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3 juin, par Ostéo4pattes-Site de l'Ostéopathie
Abonnez-vous, Merci ! Éditorial
Tout être vivant apprend tout au long de sa vie. L’ostéopathe ne fait pas exception à la règle. Il a même l’obligation légale de s’instruire.
Le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales, ou CNRTL défini s’instruire de cette manière :
« acquérir la connaissance, l’expérience »
En tant que praticien, on s’instruit chaque jour, en un sens du moins. Chaque nouveau patient nous fait réfléchir, aborder les choses par des angles spécifiques, parfois communs, parfois inattendus.
Cependant, nos patients ne sont qu’une infime partie de l’instruction que nous pouvons tirer. Cette dernière s’acquiert en fait d’abord par notre propre capacité à nous regarder agir et à en tirer, justement, des instructions.
On apprend un peu plus chaque fois que l’on est en mesure d’observer et de critiquer notre propre savoir, nos propres méthodes, nos préjugés face à une situation, nos actions.
Notre apprentissage est stimulé par la recherche de réflexion. Celle-ci peut aisément être amenée en se confrontant à de la littérature, soit pour approfondir nos connaissances, les rafraîchir, ou encore pour nous mener à penser contre nous même. Nous pouvons ainsi questionner nos croyances, nos idéaux ostéopathiques, pousser notre intellect à se questionner sur les raisons qui le font cheminer dans un sens plutôt que dans un autre, et la pertinence de ces cheminements.
C’est, entre autres, cet objectif que sert cette revue. Cela s’applique d’autant plus dans ce numéro où deux ostéopathes animalières mettent en lumière des fonctionnements potentiellement subtiles de notre apprentissage et de notre ostéopathie. Mais est-ce que s’instruire s’arrête à la lecture ? L’écriture ne permet-elle pas, elle aussi, de s’instruire, et de mettre en évidence plus aisément nos cheminements intellectuels ? N’est-elle pas un moyen de remettre en question son propre point de vue ? Et vous, partagerez-vous le vôtre, dans cette revue ou ailleurs ?
Clémence Macombe
Ostéopathe Animalière
Michel CHÊNE
Ostéopathe D.O.
Rédacteur O4PSDO
sdo.osteo4pattes@gmail.com Sommaire
Éditorial
Partenaires
Actualités
Modéliser sa pratique : un acte clinique, pédagogique et épistémique
Ce que les mains savent sans le dire – Vers une pédagogie du geste perceptif
Les nouveaux référentiels en ostéopathie animale
Facturation électronique 2026 : qu’est-ce qui change pour les ostéopathes ? Boutique
23 ans d’existence maintenant pour ce projet éditorial qui s’évertue à rassembler les ostéopathes de tous bords. Il a besoin que vous cliquiez sur le bouton rouge ci-dessus. La gratuité illusoire d’internet donne du fil à retordre à tous les journaux. Le prix d’un abonnement, professionnellement, équivaut à la recette de 2 ou 3 consultations chaque année. Dans un monde où l’empathie s’évapore me reviennent ces mots des premiers américains : « Il y a en toi deux loups, un bon et un mauvais qui se battent. Celui qui gagne est celui que tu nourris… » Merci de faire le geste de nourrir (abonnements et rédaction de cas cliniques ou de concepts) l’ostéo4pattes-SDO afin qu’il continue de produire des écrits sur notre belle discipline et pour qu’il ne s’étiole pas. Merci pour lui.
Parrainage : -20% pour votre prochaine facture ainsi que celle de votre filleul
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2 juin, par Sophie Pouget
Actualité Avril 2026
Actualité ostéopathie, MAI 2026 A venir, Juin 2026
Voici l’article mensuel sur l’ostéopathie et son actualité d’avril 2026. Regroupant tous nos articles parus dans le mois, l’actualité trouvée sur différents journaux ou les réalisations de différentes associations et syndicats, les activités sur les réseaux sociaux, sur YouTube… Évidemment, ce regroupement dépend des informations que nous avons trouvé. Il n’est donc pas exhaustif, nous nous excusons si nous avons oublié des choses. Nous vous invitons à partager les informations que vous aimeriez y trouver. Un groupe messenger est prévu a cet effet, n’hésitez a le rejoindre. À noter : Les XXIe Rencontres d’ostéopathie comparée se tiendront du 19 au 21 juin 2026.
Pensez à vous inscrire. La grille tarifaire est sur le site.
Voici l’article mensuel sur l’ostéopathie et son actualité du mois de mai 2026. Regroupant tous nos articles parus dans le mois, l’actualité trouvée sur différents journaux ou les réalisations de différentes associations et syndicats, les activités sur les réseaux sociaux, sur YouTube…
Évidemment, ce regroupement dépend des informations que nous avons trouvé. Il n’est donc pas exhaustif, nous nous excusons si nous avons oublié des choses. Nous vous invitons à partager les informations que vous aimeriez y trouver. Enseigner ce qu’on ne sait pas encore nommer — Actualité ostéopathique de mai 2026 Sur l’Ostéo4Pattes ce mois-ci
Trois articles publiés en mai qui se répondent sans se citer. Ce que les mains savent sans le dire pose la question centrale : comment transmet-on un geste dont la maîtrise précède la compréhension ? Modéliser sa pratique d’Amélie Gardelle prolonge : nommer ce qu’on fait n’est pas une coquetterie académique, c’est une condition du soin conscient. Le retour sur le Master 2 UHA ferme la boucle — ceux qui ont cherché à formaliser leur identité professionnelle dans un cadre universitaire témoignent de ce que ça change, et de ce que ça ne change pas.
Un fil rouge pour ce mois : la transmission. Article du mois Traiter près d’une tumeur : ce que dit enfin la recherche sur modèle animal
La contre-indication est connue de tous : pas de techniques lymphatiques chez un patient cancéreux. Walsh et al. ont décidé de la tester directement, sur modèle murin. Leur étude (Exp Biol Med, 2026 ; doi:10.3389/ebm.2026.10850) a appliqué une technique de pompage lymphatique sur des souris porteuses d’un mélanome métastatique — trois groupes d’âge, vingt-huit jours de protocole, traitement au contact direct des tumeurs.
Résultat : la technique n’augmente pas la progression tumorale dans aucun des groupes. Chez les souris jeunes et d’âge moyen, elle est négativement associée à la métastase. Elle ne perturbe pas l’immunothérapie quand les deux sont combinés. Chez les jeunes animaux sans cancer, elle modifie rapidement les paramètres sanguins (globules rouges, blancs, plaquettes).
Ce qu’on ne peut pas en conclure : que la contre-indication est levée. Le modèle est une lignée cellulaire injectée en veine caudale, pas un cancer spontané chez un animal de compagnie. L’effet est âge-dépendant, le mécanisme reste à préciser. Les résultats sont préliminaires.
Ce qu’on peut en retenir : la question mérite d’être posée autrement. Pas « faut-il traiter ? » mais « dans quelles conditions, à quel âge, avec quel objectif ? » C’est le type de recherche qu’on attendait sur modèle animal — orientée sur nos pratiques, honnête sur ses limites. Identité professionnelle et pédagogie : deux articles à lire ensemble
Garnier et al. (IJOM, mai 2026 ; doi:10.1016/j.ijosm.2026.100846) publient un commentaire sur la professionnalisation de l’ostéopathie en France. Le diagnostic est documenté : formation largement hors université, pluralité des approches cliniques, intégration institutionnelle limitée. Les auteurs mobilisent Wittorski, Freidson, Abbott pour qualifier ce qu’ils appellent un modèle hybride — ni pleinement reconnu, ni clairement défini, mais réel. Ils comparent la trajectoire française avec sept pays (Royaume-Uni, États-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande, Suisse, Belgique, Italie) et proposent un cadre analytique en cinq dimensions.
Young et al. (Chiropr Man Therap, open access, doi:10.1186/s12998-026-00646-y) proposent un cadre pédagogique en six piliers pour l’enseignement des thérapies manuelles : conscience de soi, communication, respect culturel, humilité épistémique, curiosité intellectuelle, identité professionnelle. Construit par revue narrative et consensus international entre 19 auteurs de plusieurs disciplines. Constat de départ : les formations restent trop centrées sur la technique.
Les deux articles convergent sur le même point sans se citer : on peut maîtriser un geste sans savoir qui on est en le faisant. C’est un problème de formation. C’est aussi un problème de reconnaissance.
En bref
Sheppard et al. (J Osteopath Med, 18 mai 2026 ; doi:10.1515/jom-2025-0226) ont construit une méta-analyse sur l’OMT dans la lombalgie chronique en n’incluant que les études avec contrôle sham. Bénéfice à court terme : significatif, modeste. Pas de révolution — mais des arguments honnêtes pour les patients qui posent la vraie question.
