport CORTECS. Sur une commande du Conseil National de l'Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes. Réalisé par Albin Guillaud, Nelly Darbois, Nicolas Pinsault, Richard Monvoisin, accessible au format pdf https://cortecs.org/wp-content...-cranio-sacr%C3%A9e_Janvier2016.pdf 2. Fiabilité du diagnostic et efficacité clinique de l'ostéopathie viscérale : une revue systématique ; Albin Guillaud, Nelly Darbois, Richard Monvoisin and Nicolas Pinsault. BMC Complementary and Alternative Medicine BMC series – open, inclusive and trusted 201818:65 - https://doi.org/10.1186/s12906-018-2098-8 et L'ostéopathie viscérale - Octobre 2016 - Rapport CORTECS. Sur commande du Conseil national de l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes. Réalisé par Albin Guillaud, Nelly Darbois, Nicolas Pinsault, Richard Monvoisin. Publié le 22 avril 2018 sur le site du CNOMK, http://www.ordremk.fr/wp-content/...-osteopathie-viscerale-24-02-2017.pdf 3. Courrier à Agnès Buzin (format pdf) et également Chiropraxie : la confiance bafouée 4. Transfert de compétences de kinésithérapie aux chiropracteurs 5 Newsletter : Chiropraxie : Dérégulation des professions de santé et à terme possible déremboursement des actes de kinésithérapie pour les patients. Voir également Chiropraxie : Unissons-nous pour demander le retrait du texte, et la pétition 6. Mme la Ministre, merci de respecter les compétences des Masseurs-Kinésithérapeutes ! https://www.change.org/p/mme-la-ministre...-merci-de-respecter-les-compétences-des-masseurs-kinésithérapeutes 7. Kinésithérapie en danger : les syndicats appellent à manifester le 5 juillet à Paris : https://www.maisondeskines.com/...les-syndicats-appellent-a-manifester-le-5-juillet-a-paris. Voir également, le document audio diffusé par la Maison des kinésithérapeutes : https://rstts.readspeaker.com/cgi-bin/nph-rspeak/6c7ab5853c7b490ae0234a1afbb998b9.mp3 La présidente de l'Ordre des MK vient de publier une lettre ouverte à madame la ministre de la santé pour expliquer pourquoi les MK et particulièrement elle-même, vont manifester le 5 juillet 2018. En voici les raisons : « L'ordre des kinésithérapeutes mène un combat volontariste contre les dérives thérapeutiques. Il a résolument engagé les kinésithérapeutes dans cette voie, n'hésitant pas à sanctionner en cas de manquement à ces principes. Comment alors imaginer que les kinésithérapeutes comprennent et acceptent votre volonté de les dépouiller de leur identité, de leur cœur de métier, de leur engagement, au profit des détenteurs d'un titre utilisant des concepts pseudo-scientifiques ? » - Source : Pourquoi j'irai manifester le 5 juillet ! 8. À propos de la reconnaissance de l'ostéopathie : Une erreur historique - Citons un extrait de l'éditorial de François DUCROS : « Ce serait une tragique erreur de la part des kinésithérapeutes de vouloir revenir par une voie détournée sur le principe de leur subordination absolue au corps médical. Une fois de plus, nous répétons que seuls les docteurs en médecine ont été préparés par leurs études à établir un diagnostic et qu'en conséquence ils sont également seuls aptes à prescrire un traitement. » Éditorial de la revue Kinésithérapie Scientifique n°400 de mai 2000 signé François DUCROS, directeur de la rédaction, p. 1. Articles de presse ou communiqués Communiqué des associations des kinésithérapeutes Paris, le 25 juin 2018 L'ensemble des organisations représentant la kinésithérapie renouvelle son appel aux masseurs-kinésithérapeutes à manifester devant le ministère de la santé le jeudi 5 juillet 2018 à 14 heures. C'est en concertation que les différentes organisations signataires ont, sans concession, affirmé des revendications communes à présenter à la ministre. Les conséquences sur la kinésithérapie de la réforme de la formation des chiropracteurs est l'étincelle qui embrase le mécontentement des professionnels et les conduit à dénoncer avec force l'absence d'évolution de la profession, quel que soit le mode d'exercice. Lire le communiqué de presse des organisations de MK Grogne des kinésithérapeutes contre l'arrêté sur la chiropraxie Le 15 mars 2018, le ministère de la Santé a publié dans le Bulletin officiel Santé un arrêté qui encadre la formation et la pratique de la chiropraxie. Celui-ci confère à tout détenteur du titre de chiropracteur la possibilité d'acquérir une grande partie du champ de compétences attribué aux kinésithérapeutes. Lire l'article sur Allo Med'Actu : Grogne des kinésithérapeutes contre l'arrêté sur la chiropraxie Les kinésithérapeutes en colère après la publication d'un arrêté sur la chiropraxie Un arrêté paru en février et visant à encadrer la formation des chiropracteurs dérange les kinés, qui estiment que celui-ci leur attribue aux chiropracteurs une partie de leurs compétences. Une « déception », un « manque de respect », une « perte de confiance absolue »… La ministre de la Santé Agnès Buzyn se serait-elle mise à dos les masseurs-kinésithérapeutes ? Alors qu'une pétition lancée fin mai a déjà récolté plus de 90.000 signatures, cinq organisations représentant la profession sont montées au créneau la semaine dernière en appelant à manifester devant le ministère le 5 juillet. Lire l'article de Cécile Thibert (22/06/2018) : Les kinésithérapeutes en colère après la publication d'un arrêté sur la chiropraxie Les chiropracteurs de France se félicitent et s'interrogent Communiqué (Paris, le 6 juin 2018) – Les chiropracteurs de France se félicitent des textes réglementaires récents qui entérinent la qualité de leur formation mais s'interrogent sur la polémique qu'ils suscitent. Les textes récemment publiés (décret du 13 février et arrêté du 15 mars 2018), en intégrant le référentiel métier de chiropracteur, finalisent la reconnaissance de ces professionnels de la santé tout en assurant la qualité et la sécurité de la prise en charge chiropratique des patients souffrant de troubles musculo-squelettiques, particulièrement au niveau de la colonne vertébrale. Les chiropracteurs s'étonnent de la polémique suscitée par ces textes, qui relève davantage d'un réflexe corporatiste des représentants des masseurs-kinésithérapeutes que d'une réelle préoccupation de l'intérêt du patient. À l'heure où les pathologies musculo-squelettiques sont en recrudescence et constituent un réel problème de santé publique, à l'heure où les patients demandent une prise en charge personnalisée respectueuse de leurs choix et préférences, les réactions corporatistes et protectionnistes semblent pour le moins inappropriées, voire anachroniques Complémentarité et pluridisciplinarité au service des patients doivent guider nos réflexions. Les chiropracteurs y sont prêts. La chiropraxie et le chiropracteur