Réglementation
Le CFRO (Collège pour la Formation et la Recherche en Ostéopathie) publie dans l’IJOM une réponse à l’agenda international de la recherche ostéopathique, signée par 30 auteurs (Ménard M et al., mai 2026 ; doi:10.1016/j.ijosm.2026.100845). Un signal de mobilisation collective peu habituel dans le paysage français — à lire en regard de l’article de Garnier sur le modèle hybride.
Le 26 mai, le ministre de l’enseignement supérieur annonçait une mission HCERES : cartographier et évaluer les formations universitaires aux « médecines douces ». Deux cent trois diplômes recensés, une inspection simultanée à l’INSPE de Dijon. L’ostéopathie n’est pas visée nommément. Mais la ligne que tentent de redéfinir Garnier et al. et Young et al. depuis l’intérieur de la profession, par la formation et par l’identité, est précisément celle que l’État cherche à tracer depuis l’extérieur. Les deux mouvements avancent en même temps. (Le Monde avec AFP, 26/05/2026) Podcasts
Mordant #48, publié le 12 mai. Mathilde Chalut-Natal reçoit Clarisse, qui parle de sa vie quotidienne avec Gipsy, sa berger australien de 14 ans. Accompagnement du chien senior, adaptations progressives, anticipation de la fin de vie. Pas de technique, pas de protocole. Juste l’observation fine d’une propriétaire qui a appris à voir. Quelque chose que les OA connaissent bien : c’est souvent le propriétaire qui enseigne le praticien.
Osteopathy Unplugged #41, publié le 31 mai. Steve & Bonnie. La poignée de main comme acte ostéopathique inaugural : le salut commun comme début du diagnostic et de la thérapie. Ce que le premier contact dit avant que rien ne soit dit. En anglais, Patreon (accès payant). Film
Perfect Sense (David Mackenzie, 2011), disponible sur YouTube. Une épidémie efface les sens un à un. Ce qui reste malgré tout, le geste, le contact, le corps de l’autre, tient lieu de langage. Pas un film sur la maladie : un film sur ce qui fait tenir quand la perception s’efface.
Le lien avec ce mois-ci n’est pas forcé. « Ce que les mains savent sans le dire » pose la même question depuis l’autre bout : si l’on ne peut pas nommer ce qu’on perçoit, peut-on encore le transmettre ? À venir
Les XXIe Rencontres d’Ostéopathie Comparée se tiennent les 19, 20 et 21 juin 2026. Toutes les informations sur l’Ostéo4Pattes. Publications du mois — ostéopathie et thérapies manuelles (mai 2026) Sheppard M, Blades K, Kabbara J, Bui A, Hendryx J. Short-term benefits of osteopathic manipulative treatment for chronic low back pain: systematic review and meta-analysis. J Osteopath Med. 2026. doi:10.1515/jom-2025-0226 Rehman Y, Kirstein M, Ying-Fang Wang M, Johnston R, Will M, Gibson E, et al. Osteopathic manipulative treatment in the management of headaches associated with musculoskeletal dysfunction: systematic review and meta-analysis. J Osteopath Med. 2026;126(5):233-243. doi:10.1515/jom-2025-0075 Elshinnawy AM, Eraky ZS, Abdallah EA, Elmasry HM, El-Samouly HM. Effect of osteopathic technique on respiratory parameters and pain in thoracic outlet syndrome. J Bodyw Mov Ther. 2026;46:262-266. doi:10.1016/j.jbmt.2025.10.051 Luchesi GLS, da Silva AKF, Chaves TC, Jassi FJ. Osteopathic manipulative treatment, pain neuroscience education and clinical hypnosis as pain management interventions in chronic low back pain: a randomized sham-controlled feasibility pilot trial. J Bodyw Mov Ther. 2026;46:632-640. doi:10.1016/j.jbmt.2025.12.032 Ogden AM, Munholland J, Jackson G, Newell S, Aldret R. Incidence of sacral somatic dysfunction in vaginal delivery after spontaneous labor. J Osteopath Med. 2026. doi:10.1515/jom-2026-0047 Romozzi M, Palermo M, Zeoli F, Tosto F, Vollono C, Garignano G, et al. Intracranial Hypotension Following Spinal Manipulation: A Case Report and Scoping Review of the Literature. Brain Behav. 2026;16(5):e71409. doi:10.1002/brb3.71409 Schlaeger JM, Steffen AD, Takakura N, et al. Long-lasting effect of penetrating acupuncture among responders: Double-blind RCT of acupuncture for vulvodynia. J Pain. 2026;38. doi:10.1016/j.jpain.2025.105584 Walsh C, Kirstein M, Wagner E, Scott E, Walsh J, Reddy S, et al. Lymphatic pumping technique in mice alters blood parameters and metastatic melanoma in an age-dependent manner. Exp Biol Med (Maywood). 2026;251:10850. doi:10.3389/ebm.2026.10850 Rajabian M, Esmaeeli M, Malmir K, Abdous A. Multimodal Physiotherapy Following Patellar Stabilization Surgery in Five Small-Breed Dogs: A Case Series. Vet Med Sci. 2026;12(3):e70900. doi:10.1002/vms3.70900 Wang H, Zhang P, Wang J, Wang J, Li J, Pan M. The perspective of manual therapy as a fascia-directed biomechanical intervention in myofascial pain syndrome. Front Med (Lausanne). 2026;13:1823862. doi:10.3389/fmed.2026.1823862 Unalmis Y, Muniroglu S. Efficacy of fascial manipulation in musculoskeletal pain management: A decade in review (2015-2025). J Bodyw Mov Ther. 2026;46:147-156. doi:10.1016/j.jbmt.2025.11.011 Young KJ, Kerry R, Bergström C, et al. Modern teaching for clinical education involving manual therapy: a 6-pillar approach. Chiropr Man Therap. 2026. doi:10.1186/s12998-026-00646-y Fleming RK, Giusti RE, Snider KT, et al. The definition of an osteopathic physician trained in the United States. J Osteopath Med. 2026. doi:10.1515/jom-2025-0153 Garnier F, et al. Professionalization and identity construction of French osteopathy: Toward a hybrid model. Int J Osteopath Med. 2026. doi:10.1016/j.ijosm.2026.100846 Ménard M, Draper-Rodi J, Bilhaut A, et al. Building osteopathic research capacity in France: The CFRO scientific council’s response to the international agenda. Int J Osteopath Med. 2026. doi:10.1016/j.ijosm.2026.100845 Sidiq M. Patient safety and regulatory gaps in manipulative therapy practices in Indian physiotherapy: a commentary. Int J Osteopath Med. 2026. doi:10.1016/j.ijosm.2026.100848 Giovannico G, Cioeta M, Giannotta G, Bargeri S, Brindisino F, Pellicciari L. In Response to: « High-Velocity Low-Amplitude Thrust Manipulations and Radiculopathy: Time for a Reality Check ». J Orthop Sports Phys Ther. 2026;56(5):322-323. doi:10.2519/jospt.2026.0202-R Basile G, Bianco Prevot L, Basile M, Bolcato V, Tronconi LP. Chiropractic regulation in Italy: liability profiles in healthcare field. Clin Ter. 2026;177(3):638-641. doi:10.7417/CT.2026.2053 Response to: « From documentation to judgment: What peer-supported audit really changes in IFOMPT implementation ». Int J Osteopath Med. 2026. doi:10.1016/j.ijosm.2026.100836 Dans le futur… A noter également dans les agendas, les dates des différentes formations et événements partenaires. Certaines offrent des réductions à nos abonnés, n’hésitez pas à demander plus d’informations. XXIe Rencontres d’ostéopathie comparée – 19,20 & 21 JUIN 2026 Pensez à prendre votre Réservation aux rencontres d’ostéopathie comparée
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24 mai, par Sophie Pouget
Retour sur le Master 2 Management d’Établissements de Formation et de Recherche en Santé — Université Haute-Alsace
Nous pensions connaître le métier, nous pensions savoir ce que nous cherchions avec en toile de fond une volonté d’acquérir une légitimité académique qui nous permette de poursuivre au mieux nos travaux, nos engagements et nos recherches.
Au programme : pédagogie, recherche, management, mais aussi philosophie et sociologie.
Ces disciplines permettent de déplacer le regard sur ce que nous transmettons sans le savoir, sur la façon dont une pratique manuelle se transmet…
Nous avons appris à structurer ce que l’on enseigne, ce que nous faisons intuitivement en séance, à l’analyser et à y porter un regard critique.
Nous avons été initiées à la recherche, à la construction d’une problématique, au choix d’une méthodologie rigoureuse, à la soumission d’un article dans une revue à comité de lecture.
L’équipe pédagogique est constante et à l’écoute. La promotion devient vite un espace de travail et d’échanges qui débordent le cadre académique, quelque chose qui ressemble à du compagnonnage. Des ostéopathes aux trajectoires différentes, praticiens et formateurs, réunis autour des mêmes préoccupations.
Ce que nous retenons quelques mois après la fin de cette aventure est une façon plus rigoureuse de penser, une plus grande exigence vis-à-vis de nos propres intuitions et la conviction que transmettre est bien plus que de partager ce que l’on croit savoir faire…
Une soirée de présentation est organisée le 2 juin à 18h en visioconférence.
Inscription obligatoire : franck.garnier@uha.fr
Amélie Gardelle & Sophie Pouget, ostéopathes et formatrices
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22 mai, par Klemen Sever
« Je fais déjà mes notes d’honoraires sur ordinateur et je les envoie en PDF… c’est déjà ça, la facture électronique, non ? »
C’est la question qui revient le plus souvent dans nos discussions entre confrères. Et elle est légitime. Avec l’arrivée de la réforme en septembre 2026 puis septembre 2027, on entend beaucoup de termes techniques comme plateforme de dématérialisation partenaire (PDP) ou plateforme agréée (PA). De quoi se demander si le changement va se passer en douceur ou s’il va falloir transformer nos cabinets en centres de gestion comptable.
Rassurez-vous tout de suite: pour la grande majorité des ostéopathes, le quotidien ne va presque pas bouger. Voici comment décrypter cette réforme avec curiosité et sérénité. 1. Pourquoi le PDF n’est pas (tout à fait) une facture électronique
Pour l’administration, une vraie facture électronique n’est pas juste un fichier que l’on peut lire (comme votre PDF actuel), mais un fichier qui contient des données structurées que les ordinateurs peuvent lire et transmettre automatiquement entre eux.
Cependant, comme nous sommes majoritairement exonérés de TVA (article 261 du CGI), nous bénéficions d’un statut particulier dans cette réforme. 2. Côté patient·es : rien ne change
C’est le point le plus important: pour vos consultations classiques, rien ne change.
Le système de transmission automatique à l’État ne concerne pas les actes de soins, dont les soins ostéopathiques, exonérés de TVA.
Vous continuerez, comme vous le faites aujourd’hui, à remettre une note d’honoraire (papier ou PDF) à votre patient pour sa mutuelle. L’administration fiscale ne vous demandera pas d’envoyer ces données sur une plateforme ou de passer par un logiciel spécifique. 3. Côté frais de fonctionnement : le changement c’est en septembre 2026
C’est la seule nouveauté de 2026. À partir de septembre 2026, vous ne recevrez plus vos factures d’énergie, d’Internet ou de matériel par courrier ou par simple email classique.
Elles seront déposées sur une plateforme agréée (PA) et arriveront de façon automatique dans un logiciel compatible de votre choix. Votre seule mission sera d’aller les récupérer là-bas pour votre comptabilité. Le plus simple sera, en général, de recevoir vos factures auprès de votre comptable (si vous en avez un) ou sur votre logiciel de comptabilité – cela leur permettra de comptabiliser vos dépenses automatiquement.
Si vous n’avez ni comptable, ni logiciel, ni AGA et que vous faites votre comptabilité vous-même, pas de panique, vous pourrez choisir une plateforme seulement pour recevoir vos factures.
Courant été 2026 il vous suffira de choisir une plateforme agréée compatible avec la facturation électronique. 4. Côté collaborations et services: ça se corse en septembre 2027
Si votre activité est un peu plus complexe, deux cas demandent une attention particulière à l’horizon septembre 2027 : Les redevances de collaboration : Les redevances sont considérées comme un service, donc entrant dans le cadre de la TVA. Entre deux ostéopathes (donc deux entreprises), la facture mensuelle de collaboration devra donc passer par une plateforme agréée (PA). Vos autres prestations : Si vous proposez des activités et services hors ostéopathie : formation, bien-être, stages, cours, etc. et que vous les facturez à des entreprises ou organisations (écoles, organismes de formation, etc.) : là aussi, c’est une facture qui entre dans le cadre de la TVA et devra être conforme à la facturation électronique.
Dans ces deux cas, il vous faudra choisir une plateforme pour pouvoir émettre vos factures électroniques à destination des entreprises pour ces éléments.
Quelques exceptions et éléments à avoir en tête par ailleurs dans le cadre de cette réforme: Les rétrocessions de remplacement ne sont pas concernées: en effet, lorsque vous vous faites remplacer, la rétrocession versée au remplaçant·e est considérée comme un prolongement de la facturation des soins ostéopathiques. Le ou la remplaçante peut donc émettre une facture comme il/elle le ferait pour un patient à l’égard du titulaire remplacé. Il est possible de choisir une plateforme agréée pour recevoir ses factures et une plateforme différente pour émettre ses factures. Vous pouvez donc choisir celle qui correspond le mieux à vos usages.
Un point important pour finir : vous ne pouvez avoir qu’un seul système de facturation pour les factures que vous émettez, qu’elles qu’elles soient : y compris pour vos patient·es, pour des redevances, pour des rétrocessions, pour des formations, etc.
Vous ne pouvez pas avoir plusieurs systèmes en parallèle ou votre facturation ne sera pas en règle. Assurez-vous donc de prendre une solution de facturation vous permettant de faire tout ce dont vous pensez avoir besoin, même si ce n’est pas encore le cas, ou vous devrez en changer. 5. Comment faire en pratique ?
Le plus simple aujourd’hui (en juin 2026), si vous avez déjà une association de gestion agréée (AGA), un comptable ou un logiciel de comptabilité, c’est de voir avec eux pour intégrer la facturation électronique dans vos habitudes. Si vous n’avez rien de tout ça et que vous faites votre propre comptabilité, le plus simple sera de prendre une plateforme comme osteopathes.pro pour recevoir vos factures électroniques.
À partir de septembre 2027, pour vos notes d’honoraires pour vos patient·es, les redevances de collaboration, facturer les formations que vous donnez, etc. il vous faudra trouver une plateforme qui corresponde à vos habitudes – vous avez donc encore le temps de faire votre choix.
Si vous voulez être accompagnés par des ostéopathes spécialisés sur ce sujet, contactez-nous sur osteopathes.pro. Notre outil a été pensé par des ostéopathes pour répondre précisément à cette réforme sans ajouter de complexité : Comme d’habitude: Continuez comme d’habitude pour vos dossiers cliniques (papier, Word, …) Zéro stress: Des notes d’honoraires pro et conformes en quelques secondes. Zéro papier: Un envoi par email fluide pour le patient avec demande automatique d’avis. Prêt pour demain: Nous suivons les évolutions légales pour que vous n’ayez pas à vous en soucier. Importation: Nous pouvons importer vos données si vous souhaitez passer au numérique, mais c’est facultatif. FAQ : Et si je veux changer de plateforme pour la facturation électronique ou changer de prestataire ?
Il vous sera toujours possible de changer de plateforme de réception et/ou d’émission en désignant un nouveau prestataire pour votre facturation électronique – que ce soit en réception ou en émission. Récapitulatif : Ce qui change pour vous SituationAujourd’huiEn 2026 / 2027Notes d’honoraires (Soins)Papier ou PDF envoyé par mail.Idem. Aucune facturation électronique, aucune transmission à l’État.Factures d’achats Reçues par courrier ou email.Réception obligatoire via une plateforme agréée (en septembre 2026). Via votre comptable, votre AGA ou osteopathes.proRedevances de collaborationFacture papier ou PDF simple.Obligation d’émission via une plateforme agréée (en septembre 2027).Vente de services ou prestations (hors soins)Facture papier ou PDF simple.Obligation d’émission via une plateforme agréée (en septembre 2027) si vous facturez un organisme (école, centre de formations, …). Cela ne concerne pas les soins (ostéopathie).
Transmission des montants à l’État (e-reporting en 2027).
En résumé : Pas besoin de révolutionner votre manière de travailler. La facturation électronique nous concerne finalement assez peu. C’est surtout une affaire de réception de factures pour vous en septembre 2026, et dans certains cas, nécessaire pour septembre 2027. Pour le reste, gardez vos mains pour vos patients et votre esprit libre pour l’essentiel !
Klemen SEVER
Ostéopathe D.O.
Co-développeur de Osteopathes.pro
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16 mai, par Sophie Pouget
Amélie Gardelle nous a demandé, dans ce même numéro, de rendre nos modèles visibles. De nommer ce qui fonde nos gestes, de le rendre transmissible. C’est juste, c’est nécessaire.
Mais il y a un bord que le modèle ne couvre pas.
Le geste de l’ostéopathe n’est pas seulement fondé sur un raisonnement. Il est fondé sur une perception. Et cette perception-là, on peut la nommer, la décrire, en construire un modèle. Ce que le modèle ne fait pas à sa place, c’est l’éduquer.