Le chiropracteur, dont l'exercice de professionnel de la santé a été légalisé par la loi du 4 mars 2002 dite « loi Kouchner", est le seul thérapeute non médecin autorisé à pratiquer des manipulations vertébrales sans avis médical préalable, après une formation de type universitaire sanctionnée par un diplôme équivalent au Master 2. Les 1 400 chiropracteurs de France observent des règles éthiques et déontologiques qui garantissent aux patients fiabilité et sécurité des soins. Ils sont, d'ailleurs, enregistrés auprès des Agences Régionales de Santé comme tous les autres professionnels de la santé ! Objet de nombreuses études et publications (JAMA, BMJ, The Lancet…) qui ont démontré son efficacité et son apport à la prise en charge des pathologies musculo-squelettiques, la chiropraxie est reconnue dans de nombreux pays par les autorités scientifiques et sanitaires (OMS,INSERM, NIH, NICE…). Contact : Françoise Pinto - Port. : 06 19 58 72 70 - Courriel : Francoise.l.pinto chez gmail.com Le Site de l'Ostéopathie remercie le Président de l'A.F.C. de l'avoir autorisé à publier de communiqué. Article publié le 17-06-2018 sur le Site de l'Ostéopathie
  • La controverse de Basas

    7 novembre, par Jean Louis Boutin — Médecins-Ostéos
    En lisant le titre "Controverse de Basas", je n'ai pu m'empêcher de penser à la fameuse Controverse de Valladolid [1] qui s'est passé à la fin du Moyen Âge. Rappelons l'objet de cette controverse : Au printemps 1550, le légat du Pape organise à Valladolid, capitale espagnole, un débat crucial alors que l'Amérique a été découverte depuis plus de cinquante ans : les Indiens d'Amérique appartiennent-ils ou non à l'espèce humaine, c'est-à-dire sont-ils des créatures de Dieu ? Justement, ces habitants, qui sont-ils ? Des hommes et des femmes, oui, mais relevant de quelle catégorie ? La pensée d'Aristote, toujours vivace à l'époque, divise l'espèce humaine en deux groupes : ceux qui, civilisés, sont nés pour commander et ceux qui, barbares ou sauvages, sont nés pour être asservis. L'Église de Rome s'accommodait alors volontiers de cette " théorie de l'espèce ", brandissant l'étendard du Vrai Dieu justifiant toutes les guerres contre les idolâtres. Mais pour d'autres, au contraire, le droit divin n'abolit pas le droit humain. À Valladolid, cette année-là, voici les deux grandes thèses philosophiques qui opposèrent des hommes d'Église, dans ce que certains historiens appellent le premier grand débat des droits de l'Homme C'est une controverse, c'est-à-dire un dialogue, qui s'engage entre Bartholomé de Las Casas et Gines des Sepúlveda. Pour Las Casas, qui fut évêque au Mexique, les Indiens sont des hommes, comme les Européens. Pour Sepúlveda, théologien italien, les Indiens sont nés pour être des esclaves. Le débat se termine sur la victoire de Las Casas : Sepúlveda doit admettre que les Indiens ont une âme, mais cela ne résout pas le problème de la main d'oeuvre nécessaire pour mettre en valeur les nouvelles terres. On la trouvera donc parmi les populations noires d'Afrique... La controverse de Basas réunit un certain nombre de médecins dans un but de trouver une définition à différents termes ostéopathiques : " C'est à l'initiative de Daniel Fiévet, enseignant aux DIU de Bordeaux et de Bobigny , fondateur du GEPO (Groupe d'Étude et de Perfectionnement en Ostéopathie) et du Pr. Pierre Rabischong, anatomiste à Montpellier et observateur attentif et intéressé de la médecine manuelle qu'un groupe s'est constitué et réuni pour jouer cartes sur table. [...] Ce groupe avait reçu le parrainage et la bénédiction des deux sociétés savantes en médecine manuelle, la SOFMMOO et la SFO. Il n'a pour l'instant pris aucune dénomination officielle et n'a pas cherché à se doter de structures précises. Il est l'émanation d'un esprit particulier et d'une volonté de dialogue, d'où le titre de ce compte rendu, la controverse de Bazas…" Ont été successivement étudié : La lésion manipulable " Le concept ostéopathique traditionnel est celui d'une perte de mobilité. Le concept opposé est celui de R. Maigne, avec le dérangement intervertébral mineur, défini par une dysfonction douloureuse réversible du segment mobile. Les Anglo-Saxons, quant à eux, parlent volontiers de dysfonction somatique, un concept proche des théories ostéopathiques. L'un des membres du groupe (JYM) a même été jusqu'à faire l'hypothèse que la lésion manipulable n'existait peut être pas et que la manipulation agissait simplement sur une ou plusieurs des composantes douloureuses des lésions classiques." Que manipulez vous "... On remarque que les uns parlent de lésion là où les autres évoquent une dysfonction et que l'on retrouve cette polarité douleur - mobilité dans les définitions. " Une définition synthétique " Après discussion, il est apparu un relatif accord sur la définition suivante : un dysfonctionnement segmentaire réversible potentiellement douloureux avec ou sans diminution de mobilité. Cette définition a le mérite de la simplicité (peu de mots) et de la clarté (en particulier en traduisant en Français le mot anglais dysfunction par dysfonctionnement). " [...] Cette définition évoquant la dysfonction de mobilité sans forcément de douleur permet d'expliquer pourquoi les ostéopathes peuvent manipuler un segment pas forcément douloureux mais dont la restauration de mobilité va diminuer la douleur dans un autre segment du corps. Des projets pour l'avenir " [...] A terme, il s'agit bien d'envisager une terminologie sur tous les aspects de la médecine manuelle ostéopathie. De nouvelles réunions sont prévues. La prochaine aura lieu le 10 décembre 2004 à Paris, pour faire le point du rôle de l'articulation sacro-iliaque dans nos pratiques respectives…" J'ai été très étonné tout d'abord du titre " Controverse de Basas " qui fait effectivement allusion à la plus célèbre des controverses, celle de Valladolid. Car on ne peut être qu'étonné des médecins oublient ainsi aussi ouvertement tout ce que les ostéopathes français sans distinction ont apporté depuis près de 40 ans à l'Ostéopathie, à la définition des termes, à la précision des termes. Rappelons, car peu le savent, que l'Académie d'Ostéopathie (AO) a créé un département "Concept ostéopathique " qui se se préoccupe des études et recherches sur l'histoire de l'ostéopathie avant, pendant et après Andrew Taylor Still, l'épistémologie, la philosophie, les Lois et Fondements, etc... Ce département comporte actuellement deux unités de recherches installées et fonctionnelles : l'unité d'épistémologie et l'unité de philosophie. Il existe également un département de Sémantique qui se préoccupe des études et recherches sur la sémantique, l'étymologie, les traductions, etc... et qui comporte