Un étudiant peut connaître le concept de restriction de mobilité tissulaire, être capable de le définir, de le situer dans un cadre théorique. Et placer sa main sur un tissu sans rien percevoir. Pas parce qu’il n’est pas attentif. Parce que la perception elle-même n’a pas encore été travaillée.
Il y a des choses que les mains savent sans que la tête les ait encore formulées. La question pédagogique n’est pas de choisir entre les deux. C’est de créer les conditions pour que l’une et l’autre se développent ensemble. Ce que la formation ne transmet pas encore
La formation en dentisterie équine, et plus largement en ostéopathie animale, est massivement oculo-centrée. On montre surtout. On regarde. La démonstration prime. Les schémas, les radios, les vidéos. La hiérarchie implicite est là : voir c’est savoir. Toucher, c’est approximatif.
Ce n’est pas une critique des formateurs. C’est la structure même de nos dispositifs pédagogiques qui reproduit cette hiérarchie. Dans une session type de formation pratique, on évalue un geste en regardant la posture du praticien, la position des mains, la progression sur l’animal. Ce qu’on ne peut pas observer de l’extérieur, c’est ce que le praticien perçoit. Alors on ne l’évalue pas, ou très peu. Et progressivement, les étudiants apprennent à performer le geste sans que la perception ait nécessairement suivi.
Pourtant la littérature sur la fiabilité de la palpation montre qu’une perception tactile entraînée peut atteindre une fiabilité mesurable [1,2]. Le mot « entraînée » n’est pas anodin : il suppose un protocole, une répétition calibrée, du retour. Il suppose une pédagogie pensée. Pas une compétence qui viendrait naturellement avec l’expérience accumulée.
Le problème n’est pas le toucher. C’est qu’on ne lui consacre pas le même soin pédagogique qu’à la vue. Pas un reproche. Un constat sur ce qui reste à construire. Un dispositif : la défamiliarisation perceptive
En dentisterie équine, il m’arrive de travailler à l’aveugle. Sans lampe, parfois sans regarder. Les étudiants et les observateurs sont souvent surpris de ce que je suis capable de sentir dans ces conditions. Cette surprise est pédagogiquement intéressante : elle pointe quelque chose que la formation ne crée pas délibérément.
Quand le recours visuel habituel disparaît, les canaux tactiles travaillent différemment. La résistance tissulaire, la vibration : ce qui était bruit de fond devient signal. Pas un talent particulier. Une attention qui s’est calibrée, par la contrainte.
Ce constat ouvre une question pédagogique : et si on proposait délibérément aux étudiants de travailler sans lampe, ponctuellement ? Pour créer les conditions d’une attention différente, le temps d’une séquence. Pas pour autre chose.
J’ai aussi imaginé une extension de ce principe : faire travailler des étudiants avec des personnes malvoyantes. Le retour visuel habituel disparaît entièrement. Ce qui reste, c’est ce que les mains rapportent, et l’écart entre ce que l’étudiant perçoit et ce que le partenaire ressent. Ce dispositif n’a pas encore été mis en œuvre, mais la logique est la même : supprimer la compensation visuelle pour forcer une écoute tactile plus fine.
Ce que cherche la défamiliarisation, dans les deux cas, n’est pas théorique. C’est une expérience de surprise : les mains peuvent lire ça ? Cette dissonance est exactement ce que cherche une bonne pédagogie. Non pas confirmer ce qu’on sait déjà. Déplacer ce qu’on croit possible.
Ce déplacement ne disparaît pas avec la séance. Les étudiants qui traversent ce type d’expérience rapportent une attention différente lors des séances cliniques suivantes. La surprise initiale laisse place à une curiosité plus fine : qu’est-ce que je suis en train de percevoir, et comment en rendre compte ?
Un formateur qui comprend ça ne construit plus ses séquences de la même façon. Il ne cherche plus seulement à montrer. Il cherche à perturber de façon contrôlée, pour créer les conditions d’un apprentissage qui ne peut pas passer par le regard seul. Ce que ça enseigne au formateur
Ce type de dispositif enseigne quelque chose au formateur lui-même : que la défamiliarisation est une méthode pédagogique à part entière. Pas un gadget. Une façon délibérée de déstabiliser les certitudes perceptives pour en créer de nouvelles.
Jack Mezirow nommait ce moment une « dissonance désorientante » : l’instant où ce qu’on perçoit ne correspond plus aux cadres habituels, et où l’apprenant est contraint de reconstruire ses représentations [3]. Mezirow y voyait le point de départ de tout apprentissage transformateur, pas un accident pédagogique. L’enseignant ne peut pas produire cette dissonance par la seule transmission de contenu. Il doit concevoir une situation.
Pierre Pastré, du côté de la didactique professionnelle, parle de situation-problème : une situation qui résiste aux schèmes habituels et force un recadrage [4]. La compétence professionnelle ne s’acquiert pas par accumulation de connaissances mais par confrontation avec ce qui échappe aux routines. Ce qui se joue là n’est pas informationnel. C’est une expérience déstabilisante, contrôlée et pensée.
Choisir le bon dispositif de perturbation est une compétence de conception, aussi exigeante que de choisir les bons modèles théoriques. Peut-être plus difficile à enseigner, justement parce qu’elle résiste à la formalisation. Elle suppose de comprendre ce qui fait résistance chez l’apprenant, de calibrer le niveau de déstabilisation pour qu’il soit productif plutôt que paralysant.
Dans la pratique, cela signifie penser sa progression pédagogique autrement. Non pas : j’explique. Je montre. Et je laisse pratiquer. Mais : à quel moment dois-je créer une situation qui résiste à ce que l’étudiant croit déjà savoir ? Quelle rupture, à quel stade, pour quel apprentissage ? Ces questions ne sont pas des détails de conception. Elles définissent la qualité pédagogique d’une formation. Question ouverte
Amélie demandait : quel est votre modèle ?
Je demande : qu’est-ce que vos mains savent, que vous n’avez pas encore mis en mots ? Et comment allez-vous l’enseigner ? Bibliographie Sommerfeld P, Kaider A, Klein P. Inter-and intraexaminer reliability in palpation of the “primary respiratory mechanism” within the “cranial concept”. Manual Therapy. 2004;9(1):22‑9. Demers K, Morin C, Collette L, DeMont R. Moderate to Substantial Inter-Rater Reliability in the Assessment of Cranial Bone Mobility Restrictions. The Journal of Alternative and Complementary Medicine. 1 mars 2021;27(3):263‑72. doi:10.1089/acm.2020.0325 Mezirow J. Transformative dimensions of adult learning [Internet]. San Francisco : Jossey-Bass; 1991 [cité 6 mars 2026]. 280 p. Disponible sur: http://archive.org/details/transformativedi0000mezi Pastré P, Mayen P, Vergnaud G. La didactique professionnelle. Revue française de pédagogie Recherches en éducation. mars 2006;(154):154. doi:10.4000/rfp.157
Sophie POUGET-LEROY est ostéopathe animalier et technicien dentaire équin en pratique libérale depuis 2005, formatrice et titulaire d’un Master 2 en Management des Établissements de Formation et de Recherche en Santé.
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16 mai, par Amélie Gardelle
La modélisation n’est pas un luxe académique. C’est une condition de l’action consciente, de la transmission rigoureuse et de la maturité professionnelle. Le modèle invisible
Quand un ostéopathe pose ses mains sur un patient, il ne part pas de rien. Il part d’un modèle.
Ce modèle n’est pas toujours nommé et souvent pas explicité. Il oriente le regard, structure les hypotheses de travail, guide les gestes. Il dit : voilà ce qui est pertinent, voilà ce que je cherche, voilà comment j’interprète ce que je trouve.
Le problème n’est donc pas d’avoir ou non un modèle. Chaque praticien en a un, qu’il le sache ou non. Le problème est de savoir si ce modèle est conscient ou invisible, discutable ou intouchable, transmissible ou condamné à rester personnel.
C’est cette question qui m’occupe depuis plusieurs mois, à la croisée de ma pratique clinique et de mes activités de formatrice. L’influence du modèle sur notre pratique
Un modèle n’est pas une description neutre du réel. Il est performatif : il ne se contente pas de décrire notre pratique, il contribue activement à la produire.
Il détermine : ce que nous considérons comme pertinent à observer, les hypothèses que nous formulons en priorité, les gestes que nous choisissons de mobiliser, les limites dans lesquelles nous nous reconnaissons compétents.
Cela a une conséquence directe : deux praticiens formés dans des cadres différents, face à la même situation clinique, ne voient pas la même chose : leurs modèles respectifs leur donnent des grilles de lecture différentes.
Cette réalité est souvent vécue comme une richesse (la diversité des approches) ou comme une confusion (l’impossibilité de se comprendre entre praticiens). Ce qu’elle révèle surtout, c’est que les modèles sont des choix épistémologiques, même quand ils ne sont pas reconnus comme tels.
Agir sans modèle explicité, c’est agir à partir de présupposés invisibles. C’est aussi ainsi que s’installent les incompréhensions et les malentendus qui ternissent les relations interprofessionnelles parce que chacun parle depuis un cadre que l’autre ne voit pas. Agir avec un modèle conscient, c’est pouvoir exercer un discernement plus fin, et assumer une responsabilité plus claire. Ce que former signifie vraiment
C’est ici que la dimension pédagogique entre en jeu, et c’est l’endroit où les enjeux me semblent les plus importants et urgents pour notre profession.
Il est commode de penser que l’expérience se transmet par imitation, par compagnonnage, par exposition répétée à des situations cliniques. Et c’est vrai, en partie. Mais l’expérience seule ne suffit pas.
Donald Schön, philosophe et théoricien de la formation professionnelle, a montré que ce qui distingue le praticien expert du novice, ce n’est pas seulement le volume d’expérience accumulé, c’est la capacité à réfléchir sur cette expérience, à en extraire des principes, à identifier ce qui a fonctionné et pourquoi. Il a nommé cela la réflexion dans l’action et sur l’action : cette double posture qui fait du praticien non plus seulement un exécutant, mais un sujet pensant sa propre pratique.
« Ce n’est pas le vécu qui fait l’expérience, mais la réflexivité sur ce vécu. »
Frédérique Cenni, chercheuse en sciences de l’éducation
Autrement dit, on peut passer vingt ans en clinique sans vraiment capitaliser sur ces vingt ans, si l’on n’a jamais pris le temps de mettre en mots ce que l’on fait, d’en comprendre la logique, de la soumettre à l’examen d’autrui.
Former, dans cette perspective, ne consiste pas à transmettre un geste. Former, c’est rendre visible la logique qui fonde le geste. C’est permettre à l’apprenant de construire un raisonnement, pas seulement d’en copier le résultat. Transmettre : une opération de transformation
Le chercheur en didactique Yves Chevallard a développé le concept de transposition didactique : le processus par lequel un savoir savant, produit dans les laboratoires et les publications scientifiques, devient un savoir enseignable, puis un savoir effectivement transmis, puis un savoir construit par l’apprenant.
À chaque étape, le savoir se transforme. Il se simplifie, se réorganise, se met en forme. Cette transformation n’est pas une trahison du savoir originel, c’est une condition de sa transmission.
Ce que Chevallard a mis en évidence pour les sciences académiques vaut tout autant pour les savoirs professionnels et expérientiels. En ostéopathie, le savoir expert accumulé en clinique n’est pas directement transmissible. Il doit d’abord être formalisé, nommé, mis en structure (c’est à dire modélisé) pour devenir partageable.
Cette formalisation est une opération exigeante. Elle demande de mettre en mots des intuitions, de nommer des prises d’indices que l’on opère sans y penser, d’expliciter des critères de décision que l’on applique sans les avoir jamais formulés. Elle demande, en un sens, de se lire soi-même comme un objet de savoir. Modéliser pour dialoguer
La modélisation ne sert pas seulement à former des étudiants. Elle sert aussi à parler avec ses pairs, avec d’autres professionnels de santé, et avec les propriétaires d’animaux.
L’ostéopathie évolue dans un environnement où la légitimité scientifique est questionnée, où les frontières interprofessionnelles sont floues, et où la demande de clarté et de cohérence est croissante. Dans ce contexte, l’absence de modèles partagés constitue un vrai handicap.
« Pour poser un diagnostic, il faut disposer d’un modèle du phénomène qu’on observe. Sinon, on peut décrire, mais pas interpréter. »
Charlotte Gounelle Ostéopathe D.O.
Un diagnostic formulé sans modèle explicite est difficile à communiquer, difficile à justifier, difficile à discuter. Il reste personnel, isolé, et donc peu fécond pour la profession dans son ensemble.
À l’inverse, un praticien capable de nommer son modèle peut engager un dialogue professionnel véritable. Il peut dire : voici comment je lis cette situation, voici sur quels critères j’oriente mon intervention, voici ce que je prends en compte et ce qui dépasse mon champ d’action. Cette transparence est au service du patient, mais aussi de la crédibilité professionnelle. Un enjeu de maturité collective
Si la modélisation est un acte individuel de réflexivité, elle est aussi et surtout un enjeu collectif.
Une profession gagne en solidité lorsqu’elle est capable de nommer les modèles qui la structurent. Non pour les figer dans une orthodoxie. Mais pour les rendre discutables, comparables, améliorables.
C’est dans cet espace que se joue, à mon sens, un passage décisif : d’une pratique fondée sur l’intuition individuelle à une pratique consciente de ses cadres, de son langage et de ses modes de transmission.
Ce passage ne se fait pas spontanément. Il requérait des espaces de dialogue, des outils de formalisation, une culture de l’explicitation. Il suppose que les professionnels acceptent de se rendre lisibles, à eux-mêmes d’abord, aux autres ensuite.
Modéliser ne signifie pas simplifier. Cela signifie se donner les moyens de penser ce que l’on fait et de le faire avancer.
Amélie Gardelle est ostéopathe animalier en pratique libérale depuis 2007, formatrice en écoles d’ostéopathie animale et titulaire d’un Master 2 en Management des Établissements de Formation et de Recherche en Santé. Références Cenni, F. (2025, 8 juillet). Evaluation située – La problématisation et l’accompagnement. Cours dispensé dans le cadre du Master 2 Management des Établissements de Formation et de Recherche en Santé. [Communication orale] Chevallard, Y. (1985). La Transposition didactique : du savoir savant au savoir enseigné. Grenoble : La Pensée Sauvage. (2e éd. augmentée, 1991) Gounelle, C. (2025). Communication personnelle [échanges entre ostéopathes, juillet–décembre 2025] Schön, D. A. (1983). The Reflective Practitioner : How Professionals Think in Action. New York : Basic Books. (Trad. fr. : Le praticien réflexif. Montréal : Les Éditions Logiques, 1994)
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3 mai, par Ostéo4pattes-Site de l'Ostéopathie
Actualité ostéopathie, Premier Trimestre 2026
Actualité ostéopathie, Avril 2026 A venir, Mai 2026
Voici l’article mensuel sur l’ostéopathie et son actualité d’avril 2026. Regroupant tous nos articles parus dans le mois, l’actualité trouvée sur différents journaux ou les réalisations de différentes associations et syndicats, les activités sur les réseaux sociaux, sur YouTube… Évidemment, ce regroupement dépend des informations que nous avons trouvé. Il n’est donc pas exhaustif, nous nous excusons si nous avons oublié des choses. Nous vous invitons à partager les informations que vous aimeriez y trouver. Un groupe messenger est prévu a cet effet, n’hésitez a le rejoindre. À noter : Les XXIe Rencontres d’ostéopathie comparée se tiendront du 19 au 21 juin 2026.
Pensez à vous inscrire. La grille tarifaire est sur le site.
Voici l’article mensuel sur l’ostéopathie et son actualité de février et mars 2026. Regroupant tous nos articles parus dans le mois, l’actualité trouvée sur différents journaux ou les réalisations de différentes associations et syndicats, les activités sur les réseaux sociaux, sur YouTube…
Évidemment, ce regroupement dépend des informations que nous avons trouvé. Il n’est donc pas exhaustif, nous nous excusons si nous avons oublié des choses. Nous vous invitons à partager les informations que vous aimeriez y trouver. Printemps réglementaire : ce qui avance, ce qui résiste
En avril 2026, plusieurs signaux se sont croisés sur la scène réglementaire de l’ostéopathie animale. Des référentiels publiés. Une réforme contestée. Une question parlementaire sans réponse franche. Et, venu d’ailleurs, un premier état des lieux chiffré de la profession chez nos voisins britanniques.
Ce n’est pas encore le calme. Ce n’est pas non plus le chaos. C’est cet entre-deux où une profession se construit à mi-voix, pendant que les acteurs qui en tirent profit autrement préfèrent la lenteur. Ce que la réforme bouscule — et qui y a intérêt
L’Officiel des Métiers a publié en avril un article contestant le projet d’arrêté encadrant la formation et l’exercice de l’ostéopathie animale. Arguments avancés : calendrier incompatible avec les cycles académiques, présence physique obligatoire pour les cours théoriques, liste figée de diplômes, extension des pouvoirs du CNOV jugée problématique. Des parlementaires sont cités : Saint-Pasteur, Vignon, Allegret-Pilot.