deux unités installées et fonctionnelles : l'unité de recherche sémantique et étymologique et l'unité de traduction. Comment les médecins, réunis à Basas, ont-ils pu ainsi oublier l'ensemble de ces recherches ? A cette question que j'ai posé à l'un des participants, il me fut répondu que cette réunion était " réservée aux médecins !" Exit les ostéopathes, exit l'Académie d'Ostéopathie, comme si, en dehors des médecins, rien n'existait en France dans le monde ostéopathique. Alors, que penser de cette réunion ? Si la référence à Valladolid est exact, on peut comparer les deux controverses et se poser la question : L'Ostéopathie médicale aurait une âme et serait ainsi reconnue. Il resterait alors l'ostéopathie des ostéopathes qui perdraient leur âme et deviendraient ainsi les esclaves (ou auxiliaires) des médecins. On se retrouve bien là au coeur du problème actuel de la médecine : il n'y a pas de salut sans la médecine et tout ce qui est " autre " doit être combattu par tous les moyens, en premier par l'ignorance ! La controverse de Basas, par ses oublis, montre une fois encore que la médecine actuelle a et garde, quoiqu'il arrive, une pensée philosophique entièrement réductionniste "hors de la médecine, point de salut ". Jean-Louis BOUTIN 1. - Sur la Controverse de Vallalolid, voir : www.geocities.com/fegarc/debate.html Article publié le 02-02-2005 sur le Site de l'Ostéopathie (SDO)
  • Le questionnement de santé publique du Dr Garcia

    7 novembre, par Jean Louis Boutin — Médecins-Ostéos
    Interview du Dr GARCIA paru dans le Quotidien du Médecin du 14/04/2004 (Cet article était libre d'accès sur le site du Quotidien du Médecin lors de la création du dossier) Le Dr GARCIA est rhumatologue et Président du Syndicat de médecine manuelle-ostéopathie de France (SMMOF www.medecins-osteo.org ). Il est responsable du Diplôme interuniversitaire (DIU) de la faculté de médecine de Reims Dans son interview, le Dr GARCIA pose un certain nombre de questions sur l'ostéopathie. Les voici : " Pourquoi créer une profession parallèle d'ostéopathe alors que des médecins revendiquent et pratiquent déjà l'ostéopathie. Selon le Dr Garcia, ils seraient 4 500 à avoir appris l'ostéopathie et 2 500 à pratiquer." Il est évident, aux yeux des ostéopathes et également des patients qui ont pratiqué les deux formes d'ostéopathie, que l'ostéopathie médicale prônée par le Dr Garcia n'a rien à voir avec l'ostéopathie pratiquée par les ostéopathes (non médecins). La preuve ? Une seule : Les médecins revendiquent pour eux les manipulations vertébrales et veulent en interdire l'usage aux ostéopathes. Mais les manipulations pratiquées par les médecins ne sont pas des traitements d'ostéopathie. C'est de la vertébrothérapie, c'est-à-dire des manipulations qui répondent à un symptôme du patient. L'ostéopathe n'agit pas de cette manière. Il examine le patient dans sa totalité, cherche les zones de moindre mouvement, là où la mobilité n'est pas libre à travers différents tests ; vérifie l'ensemble du corps et décide alors, en fonction de son analyse, des diverses techniques qu'il va employer. Ce sera un travail tissulaire, un travail sur un organe, sur un muscle, un ligament, une articulation, un étirement, un pompage et bien d'autres choses encore. La manipulation vertébrale sera peut-être nécessaire mais JAMAIS ce sera une manœuvre de force. Nous ne pratiquons pas le même métier que le Dr GARCIA, c'est une évidence ! " Seul un médecin peut établir un diagnostic, prescrire des examens et des médicaments. Pas les ostéopathes." Seuls les médecins peuvent établir un diagnostic médical, prescrire les examens nécessaires à l'établissement de ce diagnostic médical et prescrire des médicaments. Jamais les ostéopathes n'ont eu cette revendication, et pour cause, ils ne sont pas (à de rares exceptions près) des médecins. Ce que les ostéopathes revendiquent, c'est la possibilité d'établir un diagnostic d'exclusion. C'est quoi ? C'est simplement la capacité de l'ostéopathe à reconnaître que ce patient ne peut pas bénéficier des soins ostéopathiques parce que l'ostéopathe n'est pas compétent pour traiter cette pathologie. Pour en savoir plus : Lire l'article de M. JAVERLIAT Pascal, Ostéopathe DO MROF, Réflexions sur le diagnostic, Apostill n°14, Hiver 2004. " L'ostéopathie est basée sur des philosophies du XIXème siècle qui sont étrangères à la médecine." C'est ce qu'on appelle l'argument d'autorité. Parce que l'ostéopathie est née aux USA au 19ème siècle dans un contexte où la médecine de l'époque tuait plus de malades qu'elle n'en guérissait, ses bases conceptuelles sont fausses et erronées. Cet argument de base, que l'on retrouve très souvent (voir la réponse du Pr. Hamonet, par exemple) chez les opposants à l'ostéopathie, manifeste surtout de la part des détracteurs une pensée unique et réductionniste. La philosophie ostéopathique est différente de celle de la médecine actuelle parce qu'elle s'appuie, non sur des concepts erronés, mais sur des principes différents de la médecine scientifique actuelle qui ne regarde qu'une chose : peut être reconnue que ce qui est démontrée scientifiquement ! Tout le reste doit être abandonné, considéré comme faux. La polémique sur les remèdes homéopathiques est un très bon exemple de cette pensée. Parce que l'on ne sait pas pourquoi ça marche et qu'on ne peut le démontrer, alors exit l'homéopathie, et qu'importe que 45 % des français se soignent peu ou prou par cette médecine. Si l'on y prend garde, il en sera de même de l'ostéopathie. Déjà et depuis plusieurs années, l'ostéopathie dans le champ crânien subit des attaques parce que les 5 composantes de l'ostéo crânienne n'ont aucune réalité scientifique selon les normes actuelles. Oui, mais les détracteurs ont complètement oublié que cette explication de l'ostéopathie crânienne donnée par Sutherland est plus un modèle de travail. Ce sont souvent ses disciples qui en ont fait un absolu : hors de l'ostéo crânienne pas de salut ! Car à travers ces attaques sur les conceptions philosophiques du 19ème siècle pointe le crânien et ses théories jugées absurdes, non scientifiques, etc. " Il ne s'agit pas de concurrence entre ostéopathe et médecin." Dont acte. "Mais il s'agit d'un « problème de santé public », défini comme la pratique de manipulations inutiles et de retard de diagnostic (« Des gens traînent pendant des mois chez un ostéopathe avant de consulter un médecin alors qu'ils ont plus qu'un simple mal de dos »)." Qui pratique les manipulations inutiles ? Qui s'autorise à des retards de diagnostic ? C'est le Dr Wogue, dans QDM qui a répondu à cette affirmation : « Mais [le Dr GARCIA] semble oublier que beaucoup de nos patients ont traîné chez leur médecin