Il faut nommer ce que cet article est. Un texte de contestation, porté par des acteurs dont les intérêts économiques sont organisés autour du maintien du statu quo. Les arguments de calendrier ont leur réalité propre. Ils méritent d’être portés dans les instances compétentes. Mais derrière la technique juridique se pose une question économique et politique : certaines structures de formation et fédérations ont plus à perdre dans une réforme encadrante qu’à y gagner. La désinformation sur la réforme sert ces intérêts-là, pas ceux des praticiens. Ce que dit le gouvernement — deux fois en avril
Deux questions parlementaires au Sénat ont reçu leur réponse gouvernementale en avril 2026. Elles portent sur l’ostéopathie humaine, mais leur logique nous concerne directement.
La première (Vincent Delahaye, UC, Essonne) portait sur les recommandations du rapport IGAS 2021 : créer une structure de gouvernance centralisée pour la profession. Réponse : les propositions « ne permettent pas une solution consensuelle » — le gouvernement cherche encore.
La seconde (Bruno Belin, LR, Vienne) demandait la reconnaissance de l’ostéopathie comme profession de santé. Réponse, sans ambiguïté cette fois : « Il n’envisage toutefois pas de reconnaître l’ostéopathie comme une profession de santé car l’ostéopathie regroupe aujourd’hui un ensemble de pratiques diverses. Il est de ce fait difficile de déterminer clairement et de façon consensuelle le champ de cette pratique et des données scientifiques associées. »
Cette phrase mérite d’être lue deux fois. Le raisonnement — diversité des pratiques, absence de consensus scientifique — est exactement celui qui pourrait être retourné contre l’ostéopathie animale. Ce n’est pas une coïncidence : c’est la logique du statu quo. La question n’est pas « peut-on réguler ? » mais « a-t-on intérêt à le faire ? » Les référentiels, eux, existent
La revue Ostéo4pattes-SDO n°71 prend acte de la publication des nouveaux référentiels d’activités et de compétences pour l’ostéopathie animale. L’UFÉOA, de son côté, a publié en avril un article détaillé sur leur contenu et leur genèse. Le professeur Marc Gogny, mandaté par le Ministère de l’Agriculture en mai 2024, a dirigé leur rédaction. L’UFÉOA a participé à la lecture du référentiel de formation, aux côtés du COA et d’OstéoA — fait notable : une association étudiante contributrice d’un document professionnel de référence, avant même d’avoir fini ses études.
Les 6 macro-compétences sont détaillées dans cet article : diagnostic ostéopathique (DIAG), conception du projet d’intervention (PROJ), réalisation et évaluation (TRAITER), communication (COMM), posture professionnelle et éthique (PROF), gestion entrepreneuriale (GEST).
Les deux premiers référentiels sont déjà consultables sur le site du CNOV.
Ces documents existent. Leur opposabilité dans le contexte de la réforme en cours reste à observer. Ce que les Britanniques nous montrent
L’International Journal of Osteopathic Medicine a publié en 2026 la première enquête nationale sur les ostéopathes animaliers britanniques (Bowden et al., n=34, GOsC + IOO, nov. 2024–jan. 2025).
Quelques chiffres : 76,5% des répondants détiennent un diplôme postgraduate de niveau 7 (PGCert ou MSc), la pratique animale compte en moyenne 12,9 ans, 88,2% exercent en indépendant. Techniques dominantes : mobilisation, tissus mous, HVT, libération fasciale. 73,5% ont eu des clients remboursés par une assurance animale. Il faut nommer les limites : n=34, taux de réponse de 17%, recrutement par listes de membres. La marge d’erreur est réelle. Aucune extrapolation possible à l’ensemble de la profession britannique.
Ce que le texte révèle malgré tout : une profession qui, au Royaume-Uni, existe à un niveau de qualification élevé depuis des années. Le titre « Animal Osteopath » est protégé par le GOsC. Il n’existe pas de registre obligatoire — ce qui montre que titre protégé et régulation effective sont deux choses distinctes. C’est exactement le nœud du débat français. La question économique
Pierre-Elie Bernard, ostéopathe, a publié une vidéo sur YouTube : « Peut-on vivre de l’ostéopathie en 2026 ? » Il y décrit une chute de 60% de ses revenus après 14 ans de cabinet, une réorientation partielle vers la formation en ligne et le contenu digital.
Ce témoignage est individuel. Il ne représente pas la profession. Et pourtant la trajectoire qu’il décrit — praticien qui diversifie, qui sort du cabinet seul comme modèle unique — est documentée : densité croissante, revenus sous pression.
L’ostéopathie humaine est un miroir utile. Ce que nos collègues vivent aujourd’hui avec une profession surchargée, nous pourrions le vivre demain si la formation explose sans régulation cohérente. Ce n’est pas une certitude. C’est une question à poser maintenant. Graine de réflexion — 1957, l’os et la physique
Un article de 1957 mérite un moment d’arrêt.
Eiichi Fukada et Iwao Yasuda publient en octobre 1957, dans le Journal of the Physical Society of Japan, la première démonstration expérimentale de l’effet piézoélectrique de l’os. Ils mesurent les constantes piézoélectriques de l’os cortical (fémur d’homme et de bœuf) par trois méthodes distinctes. L’os produit un signal électrique sous contrainte mécanique — et inversement, un champ électrique le fait se déformer. La constante piézoélectrique mesurée est environ dix fois inférieure à celle du cristal de quartz. Ce qui est intéressant : l’effet ne disparaît pas quand les specimens sont bouillis puis séchés. Il n’est pas d’origine biologique au sens cellulaire. Il est dans la structure cristalline des micelles de collagène. C’est l’orientation géométrique des fibrilles hélicoïdales qui est piézoélectrique.
Quand nous appliquons une force sur un os, sur un tissu dense en collagène, nous mettons en jeu une structure qui convertit la pression en signal électrique. Pas de métaphore : de la physique des cristaux.
Ce papier de 1957 est la source primaire de ce qu’on appelle aujourd’hui la mécanotransduction osseuse. La loi de Wolff avait été empiriquement formulée en 1892 — l’os se remodèle selon les contraintes mécaniques. Fukada et Yasuda en donnent le mécanisme physique 65 ans plus tard. Les canaux Piezo1 et Piezo2, récompensés par le Nobel de médecine 2021, sont nommés d’après ce même phénomène. Ce ne sont pas les mêmes « piezo » — les canaux sont des protéines membranaires, la piézoélectricité est une propriété du cristal collagénique — mais ils font partie du même arc de compréhension : le corps traduit la pression en information biologique.
Ce que cela dit de notre pratique, c’est à chacun de le formuler. Ce que le corps ressent avant que la conscience sache
Bernard Andrieu, philosophe du corps, était l’invité du podcast Et surtout la santé (Etienne Bulidon, ostéopathe) en avril. Une heure quinze sur l’émersiologie, le toucher thérapeutique, la variabilité de la perception sensorielle en séance. Andrieu pose une question que beaucoup de praticiens reconnaîtront : pourquoi certains patients ont-ils besoin de ressentir de la douleur pour percevoir l’efficacité d’un traitement ? La réponse n’est pas simple, et c’est ce qui rend l’épisode intéressant.
L’émersiologie — « émersion » des états corporels non conscients vers la conscience — est un concept à creuser. Il nomme quelque chose que l’ostéopathe animalier connaît bien : travailler sur un sujet qui ne peut pas verbaliser ce qu’il ressent, c’est déjà travailler dans cet espace-là. En bref
« Et si on se respectait enfin ? » — Paul Denis, ostéopathe, a publié sur O4P en avril une tribune directe sur les fractures générationnelles de la profession. Chiffre à retenir : 45000 ostéopathes en 2026, contre 8000 en 2005. La profession cherche sa maturité — le mot est de lui.
Communication animale : Le Point Vétérinaire a publié une mise en garde sur la « communication animale télépathique » — pratique sans base scientifique, ciblant des personnes en situation de vulnérabilité, susceptible de retarder un diagnostic. La distinction à maintenir : cette critique ne touche pas la lecture non-verbale de l’animal, ni les approches comportementales. Deux objets différents.
Sciences humaines : Brice Perrier, dans sa newsletter Raison Sensible, décrit une forme d’autocensure dans l’establishment scientifique français sur les questions liées aux pratiques complémentaires. À lire comme signal de contexte épistémologique tendu, pas comme source de référence.