pendant des mois ou des années, sans résultats, voire avec aggravation de certains de leurs symptômes par des thérapeutiques agressives comme la chirurgie, avec toute la panoplie de moyens d'investigation et de thérapeutique souvent iatrogène, alors que quelques séances d'ostéopathie, souvent une seule, ont suffi pour sortir le patient d'un « bourbier » médical dans lequel il se sentait enlisé ». La formation des ostéopathes non médecins : la formation des kinésithérapeutes peut être sérieuse, pour d'autres non (« d'autres suivent un séminaire de temps en temps »). Plus grave et le seul véritable problème est la formation des jeunes après le baccalauréat : « six ans d'apprentissage, un mémoire de fin d'études et quelque fois des stages hospitaliers ». Le comble, c'est que « des professeurs de faculté de médecine n'hésitent pas à leur donner des cours ». La formation des ostéopathes est tout à fait sérieuse. Non seulement ils apprennent l'anatomie et la pathologie, la sémiologie, la physiologie articulaire, la radiologie (nombre d'ostéopathes passent actuellement leur Diplôme Universitaire (DU) d'anatomie appliquée à l'imagerie médicale !), etc. Il faut se rappeler ce qu'a écrit le Dr Jean-Pierre BAECHLE, anesthésiste-réanimateur, Réflexions sur le étudiants pleins temps en ostéo : < « En tant que médecin ne connaissant que peu de choses en ostéopathie, je veux témoigner que les élèves de ces écoles font preuve d'un enthousiasme et d'une joie dans l'apprentissage de l'ostéopathie (et des connaissances médicales qui vont de pair, dans l'approche du diagnostic positif et du diagnostic différentiel) qui forcent l'admiration, et qui leur donne une force de conviction inébranlable. Ils n'ont rien d'autre d'ailleurs à opposer aux donneurs de leçon de tout bord, qui n'ont souvent pas eu le courage de faire apparaître le simple mot "ostéopathie" sur leurs plaques rutilantes, et qui sortent de l'ombre maintenant que le danger semble s'éloigner !... ». © Jean-Louis Boutin et le Site de l'Ostéopathie Article publié sur le Site de l'Ostéopathie le 01-02-2005
  • Professionnels de santé versus Ostéopathes…

    7 novembre, par Jean Louis Boutin — Médecins-Ostéos
    Sommaire Présentation Les analyses des professionnel Étude des arguments des (...) Que dire en conclusion (...) Notes Encadré CNOSF Présentation Depuis la publication des décrets de mars 2007 organisant la profession d'ostéopathe, les professionnels de santé (PS) n'ont de cesse de contester notre profession. Cela s'est manifesté tout d'abord par les différents recours déposés au Conseil d'État dont le dernier, initié par les Masseurs-Kinésithérapeutes (MK), a été rejeté par la Haute juridiction [1]. Ostéopathes versus ONPS ou « nini » Plutôt que d'employer le terme qu'utilisent les professionnels de santé et qui est fort péjoratif, les « nini » ou les ostéopathes-non-professionnels-de-santé (ONPS), nous employons le terme d' « ostéopathes » voulant parler des seuls « ostéopathes exclusifs », ceux qui se reconnaissent comme tels et qui n'exercent qu'une seule profession, l'Ostéopathie. Les motifs de contestation sont multiples, allant de l'absence de secret médical - ce qui a été résolu par le décret du 20 juillet 2016 [2] qui a levé les obstacles concernant les échanges entre les PS et les ostéopathes exclusifs [3] notamment - au refus d'accepter les ostéopathes dans les hôpitaux, les maisons de santé, les EHPAD, etc. comme ce fut le cas récemment à Bordeaux, sachant malgré tout que tous les hôpitaux n'ont pas forcément la même attitude vis-à-vis des ostéopathes comme le prouve leur présence dans les hôpitaux parisiens (R. Debré, Argenton) ou en province (Rochefort) pour ne citer que ceux-là. En 2015, l'UNMF pointe plusieurs éléments qui ne permettent pas, selon cette organisation, aux ostéopathes de participer aux équipes sportives du Tour de France et en tire la conclusion suivante : « il n'y a donc pas de légitimité d'avoir un ostéopathe non professionnel de santé au sein d'une équipe médicale encadrant un sportif, mais des risques » [4]. Dans un communiqué daté du 20 mars 2017 [5], différentes associations et/ou groupements de professionnels de santé reviennent sur le sujet et contestent une fois encore la participation des ostéopathes dans des équipes de sports de haut niveau, amateurs ou professionnels. Ce communiqué publié sur le site de l'UNMF s'appuie sur diverses analyses sans que leurs sources soient clairement identifiables, même si le nom de l'association ou du groupement est mentionné. Deux analyses sont dites « juridiques » sans qu'il soit possible de vérifier facilement leur contenu qui n'est pas mentionné. En dehors du communiqué du 15 juillet 2015 de l'UNMF, aucune date n'est donnée pour ces différentes analyses, « juridiques » ou non. Les analyses des professionnels de santé Nous avons eu accès aux différentes analyses sur lesquelles s'appuie le communiqué du 20 mars 2017. a) Analyse du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) Dans les Actes de la 11e Conférence Nationale Médicale Interfédérale et du 9e Symposium de l'IRMES le 24 septembre 2014, l'ostéopathie est seulement abordée à l'occasion des « Questions-réponses avec l'amphithéâtre » qui font suite à la « Table ronde 1 : contrat d'assurance RCP » (p.64 et suiv.) [6]. Il ne s'agit donc pas d'une analyse à proprement parler, encore moins d'une étude juridique mais simplement d'éléments et de constatations en ce qui concerne la responsabilité civile professionnelle et la place des ostéopathes au sein des équipes médicales des diverses fédérations [voir l'encadré]. b) Analyse et communiqué de presse du 15 juillet 2015 de l'Union Nationale des Médecins Fédéraux (UNMF) [4] Il s'agit du communiqué de l'UNMF et qui s'intitule « Pratique de l'ostéopathie au sein d'une équipe médicale responsable de la santé du sportif de haut niveau, amateur ou professionnel ». Ce qui est surprenant dans ce document c'est qu'il semble être à la fois juge et partie. N'y aurait-il pas ici conflit d'intérêt ? c) Analyse juridique du Conseil National de l'Ordre des Médecins (CNOM) [7] Il s'agit de 4 recommandations que le CNOM fait vis-à-vis des ostéopathes. « 1. Le médecin est seul juge de la pertinence d'une prescription médicale et des examens complémentaires qu'il convient de mettre en œuvre. La prescription d'un examen sollicité par un patient à la demande d'un ostéopathe engage la responsabilité pleine et entière du médecin s'il se « limite à exécuter la demande de son patient » 2. De même, la responsabilité du médecin est engagée dans la remise d'un certificat attestant de l'absence de contre indication à des manipulations du crâne, de la face et du rachis chez le nourrisson de moins de 6 mois, du rachis cervical. 3. Pour éviter toute confusion dans l'esprit des patients, le Conseil National de l'Ordre des Médecins préconise d'interdire le partage des locaux entre médecin et ostéopathe exclusif, de vérifier dans les pages jaunes de l'annuaire, y compris sa version internet, l'absence d'ostéopathes exclusifs dans la rubrique des médecins ostéopathes. 4. La section santé publique tient à rappeler les dispositions de l'article 3 du décret du 25 mars 2007 relatif aux actes et conditions de l'exercice de l'ostéopathie interdisant aux ostéopathes non-médecins d'effectuer les actes suivants : « les manipulations gynéco-obstétricales, les touchers pelviens ». d) Analyse juridique et avis du Conseil national de l'Ordre des Masseurs-kinésithérapeutes (CNOMK) [8] Il s'agit de trois éléments publiés par le CNOMK : - Référentiel du masseur-kinésithérapeute et du masseur-kinésithérapeute-ostéopathe (14 décembre 2012) - Avis du CNOM du 18 décembre 2014 relatif aux « manipulations articulaires » (18 décembre 2014) - Rapport sur l'ostéopathie crânienne et avis du CNOMK sur le même sujet (29 janvier 2016). Ces éléments ont été déjà largement analysés sur le site, il ne nous semble pas utile d'y revenir. Étude des arguments des professionnels de santé Analysons les arguments utilisés par les différentes associations de professionnels de santé. 1. Les ostéopathes n'auraient pas les compétences médicales nécessaires (communiqué de l'UNMF du 15 juillet 2015) Le décret n° 2014-1505 du 12 décembre 2014 relatif à la formation en ostéopathie [9] instaure un référentiel d'activités et de compétences qui permet aux ostéopathes d'avoir toutes les compétences et la formation nécessaires, puisqu'ils ne sont pas médecins, pour « orienter le patient vers un médecin lorsque les symptômes nécessitent un diagnostic ou un traitement médical, lorsqu'il est constaté une persistance ou une aggravation de ces symptômes ou que les troubles présentés excèdent son champ de compétences ». De plus, le Référentiel d'activités et de compétences définit le métier d'ostéopathe et son Glossaire [11] définie le diagnostic ostéopathique comme un diagnostic double : le diagnostic d'opportunité permet à l'ostéopathe d'identifier et donc d'inclure ou d'exclure de son champ de compétence « les symptômes et signes d'alerte justifiant un avis médical préalable à une prise en charge ostéopathique » ; le diagnostic fonctionnel qui lui est propre, lui permet d' « identifier et de hiérarchiser les dysfonctions ostéopathiques » pour « décider du traitement ostéopathique le mieux adapté à l'amélioration de l'état de santé [c'est nous qui soulignons] de la personne ». Cet ensemble nous renvoie au livre de Michel Foucault « Naissance de la clinique » (PUF 1963) dans lequel l'auteur explique que le diagnostic est différent de la simple identification d'une pathologie. 2. L'ostéopathe ne peut être considéré comme un soignant (communiqué de l'UNMF du 15 juillet 2015) OMS : Définition de la santé « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité. » Préambule à la Constitution de l'Organisation mondiale de la Santé, tel qu'adopté par la Conférence internationale sur la Santé, New York, 19-22 juin 1946 ; signé le 22 juillet 1946 par les représentants de 61 États. 1946 ; (Actes officiels de l'Organisation mondiale de la Santé, n°. 2, p. 100) et entré en vigueur le 7 avril 1948. L'ostéopathe a compétence pour « prendre en charge les troubles fonctionnels du corps humain » [10]. Il s'agit bien là de soins n'en déplaise à ces médecins d'autant plus que le mot « santé » figure à plusieurs reprises dans le droit positif ce qui justifie le fait que l'ostéopathe est considéré comme un soignant identique juridiquement aux autres professions de soins. Citons le Référentiel d'activités et de compétences de l'ostéopathe [11] qui définit le métier d'ostéopathe : « 1 – Définition du métier et glossaire - Définition du métier : L'ostéopathe, dans une approche systémique, après diagnostic ostéopathique, effectue des mobilisations et des manipulations pour la prise en charge des dysfonctions ostéopathiques du corps humain. Ces manipulations et mobilisations ont pour but de prévenir ou de remédier aux dysfonctions en vue de maintenir ou d'améliorer l'état de santé [c'est nous qui soulignons, voir la note ci-dessous] des personnes, à l'exclusion des pathologies organiques qui nécessitent une intervention thérapeutique, médicale, chirurgicale, médicamenteuse ou par agent physique ». 3. Les ostéopathes ne sont pas régis par un ordre professionnel et par une déontologie (communiqué de l'UNMF du 15 juillet 2015) S'il est vrai qu'il n'existe pas d'ordre professionnel des ostéopathes et qu'aucune déontologie officielle n'existe, il est peut-être bon de rappeler que depuis 1983 existe un Registre des Ostéopathes (ROF) [12], qui a établi un code de déontologie largement respecté par l'ensemble de la profession. Notons à ce propos qu'un juge peut dans son office utiliser le code de déontologie des ostéopathes en cas de contentieux puisqu'il a tout à fait la possibilité de mobiliser des sources extrajudiciaires pour arbitrer un conflit. De plus il est absolument nécessaire de dissocier ce qui concerne un ordre de ce qui concerne le code de déontologie car l'un n'implique pas l'autre. En effet, les codes de déontologie ont une valeur réglementaire que s'ils bénéficient d'une parution dans un décret et non parce qu'un ordre existe. 4. Les ostéopathes auraient un risque important de sinistralité (communiqué de l'UNMF du 15 juillet 2015) Les médecins s'appuient toujours sur cette notion de risque pour prouver le danger des soins d'ostéopathie. Alors rappelons - que le seul grave danger des manipulations est celui du risque de dissection de l'artère vertébrale, entraînant un grave malaise, voire un accident cérébral et, au pire, un décès. - que ce risque est évalué, selon les auteurs à 1 pour 500.000 voire 1.000.000 manipulations - chiffre peut-être un peu trop exagéré - et que ce risque, minime mais très grave, a amené le législateur à interdire les manipulations cervicales aux ostéopathes s'ils n'avaient du médecin traitant un certificat de non-contre-indication à la manipulation cervicale. En dehors de ce risque majeur, la sinistralité de l'ensemble des ostéopathes est pour ainsi dire presque nulle. La seule preuve, c'est qu'au moindre incident, une publicité considérable serait faite contre les ostéopathes s'ils provoquaient des accidents de manipulations. Rappelons, pour élargir un tant soit peu le débat, que la sinistralité des anti-inflammatoires est largement plus conséquente que celle des manipulations ! [13] 5. Les ostéopathes ne peuvent pas faire de manipulations