Lien humain-animal : Oli (@olietmonday) était l’invitée du podcast Mordant en avril (épisode #47). Créatrice de contenu dont la trajectoire a basculé autour de son chien Monday, elle parle de la place des animaux dans nos vies, de la viralité comme responsabilité, du projet « La Demeure Monday » — réinsertion par le lien humain-animal. Pas de contenu clinique. Mais un signal utile : le lien humain-animal capte une attention que nous aurions tort d’ignorer. C’est notre public indirect. Livres à lire
Pierre-Luc L’Hermite publie le tome II de Mythologies ostéopathiques (L’Harmattan, collection Éthique et pratique médicale, mars 2026). L’auteur, ostéopathe, docteur en droit et doctorant en philosophie des sciences, y déconstruit des idées structurantes de la profession : mythe de la pseudoscience, du syndrome de KISS, de la perfection de l’organisme, de l’origine de la chiropraxie. La posture très EBP peut tendre vers un réductionnisme qui évacue ce qui résiste à la preuve. La question qu’il pose en creux mérite attention : quelle est l’identité épistémologique de l’ostéopathie ? À lire avec le même esprit critique qu’il applique à ses sujets. Références Fukada E, Yasuda I. On the Piezoelectric Effect of Bone. J Phys Soc Jpn. 1957 ; 12(10) : 1158-1162.https://doi.org/10.1143/JPSJ.12.1158 Bowden R et al. A survey of UK Animal Osteopaths: Training and Clinical Practice. Int J Osteopath Med. 2026. https://doi.org/10.1016/j.ijosm.2026.100834 Chêne M. Éditorial. Ostéo4Pattes SDO n°71. Avril 2026. https://osteo4pattes-sdo.eu/osteo4pattes-sdo-revue-n71/ UFÉOA, Hantari S. Les nouveaux référentiels en ostéopathie animale. Ostéo4Pattes. 21/04/2026. https://osteo4pattes-sdo.eu/les-nouveaux-referentiels-en-osteopathie-animale/ L’Officiel des Métiers. Réforme de l’ostéopathie animale : un vent de contestation souffle sur le calendrier et la gouvernance. Avril 2026. https://www.lofficieldesmetiers.fr/reforme-de-losteopathie-animale-un-vent-de-contestation-souffle-sur-le-calendrier-et-la-gouvernance/ Delahaye V. Question parlementaire — Création d’une structure de régulation de l’ostéopathie. Sénat, réponse publiée 16/04/2026. https://www.senat.fr/basile/visio.do?id=qSEQ241000402 Belin B. Question parlementaire — Renforcement de la reconnaissance et de l’encadrement de l’ostéopathie. Sénat, réponse publiée 23/04/2026. https://www.senat.fr/questions/base/2025/qSEQ250504717.html Bulidon E, Andrieu B. #110 — Comprendre ce que le corps ressent. Et surtout la santé [podcast]. 13/04/2026. https://podcast.ausha.co/et-surtout-la-sante/110-bernard-andrieu-comprendre-ce-que-le-corps-ressent Denis P. Et si on se respectait enfin ? Ostéo4Pattes-SDO. 23/04/2026. https://osteo4pattes-sdo.eu/et-si-on-se-respectait-enfin/ Unalmis Y, Muniroglu S. Efficacy of fascial manipulation in musculoskeletal pain management: A decade in review (2015-2025). J Bodyw Mov Ther. 2026 Jun. PMID: 41927169 https://doi.org/10.1016/j.jbmt.2025.11.011 Luchesi GLS et al. Osteopathic manipulative treatment, pain neuroscience education and clinical hypnosis as pain management interventions in chronic low back pain. J Bodyw Mov Ther. 2026 Jun. PMID: 41927231 https://doi.org/10.1016/j.jbmt.2025.12.032 L’Hermite P-L. Mythologies ostéopathiques — Tome II. Paris : L’Harmattan, collection Éthique et pratique médicale ; 2026. Salabert, M., & L’Hermite, P.-L. (2026). Ostéopathie, chiropraxie et thérapies manuelles animales : analyse bibliométrique (1949 à 2025). Hegel, 161(1), 5–42. https://doi.org/10.3917/heg.161.0012 Dans le futur… A noter également dans les agendas, les dates des différentes formations et événements partenaires. Certaines offrent des réductions à nos abonnés, n’hésitez pas à demander plus d’informations. XXIe Rencontres d’ostéopathie comparée – 19,20 & 21 JUIN 2026 Pensez à prendre votre Réservation aux rencontres d’ostéopathie comparée
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23 avril, par Michel Chêne
Bonjour,
Les derniers sujets ont permis de montrer les importantes incompréhensions qui peuvent résider entre les ostéopathes. Un très très bref rappel historique sur notre profession (que vous pouvez compléter, corriger si vous le souhaitez en commentaires). Rappel historique
1) Les premiers ostéopathes, étaient pour la plupart des kinés, qui ont souhaité aller plus loin dans leur prise en charge des patients. Ils ont essuyé de fortes pressions et procédures pour exercice illégal de la médecine. Ils ont reçu le soutien de leurs patients avocats, juristes, et se sont défendus. Comprenez, s’il vous plait, la dose de courage, de pression, et de rébellion qui les animait…
Nous parlons des années 1975-1985 environ. À cette « époque », dans leur pratique ostéo : la science : -5 sur 10, le ressenti : 15 sur 10 via leurs mains (« leurs pattes » qui disent).
Réseaux sociaux : inexistants bien sûr. Ils essuyaient les plâtres de la vraie vie.
2) Des ostéopathes ont par la suite été formés dans les premières écoles d’ostéopathie « temps plein ». La profession et la formation n’étaient pas réglementées. Ils avaient pour la plupart, des professeurs issus des précurseurs.
Comprenez, s’il vous plait, la dose de courage qui les animait pour se lancer dans une profession non réglementée…
Nous parlons des années 1990 à 2007/2014. À cette « époque » dans leur pratique ostéo : la science : 2 sur 10, le ressenti : 10 sur 10. (Les « pattes » étaient évaluées et aiguisées).
Réseaux sociaux : les tous débuts en 2004.
Une parenthèse démographique importante, à ce stade : en 2005, nombre d’ostéopathes (exclusifs, kinés, médecins) : 8000.
3) Ensuite, les ostéopathes arrivant quand la profession (et rapidement la formation) est règlementée. Départ en 2002, puis concrètement de 2007-2014. C’est le boom, et arrive l’explosion et les éclosions des écoles d’ostéopathie.
Comprenez, s’il vous plait, l’envie qui les animait, et le courage de se lancer dans l’aventure d’une jeune profession.
Nous parlons des années 2012 à aujourd’hui. C’est notre « époque » dans notre pratique ostéo : la science : ça dépend -2, 2, 4, ou 5 sur 10, le ressenti : ça dépend 0, 2, 4, 6, 8, ou 10 sur 10. (Les « pattes » évoluent ou involuent ?)
Réseaux sociaux : omniprésents (lâchez vos tels et allumez vos cerveaux).
En 2026, nombre d’ostéopathes : environ 45000 (?). Et là nous trouvons de tous profils d’ostéopathes… Venons-en aux faits
Et au but de ce post : Alors ok, chacun son histoire, chacun son époque, chacun sa vérité, chacun son ostéopathie, chacun sa science, chacun son ressenti mais par contre, respectons nous BORD** ! Laissons les clivages de côté Les anciens Ok, vous êtes des pionniers, respect, mais la profession n’est plus la même. Les plus jeunes Ok, vous êtes là, respect, mais pensez à ceux qui vous ont précédé.
Par contre, Mesurons nos oppositions systématiques et stériles sur la profession.
Sur la science et l’art, sur le rationnel et l’irrationnel, et tout le reste…
Oui, en preuves scientifiques nous sommes assez à la ramasse, et si vous avez de l’argent, lancez vos propres recherches et études.
Oui, mesurer l’empathie, le toucher, la passion, les résultats, ça va être coton de chez coton.
Connectons nos hémisphères cérébraux gauches ET droits.
Les jeunes et récents diplômés, s’il vous plait, détendez-vous un tout peu le slip avec vos sciences (sinon faites de l’astrophysique). Doucement sur l’Analyse des données (data analysis, l’Analyse déductive (deductive analysis), l’Analyse inductive (inductive analysis),l’Analyse thématique (thematic analysis), le Cadre conceptuel (conceptual framework), le cherry picking, EBP, EBM, les biais cognitifs etc… Et surtout, s’il vous plait, ne crachez pas sur la profession, et laissez vos déceptions (de vos études ou débuts pros) de côté.
Les anciens, prenez le cool, vous avez été jeunes et intelligents vous aussi, (mais vous n’aviez pas Facebook pour les batailles virtuelles).
Les patients veulent des résultats et se moquent de nos querelles. La profession cherche sa maturité. Relisez : MATURITÉ
L’ostéopathie est un art, une science, une technicité, une philosophie, une médecine, une vibration, au service de la vie. Elle est unique en son genre.
L’ostéopathe est un artiste, un scientifique, un technicien visant l’unité dans la globalité, et la globalité dans l’unité.
Love sur vos péricardes, clavicules, péronés (pardon fibulas), MRP, fascias, temporaux, et jejunums.