cervicales sans certificat médical de non contre-indication (communiqué de l'UNMF du 15 juillet 2015) et 5 bis. L'ostéopathe n'est pas habilité à traiter par manœuvres ostéopathiques la colonne cervicale (communiqué du 20 mars 2017) Voici le texte exact de cette « interdiction » : « Après un diagnostic établi par un médecin attestant l'absence de contre-indication médicale à l'ostéopathie, le praticien justifiant d'un titre d'ostéopathe est habilité à effectuer les actes suivants : 2° Manipulations du rachis cervical » [10]. Il est à noter que les manipulations cervicales ne sont pas « interdites » aux ostéopathes mais conditionnées par le certificat médical de non-contre-indication , ce qui, en droit, n'est pas la même chose. Ajoutons également que le terme « manœuvres » n'existe pas dans le droit positif. Le terme manœuvres incorpore tout à la fois les manipulations comme les mobilisations, et que les manœuvres ne peuvent être interdites sur cette zone puisque seules les manipulations le sont. Les mobilisations demeurent autorisées sans restrictions médicales. 6. Les ostéopathes ne peuvent intervenir que « dans une zone dédiée non médicale, sur des troubles fonctionnels pour le confort de la personne » (communiqué de l'UNMF du 15 juillet 2015) Là aussi, l'interprétation des PS est erronée. Le texte dit : « Les praticiens justifiant d'un titre d'ostéopathe sont autorisés à pratiquer des manipulations ayant pour seul but de prévenir ou de remédier à des troubles fonctionnels du corps humain, à l'exclusion des pathologies organiques qui nécessitent une intervention thérapeutique, médicale, chirurgicale, médicamenteuse ou par agents physiques. Ces manipulations sont musculo-squelettiques et myo-fasciales, exclusivement manuelles et externes. Ils ne peuvent agir lorsqu'il existe des symptômes justifiant des examens paracliniques. Pour la prise en charge de ces troubles fonctionnels, l'ostéopathe effectue des actes de manipulations et mobilisations non instrumentales, directes et indirectes, non forcées, dans le respect des recommandations de bonnes pratiques établies par la Haute Autorité de santé » [10]. Les troubles fonctionnels ne relèguent pas les ostéopathes dans un vague bien être des patients mais dans une prise en charge de haut niveau reposant sur des éléments qui exigent en plus des compétences médicales des compétences discriminatoires fines qui constituent la singularité de la prise en charge ostéopathique Remarquons que depuis la publication des décrets de 2007 - cela fait maintenant 10 années -, la Haute Autorité de Santé a failli dans son rôle en ne publiant aucune recommandation à ce sujet. 7. Les ostéopathes n'ont pas les compétences pour intervenir sur les pathologies organiques qui, selon l'UNMF, « seraient extrêmement fréquentes chez les sportifs de haut niveau » [4]. (communiqué de l'UNMF du 15 juillet 2015) On reste confondu devant une telle affirmation ! Si les ostéopathes, comme on vient de le voir dans l'article précédent, ne peuvent effectivement pas soigner des pathologies organiques qui ne sont pas de leur compétence, il parait tout à fait surprenant que des sportifs accomplis et de haut niveau aient des pathologies organiques extrêmement fréquentes. Il nous semblait que cette activité sportive de haut niveau était incompatible avec des pathologies organiques. Il est vrai que plusieurs sportifs de haut niveau ont eu des graves maladies, mais dans ce cas, ils n'étaient plus sur le terrain, et n'ont repris l'entraînement qu'après une convalescence importante et lorsque leur maladie organique a été soignée. Le cas de Lillian Thuram qui souffrait d'une malformation cardiaque héréditaire est un cas exceptionnel tout comme celui d'Éric Abidal qui a repris le sport de haut niveau après une greffe de foie. 8. L'ostéopathe n'est en aucun cas autorisé, quelle que soit la partie du corps traumatisée, à prendre en charge des patients porteurs de pathologies organiques, qui nécessitent une intervention thérapeutique, médicale, chirurgicale, médicamenteuse ou par agents physiques (communiqué du 20 mars 2017) Les pathologies organiques et quelles qu'elles soient ne sont pas de la compétence des ostéopathes puisqu'elles en sont exclues par le décret 2007-435 dans son article premier [10]. Toutefois, dans le cas de pathologies organiques, diagnostiquées et traitées par le médecin, l'ostéopathe peut à bon escient intervenir, en accord avec le médecin traitant pour soulager les douleurs. Ce cas se présente, par exemple, dans les traitements post-chirurgicaux après un cancer où le patient continue son traitement et en même temps est soigné par un ostéopathe. La seule condition est d'instaurer une étroite collaboration entre médecin et ostéopathe, ce qui se passe très souvent, n'en déplaise à ces messieurs de l'UNMF et consorts. Et en dernière analyse, une pathologie organique qui ne nécessiterait plus un diagnostic médical ou une pathologie organique diagnostiquée auparavant par le médecin traitant ne serait plus une contre-indication au traitement ostéopathique. 9. L'ostéopathe n'est pas habilité à mettre en œuvre des techniques de manipulations du crâne, de la face et du rachis chez le nourrisson de moins de six mois sans attestation de non contre-indication du médecin traitant. (communiqué du 20 mars 2017) Effectivement l'article 3 du décret 2007-435 relatif aux actes le précise, bien qu'aucune preuve de sinistralité n'ait été prouvée. Mais ce qui surprend le plus, c'est de voir ici les nourrissons apparaître en tant que sportifs de haut niveau et membres des équipes de France ! 10. L'absence d'information du patient quand il consulte un ostéopathe que son ostéopathe n'est pas un professionnel de santé, ce qui « entraîne immédiatement une « perte de chances » et un risque accru pour le sportif/patient ». (communiqué du 20 mars 2017) Cette formulation ne constitue qu'une menace infondée et montre fort bien, de la part des professionnels de santé qui ont rédigé le communiqué du 20 mars 2017, une méconnaissance du mécanisme de la responsabilité civile. Le sondage initié par l'UFOF [14] a parfaitement démontré que les patients sont parfaitement au courant du fait que l'ostéopathe n'est pas une profession de santé et qu'il exerce de façon exclusive. D'ailleurs, 66% des sondés connaissaient très bien les soins prodigués par les ostéopathes. À la question de savoir si l'ostéopathe est un professionnel de santé ou une profession de santé, seuls 32% répondent une profession de santé, ce qui démontre la parfaite connaissance des français sur les ostéopathes. 11. La responsabilité de la structure et/ou du médecin de la dite structure en cas de sinistre provoqué par l'ostéopathe, ce qui à leur yeux serait d'autant plus grave « qu'il n'existe pas à ce jour d'organisme de type ONIAM (Office national d'indemnisation des accidents médicaux destiné à indemniser la victime). (communiqué du 20 mars 2017) Il est intéressant de lire l'intervention du Dr F. Deroche lors de la table ronde sur les contrats d'assurance à l'occasion de la 11e Conférence Nationale Médicale Interfédérale (voir l'encadré CNOSF) : « Les responsabilités des trois parties prenantes sont indépendantes, mais elles peuvent être condamnées in solidum en cas de faute. Il appartient à l'organisateur de la compétition de s'assurer que l'ostéopathe et le médecin bénéficient d'une RCP ». Ce qui répond parfaitement à la question de la responsabilité des parties individuellement et in solidum. Rappelons que depuis 2015, les ostéopathes ont obligation de souscrire à une assurance en responsabilité civile professionnelle. 12. L'entreprise d'un ostéopathe relève de la chambre de commerce et d'industrie (communiqué du 20 mars 2017) C'est une de ces affirmations qui n'a aucune valeur juridique. La profession d'ostéopathe dépend du ministère de la Santé, tout comme les PS ; ils sont des professions libérales soumis au Bénéfice non commercial (BNC) et ne dépendent en aucun cas de la chambre de commerce et de l'industrie. Il faut vraiment être de mauvaise foi pour annoncer une bévue pareille ! 13. « Seul un Ostéopathe professionnel de santé (OPS = médecin, kinésithérapeute ou sage-femme [c'est nous qui soulignons] est habilité à travailler au sein d'une structure sportive et/ou de santé, en vertu de ses compétences techniques, juridiques et par la déontologie s'imposant à sa profession ». (communiqué du 20 mars 2017) Ce corps de phrase ressemble plus à une exégèse reposant sur rien de formel si ce n'est sur une conviction basée sur un ressentiment. N'existe-t-il pas de très nombreuses sages-femmes dans le milieu sportif de compétition comme tout un chacun le sait et l'expérimente à chaque compétition sportive. ? Que dire en conclusion ? La conclusion des PS nous semble fautive car elle ne tient compte que d'un aspect des choses, celui du monopole de la médecine. De très nombreux ostéopathes se retrouvent membres des équipes soignantes sur les terrains de sport, et d'ailleurs sont souvent appelés par les sportifs eux-mêmes qui ont bénéficié de leurs soins. Refuser l'accès des ostéopathes aux différentes structures sportives est à l'heure actuelle d'un ostracisme suranné. Après avoir examiné et répondu aux affirmations des professionnels de santé, on ne peut être que surpris par celles-ci tant elles sont hors de toute réalité. Leurs arguments n'ont aucune valeur juridique, même s'ils semblent s'appuyer sur des analyses qu'ils soutiennent juridiques. Elles ressemblent plus à une stigmatisation des ostéopathes appelés pour l'occasion - avec ce qui ressemble à du mépris - ONPS, soit ostéopathes-non-professionnels-de-santé, appellation qui n'existe que dans leur esprit et nullement en droit. D'ailleurs cette qualification n'est en aucun cas pertinente dans la mesure où aucune différence qualitative n'existe entre eux et les ostéopathes. Jean-Louis Boutin, Ostéopathe Notes 1. Cf. l'article sur notre site : « Le Conseil d'État a rejeté la requête du CNOMK demandant l'annulation pour excès de pouvoir du décret n° 2014-1043 du 12 septembre 2014 relatif à l'agrément des établissements de formation en ostéopathie », accessible sur http://osteopathie-france.fr/l-osteopathie/legislation/conseil-d-etat/2939-ce-rejet-de-la-requete-du-cnomk [consulté le 2 avril 2017]. 2. Décret n° 2016-994 du 20 juillet 2016 relatif aux conditions d'échange et de partage d'informations entre professionnels de santé et autres professionnels des champs social et médico-social et à l'accès aux informations de santé à caractère personnel - JORF n°0169 du 22 juillet 2016 - texte n° 21 - NOR : AFSZ1606470D, accessible sur http://osteopathie-france.fr/l-osteopathie/legislation/decrets/2880-decret-n-2016-99-partage-d-informations-entre-les-professions-de-soins [consulté le 2 avril 2017]. 3. Plutôt que d'employer le terme qu'utilisent les professionnels de santé et qui est fort péjoratif, les « nini » ou les non professionnels de santé (NPS), nous employons le terme d' « ostéopathes » voulant parler des seuls « ostéopathes exclusifs », ceux qui se reconnaissent comme tels et qui n'exercent qu'une seule profession, l'Ostéopathie. 4. Communiqué de presse de l'UNMF en date du 21 juillet 2015 : Pratique de l'ostéopathie au sein d'une équipe médicale responsable de la santé du sportif de haut niveau, amateur ou professionnel, accessible sur http://unmf.org/documents/2016/osteopathe%20communique%20UNMF%2021%20juillet%202015_VD.pdf [consulté le 2 avril 2017]. 5. Communiqué de presse 20 Mars 2017, publié sur le site de l'UNMO le 27 mars 2017, accessible sur http://unmf.org/documents/Communique%20osteo%20nini%202017%20VD.pdf [consulté le 2 avril 2017], au nom des associations et groupements suivants : Union Nationale des Médecins Fédéraux (UNMF), Syndicat National des Médecins du Sport Santé (SNMS Santé), Association des kinésithérapeutes des Equipes de France (AKEF), Association des Masseurs-kinésithérapeutes Ostéopathes (AMKO), Groupe d'Enseignement d'Ostéopathie et de Pathologie du Sport (GEOPS), Syndicat de Médecine Manuelle Ostéopathie de France (SMMOF), Fédération Française des Masseurs-Kinésithérapeutes Rééducateurs (FFMKR). 6. Actes de la 11ème Conférence Nationale Médicale Interfédérale et du 9ème Symposium de l'IRMES le 24 septembre 2014, accessible sur http://franceolympique.com/files/File/actions/sante/colloques/11eme_conference_nationale/11eme_conference_nationale_medicale_interfederale.pdf [consulté le 4 avril 2017]. 7. Site du Conseil National de l'Ordre des Médecins (CNOM) accessible sur https://www.conseil-national.medecin.fr [consulté le 4 avril 2017]. Ces recommandations se trouvent sur le site de l'UNMF dans une lettre « Mon cher Confrère » : accessible sur http://unmf.org/documents/2017/Cher%20confrere.pdf [consulté le 3 avril 2017]. Accessible également sur le site du Syndicat de Médecine Manuelle Ostéopathie de France (SMMOF) : « Risque médico-légal : le SMMOF enfonce à nouveau le clou » http://www.smmof.fr/index.php/actualites/items/risque-medico-legal-le-smmof-enfonce-a-nouveau-le-clou.html [consulté le 4 avril 2017]. 