Paul Denis
Ostéopathe
PS : charlatans ou pas charlatans on s’en fout vraiment en vrai.
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21 avril, par UFÉOA
Comité de pilotage
Le comité de pilotage « ostéopathie animale » existe depuis 2018, et a pour rôle de fédérer l’Ostéopathie animale en France. Il se déroule de façon bi-annuelle au Conseil National de l’Ordre des Vétérinaires (CNOV) et regroupe un grand nombre de syndicats (vétérinaires, ostéopathes animaliers, centres de formations) et également des représentants des ministères de l’Agriculture et de l’Enseignement.
En mai 2024, le ministère de l’Agriculture a missionné le professeur Marc Gogny, ancien directeur de l’ENV Alfort pour la direction de la rédaction de référentiels de compétence et activité professionnelle, en réponse aux recommandations de la CGAAER, suite à l’enquête sur le paysage de l’Ostéopathie animale en France, par Hanane Boutayeb et Pierre Lecouls. L’élaboration de ces référentiels a été suivie par celle d’un référentiel dit de « formation » qui a été réalisé conjointement entre les écoles d’ostéopathie animale et les syndicats comme le Collectif des Ostéopathes Animaliers ou OSTEOA, ainsi que la lecture de l’UFÉOA (Union Française des Etudiants Ostéopathes Animaliers), grâce à la prolongation de la mission du Professeur Gogny. Ces référentiels visent à structurer la formation en ostéopathie animale, donner un cadre aux centres de formations, aider les étudiants dans leur cursus et lui octroyer une place plus claire dans la loi. Ce sont des documents formateurs, donc aucun équivalent n’existe actuellement dans d’autres pays, qui sont comme ceux-ci, en voie d’être soutenus par la loi grâce à un projet d’arrêté et de décrets pour le courant de l’année 2026.
Par ailleurs, le comité de pilotage témoigne d’une volonté de la part de ses participants et membres, d’un cap clair pour l’avenir de l’ostéopathie animale en France en collaboration avec la profession vétérinaire, et ce depuis déjà bientôt 10 ans.
Le dernier comité de pilotage s’est déroulé le 28 janvier 2026, tous les membres se sont réunis pour échanger sur les projets de textes de loi visant à inscrire ces référentiels dans la loi française. Deux de ces référentiels sont d’ores et déjà consultables sur le site du CNOV (compétences et activité professionnelle) Le référentiel de compétences
« Le référentiel de compétences de l’ostéopathe animalier décrit les compétences dont dispose le professionnel pour s’insérer efficacement sur le marché du travail et dans la chaîne de soins apportés aux animaux et pour pérenniser son activité, telle qu’elle est décrite dans le référentiel d’activités professionnelles. »
Ce référentiel s’articule autour de 6 macro-compétences. 1. DIAG — Évaluer et diagnostiquer
C’est l’étape initiale, l’objectif est de poser un diagnostic ostéopathique tout en sachant identifier les urgences ou pathologies qui relèvent strictement du vétérinaire. 2. PROJ — Concevoir le projet d’intervention
Sur la base du diagnostic, l’ostéopathe définit des objectifs de soins adaptés à l’animal et doit recueillir le consentement éclairé du propriétaire de l’animal. 3.TRAITER — Réaliser l’intervention et évaluer
Le praticien exécute les manipulations manuelles en veillant à la sécurité et au confort de l’animal. Il doit également être capable d’évaluer l’efficacité de son action tout au long de la consultation et ajuster son traitement si nécessaire. 4. COMM — Communiquer avec efficacité
L’ostéopathe est capable d’échanger de manière claire et adaptée, à l’oral ou à l’écrit avec les propriétaires ou lors de collaborations avec d’autres professionnels de santé animale. 5. PROF — Agir et évoluer en professionnel
L’ostéopathe s’engage dans une démarche éthique et scientifique, en mettant à jour régulièrement ses connaissances et en représentant la profession de manière responsable 6. GEST — Gérer l’activité entrepreneuriale
Au-delà du soin, l’ostéopathe est le pilote de son entreprise : il sait structurer son activité juridique, organiser son quotidien et assurer la pérennité de sa structure dans le respect des règles déontologiques. Voir le document : Référentiel de Compétences Le référentiel d’activités professionnelles
« Le référentiel d’activités professionnelles de l’ostéopathe animalier décrit les missions, les emplois et les activités réalisées par le professionnel en les insérant dans le contexte juridique et socio-économique qui s’impose à lui ». Pourquoi ces référentiels sont importants pour l’ostéopathie animale en France ?
Ces documents définissent au mieux la réalité du métier d’ostéopathe animalier tout en l’inscrivant dans le contexte socio-économique actuel.
Ceci permet au public, comme aux (futurs) étudiant(e)s et centres de formations d’en saisir sa complexité et ses défis de façon plus concrète, et applicable au quotidien.
L’un des points clés de la pérennisation de notre profession se situe bien évidemment dans la maîtrise totale des compétences requises décrites par les référentiels, que doivent acquérir les professionnel(l)es.
De plus, nous pouvons souligner que ces documents présentent de manière adéquate les évolutions nécessaires à entreprendre face aux besoins changeants de la société.
C’est également un grand pas pour le métier dans son inscription dans la chaîne de soins en santé animale, son identité professionnelle et sa collaboration avec la profession vétérinaire.
Ces référentiels proposent en outre des critères de base pour analyser et partager les pratiques professionnelles qui devront être connues de tous(tes). Ils serviront de base à l’orientation et l’amélioration des programmes de formation initiale, en espérant que chaque centre de formation se pliera à leur mise en œuvre au plus vite. Voir le document : Référentiel d’activités professionnelles Source externe
Site de l’Ordre des vétérinaire, Ostéopathie Animale, Informations Candidat. https://www.veterinaire.fr/la-profession-veterinaire/nos-grands-dossiers/osteopathie-animale/informations-candidat
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16 avril, par Site de l'Ostéopathie
Question écrite n°00402 de M. le Sénateur Vincent Delahaye (Essonne – UC)
publiée le 03/10/2024, page 3580
M. Vincent Delahaye attire l’attention de Mme la ministre de la santé et de l’accès aux soins sur les conclusions du rapport n° 2021-095R de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) concernant la création d’une structure ayant délégation de service public permettant de professionnaliser et de centraliser la gestion de la formation et de l’exercice de l’ostéopathie.
Dans le chapitre intitulé « Une nécessaire évolution de la formation, de son contrôle et une réflexion à mener sur la place de l’ostéopathie dans le système de soins français », l’IGAS recommande notamment la création d’une structure ayant délégation de service public, permettant de « professionnaliser et de centraliser la gestion à la fois de la formation et de l’exercice de l’ostéopathie, en créant une structure commune ou deux structures spécifiques et de décharger le ministre de la santé de la responsabilité de l’agrément des écoles ».
Cette structure serait ainsi, en charge de la validation de la formation initiale et donc de l’agrément des écoles, y compris du contrôle des modalités de délivrance des diplômes, voire de la diplomation et de la formation continue, l’inscription des ostéopathes auprès de cette structure, rendue obligatoire pour avoir le droit de faire état du titre et de la tenue d’un registre de ces professionnels, la rédaction de règles déontologiques, le développement de la recherche en ostéopathie, la réception et l’instruction des plaintes formulées contre des professionnels inscrits et la prononciation des sanctions en cas de manquements avérés aux règles de déontologie ou de condamnation pénale ayant une incidence sur leur pratique, la tenue d’un registre des complications et effets secondaires.
La création d’une telle structure nécessite l’adoption de plusieurs mesures législatives et réglementaires.
Il lui demande si le Gouvernement compte suivre les recommandations de l’IGAS en créant une telle structure afin de sécuriser la profession d’ostéopathe. Réponse du Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
publiée le 16/04/2026, page 1881
Conscient des enjeux soulevés par l’essor rapide de cette profession, le Gouvernement est mobilisé pour identifier et mettre en œuvre les leviers permettant un encadrement renforcé de la pratique ostéopathique.
Dans cette perspective, le Gouvernement, a confié en 2021 à l’inspection générale des affaires sociales une mission d’évaluation du processus d’agrément des établissements de formation en ostéopathie et en chiropraxie1.
Les propositions du rapport précité ne permettant pas au ministre de la santé d’envisager une solution consensuelle. Il conviendra donc de trouver avec l’ensemble du Gouvernement une solution de régulation des écoles de formation mais aussi des pratiques permettant d’emporter l’adhésion des professionnels ostéopathes avec les professionnels de santé. Source : Sénat Note de bas de page rédigé par l’Ostéo4pattes-site de l’ostéopathie IGAS, Evaluation de la procédure d’agrément et des capacités d’accueil des établissements de formation en ostéopathie et en chiropraxie et propositions d’évolution, 24 mai 2023 ︎
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