8. Référentiel du masseur-kinésithérapeute et du masseur-kinésithérapeute-ostéopathe accessible sur http://www.ordremk.fr/wp-content/uploads/2012/11/referentiel_MK_MKO_16_10_12-OK.pdf (document pdf) [consulté le 4 avril 2017]. Rapport sur l'ostéopathie crânienne accessible surhttp://www.ordremk.fr/2016/01/29/rapport-sur-losteopathie-cranienne/ [consulté le 4 avril 2017] et avis du CNOMK sur l'ostéopathie crânienne accessible sur http://www.ordremk.fr/wp-content/uploads/2013/09/AVIS-CNO-n2016-01-_-CNO-DES-23-ET-24-MARS-2016-RELATIF-A-LOSTEOPATHIE-CRANIENNE.pdf (format pdf)[consulté le 4 avril 2017]. Avis du Conseil national de l'Ordre du 18 décembre 2014 relatif aux « manipulations articulaires », accessible sur http://www.ordremk.fr/wp-content/uploads/2013/09/AVIS-CNO-n%C2%B02014-06-_-CNO-DU-17-ET-18-DECEMBRE-2014-RELATIF-AUX-MANIULATIONS-ARTICULAIRES.pdf (format pdf) [consulté le 4 avril 2017]. 9. Décret n° 2014-1505 du 12 décembre 2014 relatif à la formation en ostéopathie, accessible sur http://osteopathie-france.fr/l-osteopathie/legislation/decrets/2448-decret-n-2014-1505-relatif-a-la-formation-en-osteopathie [consulté le 4 avril 2017]. 10. Décret n° 2007-435 du 25 mars 2007 relatif aux actes et aux conditions d'exercice de l'ostéopathie (mis à jour le 05/01/2016) accessible sur http://osteopathie-france.fr/l-osteopathie/legislation/decrets/644-decret-2007-435 [consulté le 2 avril 2017]. 11. Les annexes qui complètent l'ensemble du dispositif de formation en ostéopathie ont été publiées le 23 décembre 2014 au Bulletin officiel Santé Solidarité n° 14, consultable sur http://osteopathie-france.fr/l-osteopathie/legislation/arretes/2457-les-referentiels-en-osteopathie ou http://social-sante.gouv.fr/IMG/doc/annexe_1_referentiel_activites_competences.doc [consultés le 08/04/2017]. 12. Registre des Ostéopathes de France (ROF) accessible sur https://www.osteopathie.org [consulté le 4 avril 2017]. 13. Voir au sujet des effets secondaire des anti-inflammatoires : Pierre de Lasteyrie « Effets secondaires des anti-inflammatoires VS ostéopathie » accessible sur http://www.osteopathie-64.fr/effets-secondaires-des-anti-inflammatoires-vs-osteopathie [consulté le 5 avril 2017]. 14. Notoriété et image des ostéopathes. Sondage de l'IFOP sur un échantillon de 2006 personnes représentatif de la population française (selon la méthode des quotas) entre le 28 avril et le 2 mai 2016 à l'initiative de Ostéopathes de France, accessible sur la page https://osteofrance.com/actualites/news/2016/09/sondage-ifop-la-notoriete-et-limage-des-osteopathes [consulté le 5 avril 2017]. Encadré CNOSF Extraits des Actes de la 11ème Conférence Nationale Médicale Interfédérale et du 9ème Symposium de l'IRMES le 24 septembre 2014. Lors de la conférence du Dr Philippe LEVAN, Directeur médical haut-niveau de la CM du CNOSF : « Bilan des couvertures médicales des différents Jeux », la place de l'ostéopathe dans un équipe médicale est abordée : « Parmi les principaux problèmes rencontrés lors de ces Jeux, nous pouvons citer : [...] la présence d'ostéopathes « nini » au sein de la délégation des équipes de France de ski. Cependant, ce problème a été réglé de manière conviviale ». (p. 60). « L'équipe médicale comprenait un médecin, deux kinésithérapeutes dont une ostéopathe diplômée, ainsi qu'un kinésithérapeute du rugby » (p. 61) Table ronde 1 : contrat d'assurance RCP, avec les intervenants : Docteur François DEROCHE, Médecin fédéral du Muaythai et disciplines associées ; Docteur Alain FREY, Médecin chef de l'INSEP ; Docteur Marc ROZENBLAT, Président de la Société Ile de France de Médecine du Sport (SIFMED) : Rappel à la loi concernant la Responsabilité Civile Professionnelle des professionnels de santé dans le milieu sportif. La question des ostéopathes et de l'ostéopathie n'est abordée qu'à l'occasion des « Questions-réponses avec l'amphithéâtre » : Extraits des différentes interventions (p. 75) Question du Dr Frédéric DEPIESSE, médecin fédéral de la FF d'Athlétisme De plus en plus d'ostéopathes « nini » non professionnels de santé dans les termes de la loi apparaissent dans les équipes médicales, alors que ceux-ci ne peuvent être couverts par la RCP. Aussi, la responsabilité civile du médecin responsable de l'équipe médicale de la compétition peut-elle être engagée si l'ostéopathe commet une faute grave ? Réponse du Dr François DEROCHE Les responsabilités des trois parties prenantes sont indépendantes, mais elles peuvent être condamnées in solidum en cas de faute. Il appartient à l'organisateur de la compétition de s'assurer que l'ostéopathe et le médecin bénéficient d'une RCP. Réponse du Dr Marc ROZENBLAT Dans la fédération dont j'avais la responsabilité sur le secteur médical, jamais aucun ostéopathe « nini » n'a intégré officiellement les équipes médicales. Je ne peux donc répondre à votre question. J'ajoute que lorsque je suis arrivé dans ma fédération de gymnastique, un ostéopathe « nini » faisait partie du Comité directeur. Or, une grande [p. 76] majorité de cette instance a proposé qu'il devienne membre de la Commission médicale, ce à quoi je me suis naturellement opposé, mettant par la même mon poste de médecin fédéral en balance. Finalement, cet ostéopathe n'a pas intégré la Commission médicale, mais au moment du vote sur mon poste de médecin fédéral, seuls un tiers des membres du Comité directeur ont voté favorablement. Actuellement, dans d'autres sports, des ostéopathes non professionnels de santé assument des fonctions qui reviennent aux médecins. De ce fait, il me parait opportun de communiquer sur la stricte distinction entre les ostéopathes professionnels de santé et les ostéopathes « nini ». Question du Dr François DUCHESNE DE LAMOTTE Je tiens à préciser qu'une partie des ostéopathes « nini » dispose de diplômes reconnus par l'État. Personnellement, nous ne les acceptons pas dans nos Commissions médicales. En revanche, l'apparition de stands montés par des jeunes en formation peut être observée au niveau des clubs et des compétitions nationales. Par ailleurs, le problème principal relevé aujourd'hui est le manque de pièces. En effet, les données fournies par les praticiens ou les kinésithérapeutes apparaissent parfois tellement rudimentaires que nous nous trouvons dans l'incapacité de déterminer la démarche diagnostic, de même que les circonstances exactes dans lesquelles est survenu l'accident. La nécessité de mieux détailler les dossiers en ce qui concerne les conditions de prescription et l'information donnée au sportif se fait donc jour. Réponse du D Alain FREY Je rappelle que les ostéopathes « nini » sont exclus de la RCP collective. Par ailleurs, il appartient au médecin d'assurer la traçabilité de ses décisions et de ses actes Précision du Dr Bruno BUREL, président du Syndicat national des médecins du sport (p. 77) Je rappelle que la prescription d'un acte thérapeutique, même orale, engage notre responsabilité. À ce jour, la fonction d'ostéopathe correspond seulement à un titre et non à une profession. Article publié sur le Site de l'Ostéopathie le 10-04-2017